Yusuf Nâbî (1642-1712) est un poète ottoman actif à la cour de Mehmet IV. Il est connu pour ses poèmes lyriques et didactiques.

Yusuf Nabi
Manuscrit du Divan de Yusuf Nâbî, Istanbul, 1875
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Activité
Vue de la sépulture.

Biographie

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Il naît à Ruha (aujourd'hui Şanlıurfa) en 1052 AH (1642-43)[1],[2]. Nâbî est un pseudonyme. Il passe son enfance dans sa ville natale, où il apprend l'arabe et le persan. Il devient ensuite disciple d'un cheikh qui l'initie au soufisme[2]. Il part pour Istanbul dans les années 1660[3.1],[2]. Sa rencontre avec Musahib Mustafa Pasha (tr) lui ouvre les portes de la cour du sultan Mehmet IV. Il y devient scribe, et commence à se faire connaître comme poète. Il participe à la campagne militaire de Pologne, qu'il décrit dans deux poèmes historiques. Il décrit aussi les fêtes et cérémonies à la cour. Il accomplit le pèlerinage à La Mecque et Médine en 1678-1679, et compose à cette occasion Tuhfetü'l-Haremayn. Quand Mostapha Pacha est démis de ses fonctions, Nâbî le suit à Seddülbahir où il reste jusqu'à sa mort en 1687. Il part alors pour Alep où il se marie et a plusieurs enfants. Il écrit des odes à Mustafa II et Ahmed III. Il achève son Hayriyye. Baltacı Mehmed Pacha, gouverneur d'Alep nommé grand vizir, l'emmène à Istanbul[1],[4], où il est salué comme un grand poète de son temps. Il échange une correspondance avec d'autres poètes, comme Nedîm. Il meurt de maladie le 10 ou 13 avril 1712[2],[4]. Il est enterré au cimetière d'Üsküdar, à Istanbul[2].

Il est un des principaux représentants du style didactique dans la poésie turque[5]. Il fait école, auprès de Nedim puis Sheikh Galib (tr)[2].

Poésie

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Divan turc : le plus ancien manuscrit, de 1696, est conservé à la bibliothèque universitaire d'Istanbul[2],[3.2]. Il comporte de nombreux ghazals, des poèmes historiques,des qitas, rubaiyat[2], des takhmis en hommage à ses prédécesseurs comme Fouzouli[3.3], des odes (qasidas dédiées à ses protecteurs)[3.4]. Il brille surtout dans le ghazal, dont les sujets sont lyriques, philosophiques et satiriques[5]. Il pointe du doigt les problèmes sociaux. Il a écrit aussi un Divan persan, composé de ghazals et de takhmis en hommage à des poètes persans tels que Hafez et Djami[2].

Khayriyye est un poème didactique du genre masnavi. C'est son œuvre majeure[6]. Il contient des préceptes moraux et des conseils sur l'accomplissement des devoirs religieux, mais aussi une satire de son époque, de la cour et des religieux soufis[5]. Il est traduit en français sous le titre Conseils de Nabi Efendi à son fils Aboul Khair par Abel Pavet de Courteille en 1857[1].

Hayrâbâd est un masnavi inspiré de Attar. Il développe une légende à laquelle Attar fait référence dans son Ilahi nameh. Mais le livre de Nâbî est dépourvu de symbolisme mystique[2].

Le Surnâme (« Livre de la fête ») est un masnavi où Nâbî décrit les célébrations organisées pour la cérémonie de circoncision des fils de Mehmet IV[2]. Le texte présente de ce fait un intérêt historique[1].

Tuhfetü’l-Haremeyn. Ce récit de pèlerinage comprend des poèmes en turc, arabe et persan.

Münşeât : correspondance avec des personnalités politiques.

Fetihnâme-i Kamaniçe, connu aussi sous le titre de Tarikh-e Kamaniçe, est une œuvre de commande écrite lors de la campagne de Pologne. Il décrit la prise de la forteresse de Kamaniçe (aujourd'hui en Ukraine) en 1672[1],[2].

Il complète la Siyer-i Veysī (vie du prophète Mahomet par Veysī)[1],[2].

Il a traduit les Quarante hadiths de Djami en turc.

On lui reproche un style qui souvent sentencieux, qui manque de simplicité[5], et fortement persanisé[1].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 (en) E.G. Ambros, « Nābī », dans Encyclopaedia of Islam, t. 7, Brill, , 2e éd. (lire en ligne), p. 839
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 (tr) Abdülkadir Karahan, « NÂBΠ», sur TDV İslâm Ansiklopedisi, (consulté le )
  3. (tr) Ali Fuat Bilkan, Nabi’nin Türkçe Divanı, (lire en ligne)
    1. ↑ p. 9
    2. ↑ p. 13
    3. ↑ p. 16
    4. ↑ p. 14
  4. 1 2 (en-US) Franz Babinger, « Nābī » [archive du ], sur Encyclopaedia of Islam, First Edition (1913-1936) (DOI 10.1163/2214-871X_ei1_SIM_3376, consulté le )
  5. 1 2 3 4 Gayé PETEK-SALOM, « Biographie d'YUSUF NABĪ (1640-1712) », sur Encyclopædia Universalis (consulté le )
  6. ↑ (en) Walter Feldman, « Turkish literature - Forms and genres », sur Encyclopædia Britannica, (consulté le )

Liens externes

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