Nahid Hagigat

graveuse et peintre iranienne (1943-)

Nahid Hagigat ou Nahid Haghighat (en persan : ناهید حقیقت, née en 1943) est une illustratrice, graveuse et peintre irano-américaine installée à New York.

Nahid Hagigat
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Biographie
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Enfant
Sara Nodjoumi (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Till Schauder (en) (gendre)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Œuvres principales
The Key (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Elle est réputée pour ses peintures et estampes aux images superposées et son engagement politique dans ses œuvres, notamment sur la condition des femmes en Iran.

Biographie

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Jeunesse et formation

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Hagigat naît en 1943 en Iran. Elle étudie à l'Université de Téhéran, puis part s'installer à New York en 1968 pour poursuivre ses études artistiques à l'Université de New York[1],[2]. Elle y étudie les beaux-arts et plus particulièrement la gravure[3] au début des années 1970 et y rencontre l'artiste Nicky Nodjoumi, qu'elle épouse en 1973[4],[5]. Elle est titulaire d'un doctorat en éducation artistique de l'université de New Yrok et d'un doctorat en thérapie comportementale de l'Université Huntington (en)[6],[2].

Carrière

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Comme graveuse

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Nahid Hagigat rentre en Iran au début des années 1970, et expose principalement dans son pays et aux États-Unis. Elle est rapidement considérée comme « l'une des rares femmes artistes à aborder les questions politiques de l'époque »[1]. Elle utilise pour cela le médium de la gravure (principalement à l'eau-forte et avec l'usage fréquent de la photogravure), relativement méconnu en Iran, qu'elle contribue grandement à introduire dans le pays[3],[6],[2],[7]. Elle traite principalement dans ses estampes de la condition des femmes en Iran pendant les années qui ont précédé la révolution islamique, en particulier leur surveillance, l'utilisation du tchador, leur quotidien et leur résilience, comme dans les séries de 1975 Women in Red Femmes en rouge ») et Kurdish Women Femmes kurdes »), « des silhouettes superposées passent de formes solides à des abstractions vibrantes, évoquant l'énergie et la force inhérentes à l'expérience féminine »[3],[2],[7].

Image externe
Lien vers l'œuvre Kurdish Women in Fuchsia (eau-forte peinte à la main, 2019).
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Pour symboliser la force de la résilience féminine, Nahid Hagigat utilise beaucoup la métaphore d'images naturelles, principalement d'abres : leur enracinement, endurance et résistance reflètent ceux des femmes face aux pressions sociales, qui trouvent malgré tout le moyen de s'épanouir dans un environnement hostile, comme dans Church front (2009) et Red Leaves (2016). Dans ses séries Family Portrait Portrait de famille ») et Wedding Mariage »), toutes deux de 1978, elle explore les liens intergénérationnels dans la société iranienne. Grâce à ses expositions à Téhéran dans les années 1970, elle inspire une nouvelle génération d'artistes qui voient dans la gravure un puissant outil d'expression personnelle et de documentation[7].

Comme peintre

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Après la révolution, elle privilégie la peinture à la gravure, qu'elle continue néanmoins de pratiquer. Elle acquiert une certaine renommée lors de l'exposition Iran Modern à Téhéran en 2013[1]. Elle est réputée pour ses estampes et ses peintures aux images superposées[8]. Les peintures de Nahid Hagigat sont « d'une grande finesse » : elle combine la peinture acrylique, la feuille d'or le collage et un glacis épais sur des panneaux, et le spectateur navigue entre le texte et les différentes couches d'image pour reconstruire le sujet. Par exemple, dans Dawn's Bliss (1998), c'est la feuille d'or qui donne son sens à l'œuvre : en hantant un cheval, le spectateur comprend que le sujet est le souvenir d'un cavalier disparu. Elle joue aussi avec la combinaison entre les couches et le cadrage : dans Lecture on Love (1998) et Glass Vase (1999), elle distingue le bord du glacis du bord du tableau, pour créer une ambiguïté sur le véritable sujet de l'œuvre[8].

Comme illustratrice

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Nahid Hagigat est aussi illustratrice de romans ou de pochettes de disques de musique, notamment de :

  • The Story of the Little Robin, de M. Azad, 1968[9]
  • The Valiant Little Potter d'Erick Berry, 1973[10]
  • Half for You de M. Azad, 2010[11]
  • Anar, pochette de l'album CD de Markéta Irglová, 2011[12]
  • Muna, pochette de l'album CD de Markéta Irglová, 2014[13]

Expositions notables

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Postérité

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Les œuvres de Nahid Hagigat font notamment partie des collections permanentes du Metropolitan Museum of Art[3], du British Museum[1], du Musée d'Art du comté de Los Angeles[2], du Musée d'Art contemporain de Téhéran, ainsi que dans des collections privées comme au JPMorgan Chase, à l'université de New York ou à la Banque mondiale de Washington[6],[7].

Nahid Hagigat et son époux Nicky Nodjoumi sont le sujet du documentaire A Revolution on Canvas (en) Une révolution sur toile », 2023), réalisé par Till Schauder (en) et leur fille Sara Nodjoumi[21],[22].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 (en) « Nahid Hagigat », sur britishmuseum.org, British Museum (consulté le ).
  2. 1 2 3 4 5 (en) « Notice de l'œuvre Jars », sur collections.lacma.org, Musée d'Art du comté de Los Angeles (consulté le ).
  3. 1 2 3 4 (en) « Notice de l'œuvre The Key », sur metmuseum.org, Metropolitan Museum of Art (consulté le ).
  4. (en) Phong Bui, « Nicky Nodjoumi with Phong Bui », sur brooklynrail.org, The Brooklyn Rail, (consulté le ).
  5. (en) Nazzy Begalri, « Nicky Nodjoumi: A Life in Three Dimensions » [PDF], sur taymourgrahne.com, via Internet Archive, Harpers Bazaar Arabia Magazine (consulté le ).
  6. 1 2 3 4 (en) « Nahid Hagigat », sur marketairglova.com (consulté le ).
  7. 1 2 3 4 5 (en) « Nahid Hagigat: A Female Gaze, A Mini Retrospective », sur advocartsy.com (consulté le ).
  8. 1 2 (en) Thomas de Monchaux, « The Passions of the Fragment, Sponsored by Center for Iranian Modern Arts », sur cimarts.net, Center for Iranian Modern Arts (CIMA) (consulté le ).
  9. (en) M. Azaad, The Story of the Little Robin, (lire en ligne).
  10. Erick Berry, The Valiant Little Potter, Cheshire Publishing Pty, (ISBN 978-0-7015-1905-6).
  11. (en) « Half For You », sur kanoonintl.com, via Internet Archive, Kanoon International Affairs (consulté le ).
  12. 1 2 (en) Mike Ragogna, « A Pomegranate & Billy Jack: conversations with Once's Marketa Irglova and honeyhoney », sur huffingtonpost.com, The Huffington Post, (consulté le ).
  13. (en) « Muna », sur barnesandnoble.com (consulté le ).
  14. (en) Art Now/U.S.A., vol. 6, nos 5-8, Art Now, (lire en ligne).
  15. (en) « Zora Space Evolving Splendidly in Park Slope », Only The Blog Knows Brooklyn, (consulté le ).
  16. (en) « Encyclopædia Iranica Exhibition of Iranian Art », Art Aware, sur aidaforoutan.blogspot.com, (consulté le ).
  17. « PAAIA Celebrates the "Cyrus Cylinder and Ancient Persia: A New Beginning" Exhibition in San Francisco », sur paaia.org, Public Affairs Alliance of Iranian Americans (PAAIA), (consulté le ).
  18. Diba et Daftari 2013.
  19. 1 2 (en) « Nahid Hagigat, Etched In Time: In conversation with Pantea Haghighi », sur farhang.org (consulté le ).
  20. (en) « Nicky Nodjoumi & Nahid Hagigat », sur ybca.org, Yerba Buena Center for the Arts (consulté le ).
  21. (en) « A Revolution on Canvas (Untitled Nicky Nodjoumi) », 2023 Tribeca Festival, sur tribecafilm.com (consulté le ).
  22. (en) Brian Tallerico, « A Revolution on Canvas movie review (2023) », Reviews, sur rogerebert.com (consulté le ).

Bibliographie

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  • (en) Layla S. Diba et Fereshteh Daftari, Iran Modern (cat. exp.), The Asia Society Museum/Yale University Press, (ISBN 978-0300197365).

Articles connexes

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Liens externes

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