Nardo di Cione

peintre italien

Nardo di Cione, mort à Florence avant le , est un peintre italien de l'école florentine.

Nardo di Cione
Fresque du réfectoire de Santa Croce, Florence.
Naissance
Décès
Période d'activité
Nationalité
Italienne
Activité
Fratrie

Frère d'Andrea Orcagna, de Jacopo di Cione et de Matteo di Cione, il s'inscrit à l'Arte dei Medici e Speziali dans les années 1340. Aucune œuvre signée de sa main ne nous est parvenue, et une seule peinture lui revient sur une base documentaire : un fragment de fresque dans l'oratoire de la Compagnie de la Miséricorde, devenu par la suite le siège de la confrérie du Bigallo.

Le témoignage de Lorenzo Ghiberti, qui lui attribue le décor de la chapelle Strozzi de la basilique Santa Maria Novella, est fondamental pour la reconstitution de sa personnalité artistique. Ces fresques du Jugement dernier, du Paradis et de l'Enfer sont vraisemblablement peintes vers 1356-1357.

D'après son testament, rédigé en 1365, il ne semble avoir eu ni épouse ni enfants, ce qui met en doute la filiation que Vasari lui prêtait avec le peintre Mariotto di Nardo.

Biographie

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Famille et nom

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Nardo di Cione est le frère d'Andrea, dit Orcagna, et de Jacopo, tous deux peintres[1],[2], ainsi que de Matteo, qu'il désigne avec eux comme héritier dans son testament[3].

Les documents le désignent toujours sous le nom de Nardo, qui pourrait être une abréviation de Leonardo. Son identification avec un Leonardo di Cione inscrit en 1355 à l'Arte dei maestri di pietra e legname, la corporation florentine des maîtres de la pierre et du bois, ne semble pas fondée[3],[n 1].

Mentions documentaires

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Son nom figure parmi les inscrits à l'Arte dei Medici e Speziali, corporation à laquelle appartenaient aussi les peintres, entre 1346 et 1348, peu après l'inscription de son frère Andrea[3],[1],[n 2].

En 1359, il figure parmi les contribuables de la paroisse de Santa Reparata ; de 1362 à 1364, il réside dans le popolo de San Ruffillo, chez un certain Forte Bezzoli, dit Bambo[3].

Oratoire de la Miséricorde

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La seule peinture qui lui revienne aujourd'hui sur une base documentaire est le fragment de fresque figurant le Christ Pantocrator dans une mandorle entre quatre anges, dans l'oratoire florentin du Bigallo. Elle se rattache à la délibération de la Compagnie de la Miséricorde du , qui confie au peintre la décoration de l'une des voûtes et d'« altre chose » dans l'oratoire de la compagnie, devenu par la suite le siège de la confrérie du Bigallo[3].

Cette décoration se rattachait à la mise en place du groupe sculpté de la Vierge à l'Enfant avec des anges, commandé en 1359 à Alberto Arnoldi et installé dans l'oratoire entre janvier et août 1364, terme auquel la peinture murale était de toute évidence achevée. La suite de la décoration est confiée en 1369 à Jacopo di Cione[3].

Testament et mort

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Le , Nardo rédige son testament ; il réside alors dans le quartier de Santa Maria Novella. Parmi les témoins figure le peintre Niccolò di Tommaso. Il lègue des sommes à l'Opera di Santa Reparata, à la confrérie de la Miséricorde et à l'hôpital de Santa Maria Nuova, et désigne pour héritiers, à parts égales, ses frères Andrea, Matteo et Jacopo[3].

Il meurt à Florence avant le , date à laquelle ses frères exécutent ses dernières volontés[3],[n 3].

Question de la descendance

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D'après son testament, Nardo ne semble avoir eu ni épouse ni enfants, ce qui conduirait à exclure qu'il fût le père du peintre Mariotto di Nardo, comme le soutenait Vasari. Cette identification, déjà contestée par Milanesi dans son édition de Vasari parue en 1878, a été reproposée en 2008 par S. Chiodo, en raison du caractère partiel du testament, qui n'est pas connu dans sa rédaction originale[3].

Chapelle Strozzi de Santa Maria Novella

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Témoignage de Ghiberti

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Les rares informations que l'historiographie de la Renaissance rapporte sur Nardo figurent en général en marge de la biographie d'Andrea Orcagna. Le témoignage de Lorenzo Ghiberti, qui attribue au peintre le décor mural de la chapelle Strozzi de Santa Maria Novella, est fondamental pour la reconstitution de sa personnalité[3]. Selon la National Gallery de Londres, toutes les attributions faites à Nardo reposent sur ce témoignage[2].

Programme

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Située dans le transept de la basilique dominicaine et dédiée à saint Thomas d'Aquin, la chapelle Strozzi, aujourd'hui appelée chapelle Strozzi di Mantova, porte sur ses murs des fresques, en partie détachées, illustrant le Jugement dernier, le Paradis et l'Enfer. Ces thèmes sont liés à la destination funéraire du lieu et visent à célébrer l'Église comme médiatrice du salut[3].

Le programme comprend aussi saint Thomas et les Vertus à la voûte, les Pères de l'Église et des saints dominicains à l'arc d'entrée, ainsi que saint Thomas d'Aquin et la Vierge à l'Enfant dans le vitrail du fond. Pour le Jugement dernier, Nardo s'inspire du modèle de la fresque giottesque de la chapelle du palais du Podestat, aujourd'hui musée national du Bargello[3].

Datation

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La National Gallery of Art de Washington retient pour ces fresques une date probable de 1356-1357 ; avec les triptyques datés de 1365, elles constituent selon elle les seuls points de repère sûrs pour ordonner l'œuvre du peintre, dont la carrière semble avoir été assez brève et dont la chronologie demeure une question complexe[4].

Attributions

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Le catalogue de la Fondation Federico Zeri réunit ces fresques sous l'intitulé « Affreschi di Nardo di Cione e Giovanni del Biondo nella cappella Strozzi di S. Maria Novella »[5],[6]. Les photographies des maisons Alinari et Brogi conservées par la même fondation portent des attributions diverses, à Andrea Orcagna, à « Bernardo Orcagna » ou à Nardo di Cione ; l'une d'elles présente l'Enfer comme peint « secondo le indicazioni di Dante »[5],[6].

Selon le musée Thyssen-Bornemisza, le peintre Niccolò di Tommaso entre dans l'atelier de Nardo et travaille avec lui à la chapelle Strozzi[7].

Œuvre sur panneau

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Chronologie

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Le Dizionario biografico degli italiani semble situer à proximité des fresques Strozzi le tabernacle du musée Meermanno-Westreenianum à La Haye, dont la composition est proche de la scène du Paradis, et la Vierge à l'Enfant de l'ancienne collection Jones, aujourd'hui au Minneapolis Institute of Art[3].

Il propose de placer entre la fin des années 1350 et le début de la décennie suivante le triptyque de la Vierge à l'Enfant entre saint Jean l'Évangéliste et saint Pierre de la National Gallery of Art de Washington, le triptyque portatif du Courtauld Institute of Art de Londres et la Crucifixion de la galerie des Offices[3].

Triptyque de Washington

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Le triptyque de Washington, peint à la tempera sur panneau vers 1360, réunit la Vierge à l'Enfant et l'Homme de douleurs au panneau central, saint Pierre et saint Jean l'Évangéliste sur les panneaux latéraux[1],[8]. Il provient de l'ancienne collection Goldman[4].

Selon le catalogue systématique de la National Gallery of Art, son caractère stylistique est si manifestement propre à Nardo qu'il ne laisse aucun doute sur son attribution ; les incertitudes portent sur sa date[4].

Trois Saints de Londres

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Le panneau des Trois Saints de la National Gallery de Londres représente saint Jean-Baptiste au centre, entre saint Jean l'Évangéliste, qui tient un livre, et l'apôtre saint Jacques, qui porte un bâton de pèlerin. Les saints se tiennent sur un tissu rouge, bleu et or orné de rinceaux de vigne, d'oiseaux identifiés comme des pinsons et d'œillets, fleurs associées aux souffrances et à la mort du Christ[9].

Le musée relève le contraste entre la simplicité et la solidité des figures et le soin apporté aux détails décoratifs[9].

Réception critique

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Larousse relève dans ses œuvres sur panneau, dont le polyptyque de la Vierge à l'Enfant avec des saints du musée de Prague, les Trois Saints de Londres et la Crucifixion des Offices, un certain durcissement se manifestant parfois, qu'il attribue à une exécution trop rapide[10].

Le Dizionario biografico observe que, dans le Jugement dernier de la chapelle Strozzi, Nardo recherche l'individualisation des physionomies[3].

Œuvres

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Sélection
DateTitreLieu
vers 1356-1357Jugement dernier, Paradis, EnferChapelle Strozzi, Santa Maria Novella, Florence[3],[4]
1363-1364Christ Pantocrator dans une mandorle entre quatre anges, fragmentOratoire du Bigallo, Florence[3]
TabernacleMusée Meermanno-Westreenianum, La Haye[3]
Vierge à l'EnfantMinneapolis Institute of Art[3]
vers 1360Vierge à l'Enfant avec l'Homme de douleurs, Saint Pierre, Saint Jean l'ÉvangélisteNational Gallery of Art, Washington[1]
Triptyque portatifCourtauld Institute of Art, Londres[3]
CrucifixionGalerie des Offices, Florence[3],[10]
Trois SaintsNational Gallery, Londres[9]
Polyptyque de la Vierge à l'Enfant avec des saintsMusée de Prague[10]
Histoires de sainte Anne et de la ViergeChapelle Sainte-Anne, cloître des Morts, Santa Maria Novella, Florence[n 4]
FresquesBadia Fiorentina, Florence[n 4]
vers 1350-1355Vierge de l'Annonciation et Ange de l'AnnonciationCollection Alana, Newark[n 4]

Notes et références

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  1. ↑ La version antérieure de l'article le présentait également comme architecte ; aucune des sources consultées ne lui attribue d'activité architecturale.
  2. ↑ Les sources divergent : 1346-1348 selon le Dizionario biografico degli italiani et la National Gallery of Art de Washington, 1343-1346 selon Larousse ; la National Gallery de Londres le dit documenté de 1343 à 1346.
  3. ↑ Larousse et la National Gallery de Londres situent sa mort en 1365 ou 1366.
  4. 1 2 3 Ces œuvres figuraient dans la version antérieure de l'article ; leur attribution, leur localisation et leur datation demandent à être appuyées sur une source identifiable. La source alors citée pour la chapelle Sainte-Anne, la notice du musée Thyssen-Bornemisza sur Niccolò di Tommaso, ne mentionne que la chapelle Strozzi.

Références

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  1. 1 2 3 4 (en) « Nardo di Cione », sur National Gallery of Art (consulté le ).
  2. 1 2 (en) « Nardo di Cione (documented 1343-6, died 1365-6) », sur National Gallery (consulté le ).
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 (it) « Nardo di Cione », sur Dizionario biografico degli italiani, Treccani (consulté le ).
  4. 1 2 3 4 (en) « Italian Paintings of the Thirteenth and Fourteenth Centuries: Madonna and Child, with Saints Peter and John the Evangelist, and Man of Sorrows », sur National Gallery of Art (consulté le ).
  5. 1 2 (it) « Nardo di Cione, Paradiso », sur Catalogo della Fondazione Federico Zeri, Université de Bologne (consulté le ).
  6. 1 2 (en) « Nardo di Cione, Inferno », sur Federico Zeri Foundation Online Catalogues, Université de Bologne (consulté le ).
  7. ↑ (en) « Tommaso, Niccolò di », sur Musée Thyssen-Bornemisza (consulté le ).
  8. ↑ (en) « Madonna and Child, with Saints Peter and John the Evangelist, and Man of Sorrows [entire triptych] », sur National Gallery of Art (consulté le ).
  9. 1 2 3 (en) « Nardo di Cione, Three Saints, NG581 », sur National Gallery (consulté le ).
  10. 1 2 3 « Nardo di Cione », sur Larousse (consulté le ).

Voir aussi

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Bibliographie

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  • (en) Richard Offner, « Nardo di Cione and His Triptych in the Goldman Collection », Art in America, vol. XII, no 3,‎ , p. 99-112.
  • (de) Hans Dietrich Gronau, Andrea Orcagna und Nardo di Cione : eine stilgeschichtliche Untersuchung, Berlin, .
  • (en) Richard Offner, A Critical and Historical Corpus of Florentine Painting : The Fourteenth Century, section IV, vol. II : Nardo di Cione, New York, .
  • (it) Miklós Boskovits, Pittura fiorentina alla vigilia del Rinascimento, 1370-1400, Florence, .
  • (en) D. Gordon et al., « Nardo di Cione's "Altarpiece: Three Saints" », National Gallery Technical Bulletin, vol. IX,‎ , p. 21-37.
  • (it) Angelo Tartuferi, Dal Duecento agli Orcagna : il restauro della Madonna col Bambino di ignoto fiorentino del Duecento e del trittico di Santa Maria degli Angeli di Nardo di Cione, Livourne, .
  • (it) Arte a Firenze 1340-1375 : catalogue d'exposition, Florence, .
  • (en) Miklós Boskovits, Italian Paintings of the Thirteenth and Fourteenth Centuries : The Systematic Catalogue of the National Gallery of Art, Washington, .

Articles connexes

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Liens externes

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