Mariotto di Nardo

peintre italien (1394-1424)

Mariotto di Nardo, ou Mariotto di Nardo di Cione, dont l'activité est documentée des environs de 1380 aux environs de 1424, est un peintre italien de l'école florentine.

Mariotto di Nardo
Triptyque, 1424, Cassa di Risparmio di Prato.
Naissance
Décès
Période d'activité
Nationalité
Italienne
Activité
Lieu de travail

Inscrit à l'Arte dei Medici e Speziali vers 1389-1390, il reçoit à Florence d'importantes commandes, dont un panneau pour l'église San Donnino à Villamagna, en 1394-1395, point de départ de la reconstitution de son œuvre. Après la mort d'Agnolo Gaddi en 1396, il semble compter parmi les principaux maîtres de la ville.

Son intervention est reconnue dans le dessin préparatoire du vitrail de l'Assomption de l'oculus central de la façade de la cathédrale, posé en 1405, à la réalisation duquel Lorenzo Ghiberti déclare avoir participé. Il travaille également pour Pesaro et pour Pérouse.

Sa filiation fait débat : Vasari le disait fils du peintre Nardo di Cione, ce que le testament de ce dernier semble contredire. Une partie de son œuvre fut d'abord attribuée à un autre peintre, Lorenzo di Niccolò ; son catalogue a été reconstitué au XXe siècle.

Le musée du Petit Palais d'Avignon conserve une Vierge à l'Enfant avec quatre saints et trois anges musiciens issue de la collection Campana.

Biographie

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Filiation

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Vasari présente Mariotto comme le fils du peintre Nardo di Cione. Cette identification a déjà été contestée par Milanesi dans son édition de Vasari parue en 1878. D'après le testament rédigé par Nardo di Cione le , celui-ci ne semble avoir eu ni épouse ni enfants, ce qui conduirait à exclure cette filiation. L'hypothèse a toutefois été reproposée par S. Chiodo en 2008, en raison du caractère partiel de ce testament, qui n'est pas connu dans sa rédaction originale[1].

Selon le site Cassiciaco, Mariotto est le fils d'un tailleur de pierre nommé Nardo di Cione[2],[n 1].

Débuts

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Les mentions documentaires qui le concernent s'échelonnent des environs de 1380 aux environs de 1424[3]. Il s'inscrit à l'Arte dei Medici e Speziali en 1389-1390[2],[n 2].

Une Vierge à l'Enfant datée de 1393, conservée à Santa Cristina a Pagnana, peut lui être attribuée avec certitude sur des bases stylistiques[4].

Commandes florentines

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Parmi ses premières œuvres documentées figurent le retable, aujourd'hui démembré, de la chapelle Da Filicaia au couvent de Santa Maria degli Angeli, en 1389, et un polyptyque pour la chapelle Corsini du monastère de San Gaggio, en 1391-1392[2].

En 1394-1395, il reçoit des paiements pour un panneau destiné à l'église San Donnino à Villamagna, dans la commune de Bagno a Ripoli[5],[4].

Après la mort d'Agnolo Gaddi, en 1396, il semble assumer le rôle de l'un des principaux maîtres de Florence, et le conserve durant la première décennie du XVe siècle[4].

L'analyse stylistique a permis de reconnaître son intervention dans le dessin préparatoire du vitrail de l'oculus central de la façade de la cathédrale, figurant l'Assomption et posé en 1405 ; Lorenzo Ghiberti déclare avoir lui aussi participé à sa réalisation[5],[4].

En 1412, il peint pour Santo Stefano al Ponte, à Florence, un triptyque aujourd'hui perdu, et il est actif en 1413 à Santa Maria Primerana, à Fiesole[2]. La fréquence et le prestige de ses commandes florentines se maintiennent jusque vers 1416, année où il peint un retable pour l'oratoire du Bigallo[4].

Salmi a supposé en 1955 la présence de Ghiberti dans l'atelier de Mariotto. Il a aussi proposé le premier d'identifier ce dernier avec l'« egregio pictore » appelé de Florence pour décorer une salle du palais de Malatesta IV Malatesta, avec lequel le sculpteur raconte avoir gagné Pesaro en 1400[5].

Le cycle malatestien est perdu. La présence de Mariotto à Pesaro à la fin du siècle est documentée par un polyptyque figurant la Vierge à l'Enfant en majesté entre saint Michel archange et saint François, peint pour une église franciscaine de la région et conservé au musée civique de la ville[5],[n 3].

Pérouse

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En 1411, il est chargé de réaliser les cartons de plusieurs vitraux de la basilique San Domenico de Pérouse[2].

Dernières années

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Dans la dernière partie de sa carrière, Mariotto travaille de plus en plus pour des commanditaires de province et s'appuie davantage sur ses assistants, pour ses œuvres de grand comme de petit format[4]. En 1421, il peint une œuvre figurant, entre autres, saint François, saint Jean-Baptiste, saint Eufrosino et saint Laurent, conservée à la pieve de San Leolino à Panzano[5].

Son testament est daté du  ; il meurt vraisemblablement peu après[4].

Reconstitution du catalogue

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Le point de départ de la reconstitution de sa personnalité artistique est le rapprochement, établi par Sirén en 1908, entre le polyptyque de la Vierge à l'Enfant en majesté avec des saints de San Donnino à Villamagna et les paiements reçus par Mariotto en 1394-1395 pour un panneau destiné à la même église[5].

Son activité est dès lors reconnue dans un groupe d'œuvres que Sirén avait déjà réunies en 1904 autour du polyptyque de Villamagna, mais qu'il attribuait alors à Lorenzo di Niccolò, peintre de l'entourage de Niccolò di Pietro Gerini actif durant les mêmes années[5].

Dans les décennies suivantes, le peu d'estime que lui accordent Venturi et Toesca s'accompagne d'ajouts importants à son catalogue, proposés par Mario Salmi en 1914, puis par Offner et Eisenberg en 1949 et 1959[5].

À ce premier ensemble d'œuvres documentées, les historiens de l'art ont ajouté le décor de la salle capitulaire de San Francesco à Pise, daté de 1391[2].

Selon le Dizionario biografico degli italiani, Mariotto participe par la suite à une tendance générale de retour aux manières et aux solutions de composition propres à la peinture florentine de la première moitié du XIVe siècle[5]. Le site Cassiciaco le compte parmi les représentants les plus caractéristiques de la tendance florentine qui visait à renouer avec la tradition giottesque et classicisante de cette période[2].

Œuvres

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Sélection
DateTitreLieu
1385-1390La Vierge et l'Enfant avec saint Jean-Baptiste, sainte Catherine, sainte Lucie, saint François et trois anges musiciensMusée du Petit Palais, Avignon[6],[7]
1389Retable de la chapelle Da Filicaia, démembréSanta Maria degli Angeli, Florence[2]
1391Décor de la salle capitulaire, attribuéSan Francesco, Pise[2]
1391-1392Polyptyque de la chapelle CorsiniSan Gaggio, Florence[2]
1393Vierge à l'EnfantSanta Cristina a Pagnana[4]
1394-1395Vierge à l'Enfant en majesté avec des saintsSan Donnino, Villamagna[5]
fin du XIVe siècleVierge à l'Enfant en majesté entre saint Michel archange et saint FrançoisMusée civique, Pesaro[5]
1405Dessin du vitrail de l'AssomptionCathédrale Santa Maria del Fiore, Florence[5],[4]
1411Cartons de vitrauxSan Domenico, Pérouse[2]
1412Triptyque, perduSanto Stefano al Ponte, Florence[2]
vers 1416RetableOratoire du Bigallo, Florence[4]
1421Œuvre avec saint François, saint Jean-Baptiste, saint Eufrosino et saint LaurentPieve de San Leolino, Panzano[5]
La Vierge en gloire avec les apôtresMusée du Petit Palais, Avignon[n 4]
La Vierge et l'Enfant avec six saintsMusée du Petit Palais, Avignon[n 4]
1408Saint Jean-Baptiste et saint Jean l'Évangéliste ; Saint Laurent et saint ÉtienneGetty Museum, Los Angeles[n 4]
1408Saint Barthélemy et saint Antoine abbé ; Couronnement de la Vierge avec cinq anges musiciensMinneapolis Institute of Art[n 4]
Prédelle de la légende de saint ÉtienneMusée national de l'Art occidental, Tokyo[n 4]
Saints Laurent, Christophe, Sébastien et un évêqueWalters Art Museum, Baltimore[n 4]
Christ en majestéMusée Czartoryski, Cracovie[n 4]
PentecôteMusée Fesch, Ajaccio[n 4]

La Vierge et l'Enfant avec quatre saints et trois anges musiciens d'Avignon, inventoriée sous le numéro M.I. 412, provient de la collection du marquis Giovanni Pietro Campana, à Rome. Entrée au musée Napoléon III à Paris en 1862, puis au musée du Louvre en 1863, elle est déposée au musée de Châteauroux à partir de 1872, puis à Avignon en 1976 ; elle a été restaurée en 1974-1975[7],[6],[n 5].

Galerie

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Notes et références

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  1. ↑ La version antérieure de l'article le disait fils du sculpteur Nardo di Cione, distinct du peintre homonyme.
  2. ↑ Les sources divergent sur la première mention documentaire : les environs de 1380 selon le catalogue général des biens culturels, 1389-1390 selon le site Cassiciaco, le contrat de 1394-1395 pour Villamagna selon l'Allen Memorial Art Museum.
  3. ↑ La version antérieure de l'article indiquait qu'il avait collaboré en 1400 avec Lorenzo Ghiberti à un retable pour Pesaro ; les sources consultées distinguent l'hypothèse de Salmi sur le décor, perdu, du palais malatestien et le polyptyque conservé au musée civique.
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 Ces œuvres figuraient dans la version antérieure de l'article, avec des liens vers les notices des musées concernés qui n'ont pu être vérifiés ; leur attribution, leur localisation et leur datation demandent à être confirmées.
  5. ↑ Les sources divergent sur la durée de ce dépôt : de 1872 à 1969 selon le musée du Louvre, de 1872 à 1975 selon l'Institut national d'histoire de l'art.

Références

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  1. ↑ (it) « Nardo di Cione », sur Dizionario biografico degli italiani, Treccani (consulté le ).
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 (it) « Mariotto di Nardo », sur Cassiciaco (consulté le ).
  3. ↑ (it) « Mariotto di Nardo — notizie 1380 ca.-1424 ca. », sur Catalogo generale dei Beni Culturali, Ministero della Cultura (consulté le ).
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (en) « Mariotto di Nardo », sur Allen Memorial Art Museum, Oberlin College (consulté le ).
  5. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 (it) S. Chiodo, « Mariotto di Nardo di Cione », sur Dizionario biografico degli italiani, Treccani, (consulté le ).
  6. 1 2 « La Vierge et l'Enfant avec saint Jean-Baptiste, sainte Catherine, sainte Lucie, saint François et trois anges musiciens », sur Répertoire des tableaux italiens dans les collections publiques françaises, Institut national d'histoire de l'art (consulté le ).
  7. 1 2 « La Vierge et l'Enfant avec quatre saints et trois anges musiciens », sur Collections, Musée du Louvre (consulté le ).

Voir aussi

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Bibliographie

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  • (it) S. Chiodo, « Mariotto di Nardo di Cione », dans Dizionario biografico degli italiani, vol. LXX, Rome, Istituto della Enciclopedia Italiana, .
  • Michel Laclotte et Elisabeth Mognetti, Avignon, musée du Petit Palais. Peinture italienne, Paris, Réunion des musées nationaux, .
  • Michel Laclotte et Esther Moench-Scherer, Peinture italienne. Musée du Petit Palais, Avignon, Paris, Réunion des musées nationaux, .

Articles connexes

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Liens externes

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