Nessim Gaon

homme d'affaires suisse d'origine soudanaise

Nessim Gaon (en arabe : نسيم جاعون), né le à Khartoum au Soudan anglo-égyptien et mort le à Genève, est un financier suisse, fondateur de la société Noga SA.

Nessim Gaon
Nessim Gaon
Biographie
Naissance
Décès
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GenèveVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
نسيم جاعونVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
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Période d'activité

Il a présidé la Fédération sépharade mondiale de 1971 à sa mort, a été vice-président du Congrès juif mondial et président du conseil des gouverneurs de l'université Ben Gourion du Néguev en Israël. Philanthrope, il a également joué un rôle d'intermédiaire dans le rapprochement israélo-égyptien des années 1970.

Biographie

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Nessim David Gaon naît à Khartoum d'une famille séfarade originaire de Turquie qui a émigré vers l'Égypte puis vers le Soudan[1]. Son père est un homme politique, gouverneur de Port-Soudan au bord de la mer Rouge. Le Soudan où il passe son enfance est alors une colonie de l'Empire britannique jusqu'au .

Il est diplômé de l'université de Khartoum avant de s'engager dans les Forces armées britanniques durant la Seconde Guerre mondiale[2] avec le grade de capitaine.

Après la guerre, il se lance dans le négoce[2], fait fortune et épouse Renée Tamman, avant de s'installer à Genève en Suisse (capitale mondiale du négoce des matières premières) avec sa famille en 1952, où il se développe dans l'immobilier. De cette union sont nés trois enfants : Marguerite, David et Danielle. Il commerce avec le Soudan, Israël, la Chine, la Russie, l'URSS, l'Argentine, le Nigeria, des produits oléagineux puis des pesticides dont il devient un spécialiste.

Son groupe s'associe avec le groupe Hilton et construit le Noga Hilton (Genève), un palace cinq étoiles où il s'établit avec sa famille, sur le Quai du Mont-Blanc, la promenade la plus en vue de Genève. Il poursuit avec le Noga Hilton de Cannes puis celui d'Abuja au Nigeria.

Il devient leader de la communauté juive de Khartoum et leader de la diaspora juive ashkénaze et séfarade de Genève en 1966. En 1971, il devient président de la Fédération Sépharade mondiale et vice-président du Congrès juif mondial et siège au conseil d'administration de l'université Ben-Gourion du Néguev en Israël. Il est également un des fondateurs et principaux membres de la synagogue Hekhal Haness, la plus importante synagogue séfarade de Genève inaugurée en 1972[1].

Nessim Gaon préside le Keren Hayessod et occupe des fonctions dirigeantes au sein de l'Agence juive, de l'Organisation sioniste mondiale et des universités hébraïque de Jérusalem et Bar-Ilan[3]. Avec son épouse Renée, il finance également l'école juive de Genève, devenue Beit Yossef Girsa, et reçoit un doctorat honoris causa de la Yeshiva University de New York en 1973[3].

Le rôle de Gaon en coulisses sur le front diplomatique reste largement inconnu. Proche de Menahem Begin, il fait partie de l'entourage du Premier ministre israélien lors de sa rencontre d'Ismaïlia avec le président égyptien Anouar el-Sadate en décembre 1977, prélude au traité de paix israélo-égyptien[4],[3]. Il contribue ensuite à l'organisation de la visite historique de Sadate à l'université Ben Gourion du Néguev, le 26 mai 1979[3].. La rumeur lui prête une candidature potentielle à la présidence de l'Etat d'Israël[réf. nécessaire]. Sa fille aînée, Marguerite Gaon a épousé Joël Herzog, fils de Chaim Herzog, président de l'Etat d'Israël de 1983 à 1993[5]. Ce dernier deviendra Président du directoire de la société suisse Noga Hotels[6].

Selon la presse israélienne, Nessim Gaon apporte son concours au Mossad lors des opérations d'évacuation des Juifs d'Éthiopie au début des années 1980, en contribuant à l'établissement du faux village de vacances de plongée d'Arous, au Soudan, qui sert de couverture à l'opération Brothers[7].

En 1991, Noga SA signe un contrat d'import-export de 1,5 milliard de dollars avec la Russie pour des biens de consommation courante contre du pétrole, du mazout et du gaz russe. Des dirigeants russes profitent alors de la dissolution de l'U.R.S.S. de 1991 pour ne pas payer, nier leurs créances, et accuser Nessim Gaon d'affabulation[réf. nécessaire], mettant ce dernier dans une grave position de surendettement bancaire et de faillite. En , la Cour de Justice de Genève prononce la faillite de la principale société du groupe, la Compagnie Noga d'Importation et d'Exportation SA, spécialisée dans le commerce international. La direction fait alors appel devant le tribunal fédéral et obtient un recours jusqu'au de la même année[1].

En , Nessim Gaon est contraint de vendre le Noga Hilton de Genève à deux banques, l'UBS et la BNP[8].

À 82 ans, il s'acharne alors dans des procès, très médiatisés en Suisse, à forcer la Russie à honorer ses créances. Les Noga Hilton sont saisis et il essaie de son côté, en vain, de faire saisir de façon spectaculaire à grand renfort de média :

Il tente également de faire bloquer 250 millions de dollars détenus par la compagnie semi-publique russe Aeroflot au siège de l'Association internationale du transport aérien (IATA) basée à Genève[réf. nécessaire].

Les pressions de Moscou sur Paris et Genève font échouer ses tentatives de recouvrement[réf. nécessaire]. Début 2003, la Russie reconnaît une dette de 800 millions de dollars à la condition que Gaon accepte de n'en toucher que 360[réf. nécessaire].

Poursuivi depuis 1994 pour gestion fautive et banqueroute frauduleuse dans le cadre de la faillite du groupe, il est blanchi en 2004 par le Ministère public genevois[9],[10].

Mort et hommages

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Nessim Gaon meurt le 10 mai 2022 à Genève, à l'âge de 100 ans[11]. Le président de l'État d'Israël, Isaac Herzog, et le Congrès juif mondial lui rendent hommage[7],[12].

Notes et références

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Voir aussi

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