Jacques Pradon
Jacques Pradon, dit parfois à tort Nicolas Pradon, né le à Rouen et mort le à Paris, est un dramaturge français.
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Biographie
modifierFils de Marguerite de Lastre et de Jacques Pradon, avocat en la Cour[1], il a reçu, tôt dans sa carrière, l’aide de Pierre Corneille et d’Antoinette Des Houlières, qui l’a présenté dans les salons de l’hôtel de Nevers et de l’hôtel de Bouillon.
Pradon est l’auteur de huit tragédies qui ont joui d’un succès modéré, mais qui ont été sévèrement jugées par Boileau et son rival Racine. « La seule différence entre Pradon et moi est que moi je sais écrire[2] », aurait-il dit. Cette rivalité a été particulièrement intense lorsque Pradon a publié Phèdre et Hippolyte au moment où Racine sortait sa propre Phèdre. L'auteur Subligny a pris le parti de Pradon. Donneau de Visé, quant à lui, s'est voulu plus objectif et a endossé le rôle de critique littéraire, préférant la Phèdre de Racine, dont il dégage une esthétique galante. On dit que Boileau a placé le nom de Pradon dans ses Satires pour remplacer celui de Boursault, qui paya pour lui une somme qu’il ne pouvait régler. Pradon a été l’auteur, sa vie durant, de plusieurs attaques contre Boileau. Il a été du parti de Perrault contre Boileau dans la querelle des Anciens et des Modernes.
Les pièces de Pradon ont été largement décriées par les critiques modernes pour leur supposé manque d’imagination ou de réalité historique, leur adhésion aveugle aux règles morales du XVIIe siècle et aux « bienséances ». Refusant de montrer une belle-mère amoureuse de son beau-fils, Pradon fait de Phèdre la fiancée de Thésée tandis que son personnage de Tamerlan se comporte en tous points comme un gentilhomme de la cour de France au XVIIe siècle.
Œuvres
modifier- Pyrame et Thisbé, 1674.
- Tamerlan, ou la Mort de Bajazet, 1676.
- Phèdre et Hippolyte, 167, Bibliothèque de la Pléiade, Théâtre du XVIIe siècle, t. III.
- Électre, 1677.
- La Troade, 1679.
- Statira, 1680.
- Regulus, 1688
- Germanicus, 1694.
- Scipion l’Africain, 1697.
- Tarquin.
- Nouvelles remarques sur tous les ouvrages du sieur D*** [Boileau-Despreaux], 1685.
- Réponse à la satire X du sieur D** [Boileau-Despreaux], 1694.
Épitaphe
modifierCi-gît le Poëte Pradon,
Qui durant quarante ans, d’une ardeur sans pareille,
Fit à la barbe d’Apollon,
Le même métier que Corneille.
Notes et références
modifier- ↑ (en) Thomas W. Bussom, A rival of Racine : Pradon. His life and dramatic works, Paris, É. Champion, , 194 p., 26 cm (OCLC 4646745, lire en ligne), p. 12.
- ↑ Victor Fournel, « Contemporains et successeurs de Racine : les poètes tragiques décriés Le Clerc, l'abbé Boyer, Pradon, Campistron », Revue d'histoire littéraire de la France, Paris, Armand Colin, vol. 1, , p. 234- (ISSN 2105-2689, lire en ligne).
Bibliographie
modifier- (en) Thomas W. Bussom, A rival of Racine : Pradon. His life and dramatic works, Paris, É. Champion, , 194 p., 26 cm (OCLC 4646745, lire en ligne).
- (de) Debora Helena Creusen, Racine versus Pradon : Eine alte Kontroverse neu aufgegriffen, A. Lenzen, , 150 p. (ISBN 978-3-93322-301-2, OCLC 977675326).
Liens externes
modifier- Ressources relatives au spectacle :
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :