Noubet
Noubet est une épouse hypothétique du roi Khéops, possible mère du roi Djédefrê, Hétep-Hérès II et Khentetenka.
| Noubet | |
| Période | Ancien Empire |
|---|---|
| Dynastie | IVe dynastie |
| Fonction principale | Reine consort d'Égypte |
| Famille | |
| Conjoint | Khéops |
| Enfant(s) | ♂ Djédefrê (?)♀ Hétep-Hérès II (?)♀ Khentetenka (?) |
| Sépulture | |
| Nom | pyramide G1B (?) |
| Type | pyramide à faces lisses |
| Emplacement | nécropole de Gizeh, cimetière est du complexe funéraire de Khéops |
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Hypothèse
modifierIl est nécessaire de distinguer deux choses : d'un côté, le nombre d'épouses du roi Khéops et les hypothèses liées à leur identité respective ; de l'autre, le nom même de Noubet.
Les reines de Khéops
modifierLa documentation archéologique donne les principaux éléments suivants :
- la seule reine nommée clairement attestée est la reine Mérititès Ire, attestée comme mère du prince Kaouab Ier dans la tombe de ce dernier[1],
- une autre attestation d'une épouse de Khéops et mère du prince Khoufoukhaf Ier est présente dans la tombe de ce dernier ; si le nom de la reine est perdue, elle est généralement considérée comme une reine distincte de Mérititès Ire et on lui donne souvent le nom d'Hénoutsen car une stèle de la XXVIe dynastie — soit pratiquement deux millénaires après la IVe dynastie — retrouvée dans les ruines du temple d'Isis construit lui-même sur les ruines de la chapelle de la pyramide G1C indique que cette pyramide appartenant à cette « fille du roi »[2],
- trois pyramides de reines, toutes trois anonymes, ont été construites à l'est de la pyramide de Khéops ; celle du milieu, la pyramide G1B, a cependant conservé les titres de reine (« grande du sceptre-hétès » (wr.t ḥts) et d'« épou[se du roi] » (ḥm[.t-nsw.t]))[3],
- le caveau, repéré G-7000x, abritait le trousseau funéraire de la reine Hétep-Hérès Ire, mère du roi Khéops ; ce caveau, bien que vide de toute momie lors de sa découverte, est situé au nord de la pyramide G1A[3].
Deux principales hypothèses ont alors émergées :
- les trois pyramides appartiendraient à trois épouses de Khéops :
- la pyramide G1A appartiendrait à Mérititès Ire, mère du prince Kaouab Ier dont la tombe se située en face de la pyramide G1A[4],
- la pyramide G1B appartiendrait à une reine inconnue, peut-être mère du roi Djédefrê[5],
- la pyramide G1C appartiendrait à la mère du prince Khoufoukhaf Ier et peut-être du roi Khéphren, prince Khoufoukhaf Ier dont la tombe est située juste en face de la pyramide G1C[6],
- seules deux des pyramides appartiendraient à des épouses de Khéops :
C'est donc dans le cadre de la première hypothèse, soutenue notamment par George Andrew Reisner et Zahi Hawass, que cette pyramide G1B est attribuée à une reine anonyme, accessoirement donnée comme la mère du roi Djédefrê[5]. Cette reine avait alors été donnée comme une femme d'origine libyenne, sur la base d'une peinture jaune au niveau de la chevelure des représentations de la princesse et reine Hétep-Hérès II dans sa propre tombe et qui a été interprétée comme la représentation d'une chevelure blonde, extrêmement rare chez les Égyptiens et qu'elle aurait donc héritée de cette épouse anonyme d'origine libyenne. En réalité, il s'avère que cette peinture jaune ne figure pas une chevelure naturelle mais une perruque teintée[7].
Le nom Noubet
modifierAucun document archéologique n'atteste de la présence du nom Noubet, et ce nom n'est référencé dans aucun ouvrage spécialisé dans la famille royale de cette période[8],[9],[10],[11] ou sur les pyramides de cette période[5],[12]. En réalité, ce nom de Noubet est donné dans la série Le Roman des Pyramides de Guy Rachet, qui fait d'elle une femme blonde originaire d'une contrée lointaine[note 1], la troisième épouse de Khéops et la mère de Djédefrê, Hétep-Hérès II et Khentetenka[note 2].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Elle est originaire d'une contrée « par-delà des mers brumeuses » et d'où est extrait l'étain[13].
- ↑ Voir notamment l'arbre généalogique de la dynastie fait par l'auteur dans le tome deux : Le Rêve de Pierre de Khéops[14].
Références
modifier- ↑ Baud 2005, p. 468.
- ↑ Baud 2005, p. 613-614.
- 1 2 Baud 2005, p. 612-614.
- 1 2 Hawass 2003, p. 142.
- 1 2 3 4 Hawass 2003, p. 143.
- 1 2 Hawass 2003, p. 144.
- ↑ Tyldesley 2008, p. 45.
- ↑ Baud 2005.
- ↑ Callender 2011.
- ↑ Dodson et Hilton 2004.
- ↑ Tyldesley 2008.
- ↑ Verner 2020, p. 156-157.
- ↑ Rachet 1997, p. 46.
- ↑ Rachet 1997, p. 409.
Bibliographie
modifierOuvrages égyptologiques
modifier- Michel Baud, Famille royale et pouvoir sous l'Ancien Empire égyptien, t. 2, Le Caire, Institut français d'archéologie orientale, coll. « Bibliothèque d'étude » (no 126/2), , 2e éd. (1re éd. 1999), 678 p. (ISBN 2-7247-0248-4 et 2-7247-0250-6, ISSN 0259-3823, lire en ligne) ;
- (en) Vivienne Gae Callender, In Hathor's Image : The Wives and Mothers from Egyptian Kings from Dynasties I-VI, vol. I, Prague, Czech Institute of Egyptology, Charles University in Prague, , 406 p. (ISBN 978-80-7308-381-6) ;
- (en) Aidan Mark Dodson et Dyan Hilton, The Complete Royal Families of Ancient Egypt, Londres, Thames & Hudson, , 320 p. [détail des éditions] (ISBN 978-977-424-957-0) ;
- (en) Zahi Hawass, The Treasures of the Pyramids, Londres, White Star, , 400 p. (ISBN 978-0760749685) ;
- Joyce Anne Tyldesley (trad. Aude Gros de Beler et Pierre Girard), Chronique des reines d'Égypte : Des origines à la mort de Cléopâtre [« Chronicle of the queens of Egypt: from early dynastic times to the death of Cleopatra »], Arles, Actes Sud, (1re éd. 2006), 224 p. (ISBN 978-2-7427-7566-8) ;
- (en) Miroslav Verner, The Pyramids : The Archaeology and History of Egypt’s Iconic Monuments, Le Caire, New York, The American University in Cairo Press, (1re éd. 1997 (tchèque), 2001 (anglais)), 464 p. (ISBN 978-9774169885).
Littérature
modifier- Guy Rachet, Le Roman des Pyramides, t. 2 : Le Rêve de Pierre de Khéops, Éditions du Rocher, coll. « Champollion », , 416 p. (ISBN 978-2268026688).