Nous vivrons

collectif sioniste de lutte contre l'antisémitisme français

Nous vivrons est un collectif français de lutte contre l'antisémitisme en France, fondé par d'anciens militants de l'Union des étudiants juifs de France en à la suite de l'attaque du Hamas contre Israël d'octobre 2023. Son site internet présente ses militants comme « attachés à la République » et « sionistes ».

Nous vivrons
Histoire
Fondation
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Organisation
Affiliation
Idéologie
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Il est présidé par Sarah Aizenman et réunit environ une centaine de militants actifs. Il revendique une solution à deux États pour le conflit israélo-palestinien et affirme l'équivalence de la menace antisémite portée par l'extrême droite et l'extrême gauche.

Proche du Printemps républicain, il s'illustre notamment lors des manifestations pour la Journée internationale des droits des femmes en 2024 et en 2025 à Paris, où sa participation donne lieu à des tensions avec des militants pro-palestiniens et des organisations féministes.

Fondation et organisation

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Nous vivrons est fondé en , peu après l'attaque du 7 octobre 2023 en Israël, par d'anciens militants de l'Union des étudiants juifs de France y ayant été actifs au début des années 2000[1],[2]. Le nom du collectif s'inspire d'une aquarelle du dessinateur Joann Sfar. Sa porte-parole[1] et présidente[2] est Sarah Aizenman, cheffe d'entreprise et professionnelle de la communication[1]. Ses vice-présidents sont Bettina Manchel[2] et Benjamin Cymerman[3]. Selon Libération, il compte en 2025 environ une centaine de militants actifs, dont les deux-tiers sont des femmes[2].

Ligne politique

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Bien qu'il « compte deux tiers de femmes parmi la centaine de militants actifs revendiqués » et participe aux manifestations contre les violences faites aux femmes, Nous vivrons dément être un collectif féministe et se définit plutôt comme « un comité de lutte contre l’antisémitisme » et « sioniste »[2]. Il revendique une solution à deux États pour le conflit israélo-palestinien, tout en refusant de commenter la politique israélienne[2].

Le collectif affirme l'équivalence entre l'extrême droite et extrême gauche quant à la menace antisémite qu'elles représentent[4], et perturbe ainsi des événements du Rassemblement national — un meeting du parti, ainsi que l'hommage de Marion Maréchal à Jeanne d'Arc —[2], de Reconquête[4] et de La France insoumise[1].

Proche du Printemps républicain[2], le collectif est accompagné de plusieurs personnalités de ce mouvement[5], y compris de sa présidente Marika Bret[2], ainsi que de la députée Renaissance Caroline Yadan, lors de la manifestation du à Paris[5].

Plusieurs acteurs l'ont associé au Collectif Némésis, classé à l'extrême droite, ce que Nous vivrons conteste. Une des raisons de cet amalgame est le fait que le Collectif Némésis, qui s'est incrusté dans la marche du 8 mars 2025, a été positionné par la police devant Nous vivrons[2].

Nous vivrons est décrit comme un collectif pro-israélien[6],[7],[8],[9],[10].

Participations à des manifestations

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Nous vivrons lors de la manifestation contre les violences sexistes, sexuelles et de genre du 22 novembre 2025 à Paris.

Le 25 novembre 2023, à l'occasion de la marche parisienne contre les violences faites aux femmes, environ 300 femmes du collectif Nous vivrons, venues dénoncer les crimes sexuels commis par le Hamas lors de l'attaque terroriste du 7 octobre 2023 et le silence d'une partie du milieu féministe à ce sujet, sont maintenues par les CRS sur la place de la Nation et ne rejoignent pas le cortège principal pour des raisons de sécurité[11],[12].

Le 8 mars 2024, alors que Nous vivrons participe avec d'autres collectifs de femmes juives à la manifestation parisienne pour la Journée internationale des droits des femmes afin de dénoncer les viols et les meurtres commis sur les femmes israéliennes lors de l'attaque du 7 octobre 2023, des heurts ont éclaté avec des militants pro-palestiniens[13]. La rubrique CheckNews de Libération rapporte que les deux camps « s'accusent mutuellement » d'en être à l'origine[13]. Ainsi, le service d'ordre des collectifs pro-Israël composé presque exclusivement d’hommes auraient, selon les militants pro-palestiniens, commencé à frapper des militantes féministes qui se seraient défendues. Cependant, Diane Richard, militante écoféministe, impute la responsabilité des heurts non pas à Nous vivrons mais à un « bloc d'antifas » qui se seraient regroupés en masse de manière « coordonnée et planifiée » du cortège puis l'auraient attaqué à coup de projectiles et en lançant des œufs, puis conspué en demandant aux membres de celui-ci de partir et en les qualifiant de « terroristes ». Pour Libération[13], le cortège n’a pas de drapeau israélien[14]. Ainsi, Libération reconstitue le déroulement des événements[13]. Selon Arrêts sur image, l'article « avait pointé une situation confuse, avec des responsabilités partagées »[5]. D'abord, deux militantes pro-palestiniennes se mettent devant le cortège — composé des collectifs 7 octobre, Nous vivrons et No Silence —, sont séparées de celui-ci puis repoussées par le service d'ordre du cortège par deux fois. Par la suite, un cortège de pro-palestiniens dont le nombre grossit au fur et à mesure, dit des slogans pro-palestiniens et anti-israéliens à proximité du cortège de Nous vivrons. Ensuite, après avoir été autour, le cortège des pro-palestiniens est désormais derrière le cortège de Nous vivrons, et ils scandent le slogan polémique du fleuve à la mer. Ainsi, le service d'ordre forme une ligne par deux fois et recule du fait qu'ils font face aux pro-palestiniens. La deuxième fois, les deux groupes se repoussent réciproquement. À la fin des heurts, un affrontement a alors lieu avec le Service de protection de la communauté juive (SPCJ) venu protéger les militantes, et qui repousse une femme et donne un coup de pied à un homme. Le SPCJ fait usage de bombes lacrymogènes — armes de catégorie D, vendues librement aux individus ayant atteint leur majorité, leur port hors du domicile est prohibé hors « motif légitime », évalué lors d'un contrôle de police —, et, alors que les groupes se séparent, un homme, saisit deux bouteilles en verre et les jette sur le SPCJ[13]. Les policiers de la Brav-M interviennent et exfiltrent les collectifs de femmes juives. Puis une journaliste d'i24News fait des doigts d'honneur à des militants pro-palestiniens. Suite aux violences, la préfecture de police de Paris, par l’intermédiaire du préfet Laurent Nuñez, a saisi la procureure de la République de Paris pour atteinte à la liberté de manifester[13],[15]. Le préfet de police de Paris Laurent Nuñez qualifie les faits de « graves », précisant que le collectif a reçu « d'abord des insultes de partisans de la cause pro-palestinienne, puis des jets de projectiles », avant d'être exfiltré par les forces de l'ordre[16],[17].

L'année suivante, lors de la manifestation du à Paris, le collectif Nous vivrons se voit refuser l'accès au cortège principal organisé par Grève féministe. Il est maintenu à l'écart du cortège pendant plus de trois heures avant d'être réintégré et protégé par les forces de l'ordre[18],[19]. Le collectif Nous vivrons publie le une tribune dans Le Point accusant les organisations féministes de complicité d'antisémitisme[5],[20]. Grève féministe déclare, dans une enquête publiée par Arrêt sur Images le 18 mars 2025, que l'exclusion de Nous vivrons était la conséquence de divergences politiques sur la politique du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou dans le contexte de la guerre à Gaza depuis 2023 et sur le positionnement à l'égard de l'extrême droite en France. Dans la même enquête, l'appréciation de Grève féministe concernant le positionnement de Nous vivrons à l'égard de l'extrême droite est toutefois contestée par Golem qui rappelle notamment que Nous vivrons avait appelé à « faire bloc contre le RN » et s'était opposé publiquement à Julien Odoul. L'enquête d'Arrêt sur images rapporte des divergences entre organisations juives de gauche sur le récit du collectif : Tsedek et l'Union juive française pour la paix le contestent, soulignant que l'exclusion visait un groupe politique et non des femmes juives en tant que telles, tandis que Golem estime que l'éviction de Nous vivrons peut légitimement être considérée comme antisémite, tout en exprimant lui-même des désaccords politiques avec le collectif[5]. Enfin, la même enquête évoque largement une « Lettre à nos sœurs juives », publiée le 10 mars et signée notamment par la Fondation des femmes, le Planning familial, Osez le féminisme, Golem, SOS Racisme et la LICRA qui condamne les menaces, insultes et sentiments d'exclusion rapportés par des femmes juives lors de la manifestation et affirme que l'antisémitisme n'a pas sa place dans les luttes féministes. Arrêt sur images relève cependant que cette lettre ne mentionne pas Nous vivrons et que plusieurs signataires ont précisé qu'elle ne constituait pas un soutien au collectif[5].

Le collectif Nous vivrons participe à nouveau à la manifestation du 8 mars 2026 à Paris. Selon Le Point, plusieurs organisations féministes, dont Nous Toutes, Boussole féministe, Les Inverti·es et OUTrans, se mobilisent en amont sur les réseaux sociaux, aux côtés notamment du collectif Urgence Palestine, alors en cours de dissolution, et de l'organisation Samidoun, classée organisation terroriste par le Canada et l'Allemagne, pour empêcher Nous vivrons de défiler avec le cortège principal. Le même article rapporte que la candidate LFI à la mairie de Paris Sophia Chikirou relaie sur les réseaux sociaux un appel à « dégager » le collectif, en repartageant une publication qui associe le collectif aux militantes de Némésis. Il rapporte également que la taekwondoïste afghane Marzieh Hamidi et le collectif de femmes iraniennes Femme Azadi renoncent à participer à la marche, en raison notamment des menaces dont ils font l'objet[21]. Selon Mediapart, une majorité d'organisations féministes s'étaient accordées en amont sur un mot d'ordre commun appelant à « bloquer les sionistes, les fascistes et les racistes », et le départ du cortège officiel est retardé d'environ une heure en raison de la présence du collectif en marge de la manifestation[22]. Nous vivrons défile finalement à l'écart, sous protection policière, ses militantes faisant l'objet de rejet et d'hostilité de la part d'autres manifestants[21]. Selon Mediapart, des manifestants opposés à Nous vivrons tentent à plusieurs reprises, tout au long du défilé, de s'approcher de son rassemblement, avant d'être repoussés par les forces de l'ordre, parfois avec violence[22].

Autres principales actions

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Le 12 novembre 2023, La France insoumise (LFI), refuse de participer à la Marche contre l'antisémitisme et dépose une gerbe devant le mémorial du Vél d'Hiv'. Une trentaine de militants juifs perturbent cette action pour dénoncer ce qu'ils estiment être « une basse récupération » de la part d'LFI[1].

En mai 2025 des militantes du collectif perturbent un meeting de Marine Le Pen à Narbonne ainsi que l'hommage de Marion Maréchal à Jeanne d'Arc à Domrémy-la-Pucelle pour dénoncer une instrumentalisation de la cause juive par l'extrême droite[23]. En août 2025, Nous vivrons perturbe un concert du groupe Kneecap en lui reprochant de faire l'apologie du terrorisme[3].

En amont des élections municipales de 2026, le collectif intervient dans les meetings de campagne de Sarah Knafo et de Sophia Chikirou, accusant notamment Chikirou de tenir des discours antisémites et le RN et Reconquête d'instrumentaliser la communauté juive[24]. En mai 2026, le collectif interrompt une émission publique de l'humoriste Akim Omiri qu'il accuse d'antisémitisme. L'animatrice du collectif est alors invitée à s'asseoir à la place des chroniqueurs, et un échange a lieu, dont des extraits circulent ensuite sur les réseaux sociaux. Omiri publie en retour une vidéo de 30 minutes sur YouTube pour répondre aux accusations[7],[10]. L'Humanité décrit des « accusations fallacieuses » par « une association pro israélienne et relayées par l’extrême droite »[7].

Références

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  1. 1 2 3 4 5 Ève Szeftel, « Sarah Aizenman, même pas peur » Accès payant, sur Libération, (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Coline Clavaud-Mégevand, « Lutte contre l’antisémitisme : «Nous Vivrons», un collectif révélateur des fractures de la gauche » Accès payant, sur Libération, (consulté le )
  3. 1 2 Éric Bureau et Emmanuel Marolle, « Antisémites hors de nos fêtes: des tensions pendant le concert de Kneecap à Rock en Seine », Le Parisien, 24 août 2025 (consulté le 30 avril 2026).
  4. 1 2 Ronan Tésorière, « Municipales 2026 : le collectif Nous Vivrons ne veut « pas d’antisémites dans les mairies » et le fait savoir à Paris » Accès libre, sur Le Parisien, (consulté le )
  5. 1 2 3 4 5 6 Élodie Safaris, « 8 Mars : "Nous Vivrons", et l'offensive antiféministe dans les médias » Accès payant, sur Arrêt sur images, (consulté le ).
  6. ↑ Qu’est-ce que « Nous Vivrons », le collectif pro-israélien contre lequel des députés LFI ont porté plainte ?, Le Parisien, 2/5/2024
  7. 1 2 3 L’humoriste Akim Omiri riposte aux accusations d’antisémitisme du collectif « Nous vivrons » , L'Humanité, 29 mai 2026
  8. ↑ Municipales à Paris : « Pas de fachos à Paris »… Des incidents au meeting de Sarah Knafo avec Eric Zemmour, Sud Ouest, 10 mars 2026
  9. ↑ « Quand la police nationale exhibe fièrement une banderole féministe à l’envers », sur Blast le souffle de l’info, (consulté le ).
  10. 1 2 Julia Méreau, « « Je suis désolé que tu te sentes agressée » : accusé d'antisémitisme, Akim Omiri prend le temps de l'explication » Accès libre, La Voix du Nord, (consulté le ).
  11. ↑ « La guerre entre Israël et le Hamas s’invite à la marche contre les violences faites aux femmes », Le Point.fr,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  12. ↑ « « Silence, le Hamas viole » : comment le conflit au Proche-Orient crée des tensions au sein des mouvements féministes », sur Le Parisien, (consulté le )
  13. 1 2 3 4 5 6 Jacques Pezet, « Manifestation du 8 mars : que sait-on des heurts entre militants pro-Palestine et collectifs de la communauté juive ? » Accès payant, sur Libération, (consulté le )
  14. ↑ Marlène Thomas, « La manif du 8 mars entre fête féministe et tensions liées au conflit Hamas-Israël », Libération, Samedi 9 et Dimanche 10 Mars 2024, p. 14.
  15. ↑ [https://www.leparisien.fr/paris-75/manifestation-du-8-mars-a-paris-les-auteurs-des-agressions-du-collectif-nous-vivrons-identifies-selon-laurent-nunez-11-03-2024-3W5CEYGXQJGC7BDAFLDMDKQRMA.php Maxime Ducher, « Manifestation du 8-Mars à Paris : les auteurs des agressions du collectif « Nous Vivrons » “identifiés”, selon Laurent Nunez», Le Parisien, 11 mars 2024, (consulté le 31 juillet 2026).
  16. ↑ « Droits des femmes : le préfet de police de Paris annonce saisir la justice après que le collectif "Nous vivrons" a été ciblé lors de la manifestation du 8 mars », sur franceinfo, (consulté le )
  17. ↑ « Manifestation du 8-Mars : le préfet de police saisit la justice après les violences contre des femmes d’un collectif de la communauté juive », Le Monde,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  18. ↑ Ève Szeftel, « À la marche pour les droits des femmes, le deux poids deux mesures face à la liberté d'expression », sur www.marianne.net, (consulté le )
  19. ↑ « Manifestation du 8-mars: Aurore Bergé regrette l'exclusion de militantes contre l'antisémitisme », sur BFM, (consulté le )
  20. ↑ « « À vous toutes et tous, complices d’antisémitisme » », Le Point.fr,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  21. 1 2 Nora Bussigny, « « Paris Gaza Antifa ! » : quand le 8 mars féministe oublie certaines victimes », sur Le Point, (consulté le )
  22. 1 2 Yunnes Abzouz, « À Paris, féministes et fémonationalistes manifestent séparément », sur Mediapart, (consulté le )
  23. ↑ « Des membres d'un collectif de lutte contre l'antisémitisme interrompent brièvement le discours de Marine Le Pen à Narbonne » Accès libre, sur France Info, (consulté le )
  24. ↑ Ronan Tésorière, « Municipales 2026 le collectif : Nous Vivrons, ne veut pas d'antisémites dans les mairies », Le Parisien,‎ (lire en ligne)

Lien externe

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