Nu Piscium

étoile géante de la constellation des Poissons

Nu Piscium (en abrégé ν Psc) est une étoile géante de la constellation zodiacale des Poissons. Elle est visible à l'œil nu avec une magnitude apparente de 4,44[2]. L'étoile présente une parallaxe annuelle de 8,93 mas mesurée par le satellite Gaia, ce qui indique qu'elle est distante d'environ  365 a.l. ( 112 pc) de la Terre[1]. Elle s'éloigne quelque peu du Système solaire, à une vitesse radiale de +0,5 km/s[6].

ν Piscium
Données d'observation
(époque J2000.0)
Ascension droite 01h 41m 25,894 14s[1]
Déclinaison +05° 29 15,401 9[1]
Constellation Poissons
Magnitude apparente 4,44[2]

Localisation dans la constellation : Poissons

(Voir situation dans la constellation : Poissons)
Caractéristiques
Stade évolutif RGB probable[3]
Type spectral K3III[4]
Indice U-B +1,57[2]
Indice B-V +1,36[2]
Indice R-I +0,71[2]
Variabilité ORG[5]
(amplitude : V = 0,003)
Astrométrie
Vitesse radiale +0,482 km/s[6]
Mouvement propre μα = −23,323 mas/a[1]
μδ = +3,505 mas/a[1]
Parallaxe 8,927 5 ± 0,156 7 mas[1]
Distance 112,01 ± 1,97 pc (365 al)[7]
Magnitude absolue −0,78[8]
Caractéristiques physiques
Masse 1,66 M[9]
Rayon 34,58+0,81
−0,83
 R[10]
Gravité de surface (log g) 1,47 ± 0,22[11]
Luminosité 419,7 ± 23,1 L[10]
Température 4 153 ± 24 K[11]
Métallicité [Fe/H] = −0,25 ± 0,03[11]
Âge 3,41 Ga[9]

Désignations

ν Psc, 106 Psc, 51 Cet, HD 10380, HIP 7884, HR 489, BD+04°293, FK5 56, SAO 110065[7]

Propriétés

modifier

Nu Piscium est une étoile géante rouge évoluée de type spectral K3III[4], qui est probablement située sur la branche des géantes rouges (RGB) du diagramme de Hertzsprung-Russell[3]. On estime qu'elle est 1,66 fois plus massive que le Soleil et qu'elle est âgée de 3,4 milliards d'années[9]. Le rayon de l'étoile est 35 fois plus grand que le rayon solaire, elle est autour de 420 fois plus lumineuse que le Soleil[10] et sa température de surface est de 4 153 K[11].

Les données photométriques du satellite TESS montrent que Nu Piscium est une géante rouge à oscillations (ORG), avec une variation de luminosité d'une amplitude de 0,003 magnitude seulement[5]. Par ailleurs, l'étoile présente des variations de vitesse radiale avec une période dominante de 618 jours. Ces variations sont intrinsèques à l'étoile, et ne sont pas dues à la présence d'une exoplanète en orbite[3].

Nu Piscium est une étoile à baryum faible, qui montre un léger enrichissement en éléments issus du processus s[12]. Classiquement, on explique un tel enrichissement par un compagnon qui était encore sur la branche asymptotique des géantes et qui est depuis devenu une naine blanche difficile à détecter directement. Si cela est bien le cas, Nu Piscium pourrait être une étoile binaire[13]. Toutefois, pour les étoiles à baryum dites marginales, cet enrichissement apparent en baryum pourrait être un effet de luminosité positif, c'est-à-dire que cet élément apparaît plus abondant que la normale simplement parce que l'étoile est plus lumineuse qu'une géante typique[14].

Nomenclature

modifier

ν Piscium, romanisé Nu Piscium, est la désignation de Bayer de l'étoile. L'astronome britannique John Flamsteed lui a attribué une double désignation, étant à la fois identifiée comme 106 Piscium et comme 51 Ceti. Cette dernière désignation, se rapportant à la constellation de la Baleine plus au sud, est tombée en désuétude après 1930 lorsque les frontières des constellations ont été formellement définies, l'étoile se retrouvant largement dans les limites des Poissons[15].

En astronomie chinoise traditionnelle, l'étoile fait partie de l'astérisme de Waiping (en chinois 外屏, Wài Píng), qui représente une « clôture extérieure ». Outre ν Piscium, cet astérisme comprend δ Piscium, ε Piscium, ζ Piscium, μ Piscium, ξ Piscium et α Piscium[16].

Notes et références

modifier
  1. 1 2 3 4 5 6 (en) A. Vallenari et al. (Gaia collaboration), « Gaia Data Release 3 : Summary of the content and survey properties », Astronomy & Astrophysics, vol. 674, , article no A1 (DOI 10.1051/0004-6361/202243940, Bibcode 2023A&A...674A...1G, arXiv 2208.00211). Notice Gaia DR3 pour cette source sur VizieR.
  2. 1 2 3 4 5 (en) D. Hoffleit et W. H. Warren Jr., « Bright Star Catalogue, 5e éd. », Catalogue de données en ligne VizieR : V/50. Publié à l'origine dans : 1964BS....C......0H, vol. 5050, (Bibcode 1995yCat.5050....0H, lire en ligne).
  3. 1 2 3 (en) Dane Spaeth et al., « Precise radial velocities of giant stars: XVII. Distinguishing planets from intrinsically induced radial velocity signals in evolved stars », Astronomy & Astrophysics, vol. 697, , article no A32 (DOI 10.1051/0004-6361/202453500, Bibcode 2025A&A...697A..32S, arXiv 2504.09087).
  4. 1 2 (en) Philip C. Keenan et Raymond C. McNeil, « The Perkins catalog of revised MK types for the cooler stars », The Astrophysical Journal Supplement Series, vol. 71, , p. 245 (DOI 10.1086/191373 Accès libre, Bibcode 1989ApJS...71..245K).
  5. 1 2 (en) « VSX : Detail for nu. Psc », sur The International Variable Star Index, AAVSO (consulté le ).
  6. 1 2 (en) C. Soubiran et al., « Gaia Data Release 2. The catalogue of radial velocity standard stars », Astronomy & Astrophysics, vol. 616, , p. 8, article no A7 (DOI 10.1051/0004-6361/201832795, Bibcode 2018A&A...616A...7S, arXiv 1804.09370).
  7. 1 2 (en) * nu. Psc -- Star sur la base de données Simbad du Centre de données astronomiques de Strasbourg.
  8. (en) E. Anderson et Ch. Francis, « XHIP: An extended Hipparcos compilation », Astronomy Letters, vol. 38, no 5, , p. 331 (DOI 10.1134/S1063773712050015, Bibcode 2012AstL...38..331A, arXiv 1108.4971, lire en ligne).
  9. 1 2 3 (en) R. Earle Luck, « Abundances in the Local Region. I. G and K Giants », The Astronomical Journal, vol. 150, no 3, , article no 88 (DOI 10.1088/0004-6256/150/3/88, Bibcode 2015AJ....150...88L, arXiv 1507.01466).
  10. 1 2 3 (en) Ellyn K. Baines et al., « Angular Diameters and Fundamental Parameters of Forty-four Stars from the Navy Precision Optical Interferometer », The Astronomical Journal, vol. 162, no 5, , article no 198 (DOI 10.3847/1538-3881/ac2431, Bibcode 2021AJ....162..198B, arXiv 2211.09030).
  11. 1 2 3 4 (en) C. Soubiran, N. Brouillet et L. Casamiquela, « Assessment of [Fe/H] determinations for FGK stars in spectroscopic surveys », Astronomy & Astrophysics, vol. 663, , article no A4 (DOI 10.1051/0004-6361/202142409, Bibcode 2022A&A...663A...4S, arXiv 2112.07545, lire en ligne).
  12. (en) A. E. Gomez et al., « Absolute magnitudes and kinematics of barium stars », Astronomy & Astrophysics, vol. 319, , p. 881-885 (Bibcode 1997A&A...319..881G).
  13. (en) P. P. Eggleton et A. A. Tokovinin, « A catalogue of multiplicity among bright stellar systems », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 389, no 2, , p. 869–879 (DOI 10.1111/j.1365-2966.2008.13596.x, Bibcode 2008MNRAS.389..869E, arXiv 0806.2878).
  14. (en) A. Escorza et al., « Hertzsprung-Russell diagram and mass distribution of barium stars », Astronomy & Astrophysics, vol. 608, , article no A100 (DOI 10.1051/0004-6361/201731832, Bibcode 2017A&A...608A.100E, arXiv 1710.02029, lire en ligne).
  15. (en) M. Wagman, « Flamsteed's Missing Stars », Journal for the History of Astronomy, vol. 18, no 3, , p. 209-223 (DOI 10.1177/002182868701800305, Bibcode 1987JHA....18..209W, lire en ligne).
  16. (zh) AEEA (Activities of Exhibition and Education in Astronomy) 天文教育資訊網 2006 年 5 月 19 日 « https://web.archive.org/web/20160303170659/http://aeea.nmns.edu.tw/2006/0605/ap060519.html »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), .

Liens externes

modifier