Ouidi Naaba

office coutumier mossi de la cour du Mogho Naaba, historiquement chargé des chevaux et de la cavalerie royaux

Le Ouidi Naaba, également orthographié Ouidi Naba ou Ouid-Naaba, est un titre traditionnel de la cour du Mogho Naaba, souverain du royaume mossi de Ouagadougou, au Burkina Faso. Son titulaire est l’un des principaux dignitaires de la cour royale. Il exerce traditionnellement les fonctions de chef de la cavalerie et de premier ministre coutumier.

Description

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Fonctions

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Dans l’organisation politique traditionnelle des Mossi, le Ouidi Naaba assiste le Mogho Naaba dans le gouvernement du royaume de Ouagadougou. L’historien et dignitaire Yamba Tiendrebeogo le décrit comme le premier ministre de la cour, chargé de plusieurs questions politiques et cérémonielles[1].

Le Ouidi Naaba est historiquement le grand maître de la cavalerie. À ce titre, il dirige la monture royale lors des déplacements et des cérémonies du Mogho Naaba[2]. Le titre est associé à Ouidi, ancien quartier de Ouagadougou sur lequel règne son titulaire.

Le Ouidi Naaba est également considéré comme le doyen de la cour royale de Ouagadougou[3]. Lors des audiences et des cérémonies publiques, il peut transmettre les déclarations du souverain et agir comme porte-parole du palais[4],[5].

Titulaires

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Le Ouidi Naaba Karfo occupe la fonction pendant 54 ans. Chef de la cavalerie et doyen des ministres du Mogho Naaba Baongo, il meurt le à l’âge de 86 ans[6].

Le , le Mogho Naaba Baongo désigne Yamtaabangre Clément Évariste Rouamba pour lui succéder. Celui-ci règne sur Ouidi sous le nom de Naaba Kiiba[7]. En 2026, il exerce toujours la fonction de ministre du Mogho Naaba et intervient publiquement au nom des institutions coutumières du Burkina Faso[8].

Notes et références

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  1. Yamba Tiendrebeogo, « Histoire traditionnelle des Mossi de Ouagadougou », Journal de la Société des Africanistes, vol. 33, no 1, , p. 7-46 (DOI 10.3406/jafr.1963.1365, lire en ligne, consulté le ).
  2. Olivia Guérin, « Un Français à la cour du Morho Naba », Mots. Les langages du politique, no 82, , p. 23-36 (DOI 10.4000/mots.762, lire en ligne, consulté le ).
  3. Serge Pacôme Zongo, « Lutte contre le terrorisme : le Moogho Naaba Baongo apporte 7 millions F CFA et des vivres à l’effort de guerre », sur Burkina24, (consulté le ).
  4. « Burkina : un roi offre 60 tonnes de céréales et du matériel à des déplacés », sur Agence d’information du Burkina, (consulté le ).
  5. Hamadou Ouedraogo, « Le Moogho Naaba célèbre le 15-Mai en mettant l’accent sur l’éducation comme pilier de la société », sur Burkina24, (consulté le ).
  6. « Décès du Ouidi Naaba Karfo : sa nièce livre un émouvant témoignage », sur leFaso.net, (consulté le ).
  7. « Nouveau Ouid-naaba : Évariste Rouamba devient Naaba Kiiba », sur L’Observateur Paalga, (consulté le ).
  8. « Chefferie coutumière au Burkina : les rois saluent la loi sur la justice traditionnelle », sur Libreinfo, (consulté le ).

Voir aussi

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Articles connexes

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Bibliographie

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Ouvrages

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  • Antoine Augustin Dim Delobsom (préf. Robert Randau), L'Empire du Mogho-Naba : Coutumes des Mossi de la Haute-Volta, Paris, Domat-Montchrestien, coll. « Études de sociologie et d'ethnologie juridiques » (no 11), , 303 p. (présentation en ligne)
  • (en) Elliott P. Skinner, The Mossi of the Upper Volta : The Political Development of a Sudanese People, Stanford, Stanford University Press, , 236 p.
  • Michel Izard, Introduction à l'histoire des royaumes mossi, Paris et Ouagadougou, CNRS et Centre voltaïque de la recherche scientifique, coll. « Recherches voltaïques » (no 12-13), , 434 p. (présentation en ligne)
  • Michel Izard, Gens du pouvoir, gens de la terre : Les institutions politiques de l'ancien royaume du Yatenga (Bassin de la Volta Blanche), Cambridge et Paris, Cambridge University Press et Éditions de la Maison des sciences de l'homme, , 594 p. (ISBN 978-2-7351-0120-7)
  • Michel Izard, Moogo : L'émergence d'un espace étatique ouest-africain au XVIe siècle : étude d'anthropologie historique, Paris, Karthala, coll. « Hommes et sociétés », , 394 p. (ISBN 978-2-84586-449-8)

Articles

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  • Yoporeka Somet, « Le Morho-Naba et sa Cour : un commentaire du texte de Dim Delobsom à la lumière de l'égyptologie », ANKH, nos 21-22, 2012-2013, p. 80-125 (lire en ligne [PDF], consulté le )
  • Yamba Tiendrebeogo, « Histoire traditionnelle des Mossi de Ouagadougou », Journal de la Société des Africanistes, vol. 33, no 1, , p. 7-46 (DOI 10.3406/jafr.1963.1365, lire en ligne, consulté le )