Palais de Holyrood

résidence officielle du monarque britannique en Écosse

Le palais de Holyrood (Palace of Holyroodhouse est le nom anglais. En scots, Haly ruid signifie « Sainte croix ») se situe à Édimbourg en Écosse, dans le bas du Royal Mile, l’artère principale qui relie le palais de Holyrood au château d'Édimbourg.

Palais de Holyrood
Image illustrative de l’article Palais de Holyrood
Vue du palais de Holyrood.
Nom local Palace of Holyroodhouse
Période ou style Classique
Début construction 1128
Propriétaire initial David Ier d'Ecosse
Destination initiale Monastère
Propriétaire actuel Crown Estate
Destination actuelle Résidence officielle du souverain britannique en Ecosse
Protection  Classé en catégorie A
Coordonnées 55° 57′ 09″ nord, 3° 10′ 21″ ouest
Pays Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
Nation constitutive Drapeau de l'Écosse Écosse
Localité Édimbourg
Géolocalisation sur la carte : Écosse
(Voir situation sur carte : Écosse)
Palais de Holyrood
Site web rct.uk

C'est à l’origine un monastère fondé par le roi d'Écosse David Ier en 1128. Il sert de résidence principale des rois et reines d’Écosse depuis le XVe siècle ainsi qu'à tous les souverains britanniques lors de leurs séjours officiels en Écosse.

On utilise parfois le terme palais de Holyrood, ou simplement Holyrood, pour désigner le Parlement écossais.

L’abbaye

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Ruine de l'abbaye.

L’abbaye de l’ordre de saint Augustin est construite en 1128 à la demande du roi David Ier d'Écosse. La légende veut que David ait été attaqué par un cerf alors qu’il chassait, et dans un geste défensif, prenant le cerf par les bois, s’aperçut qu’il tenait un crucifix avant qu'il ne s’échappe. C’est pour montrer sa reconnaissance envers Dieu que David aurait fondé l’abbaye à cet endroit et qu'il l'a dédié à la Sainte Croix (Holy Rood)[1.1].

L’abbaye a été le lieu de nombreuses cérémonies royales, que ce soit des mariages ou des funérailles.

L’abbaye est adaptée pour devenir une chapelle de l’ordre du Chardon par Jacques VII d'Écosse, mais elle est par la suite ravagée lors d'une émeute. En 1691, l’église de Canongate (Kirk of the Canongate) remplace l’abbaye en tant qu’église paroissiale, où la reine Élisabeth II assistait aux offices religieux lorsqu’elle résidait au palais de Holyrood.

Le toit de l’abbaye s’est écroulé au XVIIIe. L'édifice, resté en l’état, n'est plus qu'une ruine aujourd’hui.

Le palais

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Histoire

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Vue du palais et des jardins depuis le parc de Holyrood.

Au XVe siècle, une maison d'hôtes occupait le site, à l’emplacement actuel de la partie nord du palais. De nombreux rois d’Écosse ont séjourné ici, avant la construction du palais ; à la fin du XVe siècle, Holyrood n’était une résidence royale que de nom. Jacques II y est né en 1430, y a été couronné, s’y est marié et y est enterré. Entre 1498 et 1501, Jacques IV fait construire un nouveau bâtiment et Holyrood devient un palais au vrai sens du terme.

Le palais est construit autour d’une cour carrée, à l’ouest du cloître de l’abbaye. À l’intérieur du palais se trouvaient entre autres une chapelle, les appartements royaux et une grande salle. La chapelle occupait la partie nord de la cour carrée, alors que les appartements de la reine se trouvaient dans l’aile sud. La partie ouest abritait les appartements du roi et l’entrée du palais.

Jacques V d'Écosse commande des ajouts entre 1528 et 1536, dont la tour nord-ouest, toujours visible. C’est dans cette tour que sont les appartements qu'occupait Marie Stuart.

Le plafond en bois des pièces principales est de l'époque de Marie Stuart et les monogrammes MR (Maria Regina) et IR (Jacobus rex) font référence à Marie et son fils, Jacques VI d'Écosse. Les boucliers commémorant le mariage de Marie Stuart et du roi de France François II auraient été taillés en 1559, mais mis à leur place actuelle en 1617. Les appartements contiennent une chambre d’audience et la chambre de la reine, de laquelle on accède à deux pièces dans la tourelle. C’est dans la chambre nord que le a lieu le meurtre de David Rizzio (le secrétaire particulier de Marie Stuart) en présence de Marie. Le corps est laissé à même le sol où les traces de sang sont toujours visibles[1.2].

Une fois Jacques VI devenu roi d’Écosse et d’Angleterre en 1603, le palais cesse d'être le siège permanent de la cour royale. Jacques VI se rend au palais encore une fois en 1633, comme Charles Ier quand il vient se faire couronner roi d’Écosse à l’abbaye de Holyrood. À cette occasion, le palais et l'abbaye sont rénovés[1.3].

En 1650, le palais est brûlé lorsque les troupes d'Oliver Cromwell y logèrent. La forme actuelle du palais date de 1671 et 1679, période de travaux entrepris par Charles II et William Bruce, s'inspirant du château de Windsor.

L'avènement du règne de Jacques VII et son empreinte catholique provoque la Glorieuse Révolution. Contraint de s'exiler, il laisse le palais aux ducs d'Hamilton. À la dissolution du parlement écossais en 1701, le palais perd son importance et ne sert plus que de résidence pour la noblesse écossaise[1.4].

Après la Révolution française, George III permet au plus jeune frère de Louis XVI, le comte d’Artois, futur Charles X, de vivre à Holyrood. La famille royale française revient au palais lors de son second exil, de 1830 à 1832, avant de s’installer en Autriche.

Palais de Holyrood, négatif de papier paraffiné par Thomas Keith, c. 1856. Department of Image Collections, National Gallery of Art, Washington DC.

Ce domaine reçoit une franchise accordant l'immunité à tout justiciable fuyant la justice, restreinte aux débiteurs. Ces débiteurs devaient payer un droit d'entrée et ne jamais en ressortir plus de quinze jours, ni entreprendre de démarche pour partir, à part dans certains cas tels que le dimanche ou pour être assignés à témoigner. Ils vivaient sous l'autorité d'un bailli nommé par le gardien du palais. Le comte d'Artois est un des bénéficiaires de ce privilège[2].

Avec les visites royales plus fréquentes lors des déplacements vers Balmoral, le palais retrouve son importance. En 1850, il fait l'objet d'une rénovation complète. Les appartements du deuxième étage deviennent les appartements privés de la famille royale[1.5].

Ère moderne

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Dans les temps modernes, les monarques britanniques ont toujours passé au moins une semaine par an au palais qui continue de recevoir des améliorations : chauffage central, électricité, nouvelles chambres, ascenseur, cuisine modernisé. Holyrood devient ainsi la résidence officielle des souverains britanniques en Écosse[1.5].

La reine Élisabeth II l’utilisait toujours lorsqu’elle était en visite en Écosse pour des affaires d’État[3] et des obligations officielles, audiences privées, investitures, réceptions, événements caritatifs[1]. La Galerie de la Reine est inaugurée en 2002 pour souligner le jubilé d'Élisabeth II.

Le rôle du palais s’est accru depuis l’ouverture du parlement écossais en 1999, et de multiples membres de la famille royale, dont Charles III, ou la princesse Anne, y séjournent régulièrement. Il a été suggéré qu’un membre de la famille royale soit accueilli à plein temps au palais afin de représenter la reine (on a souhaité que ce soit la princesse Anne, qui possède de fortes relations avec l’Écosse).

Le souverain britannique rencontre le Premier ministre d’Écosse à Holyrood. Pendant la présidence britannique de l’Union européenne, une réunion du Conseil européen s’y est déroulée.

Le palais est ouvert au public pendant les périodes de non-résidence du roi ou d’un membre de la famille royale.

Le parlement écossais est situé de l’autre côté de la rue, face au palais.

Description

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La cour d'honneur

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La cour d'honneur est l'entrée principale du château. Sa façade symétrique date du règne de Charles II, à l'exception de la tour du côté gauche, seule construction encore visible des aménagements de 1528 sous Jacques V.

La fontaine au milieu de la cour est installée en 1859, offerte par la reine Victoria et le prince Albert. Elle est ornée de divers personnages s'adonnant à divers passe-temps comme la chasse ou la musique.

La cour d'honneur sert à l'accueil du souverain britannique. On lui remet pour l'occasion les clefs de la ville.

La cour carrée

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Une fois la cour d'honneur franchie, on accède à la cour carrée, semblable à un cloître et rappelant ainsi les origines monastiques du lieu. La facture classique est due à William Bruce.

Le grand escalier

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Bâti sous Charles II, il marque le début du trajet menant au roi. Le plafond est richement orné de moulures en plâtre. Aux quatre coins, des anges portent les insignes de la royauté écossaise, la couronne, le sceptre et l'épéé.

Un tableau de David Wilkie au pied de l'escalier représente la remise des clefs à Georges IV, premier monarque à visiter l'Écosse depuis Charles 1er

La salle à manger royale

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D'abord utilisée par les soldats chargés de la surveillance des appartements royaux, elle est transformée en salle à manger durant le règne de la reine Victoria. Sur la table en acajou, le service en argent fait partie des 3 000 pièces ornées des armoiries d'Écosse et offertes à Georges V par Sir Alexander Grant (en).

La salle du trône

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La pièce est aménagée en 1822 lors de la visite de Georges VI. Assis sur un trône, il reçoit la noblesse écossaise. La salle est à nouveau rénovée en 1927 avec des lambris de chêne et un nouveau plafond. La salle sert toujours pour des réceptions et divers événements.

La salle de réception

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Ornée de tapisseries venant du palais de Buckingham et de portraits, dont Jacques VII et la reine Anne enfant, la salle sert également aux réceptions.

La salle d'audience

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Attenante à la salle de réception, la salle d'audience servait aux souverains à recevoir les privilégiés qui venaient rencontrer les rencontrer. Richement ornée, dont un plafond sculpté portant le monogramme de Charles II, elle sert toujours à cette fin de nos jours.

La grande galerie

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Cette grande salle est ornée de tableaux peints par Jacob de Wet qui avait reçu la commande peindre tous les rois ayant régné en Écosse. La galerie sert de salle de réception, pour les dîners officiels et pour la remise de décorations.

Galerie d'images

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Annexes

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Articles connexes

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Liens externes

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Notes et références

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  1. ↑ Pamela Hartshorne, Le palais de Holyroodhouse, Londres, Royal Collection Trust, , 57 p. (ISBN 978-1-78551-562-0), p. 4
    1. ↑ 8
    2. ↑ 40
    3. ↑ 12
    4. ↑ 13
    5. 1 2 16
  2. ↑ Revue Britannique ou choix d'articles traduits des meilleurs écrits périodiques da la Grande-Bretagne [etc.]., Le Journal ; Dondey-Duprez, (lire en ligne), « Charles X, Holyrood et ses franchises », p. 115-121
  3. ↑ « Qu'est-ce que le palais de Holyrood, qui va accueillir la dépouille de la reine en Ecosse? », sur BFMTV (consulté le )