Paulette Chalanda

soprano française

Paulette Chalanda ( à Villemur-sur-Tarn - à Paris) est une chanteuse lyrique française dont la carrière lyrique s’étend de 1952 à 1967. Elle se produit principalement sur les scènes du Palais Garnier et de l'Opéra-Comique.

Paulette Chalanda
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Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nationalité
française
Formation
Activité
Autres informations
Maître
Roger Lalande, marquis de Potestad

Originaire de la Haute-Garonne, elle est formée au Conservatoire national de musique de Paris. Son répertoire, à la fois français et italien, couvre un large éventail d’ouvrages, de Rameau à Offenbach. Elle est notamment associée à la reprise historique des Les Indes galantes de Jean-Philippe Rameau au Palais Garnier en 1952, à la création de Princesse Pauline d'Henri Tomasi à l'Opéra-Comique en 1962, ainsi qu’à des rôles comme Mimi dans La Bohème de Giacomo Puccini, Violetta dans La traviata de Giuseppe Verdi et Manon dans l’opéra de Jules Massenet. Elle se consacre ensuite à l’enseignement du chant.

Biographie

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Origines familiales et enfance

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Paulette Chalanda naît le à Villemur-sur-Tarn, commune de la Haute-Garonne située dans l’actuelle région Occitanie[1]. Son père, Raymond Chalanda, est alors gendarme à Bourg-de-Visa, dans le Tarn-et-Garonne. Ancien artilleur durant la Première Guerre mondiale, il est ensuite admis à l’école de gendarmerie de Paris, puis affecté à la 17e légion de Toulouse[1].

Palais Garnier, l’une des principales scènes de la carrière de Paulette Chalanda.

La jeune Paulette grandit à Villemur, place du Souvenir, et manifeste tôt des dispositions pour le chant. Son entourage familial compte déjà plusieurs musiciens. Son grand-oncle Jacques Chalanda, né en 1870, entre en 1891 comme soldat-musicien à Toulouse, puis devient sous-chef de musique au 22e régiment d’infanterie. Il suit ensuite les cours du Conservatoire, y obtient un premier prix de flûte et est admis en 1895 à y enseigner cet instrument[1]. Sa fille Odette Chalanda, cousine de Paulette, étudie à son tour au Conservatoire de Toulouse, où elle remporte plusieurs prix de piano avant de devenir une concertiste reconnue dans les années 1920[1].

Formation

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La trajectoire de la jeune femme s’oriente de manière décisive lorsque son père, promu maréchal des logis-chef, est affecté à la légion de gendarmerie de Paris. La famille Chalanda s’installe alors dans la capitale, rue de la Croix-Nivert, dans le 15e arrondissement, et Paulette intègre le Conservatoire national de musique, alors situé rue de Madrid[1]. Sa voix de soprano y est rapidement remarquée.

Elle complète ensuite sa formation auprès de plusieurs maîtres. À Strasbourg, elle travaille sous la direction de Roger Lalande, directeur de l'opéra de Strasbourg, qui lui transmet sa culture musicale et le sens de la scène, avant de prendre lui-même la direction du Grand Théâtre de Bordeaux[2]. Elle bénéficie également de l’enseignement d’un maître de chant italien, le marquis de Potestad, dont l’approche centrée sur le bel canto marque durablement sa technique vocale et son timbre[2].

Débuts sur scène (1952)

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Paulette Chalanda fait ses débuts officiels sur une grande scène lyrique le , lors de la reprise historique des Les Indes galantes de Jean-Philippe Rameau au Palais Garnier, dans une mise en scène de Maurice Lehmann, directeur de l'Opéra de Paris, sous la direction musicale de Louis Fourestier[3]. Cette production connaît un succès durable, avec 286 représentations en treize ans[4]. Elle y interprète le rôle de l'Amour, dit aussi Cupidon dans le prologue[5],[1].

Quelques mois plus tard, le , elle débute à l'Opéra-Comique dans le rôle de Mimi de La Bohème de Giacomo Puccini[6].

À la fin de l’année 1952, elle apparaît également dans L'Aiglon d'Arthur Honegger et Jacques Ibert, où elle tient le rôle de la comtesse de Camerata, sous la direction d'André Cluytens au Palais Garnier[7].

Carrière parisienne (1952–1966)

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Opéra-Comique, autre scène majeure de sa carrière.

Durant les années suivantes et jusqu’en 1966, Paulette Chalanda se produit régulièrement au Palais Garnier et à l'Opéra-Comique. Elle reprend à plusieurs reprises le rôle de l'Amour dans Les Indes galantes en 1954, 1961, 1962, 1963, 1964 et 1965[5]. En 1953, elle est de nouveau à l’affiche de l’Opéra dans L'Aiglon, dans le rôle du duc de Reichstadt[5].

En 1956, son répertoire s’élargit à de nouveaux rôles : elle chante une dame dans La Flûte enchantée de Wolfgang Amadeus Mozart, le rôle-titre de Thaïs de Jules Massenet et Juliette dans Roméo et Juliette de Charles Gounod[5]. En 1957, elle interprète Anina Sébastiani et la Vierge Erigone dans Le Martyre de saint Sébastien de Claude Debussy, puis Sophie dans Le Chevalier à la rose de Richard Strauss[5]. La même année, elle chante pour la première fois Violetta dans La traviata de Giuseppe Verdi, rôle qu’elle reprend au Palais Garnier en 1961, 1962, 1963 et 1965[5].

En 1958, à l'Opéra-Comique, elle tient le rôle de la belle-fille dans Isoline d'André Messager, aux côtés d'Alain Vanzo et de Christiane Castelli[1]. En 1961, elle chante dans Pan et la Syrinx à l’Opéra-Comique[1]. En 1963, elle reprend Juliette à l’Opéra Garnier, puis à Avignon en 1968[1]. Le , elle interprète Antonia dans Les Contes d'Hoffmann de Jacques Offenbach, au Palais Garnier[5].

À l’Opéra-Comique, son répertoire comprend également les rôles-titres de Mireille de Charles Gounod et de Leïla dans Les Pêcheurs de perles de Georges Bizet, ainsi que Manon dans l’opéra éponyme de Jules Massenet[6]. Alain Vanzo, qui débute dans un petit rôle de Manon à ses côtés, chante ensuite Mireille avec elle avant de devenir l’un des ténors français les plus réputés de sa génération[2].

Création de Princesse Pauline (1962)

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Le , Paulette Chalanda participe à la création mondiale de l’opéra-mascarade Princesse Pauline du compositeur Henri Tomasi, sur un livret de Francis Didelot, à l’Opéra-Comique. La mise en scène est assurée par Robert Manuel. Elle y tient le rôle de Sidonie, aux côtés de Mady Mesplé, qui interprète Pauline Borghèse[1],[8]. L’œuvre avait d’abord été créée en première radiophonique sur l'ORTF le , avant sa représentation scénique[8].

Activité en province et à l’étranger

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Parallèlement à ses engagements parisiens, Paulette Chalanda se produit régulièrement sur les grandes scènes de province. Elle chante notamment à Marseille, Toulouse et Bordeaux[1]. À Toulouse, sa ville d’origine, elle apparaît à plusieurs reprises au Théâtre du Capitole, alors reconnu à l’échelle nationale pour son répertoire lyrique.

À Marseille, le , elle interprète Violetta dans La traviata de Giuseppe Verdi, dans une mise en scène de Louis Ducreux, directeur de l'Opéra de Marseille, aux côtés de Georges Liccioni et du baryton Ernest Blanc[2],[9].

En 1954, elle est invitée au Théâtre royal de la Monnaie à Bruxelles[1].

Enseignement et fin de vie

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Après sa carrière scénique, qui s’achève à partir de 1967, Paulette Chalanda se consacre à l’enseignement du chant[1]. Elle donne d’abord des cours dans son appartement du 145, rue de la Croix-Nivert, dans le 15e arrondissement de Paris, dans un salon éclairé par trois hautes fenêtres et occupé en son centre par un piano à queue[2]. Elle poursuit ensuite cette activité depuis sa maison de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne), où elle s’installe et forme des élèves jusqu’à sa mort[2]. Parmi eux figure notamment un jeune étudiant canadien de la Mauricie, au Québec, qui garde de cette période un souvenir marquant, à la fois vocal et humain[2].

Elle entretient également des liens avec plusieurs chanteurs canadiens ayant fait carrière en Europe, parmi lesquels le ténor Raoul Jobin (1906-1974), le baryton René Bianco (1908-2008) et le baryton Robert Savoie (1927-2007)[2].

Paulette Chalanda meurt le à l’hôpital Saint-Antoine de Paris, à l’âge de 62 ans[1]. Elle est inhumée dans le caveau familial au Cimetière de Vaugirard, dans le 15e arrondissement de Paris[1].

Répertoire

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Principaux rôles de Paulette Chalanda
ŒuvreCompositeurRôleScène(s)Date(s) notable(s)
Les Indes galantesRameaul'Amour (Cupidon)Palais Garnier1952, 1954, 1961–1965
La BohèmePucciniMimiOpéra-Comiquedès le 25 octobre 1952
L'AiglonHonegger / IbertComtesse de Camerata ; duc de ReichstadtPalais Garnier1952, 1953
Roméo et JulietteGounodJuliettePalais Garnier, Avignon1956, 1963, 1964, 1968
La Flûte enchantéeMozartune DamePalais Garnier1956
ThaïsMassenetThaïsPalais Garnier1956
Le Martyre de saint SébastienDebussyAnina Sébastiani / la Vierge ErigonePalais Garnier1957
Le Chevalier à la roseRichard StraussSophiePalais Garnier1957
La traviataVerdiViolettaPalais Garnier, Opéra de Marseille1957, 1961–1963, 1965
IsolineMessagerla Belle Fille / ViolanteOpéra-Comique1958
MireilleGounodMireilleOpéra-Comiqueannées 1950–1960
Les Pêcheurs de perlesBizetLeïlaOpéra-Comiqueannées 1950–1960
ManonMassenetManonOpéra-Comique, Théâtre du Capitoleannées 1950–1960
Pan et la Syrinx——Opéra-Comique1961
Princesse PaulineHenri TomasiSidonieOpéra-Comiquecréation le 22 juin 1962
Les Contes d'HoffmannOffenbachAntoniaPalais Garnier3 septembre 1966

Sources : Art Lyrique Français[5],[6] ; Amis du Villemur Historique[1],[2] ; l'Art Lyrique Français[7].

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 Jean-Claude François, « Paulette Chalanda », Les Amis du Villemur Historique, 8 mars 2018, mis à jour le 5 octobre 2025. Lire en ligne.
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Jean-Claude François, « Paulette Chalanda, la suite », Les Amis du Villemur Historique, 16 octobre 2018, mis à jour mars 2019. Lire en ligne.
  3. ↑ « Les Indes galantes de Rameau mises en scène par Maurice Lehmann à l'Opéra de Paris », sur Fresques de l'INA (consulté le ).
  4. ↑ « Les Indes galantes », sur Forum Opéra (consulté le ).
  5. 1 2 3 4 5 6 7 8 « Cantatrices de l'Opéra de Paris », sur Art Lyrique Français (consulté le ).
  6. 1 2 3 « Cantatrices de l'Opéra-Comique », sur Art Lyrique Français (consulté le ).
  7. 1 2 « Opera Cantatrices - l'Art Lyrique Français », sur Art Lyrique Français (consulté le ).
  8. 1 2 « Henri Tomasi », sur musicologie.org (consulté le ).
  9. ↑ « Hommage à Georges Liccioni (1932-2013) », sur ODB-Opéra (consulté le ).

Voir aussi

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