Pauline Thompson
Pauline Adele Thompson, née le à Auckland et morte le dans la même ville, est une artiste peintre néo-zélandaise.
Biographie
modifierPauline Thompson naît le à Auckland[1].
Elle étudie à l'Université technologique d'Auckland (anciennement la Seddon Memorial Technical College) entre 1956 et 1960. Elle réalise sa première exposition artistique publique en 1959 à l'âge de 16 ans à Auckland. Elle fréquente l'Elam School of Fine Arts (en) à temps partiel en 1960, tout en occupant un emploi d'illustratrice au New Zealand Herald, puis à temps plein entre 1963 et 1964, où elle est notamment formée par Colin McCahon. Elle quitte l'institution sans obtenir son diplôme, en signe de protestation contre le dédain de McCahon pour ses aspirations artistiques[1].
Après son mariage en 1965, Thompson se concentre sur son rôle de mère, tout en poursuivant sa pratique artistique, notamment par l'illustration et l'enseignement d'arts communautaires. En 1965, elle présente un ensemble de grandes peintures aux formes abstraites arrondies, conçues pour être perçues à la fois comme des objets et comme des expériences visuelles, et visant un effet de confrontation avec le spectateur plutôt qu'une observation rapprochée. Elle cherche à susciter des « espaces de sentiment » et à favoriser une expérience de réception empathique. Par la suite, elle réalise des œuvres influencées par le pop art et par Piet Mondrian. Elle est incluse en 1967 dans l'exposition Ten Years of New Zealand Painting au Musée d'Art d'Auckland[1].
Dans les années 1970, Thompson réalise des peintures à caractère organique et sexué, intégrant des formes cellulaires ainsi que des motifs liés aux cellules reproductrices. Sa production est liée à son expérience de la parentalité et à son intérêt pour le soufisme, forme mystique de pratique islamique. À partir de la fin des années 1970, son œuvre intègre davantage de récits et de références historiques. Dans les années 1980, elle réalise la série Plains and Volcanoes, où des éléments urbains d'Auckland sont insérés dans des environnements symboliques ou précolonialement inspirés. Elle développe également la série Judgement et Judgement II, fondées sur un épisode de la Seconde Guerre mondiale au cours duquel des militaires soviétiques auraient eu recours au cannibalisme pour survivre. Elle s'intéresse aussi à Suzanne Aubert, religieuse française du XIXe siècle et fondatrice des Filles de Notre-Dame de la Compassion, qu'elle représente à plusieurs reprises. Elle associe Aubert à une attention portée aux aspects de l'expérience humaine qu'elle considère comme marginalisés ou invisibilisés dans les cadres sociaux dominants, notamment ce qu'elle décrit comme les dimensions non rationnelles, inconscientes ou socialement reléguées[1].
Dans les années 1990 et 2000, elle se tourne vers des récits liés à ses propres origines et à l'histoire du Pacifique, notamment la mutinerie du Bounty et les communautés issues de cet événement à Pitcairn et Norfolk. Elle réalise notamment en 1997 la série Tuki and Huru, consacrée à l'enlèvement de deux jeunes Māori dans le contexte colonial de la fin du XVIIIe siècle, ainsi que Under the Horizon, exposée à Norfolk en 2006[1].
Thompson estime que les artistes femmes sont négligées par l'historiographie artistique en Nouvelle-Zélande et observe que son propre travail est souvent interprété à l'aune de ses responsabilités domestiques, contrairement à celui de ses homologues masculins. Elle intègre des éléments autobiographiques dans ses catalogues et entretiens afin de rendre compte de son parcours d'artiste femme sur plusieurs décennies[1]. Elle meurt à Auckland le à l'âge de 69 ans[2].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 (en) Emma-Jean Kelly, « Thompson, Pauline Adele »
, sur Dictionary of New Zealand Biography (consulté le ). - ↑ (en-NZ) « Pauline THOMPSON Obituary (2012) »
, sur The New Zealand Herald, (consulté le ).
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- (en) Gordon H. Brown et Hamish Keith, An introduction to New Zealand painting 1839-1967, London, Collins, , 222 p. (ISBN 978-0-002-11352-6, OCLC 137166)
- (en-NZ) Emma Kelly, « Mainmast speaks : the paintings of Pauline Thompson », Back story : journal of New Zealand art, media & design history, no 8, , p. 49-66 (lire en ligne
[PDF])
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressources relatives aux beaux-arts :