Petits thermes du Centre de Timgad

thermes romains de Timgad en Algérie

Les petits thermes du Centre de Timgad sont un établissement de thermes romains situé dans la partie méridionale du noyau urbain antique de Timgad, dans l'actuelle wilaya de Batna, en Algérie. Occupant la totalité de l'insula 91, au sud-ouest du forum et du théâtre, ils sont bordés à l'ouest par le cardo maximus sud et à l'est par la voie de la Curie. Avec une superficie d'environ 484 m2, ils constituent le plus petit des six établissements thermaux dégagés dans la cité au début du XXe siècle. Le monument fait partie du site archéologique de Timgad, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1982.

Petits thermes du Centre de Timgad
Vue des premiers caldarium et laconicum des thermes du Centre de Timgad.
Présentation
Type
Destination initiale
Établissement thermal public
Destination actuelle
Site archéologique
Matériau
Brique, pierre, mortier, opus reticulatum et mosaïque
Construction
Probablement au IIe siècle
Patrimonialité
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial
Site du Bien
Année d'inscription
Localisation
Pays
Région
Wilaya
Daïra
Commune
Coordonnées
Géolocalisation sur la carte : site archéologique de Timgad
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Géolocalisation sur la carte : Timgad
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Géolocalisation sur la carte : Algérie
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La date de construction de l'établissement demeure incertaine en l'absence d'inscription de fondation. Une édification au IIe siècle a toutefois été proposée à partir de ses caractéristiques architecturales, notamment l'emploi décoratif de l'opus reticulatum dans sa façade occidentale. Le monument connaît ensuite plusieurs transformations, dont l'agrandissement de sa galerie orientale aux dépens de la rue voisine et plusieurs réfections de ses pavements. La grande mosaïque des Saisons appartient à une phase plus tardive, probablement pas antérieure à la fin du IIIe siècle, témoignant d'une utilisation et d'un renouvellement prolongés du décor.

L'établissement présente le plan compact caractéristique de thermes de quartier. Son organisation s'articule autour d'un vaste frigidarium central de plus de 80 m2, desservant une piscine froide et plusieurs espaces annexes. À l'ouest se développe un circuit chauffé rétrograde comprenant un tepidarium, deux caldaria et un laconicum, équipés d'hypocaustes et alimentés par plusieurs praefurnia accessibles depuis des espaces de service indépendants. Les installations hydrauliques comprennent une piscine froide, plusieurs bassins chauffés et une fontaine associée à l'établissement ; leur alimentation s'inscrit dans le réseau hydraulique général de Timgad.

Le décor est principalement connu par un ensemble de pavements géométriques polychromes et par la mosaïque des Saisons qui ornait la grande salle centrale. Cette dernière représente les quatre saisons sous la forme de bustes féminins disposés dans de grands médaillons, accompagnés de représentations d'oiseaux et de motifs végétaux et géométriques. Les fouilles livrent également une grande statue féminine acéphale, rapprochée de l'iconographie de Cérès, tandis qu'une statuette-fontaine représentant un enfant, découverte dans des constructions tardives voisines, pourrait avoir appartenu aux thermes ou à une fontaine située à proximité.

Dégagés et étudiés au début du XXe siècle par Albert Ballu, Émile Boeswillwald et René Cagnat, les thermes font ensuite l'objet de nouvelles analyses, notamment par Suzanne Germain pour leurs mosaïques et par Yvon Thébert pour leur organisation architecturale et leur circuit thermal. Ces travaux ont conduit à réviser plusieurs interprétations proposées lors des premières fouilles, notamment l'identification du frigidarium, la fonction de certaines salles et la restitution du système de chauffage. Malgré l'absence d'inscription et la disparition de plusieurs aménagements, l'établissement constitue un témoignage de l'organisation des thermes de quartier dans la ville romaine de Timgad.

Situation de Timgad

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La cité de Timgad est implantée sur les contreforts septentrionaux du massif de l'Aurès, dans une zone de transition entre les montagnes et les plaines de l'intérieur de la Numidie[B 1]. Elle occupe un emplacement largement ouvert, situé à proximité des principaux axes naturels de circulation reliant les hautes terres aurésiennes aux régions de plaine, dans un secteur qui revêt une importance stratégique particulière durant l'époque romaine[B 1].

La fondation de la colonie s'inscrit dans une politique de contrôle militaire et d'organisation territoriale menée par le pouvoir romain[B 2]. Établie au pied de l'Aurès, la ville est conçue comme un point d'appui destiné à surveiller les voies d'accès vers les régions montagneuses et à encadrer les populations montagnardes de la région[B 2]. Cette vocation défensive et administrative se reflète dans son urbanisme, caractérisé par un plan orthogonal inspiré du camp militaire romain et renforcé par une enceinte de protection[B 3].

Au sein de l'Empire romain, Timgad est un exemple caractéristique des colonies de droit romain fondées en Afrique du Nord[B 4]. Sa position, à la jonction des espaces montagneux et des zones de plaine, favorise son développement comme centre urbain régional et son intégration aux dispositifs administratifs, militaires et territoriaux de l'Afrique romaine[B 5].

Histoire et datation

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Construction et datation

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Aucun document épigraphique connu ne permet de dater précisément la construction des thermes, d'identifier leur fondateur ou de déterminer si leur édification est financée par un particulier ou par les ressources de la colonie[A 1],[B 6]. En l'absence d'inscription, la chronologie du monument repose principalement sur l'analyse de son architecture[Y 1]. D. Krencker propose ainsi, à titre d'hypothèse, une construction au IIe siècle[Y 1].

Dessin d’une statue féminine sans tête, vêtue d'une tunique et d'une palla aux plis abondants.
Dessin d'une grande statue féminine acéphale découverte parmi les débris des thermes.

Cette datation est notamment étayée par la présence, dans la façade occidentale, de panneaux en opus reticulatum insérés dans un parement de briques. Yvon Thébert souligne le caractère décoratif de cet emploi : la technique, qui ne dépasse généralement pas l'époque flavienne en Afrique du nord, ne répond plus ici à une logique constructive, mais constitue une « fantaisie » architecturale[Y 1]. Son utilisation paraît ainsi compatible avec une construction au IIe siècle, mais difficilement avec une époque beaucoup plus tardive[Y 1].

L'édifice connaît ensuite plusieurs transformations qui témoignent d'une utilisation prolongée[A 2]. La plus importante concerne la galerie orientale, initialement réduite à un vestibule d'environ 1,50 m de largeur, puis portée à 5,05 m par une extension réalisée aux dépens de la rue voisine[A 2]. Le pavement permet de distinguer les deux états : la partie primitive possède un sol en mosaïque, tandis que l'agrandissement reçoit un dallage superposé à celui de la voie[G 1],[Y 1]. Suzanne Germain relève également plusieurs réfections et superpositions de pavements dans l'établissement, sans pouvoir déterminer si les différents décors sont contemporains[G 2].

La chronologie du décor ne se confond donc pas nécessairement avec celle de la construction[G 3]. La grande mosaïque des Saisons appartient à une phase plus tardive : si différentes datations ont été proposées, Germain estime, à partir de son schéma décoratif et de comparaisons stylistiques, qu'elle peut difficilement être antérieure à la fin du IIIe siècle[G 3]. Thébert reprend cette datation pour distinguer le pavement de l'état initial de l'établissement et souligne ainsi les transformations successives des thermes[Y 1].

Remaniements et transformations

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Les vestiges témoignent de plusieurs modifications intervenues au cours de l'utilisation des thermes. La transformation la plus importante concerne la galerie orientale B, qui longe la voie de la Curie[A 2],[B 7]. Dans son état initial, cet espace forme un étroit couloir d'entrée, large de seulement 1,50 m selon Albert Ballu[A 2],[B 7]. Son mur oriental suit alors l'alignement des constructions bordant la rue[A 2],[B 7]. Un remaniement ultérieur repousse cette façade vers l'est au détriment de la voie : la galerie atteint alors 5,05 m de largeur et une seconde entrée (A') est aménagée à son extrémité méridionale[A 2]. Le dallage de cette extension, directement superposé à celui de la rue, permet encore de reconnaître l'emprise de l'agrandissement[B 8].

La différence de traitement des sols confirme l'existence de ces deux états[G 1],[Y 1]. Le couloir primitif conserve un pavement mosaïqué géométrique, tandis que l'espace gagné sur la rue reçoit un simple dallage[G 1],[Y 1]. Suzanne Germain envisage en outre qu'une nouvelle mosaïque ait pu recouvrir le pavement primitif lors de cette transformation, ce qui expliquerait certaines différences entre les observations anciennes et les fragments retrouvés ultérieurement ; cette succession reste toutefois hypothétique[G 1]. L'ampleur de l'agrandissement conduit Yvon Thébert à considérer la galerie remaniée non plus comme un simple passage, mais à proposer son interprétation comme un espace destiné aux exercices physiques, tout en soulignant que les baigneurs devaient nécessairement le traverser pour accéder au reste de l'établissement[Y 1].

D'autres modifications apparaissent dans les pavements des salles froides[A 2],[G 4]. Dans la salle méridionale, un pavement initial décrit par Ballu comme richement orné de motifs géométriques est remplacé par un sol beaucoup plus sobre ; Germain y observe encore des fragments d'une mosaïque noire à fleurons quadripétales[A 2],[G 4]. Le pavement géométrique de l'espace précédant la piscine, composé de carrés et de losanges noirs et blancs, porte quant à lui des réparations antiques réalisées avec des cubes de terre cuite[G 4]. Une réparation comparable affecte la mosaïque des Saisons, dont l'un des panneaux ornés d'un oiseau a été grossièrement comblé avec des cubes noirs[G 5].

Ces interventions ne permettent pas d'établir une chronologie complète des transformations du monument[G 2]. Germain souligne notamment que l'originalité de plusieurs pavements, le manque de parallèles précisément datés et l'absence de repères archéologiques sûrs empêchent de déterminer s'ils sont contemporains[G 2]. Leur succession et les réparations conservées attestent néanmoins plusieurs phases d'entretien et de réfection au cours d'une utilisation prolongée de l'établissement[G 2].

Situation et architecture

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Situation dans la ville antique

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Les thermes occupent l'ensemble de l'insula 91, dans la partie méridionale du noyau urbain de Timgad, au sud-ouest du forum et du théâtre[Y 1]. D'une superficie d'environ 484 m2, l'établissement constitue le plus petit des six ensembles thermaux dégagés dans la cité au début du XXe siècle[A 3]. Il se trouve à 97 m des grands thermes du Sud[A 3].

L'îlot est encadré au nord et au sud par deux voies transversales que Ballu désigne respectivement comme les troisième et quatrième decumani au sud du decumanus maximus. La voie de la Curie longe sa façade orientale, tandis que le cardo maximus Sud en constitue la limite occidentale[A 3]. L'établissement occupe ainsi un îlot complet d'environ 24 × 20 m, organisation que Yvon Thébert rattache à celle de petits thermes de quartier dépourvus de palestre[Y 1].

L'appellation même du monument résulte de sa position dans la ville et de la nomenclature adoptée lors des premières fouilles[A 3]. Ballu indique que l'établissement aurait également pu recevoir le nom de « petits thermes du Sud » en raison de sa proximité avec les grands thermes voisins[A 3]. Il privilégie cependant celui de « petits thermes du Centre », afin de réserver une désignation méridionale à d'éventuels établissements qui pourraient être découverts plus au sud de la ville[A 3]. Cette appellation est reprise dans les travaux ultérieurs, notamment par Suzanne Germain et Thébert[G 1],[Y 1].

Plan général et accès

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Plan des thermes montrant la disposition des salles, bassins, couloirs et espaces annexes du complexe.
Plan des thermes par Ballu.

Les thermes occupent la totalité d'un îlot d'environ 24 × 20 m, soit 484 m2[Y 1]. Leur plan s'organise autour d'une vaste salle centrale, à laquelle se rattachent les espaces froids et de séjour, tandis que les salles chauffées se concentrent dans la partie occidentale de l'établissement[G 1],[Y 1]. Thébert classe l'ensemble dépourvus de palestre et restitue un parcours rétrograde comportant deux changements de direction ; les quatre salles chauffées sont accessibles à partir du frigidarium[Y 1].

Le plan publié par Albert Ballu distingue quatre accès : deux portes destinées aux baigneurs et deux entrées de service[A 4],[A 5]. L'entrée principale (A) s'ouvre sur la voie de la Curie et débouche dans la galerie orientale (B) bains[A 2],[B 7]. Sa position, décalée vers l'une des extrémités de la galerie et faisant face à un mur plein, empêche une vue directe depuis la rue vers l'intérieur des bains[A 2],[B 7]. Après l'agrandissement de cette galerie aux dépens de la voie, une seconde porte (A') est aménagée à son extrémité méridionale[A 2],[B 8].

La fonction de cette grande galerie d'entrée fait l'objet d'interprétations différentes[A 6],[G 1]. Ballu, puis Suzanne Germain, la désignent comme un vestibule[A 6],[G 1]. Yvon Thébert considère cependant que sa largeur après agrandissement, qui atteint environ 5,50 m selon son étude, s'accorde mal avec celle d'un simple couloir ou vestibule[Y 1]. Il propose d'y reconnaître un espace consacré aux exercices physiques, assimilable à un gymnase, tout en soulignant que cette identification reste hypothétique puisque la salle constitue également le passage obligé des entrants[Y 1]. À son extrémité se trouve la petite pièce (C), partiellement détruite dès les premières fouilles ; Ballu et Boeswillwald, Cagnat et Ballu proposent d'y placer le local de la personne chargée de l'établissement, sans que cette fonction puisse être établie avec certitude[A 2],[B 9].

Trois baies, larges d'environ 2,25 m, mettent la galerie orientale en communication avec la grande salle centrale (D), de plan presque carré et mesurant environ 9 m de côté selon Ballu[A 2]. Cette salle constitue le principal espace de distribution de l'établissement : les locaux froids et plusieurs espaces annexes s'ouvrent autour d'elle, tandis qu'elle commande également l'accès au circuit chauffé[Y 1].

Les deux autres portes sont exclusivement liées au fonctionnement des installations thermales[B 9]. Placées aux angles nord-ouest et sud-ouest de l'édifice, elles donnent accès aux espaces de service desservant les fourneaux et les hypocaustes, sans imposer au personnel chargé du chauffage de traverser les salles fréquentées par les baigneurs[B 9]. L'accès septentrional rejoint une galerie de service voûtée, tandis que l'entrée méridionale dessert une petite cour associée aux fourneaux et au stockage du combustible[A 5].

Salles froides et espaces de circulation

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La grande salle centrale constitue le principal espace froid de l'établissement. Ballu lui attribue 9 m de côté, tandis que Suzanne Germain mesure 9,50 × 9,10 m[A 2],[G 5]. Contrairement aux premières descriptions, qui limitent le frigidarium au petit espace précédant la piscine, Yvon Thébert propose d'identifier l'ensemble de la salle centrale au frigidarium. Celui-ci couvre ainsi plus de 80 m2, sans compter l'espace situé devant le bassin, et communique largement avec plusieurs pièces annexes[Y 1].

Au nord, un espace rectangulaire précède l'unique piscine froide. Germain lui attribue des dimensions de 3,50 × 2,60 m, tandis que le bassin mesure 3,50 × 3,10 m[G 4]. Trois marches permettent de descendre dans la cuve, dont les parois sont inclinées et dont l'orifice de vidange était encore visible lors des premières descriptions[B 10]. Son fond est revêtu d'une mosaïque en damier composée de grands carrés noirs et verts bordés de blanc, complétée sur les côtés par une grecque noire et blanche[G 4]. La présence d'une seule piscine contraste avec l'étendue du frigidarium, particularité que Thébert met en relation avec le nombre réduit de locaux froids indépendants[Y 1].

Dans l'angle nord-est, une petite annexe d'environ 3 m sur 2,40 m s'ouvre directement sur la salle centrale[Y 1]. Ballu l'identifie à un apodyterium et indique qu'elle pouvait être isolée par un rideau plutôt que par une porte[A 2]. Thébert juge toutefois ses dimensions trop réduites pour un vestiaire et envisage plutôt un salon. Il propose, avec prudence, de rechercher le vestiaire dans la grande salle méridionale, longue de 9,10 m et large de 2,65 m selon Germain[Y 1]. Les sièges de pierre signalés par certains auteurs dans les espaces interprétés comme vestiaire ou salle de séjour ne constituent pas un argument décisif : Thébert considère leur présence comme probablement erronée, puisqu'aucun autre observateur ne les mentionne et qu'aucune trace n'en subsiste[Y 1].

La salle méridionale communique avec l'espace central par trois ouvertures. Ballu l'interprète comme une salle de repos et de conversation destinée aux baigneurs[A 2]. Cette attribution n'est cependant pas retenue de manière certaine par les études ultérieures : dans la restitution proposée par Thébert, cet espace pourrait plutôt correspondre au vestiaire[Y 1]. Les différentes propositions montrent ainsi que l'organisation générale des espaces froids est identifiable, mais que la fonction précise de plusieurs pièces annexes demeure discutée.

Enfin, une petite niche semi-circulaire s'ouvre dans la partie nord-ouest de la salle centrale. Son sol mosaïqué conduit Boeswillwald, Cagnat et Ballu à envisager la présence d'une petite fontaine ou d'un lavabo[B 11]. Les auteurs proposent également, à titre de restitution, d'y associer une statuette-fontaine d'enfant découverte dans des constructions tardives voisines des thermes ; l'emplacement originel de cette sculpture demeure toutefois inconnu[B 12].

Salles chauffées et parcours thermal

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Dessin des salles chaudes en ruine, avec les pilettes d’un hypocauste visibles au premier plan.
Les deux caldaria et le laconicum.

Le secteur chauffé se développe à l'ouest du frigidarium et comprend quatre salles successives, désignées I, J, K et L sur le plan de Ballu. Leur disposition correspond à un parcours rétrograde comportant deux changements de direction[Y 1]. Les dimensions et l'organisation des vestiges permettent de restituer la progression entre des espaces de températures différentes, même si l'identification fonctionnelle de certaines pièces a évolué depuis les premières fouilles.

La salle I, accessible depuis la partie nord-ouest du frigidarium par une baie de 1,60 m, mesure 5,75 m sur 3 m[A 5],[Y 2]. Ballu l'identifie à un tepidarium, interprétation également retenue par les études ultérieures[Y 2]. Son chauffage reste indirect : un passage aménagé sous le sol transmet à son hypocauste la chaleur provenant de la salle II, sans recours à un foyer propre[Y 2].

La salle suivante, J dans le plan de Ballu et II dans la description de Thébert, mesure 5,80 m sur 3,07 m. Elle est identifiée à un premier caldarium et possède à son extrémité une abside qui contenait un bassin chauffé, aujourd'hui disparu mais signalé par les premiers observateurs[A 5],[Y 2]. Deux passages de chaleur la mettent en relation avec la salle suivante[Y 2].

La salle K, correspondant à la salle III de Thébert, constitue l'espace le plus vaste du secteur chaud avec 6,95 × 4,25 m[Y 2]. Ses petits côtés présentent un tracé curviligne[A 5],[B 13]. Ballu et Boeswillwald, Cagnat et Ballu l'identifient à un laconicum, c'est-à-dire une étuve sèche, et soulignent son caractère de pièce entièrement close et indépendante des caldaria voisins[A 5],[B 13]. La forme incurvée de ses extrémités rapproche son plan de celui des étuves circulaires connues dans d'autres établissements thermaux romains[B 13].

Le parcours aboutit à la salle L, ou IV chez Thébert, de 4,05 × 3,75 m[Y 2]. Ce second caldarium se distingue par deux alvei : le bassin méridional adopte une forme semi-circulaire, tandis que celui placé à l'ouest est rectangulaire[A 5],[B 14]. Chacun dispose d'un dispositif de chauffe associé, adapté au maintien de l'eau à température élevée[Y 2].

L'enchaînement de ces quatre salles forme ainsi un circuit compact, dans lequel le baigneur passe du secteur froid vers une salle modérément chauffée, puis vers les pièces les plus chaudes avant d'effectuer le trajet inverse[Y 1]. Cette organisation explique la qualification de parcours rétrograde retenue par Thébert[Y 1].

Installations techniques

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Système de chauffage

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Dessin des foyers d'un caldarium, avec ouvertures à la base de hauts murs antiques en maçonnerie.
Foyers du caldarium J.

Le chauffage des thermes repose sur des hypocaustes aménagés sous les quatre salles du secteur chaud[A 7]. Les sols surélevés reposent sur des pilettes de briques, entre lesquelles circule l'air produit par les fourneaux[A 7]. Le dispositif adapte l'apport de chaleur à la fonction des différentes pièces : le tepidarium ne possède ainsi aucun foyer propre et reçoit une chaleur atténuée depuis l'hypocauste de la salle chaude voisine par un passage aménagé dans le sous-sol[B 15],[Y 2].

Les autres salles disposent au contraire de foyers spécifiques[Y 2]. Sous le premier caldarium, Ballu signale deux fourneaux, constatation confirmée par l'examen ultérieur des vestiges effectué par Yvon Thébert[Y 2]. Le plan des hypocaustes publié par Boeswillwald, Cagnat et Ballu représente également le foyer de l'étuve avec deux longs prolongements qui conduisent la chaleur vers le centre de la pièce[Y 2]. Cette disposition permet de concentrer l'apport thermique au cœur de la salle ; Boeswillwald, Cagnat et Ballu soulignent les dimensions importantes de ce dispositif et la forte chaleur qu'il pouvait produire[B 13].

Le second caldarium possède deux bassins chauffés, associés chacun à un foyer[B 13]. Les fourneaux sont disposés de manière que leur chaleur atteigne d'abord les cuves avant de se diffuser sous le sol de la salle[B 13]. Krencker restitue une chaudière pour chacun de ces foyers, mais Thébert corrige cette interprétation à partir de l'examen des vestiges et conclut à la présence d'une seule chaudière[Y 2].

L'entretien de ces installations s'effectue depuis des espaces réservés au personnel, indépendants du parcours des baigneurs[A 5]. Une galerie voûtée dessert les foyers du secteur septentrional, tandis qu'une petite cour de service située au sud-ouest donne accès aux fourneaux des bassins du second caldarium et sert également au dépôt du combustible[A 5].

Alimentation et évacuation de l'eau

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Les thermes s'intègrent au réseau hydraulique de Timgad, qui assure l'alimentation des établissements thermaux par un système distinct de ceux destinés aux fontaines publiques et aux demeures privées[1]. Une partie de l'eau de la cité provient notamment de la source d'Aïn Morri, située à plus de deux kilomètres au sud-est de Timgad[2],[3]. Après son passage dans un bassin de décantation, elle est acheminée par un aqueduc qui se divise en plusieurs branches, puis redistribuée vers les différents secteurs urbains par un réseau de conduites[2],[3].

L'alimentation des thermes sous pression est notamment indiquée par la présence d'une fontaine associée à l'établissement[4],[5]. Bahloul Guerbabi et Farhi recensent en effet une fontaine rectangulaire au sud-ouest des thermes et citent explicitement l'établissement, avec les grands thermes du Nord et les grands thermes du Sud, parmi les complexes où la présence d'une fontaine témoigne d'une circulation d'eau sous pression[4],[5]. La restitution précise des circuits d'alimentation et d'évacuation des thermes de Timgad reste toutefois difficile en raison de la conservation incomplète des conduites[5].

À l'intérieur de l'établissement, la piscine froide constitue l'un des aménagements hydrauliques les mieux documentés[A 2],[G 4]. Accessible par trois marches, elle mesure 3,50 m sur 3,10 m selon Suzanne Germain[A 2],[G 4]. Boeswillwald, Cagnat et Ballu observent des parois nettement inclinées ainsi qu'un orifice de décharge destiné à la vidange de la cuve[B 10]. Dans le secteur chauffé, l'eau alimente également le bassin semi-circulaire du premier caldarium, aujourd'hui disparu, ainsi que les deux alvei, l'un semi-circulaire et l'autre rectangulaire, du second caldarium[A 5],[Y 2].

Une niche semi-circulaire aménagée dans la grande salle centrale pourrait avoir accueilli un autre dispositif lié à l'eau. Boeswillwald, Cagnat et Ballu proposent d'y restituer une petite fontaine ou un labrum, sans que cette identification puisse être établie avec certitude[B 11]. Ils rapprochent cette hypothèse d'une statue-fontaine en marbre, haute d'environ 0,85 m, représentant un enfant portant une urne sur l'épaule[A 8],[B 12]. Percée d'un canal permettant l'écoulement de l'eau, la sculpture pouvait appartenir aux thermes ou à une fontaine voisine, mais son emplacement originel demeure inconnu[A 8],[B 12].

L'évacuation des eaux s'inscrit dans le réseau d'égouts aménagé sous les voies de Timgad[6]. Les égouts des voies secondaires débouchent dans ceux des axes principaux ; dans le secteur méridional de la ville, le collecteur établi sous le cardo maximus reçoit notamment les conduites des voies transversales[6]. Les liaisons précises entre les installations internes des thermes et ce réseau souterrain restent néanmoins insuffisamment documentées et nécessiteraient de nouvelles investigations archéologiques[7].

Décor et mobilier

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Pavements et mosaïques géométriques

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Les thermes conservent plusieurs mosaïques géométriques réparties dans les espaces froids et les salles annexes[G 2]. Leur étude par Suzanne Germain met en évidence une diversité de compositions et de techniques, ainsi que plusieurs réfections antiques[G 2]. L'absence de parallèles suffisamment précis empêche toutefois d'établir une chronologie commune : Germain souligne que les différents pavements ne sont pas nécessairement contemporains[G 2].

Dans la partie primitive de la galerie orientale subsistent d'importants fragments d'un tapis polychrome large de 1,35 m[G 1]. Une bande noire borde trois rangées de carrés alternativement rouges et verts, séparés par des lignes blanches et ornés de petites croix jaunes ou grises[G 1]. La disposition des tesselles, posées suivant les diagonales dans le champ tandis que celles de la bordure suivent des lignes horizontales, produit un effet que Germain rapproche davantage d'un tissage ou d'un tapis que d'un décor peint[G 1]. Ce pavement appartient à la galerie antérieure à son extension sur la rue, dont la partie ajoutée reçoit au contraire un simple dallage[G 1],[Y 1].

Les seuils ouvrant sur la grande salle centrale possèdent également leur propre décor[G 1]. Au sud-est, un fragment endommagé représente un losange surmonté d'une pelte[G 1]. Un autre seuil, mesurant 1,70 m sur 0,50 m, est orné sur fond noir d'un ruban ondulé fermé dont les deux faces alternent le rouge et le jaune avec le gris-vert[G 3]. Des fleurs et fleurons occupent les boucles, tandis que des filets et des triangles rouges et verts complètent la bordure[G 3]. Germain relève le caractère inhabituel de l'emploi de ce motif pour un seuil[G 3].

La salle méridionale conserve seulement des fragments mal préservés d'une mosaïque noire à fleurons quadripétales. Ballu signale sous ce pavement un sol antérieur, plus riche et décoré de motifs géométriques[A 2],[G 4]. Dans l'espace précédant la piscine froide, des carrés et des losanges noirs et blancs présentent une réparation antique réalisée avec des cubes de terre cuite[G 4]. La piscine elle-même reçoit un damier de grands carrés alternativement noirs et verts, soulignés de blanc, entouré d'une grecque noire et blanche[G 4].

La petite annexe située au nord-est de la salle centrale conserve enfin un important fragment de pavement polychrome[G 4]. Des lignes de tesselles blanches disposées suivant les diagonales déterminent des carrés bicolores rouge et jaune ou vert et noir, encadrés par des filets et une bande noire[G 4]. La composition et les couleurs rappellent étroitement le pavement de la galerie d'entrée et produisent le même effet de tissage[G 4]. Germain constate cependant que ce décor ne correspond pas à une description archéologique plus ancienne ; elle envisage qu'un second pavement ait pu être superposé au premier avant de disparaître, sans pouvoir confirmer cette hypothèse[G 4].

L'ensemble de ces pavements témoigne ainsi de plusieurs états décoratifs et de réparations intervenues pendant la période d'utilisation des thermes[G 2]. Germain distingue notamment l'originalité des tapis polychromes de la galerie et de l'annexe nord-est, dont la disposition et les couleurs trouvent peu de parallèles, tout en soulignant que cette singularité rend leur datation particulièrement difficile[G 2].

Mosaïque des Saisons

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Mosaïque antique à médaillons figurés entourés de méandres géométriques et de petits motifs animaliers.
Mosaïque dite des Saisons, conservée au musée de Timgad.

Le pavement figuré de la grande salle centrale est consacré au thème des Saisons[G 5]. Une grande partie de la mosaïque est transférée au musée de Timgad, tandis que plusieurs fragments demeurent in situ, notamment le long des murs occidental et méridional[G 5]. La composition associe un réseau de torsades polychromes sur fond noir à des grecques entrecroisées, qui délimitent des médaillons de formes variées et de petits compartiments géométriques[G 5].

Les quatre Saisons prennent place dans de grands médaillons octogonaux d'environ 1,60 m de diamètre, bordure comprise[G 5]. Chacun est entouré d'une couronne noire décorée d'un ruban ondulé et renferme un buste féminin sur fond blanc[G 5]. Deux figures restent suffisamment conservées pour être identifiées[G 5]. L'Été porte une robe verte et un manteau rouge ; ses cheveux blonds sont couronnés d'épis de blé et une serpe complète ses attributs[G 5]. L'Automne, aux cheveux châtains, est vêtue de rouge et de vert et porte une couronne de feuillage[G 5]. Un troisième médaillon est presque entièrement détruit et le quatrième a disparu[G 5]. Les observations effectuées lors des premières fouilles permettent néanmoins à Ballu de restituer leur disposition originelle : le Printemps se trouvait à l'est, l'Été au nord, l'Automne à l'ouest et l'Hiver au sud[A 9],[G 3]. Cette orientation est modifiée lors de la présentation du pavement sur un mur du musée[G 3].

Autour des personnifications se développent huit médaillons hexagonaux allongés contenant principalement des oiseaux, parmi lesquels un canard, des paons et une huppe[G 5]. D'autres compartiments accueillent des croisettes, une demi-rosace polychrome et des rinceaux stylisés[G 5]. L'un des médaillons animaliers porte une réparation antique grossière exécutée avec des tesselles noires[G 5]. Les fragments conservés près des murs montrent également que le mosaïste adapte difficilement le réseau décoratif aux dimensions de la salle, le dessin s'interrompant par des remplissages irréguliers à l'approche des parois[G 5]. Une petite niche semi-circulaire du mur occidental complète le décor par une conque polychrome, jaune à l'extérieur et traitée en dégradés noirs, verts, gris et jaunes à l'intérieur[G 5].

La datation de la mosaïque demeure discutée, Germain rapproche son organisation de schémas décoratifs attestés plus tardivement et considère ce pavement comme une œuvre de série dont la réalisation peut difficilement remonter au-delà de la fin du IIIe siècle[G 3]. Thébert retient également cette proposition et distingue ainsi la chronologie du pavement de celle, probablement plus ancienne, de l'établissement thermal[Y 1].

Sculpture

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Statue antique d’un enfant nu aux cheveux bouclés, debout et appuyé contre un support sculpté.
Statue de l'enfant aux traits joufflus et aux cheveux bouclés, découverte à proximité des thermes et conservée au musée national des Antiquités et des Arts islamiques.

Deux sculptures découvertes dans les thermes ou à leurs abords sont associées au décor de l'établissement. La première, mise au jour parmi les décombres de la grande salle centrale, est une statue féminine acéphale haute de 1,70 m[A 9],[B 16]. La figure porte une tunique et une palla ; son bras droit replié est enveloppé dans la draperie, tandis que la main gauche relève le manteau et tient deux têtes de pavot ainsi que deux épis[B 16]. Ces attributs, traditionnellement associés à Déméter-Cérès, conduisent d'abord à rapprocher la statue de cette divinité[B 17].

Boeswillwald, Cagnat et Ballu privilégient cependant, à partir de comparaisons avec d'autres représentations féminines d'Afrique romaine, l'identification d'une dame romaine figurée sous les traits de Cérès plutôt que celle de la déesse elle-même[B 18]. La présence, aux pieds de la figure, d'un faisceau de rouleaux de Papyrus, attribut inhabituel dans l'iconographie de Cérès et rare dans la statuaire féminine, complique cette interprétation[B 19].

La seconde sculpture est une statuette d'enfant haute de 0,85 m, découverte non dans les salles thermales elles-mêmes, mais dans des constructions tardives situées à proximité[B 12]. L'enfant, aux traits joufflus et aux cheveux bouclés, porte une urne sur l'épaule gauche, retenue par le bras droit relevé au-dessus de la tête ; une draperie descend derrière la figure jusqu'aux pieds[B 12]. Un canal traverse la sculpture et permettait à un tuyau d'acheminer l'eau jusqu'à l'appareil urinaire de l'enfant, caractérisant ainsi une statuette de fontaine[B 12].

Son appartenance au décor des thermes n'est toutefois pas établie, Ballu envisage aussi bien une provenance de l'établissement qu'une installation dans une fontaine voisine[A 8]. Après sa découverte, la statuette est installée au-dessus d'un bassin devant le musée du site et remise en eau grâce à l'alimentation provenant de l'Aïn Morri[A 1].

Fouilles, interprétations et conservation

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Les thermes figurent parmi les six établissements balnéaires dégagés à Timgad au moment où Albert Ballu publie leur première description détaillée en 1903[A 3]. Les recherches mettent alors au jour l'ensemble du plan et permettent d'identifier les principaux aménagements du bâtiment[B 6]. Au début du XXe siècle, Boeswillwald, Cagnat et Ballu considèrent les fouilles comme achevées, tout en constatant que l'absence de documentation écrite laisse irrésolues plusieurs questions relatives à l'histoire et à l'usage de l'établissement[B 6].

Les interprétations fonctionnelles évoluent ensuite à mesure que le monument fait l'objet de nouvelles études[B 6]. La nomenclature proposée par Ballu attribue une fonction précise à la plupart des espaces, mais plusieurs de ces identifications sont réexaminées par les recherches postérieures, Yvon Thébert confronte notamment les propositions de Ballu, Gsell, Krencker, Romanelli, Courtois et Suzanne Germain à l'organisation architecturale et à l'état des vestiges[Y 2]. Il remet ainsi en question certaines identifications traditionnelles des espaces non chauffés et souligne que plusieurs fonctions proposées depuis les premières fouilles demeurent hypothétiques[Y 1]. L'examen des installations chauffées lui permet également de corriger certains détails des restitutions anciennes, notamment le nombre de foyers conservés et celui des chaudières associées aux bassins[Y 2].

La conservation des mosaïques fournit par ailleurs des informations sur l'évolution du monument depuis son dégagement[G 5]. Lors de l'étude de Germain, plusieurs pavements ou fragments restent encore in situ, tandis que la majeure partie de la mosaïque figurée de la grande salle a été déposée au musée de Timgad[G 5]. La confrontation de ses observations avec les descriptions et inventaires plus anciens révèle aussi la disparition ou la modification de certains décors : dans l'annexe nord-est, par exemple, le pavement visible en 1969 ne correspond pas à celui décrit antérieurement, sans que Germain puisse déterminer avec certitude si cette différence résulte de la succession de plusieurs sols[G 4].

L'état matériel des vestiges impose ainsi des limites à leur interprétation ; Thébert relève notamment que certains aménagements mentionnés par des auteurs antérieurs ne sont plus visibles et que d'autres restitutions ne peuvent être vérifiées sur le terrain[Y 3]. Malgré l'achèvement ancien du dégagement du monument, l'absence d'inscriptions et les incertitudes relatives à plusieurs aménagements empêchent donc de résoudre définitivement certaines questions concernant son organisation et son fonctionnement[B 6],[Y 1].

Protection patrimoniale

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Intégrés à l'ensemble archéologique de Timgad, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1982, les petits Thermes du Centre bénéficient, en tant que composante du site classé, de la reconnaissance et de la protection accordées à celui-ci à l'échelle internationale[8].

La préservation des thermes s'inscrit dans le cadre de la législation algérienne relative au patrimoine culturel, en particulier la loi no 98-04, ainsi que des instruments d'aménagement et de gestion applicables au site archéologique de Timgad et à son environnement immédiat[8],[9],[N 1].

Les modalités de conservation, de restauration et d'intervention concernant le monument relèvent également du Plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur du secteur sauvegardé archéologique (PPMVSA) établi pour assurer la protection durable de l'ensemble archéologique de Timgad[8].

La gestion des thermes s'inscrit dans celle de l'ensemble du site archéologique de Timgad, assurée par l'Office national de gestion et d'exploitation des biens culturels protégés (OGEBC), en liaison avec les autorités territoriales compétentes[8]. Leur conservation doit ainsi être envisagée dans le cadre plus large des mesures appliquées au site, notamment face à la pression exercée par la fréquentation touristique et aux différentes formes d'altération susceptibles d'affecter les vestiges antiques[8].

Notes et références

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  1. ↑ La loi algérienne no 98-04 relative à la protection du patrimoine culturel définit le patrimoine national comme l'ensemble des biens culturels immobiliers, mobiliers et immatériels hérités des différentes civilisations, et fixe les règles de leur protection, sauvegarde et mise en valeur. Elle institue des mécanismes de classement, de création de secteurs sauvegardés et de délimitation de zones de protection, imposant des restrictions sur l'usage, les transformations et les travaux susceptibles d'affecter les biens protégés. Toute intervention, notamment les restaurations et les fouilles archéologiques, est soumise à autorisation afin de garantir la conservation et l'authenticité des sites, tandis que l'aménagement du territoire doit intégrer la préservation des abords et du paysage historique. La gestion du patrimoine relève de l'État à travers le ministère de la Culture et des organismes spécialisés, qui disposent de moyens d'intervention et de contrôle, tandis que la loi prévoit des obligations pour les propriétaires et des sanctions en cas de dégradation ou de destruction. Enfin, elle associe protection et valorisation en encourageant la recherche, la diffusion et l'exploitation culturelle et touristique du patrimoine dans une perspective de conservation durable.

Références

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  • Albert Ballu, « Chapitre XI — Petits Thermes du Centre », dans Les Ruines de Timgad : Antique Thamugadi — Nouvelles découvertes, t. 2, Paris, Ernest Leroux, 1903.
  1. 1 2 Ballu 1903, p. 67.
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 Ballu 1903, p. 61.
  3. 1 2 3 4 5 6 7 Ballu 1903, p. 59.
  4. ↑ Ballu 1903, p. 60.
  5. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Ballu 1903, p. 62.
  6. 1 2 Ballu 1903, p. 60-61.
  7. 1 2 Ballu 1903, p. 64.
  8. 1 2 3 Ballu 1903, p. 66-67.
  9. 1 2 Ballu 1903, p. 66.
  • Émile Boeswillwald, René Cagnat et Albert Ballu, Timgad, une cité africaine sous l’Empire romain : Le Forum, Paris, Ernest Leroux, 1905.
  • Suzanne Germain, Les mosaïques de Timgad. Étude descriptive et analytique., Paris, Éditions du centre national de la recherche scientifique, 1969.
  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 Germain 1969, p. 54.
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Germain 1969, p. 58.
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 Germain 1969, p. 56.
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 Germain 1969, p. 57.
  5. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 Germain 1969, p. 55.
  • Yvon Thébert, Thermes romains d'Afrique du Nord et leur contexte méditerranéen : Études d'histoire et d'archéologie, Rome, École française de Rome, 2003, 733 p.
  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 Thébert 2003, p. 233.
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 Thébert 2003, p. 234.
  3. ↑ Thébert 2003, p. 233-234.
  • Autres sources
  1. ↑ Bahloul Guerbabi et Farhi 2015, p. 261.
  2. 1 2 Bahloul Guerbabi et Farhi 2015, p. 264.
  3. 1 2 Bahloul Guerbabi et Farhi 2015, p. 266.
  4. 1 2 Bahloul Guerbabi et Farhi 2015, p. 267.
  5. 1 2 3 Bahloul Guerbabi et Farhi 2015, p. 270.
  6. 1 2 Bahloul Guerbabi et Farhi 2015, p. 271.
  7. ↑ Bahloul Guerbabi et Farhi 2015, p. 270-271.
  8. 1 2 3 4 5 « Timgad », sur UNESCO Centre du patrimoine mondial (consulté le ).
  9. ↑ « Loi no 98-04 relative à la protection du patrimoine culturel », sur WIPO Lex (consulté le ).

Voir aussi

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Bibliographie

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