Pierre-Guillaume Mercadal

éleveur porcin et syndicaliste agricole français

Pierre-Guillaume Mercadal est un éleveur porcin et syndicaliste agricole français, installé depuis 2017 à Montjoi, dans le Tarn-et-Garonne.

Pierre-Guillaume Mercadal
Illustration.
Pierre-Guillaume Mercadal en 2025.
Fonctions
Membre de la chambre d'agriculture de Tarn-et-Garonne
En fonction depuis
(1 an et 9 mois)
Élection janvier 2025
Biographie
Nationalité Française
Syndicat Coordination rurale (depuis 2024)
Confédération paysanne (auparavant)
Profession Éleveur porcin

Il est connu à partir de 2022 pour un litige sur l'usage d'un chemin rural qui l'oppose à un voisin britannique et au maire de Montjoi. L'affaire prend une dimension nationale lorsque son ami l'influenceur d'extrême droite Papacito consacre plusieurs vidéos dirigées contre le maire, qui est ensuite placé sous protection policière. Mercadal est condamné en 2022 à une amende avec sursis pour avoir empêché le maire de quitter son bureau.

Ancien membre de la Confédération paysanne, il rejoint la Coordination rurale en 2024 et en devient l'une des personnalités médiatiques. Il conduit la liste du syndicat aux élections de la chambre d'agriculture de Tarn-et-Garonne en 2025 et y est élu. Plusieurs journalistes le présentent comme une figure de l'extrême droite dans le monde agricole.

Biographie

modifier

Vie personnelle

modifier

Pierre-Guillaume Mercadal travaille comme agent de sécurité avant de se reconvertir dans l'agriculture[1]. En 2017, il achète 32 hectares de bois à Montjoi (Tarn-et-Garonne), où il installe un élevage de porcs laineux[1],[2],[3]. Il est marié à Claire Bizien, chanteuse connue sous le nom d'Epona[4],[5], figure des milieux néonazis selon France 3 Occitanie et StreetPress[4],[6] et ancienne égérie du Parti de la France selon Reporterre[5]. Il est ami avec Papacito depuis 2017[2]. Ils se sont rencontrés sur des forums de discussion chrétiens[7].

Engagement politique et syndical

modifier

Il est un temps membre de la Confédération paysanne[4], dont il a été l'un des responsables[8]. Au Guardian, il se décrit en 2023 comme un ancien représentant local des agriculteurs[2]. Candidat aux élections municipales de 2020 à Montjoi, il arrive en dernière position parmi douze candidats[2]. Il rejoint la Coordination rurale en 2024[5]. Lors du Salon international de l'agriculture de 2024, Mercadal franchit un cordon de compagnies républicaines de sécurité pour rejoindre le cortège d'Emmanuel Macron, aux côtés de la Coordination rurale. L'image circule largement sur les réseaux sociaux[4].

Porte-parole de la Coordination rurale en Tarn-et-Garonne[6], il conduit sa liste aux élections de la chambre d'agriculture de 2025[6],[9],[10]. Dans le collège des chefs d'exploitation, la liste obtient 37,50 % des suffrages et trois sièges, derrière celle de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles et des Jeunes agriculteurs (48,66 %, 14 sièges)[9],[11]. Mercadal est élu membre de la chambre d'agriculture pour la mandature 2025-2031[12]. Plusieurs adhérents quittent alors la section départementale, à laquelle ils reprochent une dérive vers l'extrême droite, et fondent le Syndicat des paysans occitans[6]. En décembre 2025, il démissionne de son poste de secrétaire général de la Coordination rurale d'Occitanie[3],[13], dont il reste l'une des figures médiatiques[3].

En 2026, lors de la crise agricole, France Info relève chez lui une « rhétorique insurrectionnelle ». Il qualifie de « traîtres à la nation » les forces de l'ordre qui feraient face aux agriculteurs et déclare que « s'il faut être violent, on sera violent ». Interrogé par France Info, il juge légitime d'aller au-delà du cadre de la loi[3],[5]. France 3 Occitanie le présente comme une figure en devenir de l'extrême droite dans les milieux agricoles[4]. StreetPress le décrit comme « une figure bien connue de la fachosphère »[6]. Ami de Papacito[2],[14], il intervient dans de nombreux médias, en particulier ceux de l'extrême droite[3], comme VA+[1], Radio Courtoisie[2] ou Livre noir[4]. Il fait venir sur sa ferme et dans les mobilisations de la Coordination rurale plusieurs figures de l'extrême droite[5]. En 2024, à l'occasion d'une rencontre organisée par la Coordination rurale, Éric Zemmour lui rend notamment visite dans son élevage et qualifie son combat de « symbole de résistance dans le monde paysan »[15]. La même année, Nicolas Dupont-Aignan pose à ses côtés et le présente comme un « héros » des agriculteurs[4]. En 2026, des militantes du Collectif Némésis posent avec lui lors de l'accueil des tracteurs de la Coordination rurale à Paris[13].

Affaire de Montjoi

modifier
La mairie de Montjoi, où Mercadal retient le maire en 2022.

Après son installation à Montjoi en 2017, Mercadal entre en conflit avec la mairie et avec un voisin britannique au sujet d'un chemin rural qui traverse la propriété de ce dernier. Le chemin avait été laissé à ce voisin en échange d'une voie de remplacement, sans être déclassé[1],[2]. Mercadal revendique le droit d'emprunter l'ancien chemin et juge la nouvelle voie impraticable, alors que le maire, Christian Eurgal, soutient le voisin[1],[2],[16]. Le contentieux donne lieu à plusieurs procédures[17].

En mai 2020, deux hommes armés se présentent chez Mercadal et le menacent, à l'initiative d'un proche de l'employée de maison du voisin, qu'il dit victime de harcèlement de la part de Mercadal. Ils sont condamnés en juillet 2022 à des amendes contraventionnelles[16],[18]. En mars 2022, Mercadal empêche le maire de quitter son bureau pour obtenir la signature d’un accusé de réception, jusqu’à l’intervention des gendarmes. Il est condamné en septembre 2022 à 5 000 euros d'amende avec sursis[17],[19],[20].

À partir de novembre 2022, Papacito consacre à l'affaire plusieurs vidéos dirigées contre le maire, auxquelles participe Mercadal. La première accompagne une cagnotte qui recueille 276 000 euros. Une seconde, en mai 2023, assimile le maire à une fouine et met en scène un viol simulé[1],[6],[7],[15]. Des inscriptions qui visent le maire apparaissent ensuite sur les routes autour du village, avec des flèches vers son domicile, et la maison du voisin est aspergée de peinture rouge. Le maire est placé sous protection policière[1],[2]. YouTube ferme la chaîne de Papacito en juin 2023, et celui-ci est condamné en avril 2024 pour injures publiques homophobes et provocation à la haine envers le maire[7],[21].

En janvier 2024, Mercadal dépose un cochon mort sur le bureau du maire. En février, il poursuit Jean-Michel Baylet, maire de Valence-d'Agen, sur le marché de la ville, et malmène une agente municipale qui s'interpose. Il vise aussi dans ses vidéos Max Lagarrigue, journaliste de La Dépêche du Midi qui couvre l'affaire et dont le domicile est placé sous surveillance policière[4],[21],[22]. En juillet 2024, Mercadal est condamné pour harcèlement moral et outrage envers le maire de Montjoi, Baylet, l'agente municipale et le journaliste. Il écope de douze mois d'emprisonnement avec sursis probatoire, de cinq ans d'inéligibilité dans les instances agricoles et de près de 20 000 euros de dommages et intérêts[20],[23],[24]. Il fait appel[3],[15].

En mars 2024, ses 103 porcs sont abattus à la suite d'une maladie, après la mort de six autres bêtes, dont cinq tuées par balles. Mercadal avance l'hypothèse d'un empoisonnement volontaire, les animaux n'ayant toutefois pas été autopsiés. Le même mois, la préfecture fait remettre en état la voie d'accès à l'exploitation. En avril 2024, une nouvelle vidéo de Papacito lance une cagnotte qui dépasse 480 000 euros à la suite de la mort de ses bêtes, et Mercadal annonce avoir conclu avec son voisin un accord confidentiel qui met fin à leurs procédures[19].

Références

modifier
  1. 1 2 3 4 5 6 7 Christophe Gueugneau, « Le maire de Montjoi, cible improbable de la « fachosphère », vit sous protection policière », Mediapart,‎ (lire en ligne)
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (en) Kim Willsher, « 'It's been hell': Briton tells of harassment in French right of way dispute », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  3. 1 2 3 4 5 6 « Colère des agriculteurs : les liens entre Pierre-Guillaume Mercadal et l'extrême droite », Franceinfo,‎ (lire en ligne)
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 Dominique Durand, « Pierre-Guillaume Mercadal : l'éleveur de cochons laineux devenu symbole de l'extrême-droite chez les agriculteurs », France 3 Occitanie,‎ (lire en ligne)
  5. 1 2 3 4 5 Christophe-Cécil Garnier, Daphné Deschamps, Fanny Marlier et Moran Kerinec, « Violence, racisme, climatoscepticisme… Ces figures radicales de la Coordination rurale », Reporterre,‎ (lire en ligne)
  6. 1 2 3 4 5 6 Daphné Deschamps, « La Coordination rurale, un syndicat à l'extrême droite du monde agricole », StreetPress,‎ (lire en ligne)
  7. 1 2 3 Stéphanie Marteau, « Le venin sans fin de l'influenceur d'extrême droite Papacito », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  8. ↑ « 171 habitants, un tribunal plein : bienvenue à Montjoi-sur-Contentieux », Le Petit Journal,‎ (lire en ligne)
  9. 1 2 « Trois listes au choix des agriculteurs tarn-et-garonnais », Le Petit Journal,‎ (lire en ligne)
  10. ↑ « Coordination Rurale : renversons la table », Le Petit Journal,‎ (lire en ligne)
  11. ↑ « Résultats des élections des membres de la chambre d'agriculture de Tarn-et-Garonne 2025 », sur Préfecture du Tarn-et-Garonne, (consulté le )
  12. ↑ « Nos élus », sur Chambre d'agriculture de Tarn-et-Garonne (consulté le )
  13. 1 2 Oriane Mollaret, « Des identitaires et des néofascistes violents copinent avec la Coordination rurale », Reporterre,‎ (lire en ligne)
  14. ↑ Dominique Durand, « L'éleveur soutenu par l'influenceur d'extrême-droite Papacito mène une campagne de haine contre un journaliste », France 3 Occitanie,‎ (lire en ligne)
  15. 1 2 3 Sophie Chapelle, « La Coordination rurale, ce syndicat agricole qui flirte avec l'extrême droite », Basta!,‎ (lire en ligne)
  16. 1 2 « Nouvel épisode du clochemerle local », Le Petit Journal,‎ (lire en ligne)
  17. 1 2 Max Lagarrigue, « Tarn-et-Garonne. Le maire de Montjoi séquestré dans son bureau par un habitant », La Dépêche du Midi,‎ (lire en ligne)
  18. ↑ Max Lagarrigue, « Tarn-et-Garonne. L'affaire de menaces contre l'éleveur porcin de Montjoi a bien fini en eau de boudin », La Dépêche du Midi,‎ (lire en ligne)
  19. 1 2 Hugues Maillot, « Un éleveur du Tarn-et-Garonne récolte près de 500.000 euros après la mort de l'intégralité de son cheptel », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  20. 1 2 Le Parisien avec AFP, « Harcèlement d'un maire dans le Sud-Ouest : 12 mois de prison avec sursis pour un éleveur de cochons soutenu par Papacito », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  21. 1 2 Dominique Durand, « Procès de l'agriculteur Pierre-Guillaume Mercadal. Cochons, harcèlement et réseaux sociaux : « les idées choquantes doivent être admissibles en démocratie » estime son avocat », France 3 Occitanie,‎ (lire en ligne)
  22. ↑ « Max Lagarrigue, journaliste français devenu la cible d'un éleveur du Tarn-et-Garonne », RFI,‎ (lire en ligne)
  23. ↑ Claire Sardain, « Harcèlement, outrage et vidéos à contenus haineux : l'éleveur qui s'en était pris à des élus, condamné à 12 mois de prison avec sursis », France 3 Occitanie,‎ (lire en ligne)
  24. ↑ Johan Gesrel, « Outrage et harcèlement : l'éleveur de cochon de Montjoi condamné à 12 mois de prison avec sursis », Totem,‎ (lire en ligne)