Pierre Crousillac
Pierre Crousillac, né le à Brive-la-Gaillarde et mort le à Turenne, est un général de corps d'armée français et ancien résistant.
Polytechnicien de la promotion 1942, réfractaire au Service du travail obligatoire, il commande une compagnie de maquisards de l'Armée secrète en Corrèze puis participe aux combats de la Libération. Officier de l'arme des Transmissions, il sert pendant la guerre d'Indochine, où il est cité trois fois, participe à la mission de liaison française auprès de l'armée israélienne pendant la crise de Suez, puis commande le 11e bataillon parachutiste de choc pendant la guerre d'Algérie.
Breveté de l'École supérieure de guerre, il est successivement attaché des forces armées à Moscou, adjoint au général commandant la 4e région militaire et commandant de la 8e division d'infanterie à Compiègne, avant de terminer sa carrière, de 1978 à 1981, à la tête de la mission militaire française auprès du comité militaire de l'OTAN[1].
Commandeur de la Légion d'honneur, il se consacre ensuite aux associations patriotiques et à la promotion du patrimoine de Turenne, où une place porte son nom.
Biographie
modifierJeunesse et formation (1921-1943)
modifierPierre Crousillac est né le à Brive-la-Gaillarde en Corrèze. Il grandit à Tulle et entre en classes préparatoires scientifiques au lycée Louis-le-Grand avant d'intégrer l'École polytechnique en (promotion 1942)[2].
Sa scolarité est interrompue deux mois plus tard par son envoi aux Chantiers de la jeunesse française : il est affecté comme caporal-chef à Argelès-sur-Mer, à Saint-Amans-Soult puis à Argentat.
Résistance et Libération (1943-1945)
modifierEn , réfractaire au Service du travail obligatoire, il rejoint l'Armée secrète de la région de Brive-la-Gaillarde, où il dirige une compagnie de maquisards[3]. Comme la plupart de ses compagnons d'armes, il intègre ensuite le régiment de marche Corrèze-Limousin et participe aux opérations de la Libération[3].
En 1945, il réintègre l'École polytechnique, dont il sort en 1948 dans l'arme du génie, avant de rejoindre celle des Transmissions[4].
Guerre d'Indochine (1951-1954)
modifierAprès une première affectation où il est notamment chargé des transmissions des convois qui acheminent le plan Marshall en Europe, il embarque en 1951 sur le paquebot des Messageries maritimes La Marseillaise, à destination de Saïgon, pour prendre part à la guerre d'Indochine. Commandant de la compagnie opérationnelle de transmissions 21/1[3], il assure les transmissions des grandes opérations du Nord Tonkin, en particulier au camp retranché de Na San. Il est cité trois fois, sur la Rivière Noire, à Na San et à Phu No Quan, ses citations saluant ses qualités d'organisateur et son ascendant sur ses hommes[3]. En fin de séjour, il est breveté parachutiste à Hanoï.
De Suez à l'Algérie (1954-1961)
modifierDe retour en France, il complète sa formation à l'École supérieure d'électricité (brevet technique, promotion 1955)[3] puis, après un stage à l'école d'état-major, est affecté à l'état-major des armées. En 1956, il participe à la mission de liaison française auprès de l'armée israélienne pendant les opérations de Port-Saïd et du Sinaï (opération sur le canal de Suez)[3]. Capitaine, il est fait chevalier de la Légion d'honneur par décret du [5].
Il est ensuite affecté à la 11e demi-brigade parachutiste de choc, dont il commande successivement le groupement de marche (GM 11) d' à , puis le 11e bataillon parachutiste de choc (BPC) de à , sous l'indicatif opérationnel « Coplan »[6],[7]. Il participe à des opérations en Algérie, notamment en zone frontalière et au nord du Sahara, ce qui lui vaut une citation à l'ordre de l'armée[3].
Carrière d'état-major et de commandement (1961-1981)
modifierAu retour d'Algérie, il intègre en la 75e promotion de l'École supérieure de guerre (1961-1963), dans l'arme des Transmissions[4]. Il alterne ensuite postes d'état-major et commandements : commandant des transmissions de la 11e division parachutiste, avec plusieurs missions en Afrique, puis commandant des transmissions du 1er corps d'armée, et attaché des forces armées à Moscou[3].
Colonel de l'arme des Transmissions, il est promu général de brigade par décret du , pour prendre rang du , avec maintien dans ses fonctions[8]. Adjoint au général commandant la 4e région militaire, il prend ensuite le commandement de la 8e division d'infanterie à Compiègne[3]. Il est promu général de division par décret du , pour prendre rang du [9]. Le conseil des ministres du le nomme chef de la mission militaire française auprès du comité militaire de l'OTAN, le général Alain Bizard lui succédant à la tête de la 8e division[1] ; les rang et appellation de général de corps d'armée lui sont conférés par décret du , à compter du [10]. Il quitte le service actif en [3].
Lieutenant-colonel, il avait été promu officier de la Légion d'honneur par décret du ; général de brigade, il est fait commandeur de l'ordre national du Mérite par décret du , puis commandeur de la Légion d'honneur par décret du [5].
Retraite et engagements (1981-2011)
modifierDurant sa retraite, Pierre Crousillac reste actif au sein d'associations patriotiques nationales, notamment comme président d'honneur de l'Association nationale des anciens des troupes aéroportées (ANATAP)[11], ou corréziennes[12]. Passionné par la cité de Turenne, il contribue à sa mise en valeur en y organisant des visites guidées.
Pierre Crousillac meurt le à Turenne[2]. Ses obsèques sont célébrées le à Turenne et il est inhumé à Objat.
Hommage
modifierUne place porte son nom à Turenne depuis [13].
Décorations
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Commandeur de la Légion d'honneur : chevalier (décret du ), officier (décret du ), commandeur (décret du )[5]
Commandeur de l'ordre national du Mérite (décret du )[5]
Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs, étoile de vermeil et étoile d'argent (1953)
Croix de la Valeur militaire, palme (1961)
Croix du combattant volontaire de la Résistance
Croix du combattant volontaire de la guerre de -
Croix du combattant
Médaille coloniale
Médaille commémorative de la campagne d'Indochine (1945-1954)
Médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l'ordre (Afrique du Nord - 1952-1964)
Médaille commémorative française des opérations du Moyen-Orient (1956)
Notes et références
modifier- 1 2 « Le général Crousillac dirigera la mission française auprès du comité militaire du Conseil de l'Atlantique nord », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 « Carnet polytechnicien, promotion 1942 », La Jaune et la Rouge, no 674, (lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 « Hommage au général de corps d'armée Pierre Crousillac », sur asso-minerve.fr, (consulté le )
- 1 2 « Biographie de CROUSILLAC Pierre », fiche biographique no 7704, site de l'École supérieure de guerre, consultée le 5 juillet 2026.
- 1 2 3 4 « CROUSILLAC Pierre », Liste unique des décorés, grande chancellerie de la Légion d'honneur, sur archives.legiondhonneur.fr (consulté le )
- ↑ « Sources et annexes pour l'histoire du 11e Choc », sur De viris illustribus, (consulté le )
- ↑ Erwan Bergot, 11e Choc, Presses de la Cité,
- ↑ « Décret du 6 décembre 1972 portant admission par anticipation dans la 2e section, promotions et nominations dans la 1re et dans la 2e section du cadre des officiers généraux de l'armée de terre et affectations d'officiers généraux de l'armée de terre », Journal officiel de la République française, no 286 du 8 décembre 1972, p. 12656, sur legifrance.gouv.fr (consulté le )
- ↑ « Décret du 2 novembre 1976 portant admission par anticipation dans la 2e section, promotion et nomination dans la 1re section du cadre des officiers généraux de l'armée de terre et affectation d'officiers généraux de l'armée de terre », Journal officiel de la République française, no 257 du 3 novembre 1976, p. 6376, sur legifrance.gouv.fr (consulté le )
- ↑ « Décret du 2 octobre 1980 conférant les rang et appellation de général de corps d'armée dans la 1re section du cadre des officiers généraux de l'armée de terre », Journal officiel de la République française, no 236 du 9 octobre 1980, p. 2354, sur legifrance.gouv.fr (consulté le )
- ↑ « Décès du général Pierre Crousillac », sur chemin-de-memoire-parachutistes.org, (consulté le )
- ↑ « n°216 », BriveMag, , p. 31
- ↑ Centre France, « Hommage au général Crousillac », sur www.lamontagne.fr, (consulté le )