Pocockictis

sous-genre de mammifère

Pocockictis est un sous-genre de mammifères carnivores de la famille des Mustélidés. Il s’agit d’une branche basale du genre Mustela, regroupant deux espèces originaires d’Asie du Sud-Est et caractérisées par leur absence de poils aux pattes.

Pocockictis
Description de cette image, également commentée ci-après
Iillustration de pattes d’un Nudipède (Mustela nudipes) dans Proceedings of the Zoological Society of London, 1921.
A. Patte postérieure droite.
B. Patte antérieure droite.
Classification MDD
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Mammalia
Ordre Carnivora
Sous-ordre Caniformia
Famille Mustelidae
Sous-famille Mustelinae
Genre Mustela

Sous-genre

Pocockictis
Kretzoi, 1947[1]

Synonymes

Taxonomie

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L’histoire du groupe Pocockictis est en réalité bien plus ancienne que son nom en 1947 :

En 1856, le zoologiste britannique Gray théorise un nouveau genre Gymnopus, sur la base de pattes palmées allant jusqu’à l’extrémité des orteils. S’il y place les espèces M. strigidorsa et M. nudipes, il y met aussi M. kathiah et surtout N. africana[2], qui est aujourd’hui compris dans le genre américain des Neogale. De plus, le nom Gymnopus étant déjà occupé par d’autres taxons, le zoologiste britannique Reginald Innes Pocock propose alors le nom de Plesiogale en 1921[3]. Ce n’est qu’à la suite de cette succession de dénomination que le genre Pocockictis sera crée, toutefois, il ne sera relégué qu’au rang de synonyme junior pendant longtemps.

En 2008, une étude phylogénétique constate que les deux espèces répertoriées dans ce groupe ont des similitudes sur le plan génétique, se retrouvant toutes les deux dans un clade isolé du reste des espèces du genre Mustela[4]. En 2025, une analyse phylogénomique publiée a affiné l’idée selon laquelle le clade indo-malais serait à exclure du genre Mustela. Ce clade est identifié comme une lignée indépendante ayant divergé il y a environ 11,5 millions d'années[5].

Espèces

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Liste des espèces du genre Mustela
Espèces Répartition et habitat Statut UICN
Mustela nudipes
Desmarest, 1822
Nudipède
(espèce-type)

Habitat : Forêts tropicales d'Asie du Sud-Est insulaire.

(LC) (Préoccupation mineure)
Mustela strigidorsa
Gray, 1853
Belette à dos rayé

Habitat : Forêts tropicales d'Asie du Sud-Est. Lignée la plus basale du genre.

(LC) (Préoccupation mineure)

Phylogénie

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Cladogramme des espèces actuelles du genre Mustela d'après Totikov et al. (2025)[5] :

Genre Mustela

Clade Indo-malais (Pocockictis)

Mustela strigidorsa (Belette à dos rayé)



Mustela nudipes (Nudipède)





Mustela lutreolina (Belette d'Indonésie)




Mustela kathiah (Belette à ventre jaune)




Groupe des Hermines

Mustela erminea (Hermine d'Eurasie)



Mustela richardsonii (Hermine d'Amérique)



Mustela haidarum (Hermine des Haïdas)




Mustela russelliana (aistoodonnivalis)




Groupe des « belettes »

Mustela altaica (Belette des montagnes)




Mustela nivalis (Petite belette)




Mustela subpalmata (Belette subpalmée)



Mustela mopbie







Groupe des « Visons » et « Putois »

Groupe Kolonokus

Mustela sibirica (Kolonok)



Mustela itatsi (Itatsi)




Groupe Lutreola

Mustela lutreola (Vison d'Europe)





Groupe Putois (Putorius)

Mustela nigripes (Putois à pieds noirs)




Mustela eversmanii (Putois d'Eversmann)




Mustela putorius (Putois d'Europe)



Mustela furo (Furet)











Description

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Le sous-genre Pocockictis se distingue des autres petits mustélidés (à l’époque divisés dans les genres Mustela, Gale et Putorius) principalement par la morphologie unique et primitive de ses membres, caractérisée par une absence totale de fourrure sur la face plantaire. Contrairement aux espèces des climats tempérés, le dessous des pieds est entièrement nu, arborant des pelotes plantaires et carpiennes proportionnellement bien plus grandes et aux stries cutanées apparemment moins grossières. Les pelotes plantaires sont très distinctement quadrilobées ; leurs trois lobes principaux sont largement en contact les uns avec les autres, tandis que les lobes pollicaux et hallucaux se rattachent à l'extrémité postérieure du lobe le plus interne. Au niveau des membres antérieurs, les deux pelotes carpiennes sont bien développées et presque jointives, surmontées d'un étroit espace nu. Un espace similaire, bien que sujet à des variations individuelles, s'observe également sur le membre postérieur, juste derrière la pelote plantaire[3].

Selon Pocock, cette nudité plantaire ne constitue pas une adaptation secondaire à un climat chaud ou tropical. En effet, certaines espèces de ce groupe se rencontrent sous des latitudes septentrionales plus froides, comme dans le Sikkim, tandis que des taxons d'Amérique tropicale conservent des pieds poilus. Sur le plan phylogénétique, cette structure anatomique est considérée comme le type de pied le plus primitif rencontré au sein de la sous-famille des Mustélinés. Si cette morphologie se rapproche globalement de celle observée chez le genre Galictis (à l’époque Grison et Grisonella), elle s'en distingue néanmoins de façon fondamentale par la disparition complète des pelotes métatarsiennes[3].

Notes et références

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  1. (en) Miklós Kretzoi, « New names for mammals », Annales historico-naturales Musei Nationalis Hungarici, vol. 40, , p. 285 (lire en ligne) :
    « 1. Plesiogale Pocock 1921 nec Pomel 1853.
    Gray erected for Mustela nudipes, strigidorsa, ete. the new genus Gymnopus. Being Gymnopus preoceupied, Pocock replaced it (Proc. 2o0l. Soe. 1921. p. 805.) with Plesiogale, unfortunately being similarly preoccuppied by Plesiogale Pomel 1853. (Catal. méth. p. 49.). I propose to call the genus based on M. nudipes Pocockictis n. nom. pro Gray 1842.
     »
  2. 1 2 (en) John Edward Gray, « Revision of the genera and species of Mustelidae contained in the British Museum », Proceedings of the Zoological Society of London, vol. 1864, , p. 118 (lire en ligne) :
    « 5. GYMNOPUS.
    — The body elongate, slender. Limbs short; feet large; toes elongate, broadly webbed nearly to the tips, covered with scattered hair. Tail elongate, slender, covered with long spreading hair. The soles of the hind feet with three oblong pads, and an arched and a bald space behind them; the heel hairy. Teeth 34; premolars 2/3, 2/3; the upper tubercular grinder small, transverse, the inner half rather larger than the outer one. Gymnopus, Gray, Cat. Mamm. B. M. xx. 1842.
     »
  3. 1 2 3 4 (en) Reginald Innes Pocock, « On the External Characters and Classification of the Mustelidae », Proceedings of the Zoological Society of London, vol. 1921, , p. 805 (lire en ligne) :
    « Gray referred this species, with others, to his genus Gymnopus (see infra, p. 818). That name, however, is preoccupied. Hence I propose Plesiogale as a substitute. »
  4. (en) Naoko Kurose, Alexei V. Abramov et Ryuichi Masuda, « Molecular phylogeny and taxonomy of the genus Mustela (Mustelidae, Carnivora), inferred from mitochondrial DNA sequences: New perspectives on phylogenetic status of the back-striped weasel and American mink », Mammal Study, vol. 33, no 1, , p. 25–33 (DOI 10.3106/1348-6160(2008)33[25:MPATOT]2.0.CO;2, lire en ligne Accès libre)
  5. 1 2 (en) Azamat A Totikov, Andrey A Tomarovsky, Polina L Perelman, Tatiana M Bulyonkova, Natalia A Serdyukova, Aliya R Yakupova, David Mohr, Daniel W Foerster, Jose Horacio Grau Jipoulou, Violetta R Beklemisheva, Mikhail Sidorov, Ines Miranda, Liliana Farelo, Alexei V Abramov, Ksenia Krasheninnikova, Anna S Mukhacheva, Victor V Panov, Elena Balanovska, Nikolay Cherkasov, Karol Zub, Alan F Scott, Jose Melo-Ferreira, Innokentiy M Okhlopkov, Anna Zhuk, Klaus-Peter Koepfli, Alexander S Graphodatsky et Sergei Kliver, « Comparative genomics and phylogenomics of the Mustelinae lineage (Mustelidae, Carnivora) », bioRxiv, , p. 01.662473 (DOI 10.1101/2025.07.01.662473, lire en ligne)

Voir aussi

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Liens externes

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