Point zéro des routes de France

point zéro depuis lequel les distances de Paris sont mesurées

Le point zéro des routes de France est le point zéro de Paris, c'est-à-dire le point kilométrique 0 des routes quittant la capitale, dont on se sert comme référence pour le calcul des distances avec les autres villes de France. Il est situé sur le parvis Notre-Dame, devant la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Localisation et description

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Le point zéro est situé à une cinquantaine de mètres devant l'entrée de Notre-Dame, sur l'Île de la Cité, dans le 4e arrondissement. La borne routière qui matérialise ce point dans les pavés du parvis de la cathédrale prend la forme d'une rose des vents gravée au centre d'un médaillon octogonal en bronze ; celui-ci est entouré d'une dalle circulaire en pierre divisée en quatre quartiers, chacun d'eux portant l'une des inscriptions en lettres capitales : « POINT », « ZÉRO », « DES ROUTES » et « DE FRANCE ».

Il ne doit pas être considéré comme une borne géodésique qui matérialiserait un point géodésique ; à titre d'exemple, le point géodésique le plus proche dans le RGF était jusqu'à l'incendie du la flèche de la cathédrale[1]. À la suite de son effondrement, le point géodésique le plus proche est la flèche de l'église Saint-Paul-Saint-Louis[2], situé un peu moins de 800 mètres au nord-est.

Histoire

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À l'origine se dressait au Moyen Âge devant le portail nord de la cathédrale un poteau nommé « échelle de justice » au pied duquel les condamnés s'agenouillaient pour faire amende honorable[3]. Tête et pieds nus, tenant en mains un gros cierge de cire jaune, ils portaient sur la poitrine et le dos une double pancarte indiquant la nature de leur crime ou une corde au cou s'ils étaient condamnés à mort. Les criminels étaient ensuite exposés sur cette potence faisant office de pilori. L'échelle fut remplacée en [4] ou [5] par une échelle-carcan dressée sur le parvis et qui fut adoptée, selon la tradition, comme point zéro par lettres patentes de Louis XV du [3]. Ce point fut matérialisé pour la première fois par une borne par lettre royale du [6],[7].

La matérialisation de ce point dans sa forme actuelle a été discutée pendant douze ans par le Conseil municipal de Paris et par la Commission du Vieux Paris, entre et . La plaque a finalement été posée solennellement en , le [8] ou le [9],[10] selon les sources. Elle fut retirée en et remise en place en [10], afin de pouvoir mener des travaux visant initialement à la construction d'un parc de stationnement souterrain sous le parvis, mais que des découvertes archéologiques sur l'histoire de Paris ont finalement conduit à aménager en crypte pour les protéger (la crypte archéologique de l'île de la Cité)[11].

Selon certaines analyses[12], il serait symbolique de la centralisation de la France autour de sa capitale.

Routes débutant ou ayant débuté au point zéro

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Utilisation par Teria

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Teria, un réseau de stations destinées au positionnement par satellite en temps réel, initié par l'ordre des géomètres-experts et intégré au réseau GNSS permanent (RGP) de l'IGN, a utilisé le point zéro pour faire la démonstration de cette technologie entre 2006 et 2008.

Ainsi, le [13], les coordonnées du point zéro ont été mesurées avec une précision centimétrique : (X = 652 215,52 ; Y = 6 861 681,77 ; Z = 35,64) en projection Lambert 93[14], soit 48° 51′ 12,24845″ N, 2° 20′ 55,62563″ E. Un reportage vidéo a été tourné à cette occasion pour servir de matériel promotionnel.

Puis divers événements, tels que les inaugurations successives des nouvelles stations mises en place, ont été l'occasion de faire de même avec d'autres points, et d'annoncer la distance les séparant du point zéro :

Postérité

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Le , l'artiste Hamish Fulton réalise une performance consistant à marcher sept fois du point zéro jusqu'à l'étalon du mètre exposé rue de Vaugirard, et en revenir ; il compte 4 116 pas entre ces deux points[21].

Références

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  1. ↑ « Paris AO », site no 75056AO [PDF], sur geodesie.ign.fr, IGN (version du sur archive.org).
  2. ↑ « Paris AR », site no 75056AR [PDF], sur data.geopf.fr, IGN (consulté le ).
  3. 1 2 Marcel Aubert, La cathédrale Notre-Dame : Notice historique et archéologique, Firmin-Didot, , p. 43
  4. ↑ Emmanuel Haymann et Lorànt Deutsch, Métronome : l'histoire de France au rythme du métro parisien, Paris, Michel Lafon, , 379 p. (ISBN 978-2-7499-1011-6), p. 12.
  5. ↑ Jean-Joseph Expilly, Dictionnaire géographique des Gaules et de la France, t. 6, , p. 114 [lire en ligne].
  6. ↑ Dominique Renouard, Les transports de marchandises par fer, route et eau depuis (texte remanié de L'évolution en France des transports de marchandises par le chemin de fer, la route et la batellerie depuis , thèse de doctorat, sous la dir. de Jean-Marcel Jeanneney, Université de Paris, Faculté de droit et des sciences économiques, ), Paris, Armand Colin, coll. « Recherches sur l'économie française » (no 2), , 130 p. (OCLC 490495108, BNF 33152085, SUDOC 02066592X), p. 10.
  7. ↑ Jean Bonnerot, « Les routes de France », La Revue de Paris, vol. 28, t. 2,‎ , p. 221–222 (lire en ligne).
  8. ↑ Jeanne Pronteau-Maille, « Notes sur le parvis Notre-Dame à Paris des origines à  » dans Laure Beaumont-Maillet (dir.), Bernard Billaud (dir.), Jean Dérens (dir.), Guy-Michel Leproux (dir.), François Monnier (dir.), Hervé Robert (dir.) et Bernard Valade (dir.), Mélanges d'histoire de Paris : À la mémoire de Michel Fleury, Paris, Maisonneuve et Larose, coll. « Mémoire de France », , 242 p. (ISBN 2-7068-1845-X), p. 17–39 (38).
  9. ↑ Jérôme Duhamel, Le Grand Livre des petites curiosités françaises, Paris, Albin Michel, , 249 p. (ISBN 2-226-13505-7), p. 133.
  10. 1 2 Pierre Germa, Depuis quand ? : Encyclopédie des choses et des objets de la vie quotidienne, Paris, Larousse, , 449 p. (ISBN 2-03-560288-2).
  11. ↑ René Barjavel, « De l'avenir au passé sans oublier le présent... », Le Journal du dimanche,‎ (lire en ligne).
  12. ↑ (en) Avner Ben-Amos, « The Sacred Center of Power : Paris and Republican State Funerals », Journal of Interdisciplinary History (en), MIT Press, vol. 22, no 1,‎ , p. 27–48 (DOI 10.2307/204564, JSTOR 204564).
  13. ↑ « Détermination du kilomètre zéro à Notre Dame », sur reseau-teria.com, (version du sur archive.is).
  14. ↑ « Vidéo de présentation Teria », 4:28 à 4:41 [AVI], sur reseau-teria.com (version du sur archive.org).
  15. ↑ « Première inauguration de station fixe à Auch (Gers) », sur reseau-teria.com, (version du sur archive.is).
  16. ↑ « Détermination du point zéro des cartes routières », sur reseau-teria.com, (version du sur archive.is).
  17. ↑ « Inauguration de la station de l'Ile Bouchard », sur reseau-teria.com, (version du sur archive.is).
  18. ↑ « Inauguration de TERIA à Toulouse », sur reseau-teria.com, (version du sur archive.is).
  19. ↑ « TERIA est officiellement né à Biarritz ! », sur reseau-teria.com, (version du sur archive.is).
  20. ↑ Florence Elman, « Une antenne du réseau Teria à Biarritz », sur lemoniteur.fr, (version du sur archive.org).
  21. ↑ Lydie Rekow-Fond, « Rendre le monde à sa mesure : Corps et perception de l'espace », Sens public « Corps contemporain et espace vécu »,‎ (DOI 10.7202/1048852ar, lire en ligne).

Voir aussi

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Articles connexes

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Bibliographie

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  • Robert Vincent, « Les routes royales et leurs bornes milliaires », XYZ, Paris, Association française de topographie, vol. 25, no 97,‎ , p. 65–74 (ISSN 0290-9057)
Extrait de l'abstract : « Cette étude [permet entre autres] de montrer que si l'origine du bornage, point zéro des routes royales, est à Paris au parvis de la cathédrale Notre-Dame, ce ne peut être qu'au prix d'un artifice étonnant. »