La porcelaine de Hirado (平戸焼, hirado-yaki?) est un type de porcelaine japonaise principalement produit dans les fours de Mikawachi, à Sasebo, dans la préfecture de Nagasaki au Japon. Elle est donc également connue sous le nom de porcelaine de Mikawachi (mikawachi-yaki (三川内焼?)). Elle était fabriquée dans l'ancien domaine féodal de Hirado, propriétaire des fours et responsable de l'organisation ainsi que de l'orientation de leur production.

Repose-pinceau en forme de garçons Karako jouant avec une boule de neige, porcelaine à décor bleu sous glaçure, 1800-1830.

Elle est surtout réputée pour ses porcelaines sometsuke, décorées en bleu de cobalt sous couverte sur fond blanc. La quantité de bleu y est souvent limitée, ce qui met en valeur la finesse du modelé et l'extrême blancheur de la porcelaine. Celle-ci présente une pâte plus fine que la plupart des porcelaines japonaises, permettant l'exécution de détails délicats ainsi que d'ajours minces et complexes. Si elle fut utilisée pour la vaisselle, elle est particulièrement célèbre pour ses petites figurines et ses objets de forme élaborée, tels que les brûle-parfums et les repose-pinceaux.

Sa production se développa au XVIIIe siècle pour approvisionner le marché intérieur japonais, durant l'intervalle séparant les deux grandes périodes d'exportation de la porcelaine japonaise. Les ateliers de Hirado produisirent alors une grande partie des meilleures porcelaines japonaises de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle. Lorsque les exportations à grande échelle reprirent, la porcelaine de Hirado occupa une place importante dans ce commerce[1].

Brûle-parfum ajouré (kōro) en porcelaine de Hirado, orné du blason (aoi-mon) du clan Tokugawa des shōguns, 1775–1800.

Histoire et caractéristiques

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La famille de daimyō de Hirado, les Matsura, établit au début du XVIIe siècle un village de potiers coréens. Ceux-ci produisaient des grès de type Karatsu. À la génération suivante, au milieu des années 1630, l'un d'eux, Sanojō (1610–1694), découvrit à Mikawachi un important gisement de kaolin, matière première indispensable à la fabrication de la porcelaine. En 1637, des potiers furent installés sur ce site et, l'année suivante, Sanojō fut nommé principal administrateur de la production locale. Vers 1650, trois villages de potiers avaient été regroupés en une seule entreprise, qui produisait alors de la porcelaine, bien que probablement pas encore de manière exclusive.

À l'instar de la porcelaine de Nabeshima, les seigneurs Matsura utilisaient ces fours pour commander des « porcelaines de présentation » de la plus haute qualité, destinées à leur usage personnel ou offertes comme présents diplomatiques au shōgun, à l'empereur et à d'autres familles de daimyō. Il est attesté que le fils de Sanojō, Imamura Ajibe, réalisa des services de porcelaine destinés à être présentés au shōgun en 1664, puis à l'empereur en 1699[2].

Cependant, ces porcelaines du XVIIe siècle ressemblent encore à certaines productions contemporaines d'Imari, avec une pâte présentant une légère teinte grisâtre[3], et diffèrent fortement du style qui allait plus tard faire la renommée de la porcelaine de Hirado.

Une évolution décisive intervint en 1712, lorsqu'un potier des villages de Hirado découvrit une meilleure source de kaolin dans les îles Amakusa, au large de la côte. Ce gisement permit de produire la porcelaine blanche et dure de qualité supérieure qui fit la renommée des porcelaines de Hirado[4]. Dans les années qui suivirent, des peintres des écoles Tosa et Kanō furent recrutés : les premiers pour les représentations détaillées de végétaux, les seconds pour les animaux, les personnages et les paysages. Ils orientèrent le décor vers un vocabulaire formel spécifiquement japonais, inspiré de la peinture.

La gamme des formes fut également considérablement élargie. Alors qu'elle se composait principalement de récipients destinés à la nourriture et aux boissons, elle en vint à inclure divers types de boîtes, des accessoires pour le bureau de lettré tels que les repose-pinceaux, ainsi que certains accessoires vestimentaires comme les netsuke[5].

Un motif représentant des « enfants chinois » (Karako) poursuivant des papillons dans un paysage devint une caractéristique distinctive de la porcelaine de Hirado. À l'origine, le nombre d'enfants représentés était strictement codifié : sept sur les pièces destinées à l'empereur ou au shōgun, cinq pour les daimyō et les hauts fonctionnaires, et trois pour les autres destinataires[6]. Par la suite, ces mêmes enfants furent également figurés sous forme de statuettes modelées.

Des récipients sculpturaux prenant la forme d'animaux commencèrent également à apparaître, de même que des créations associant des décors en relief et de petites figurines décoratives (okimono). Toutes ces évolutions étaient déjà bien établies avant la croissance spectaculaire des exportations consécutive à la réouverture du Japon dans les années 1850, et elles furent encore poussées plus loin au cours de la période suivante[7].

Presse-papiers orné de chrysanthèmes et de fleurs de prunier, décor bleu et brun sous couverte, XIXe siècle.

Une grande partie de la production de Hirado était constituée d'ustensiles destinés à la consommation du thé, mais principalement pour la pratique plus informelle du sencha plutôt que pour la cérémonie japonaise du thé (chanoyu). Les maîtres de thé privilégiaient généralement, pour les bols à thé (chawan), des céramiques traditionnelles non porcelanées, jugées plus expressives au toucher. En revanche, la porcelaine de Hirado était particulièrement appréciée pour les jarres à eau utilisées lors de la cérémonie du thé pour contenir l'eau froide[8].

L'extrême finesse du modelé et de la finition de la porcelaine de Hirado la rendait également particulièrement adaptée aux nombreux petits objets regroupés sous l'appellation d'« accessoires du bureau du lettré », tels que les repose-pinceaux, les compte-gouttes à eau, les presse-papiers ou encore les écrans de table[9].

Bien que les porcelaines bleu et blanc à décor sous couverte aient constitué la principale production après la découverte du gisement supérieur de kaolin en 1712, d'autres types de décoration furent toujours employés, soit pour certains détails, soit comme décor principal. Parmi ceux-ci figurent la porcelaine biscuit non émaillée, les décors céladon sous couverte ainsi que d'autres couleurs appliquées sous couverte, sans oublier les émaux de surcouverte[10].

Au XIXe siècle, les fours de Hirado produisirent également des imitations de la porcelaine de Nabeshima[11] et même de la porcelaine de Worcester.

Voir aussi

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Références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Hirado ware » (voir la liste des auteurs).
  1. ↑ Tharp, 82–83; Ford and Impey, 65
  2. ↑ Singer and Goodall-Cristante, 16
  3. ↑ Singer and Goodall-Cristante, 19
  4. ↑ Singer and Goodall-Cristante, 17
  5. ↑ Singer and Goodall-Cristante, 19, 37
  6. ↑ Singer and Goodall-Cristante, 19–21
  7. ↑ Singer and Goodall-Cristante, 21–22
  8. ↑ Singer and Goodall-Cristante, 26–27
  9. ↑ Singer and Goodall-Cristante, 34–35
  10. ↑ Singer and Goodall-Cristante, 37, 43–44
  11. ↑ Impey, 80
  12. ↑ Ford and Impey, 121. This was brought to Leiden by the Dutch colony's doctor in that year.
  13. ↑ Ford and Impey, 121