Port de Liverpool

complexe portaire

Le port de Liverpool est un vaste complexe portuaire établi sur les deux rives de l'estuaire de la Mersey, dans le nord-ouest de l'Angleterre. Ses installations s'étendent principalement des docks méridionaux de Liverpool jusqu'à Seaforth sur la rive orientale, ainsi qu'aux docks de Birkenhead et Wallasey sur la péninsule de Wirral.

Port de Liverpool
Pier Head et les « Three Graces » vus depuis la Mersey.
Présentation
Type
Port de commerce, port à conteneurs et port de croisière
Géographie
Coordonnées
Pays
Division administrative
Commune
Carte

Le développement du port joue un rôle déterminant dans l'essor de Liverpool à partir du XVIIIe siècle. L'ouverture en 1715 de l'Old Dock, premier bassin commercial fermé à flot au monde, inaugure un système de docks interconnectés qui devient l'un des plus importants et des plus innovants de son époque[1] Le port accompagne ensuite l'essor du commerce atlantique, de la Révolution industrielle et de l'Empire britannique, mais aussi celui de la traite transatlantique, dont Liverpool devient l'un des principaux centres européens au XVIIIe siècle[2]

Au XIXe siècle, l'expansion des docks, des entrepôts, des réseaux ferroviaires et des compagnies maritimes fait de Liverpool l'un des grands ports commerciaux et transatlantiques du monde. Après le déclin et la fermeture de nombreux docks au XXe siècle, l'activité portuaire se concentre progressivement vers le nord, autour de Seaforth. Le port contemporain est exploité par Peel Ports à travers la Mersey Docks and Harbour Company (en), intégrée au groupe en 2005[3] Il comprend notamment les terminaux à conteneurs de Royal Seaforth et de Liverpool2[4]

Histoire

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Origines et premier bassin à flot

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Vestiges de l'Old Dock, premier bassin commercial fermé à flot de Liverpool, ouvert en 1715.
Le port de Liverpool en 1809, avant les grandes extensions du XIXe siècle.

Liverpool dispose dès le Moyen Âge d'un mouillage sur la Mersey. À la fin du XVIIe siècle, la croissance du trafic maritime rend toutefois insuffisantes les installations établies autour de l'embouchure du Pool, le cours d'eau à l'origine du nom de la ville.

En 1708, les autorités municipales font appel à l'ingénieur Thomas Steers afin de concevoir un bassin permettant aux navires de rester à flot et de charger ou décharger leurs marchandises indépendamment des marées. Le nouvel Old Dock ouvre le . Il est considéré comme le premier bassin commercial fermé à flot au monde[1]. Son succès entraîne la construction de nouveaux docks et contribue à attirer vers Liverpool une partie du commerce jusque-là traité par Londres, Bristol et Chester[1].

Au cours du XVIIIe siècle, le réseau portuaire se développe le long de la Mersey. Les bassins sont protégés des marées par des portes et reliés entre eux, ce qui permet d'organiser plus efficacement le mouvement des navires et des marchandises. La croissance des quais accompagne celle de la ville et de son arrière-pays industriel[5]

Traite transatlantique

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L'essor du port est étroitement lié à la traite transatlantique. La première expédition négrière documentée au départ de Liverpool est celle du Liverpool Merchant en 1700 ; le navire transporte alors 220 captifs africains vers la Barbade[6].

Au cours du XVIIIe siècle, Liverpool supplante progressivement Bristol et Londres dans la traite. Dans les années 1780, la ville est devenue le principal centre européen de la traite transatlantique et un important lieu de construction et d'armement de navires négriers[6]. Les marchands de Liverpool financent des expéditions vers les côtes africaines, où des personnes réduites en esclavage sont achetées puis déportées vers les Amériques. Les navires reviennent ensuite en Europe avec des produits coloniaux tels que le sucre, le coton et le tabac.

Selon les chiffres repris par Marcel Dorigny et Bernard Gainot, 4 894 expéditions de traite sont organisées depuis Liverpool entre 1686 et 1811 et entraînent la déportation de 1 381 576 captifs africains vers les colonies américaines[7] National Museums Liverpool estime pour sa part qu'environ 1,5 million de personnes ont été transportées vers l'esclavage à bord de navires de Liverpool avant l'abolition britannique de la traite en 1807[5]

Les profits tirés de ce commerce contribuent à la croissance de Liverpool et au financement d'activités commerciales, bancaires et industrielles. National Museums Liverpool souligne que les profits tirés de la traite et du commerce de produits issus du travail d'esclaves ont laissé une empreinte durable sur le développement économique et urbain de la ville[2].

Expansion au XIXe siècle

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La Révolution industrielle accroît fortement le volume des marchandises transitant par Liverpool. Le coton brut importé des États-Unis et d'autres régions alimente les filatures du Lancashire ; du sucre, du tabac, du thé, des céréales et d'autres produits sont également débarqués, tandis que les manufactures du nord de l'Angleterre exportent leurs produits par la Mersey. Vers 1850, le coton représente environ la moitié du commerce de Liverpool[5].

Le Royal Albert Dock, ouvert en 1846, et ses entrepôts en brique.

Le système portuaire connaît plusieurs phases d'agrandissement. Au milieu du siècle, l'ingénieur Jesse Hartley conçoit plusieurs des ensembles qui marquent encore le paysage des docks. Le Royal Albert Dock, ouvert en 1846, associe bassins et grands entrepôts directement accessibles aux navires. Ses bâtiments utilisent largement la brique, la pierre et la fonte, limitant l'emploi du bois dans leur structure[8]

Le Tobacco Warehouse de Stanley Dock, achevé en 1901.

Plus au nord, Stanley Dock, ouvert en 1848, est lui aussi conçu par Hartley. Ses entrepôts, ses ouvrages hydrauliques, ses écluses et, plus tard, l'immense Tobacco Warehouse achevé en 1901 témoignent de l'échelle atteinte par les infrastructures portuaires[9].

Le port est relié à son arrière-pays par les canaux puis par le chemin de fer. L'ouverture du Liverpool and Manchester Railway en 1830 accélère le transport du coton et des produits manufacturés entre les docks et Manchester. Les voies ferrées se multiplient ensuite à l'intérieur et autour des docks.

Compagnies maritimes et trafic transatlantique

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Au XIXe siècle, Liverpool devient l'un des grands ports de la navigation transatlantique. La Cunard Line, créée pour assurer le service postal à vapeur entre la Grande-Bretagne et l'Amérique du Nord, débute ses traversées régulières en 1840. La compagnie conserve longtemps des liens étroits avec Liverpool et fait construire le Cunard Building à Pier Head comme siège et terminal entre 1913 et 1916[10],[11]

La White Star Line possède également son siège à Liverpool, à Albion House, construit à la fin du XIXe siècle[12] De nombreux paquebots sont associés au port, parmi lesquels le Lusitania, le Mauretania, le Britannic ou les navires de la White Star Line. Le Titanic, enregistré à Liverpool et arborant le nom de la ville sur sa poupe, n'y effectue cependant jamais d'escale commerciale.

Le port joue également un rôle majeur dans l'émigration européenne vers l'Amérique du Nord. Au XIXe siècle et au début du XXe siècle, des compagnies telles que la White Star transportent des dizaines de milliers d'émigrants britanniques et européens vers les États-Unis et le Canada[13].

Administration portuaire

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La gestion des docks relève d'abord de la municipalité de Liverpool. L'expansion du système conduit à la création de structures spécialisées, jusqu'à la formation en 1857 du Mersey Docks and Harbour Board, chargé des docks de Liverpool et de Birkenhead.

Le siège de l'autorité portuaire est établi au début du XXe siècle dans le Port of Liverpool Building, construit entre 1903 et 1907 à Pier Head. Cet édifice, le Cunard Building et le Royal Liver Building forment l'ensemble monumental des « Three Graces »[14].

La structure devient par la suite la Mersey Docks and Harbour Company. En 2005, celle-ci est acquise par Peel, opération qui intègre le port de Liverpool au groupe aujourd'hui connu sous le nom de Peel Ports[3].

Réseaux ferroviaires des docks

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Le réseau ferroviaire desservant les docks de Liverpool au début du XXe siècle.

La desserte des docks repose sur un important réseau ferroviaire de marchandises. Des embranchements permettent de relier les quais aux grands réseaux britanniques et d'acheminer vers l'intérieur du pays le coton, les céréales, le charbon et les autres marchandises débarquées.

Le Liverpool Overhead Railway ouvre en 1893 afin d'assurer le transport de voyageurs le long des docks et de réduire la congestion au niveau du sol. Cette ligne électrique surélevée relie initialement Alexandra Dock à Herculaneum Dock avant d'être prolongée vers Seaforth et Dingle. Surnommée le Docker's Umbrella, elle ferme en 1956 et son viaduc est démoli à partir de l'année suivante.

Transformations au XXe siècle

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Guerres mondiales et évolution du trafic

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Le port conserve une importance stratégique au cours des deux guerres mondiales. Liverpool et ses docks sont particulièrement visés lors des bombardements allemands de la Seconde Guerre mondiale, qui endommagent de nombreuses installations du front de mer. Une partie importante des secteurs touchés est reconstruite après 1945[15].

Après 1945, les transformations de la navigation commerciale fragilisent les docks historiques. La croissance de la taille des navires, le déplacement du trafic de passagers vers Southampton et surtout la conteneurisation rendent de nombreux bassins trop petits ou inadaptés. Une partie des docks méridionaux cesse progressivement son activité commerciale.

Le Royal Albert Dock, pratiquement privé de trafic commercial après les années 1920, ferme définitivement en 1972. Plusieurs autres bassins sont fermés, comblés ou réaffectés au cours des décennies suivantes[16].

Seaforth et la conteneurisation

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Le développement du transport conteneurisé conduit à la création de Royal Seaforth Dock, à l'extrémité nord du système. Ouvert au début des années 1970, le terminal est conçu pour accueillir de grands navires, des conteneurs, des céréales et des vracs. Son développement déplace durablement vers le nord le centre de gravité des activités commerciales du port.

Au XXIe siècle, Royal Seaforth reste l'un des deux principaux terminaux à conteneurs du port, avec Liverpool2. Le site est relié aux réseaux routier et ferroviaire britanniques[4].

Grève des dockers de Liverpool

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De à , un long conflit social oppose plusieurs centaines de dockers à la Mersey Docks and Harbour Company. Le conflit débute après le licenciement de travailleurs qui refusent de franchir un piquet de grève et devient l'un des mouvements sociaux britanniques les plus connus des années 1990. Il attire des soutiens syndicaux et militants au Royaume-Uni et à l'étranger.

Patrimoine et reconversion

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À partir des années 1980, plusieurs secteurs portuaires désaffectés sont reconvertis. Le Royal Albert Dock est restauré et accueille notamment le Merseyside Maritime Museum, le Musée international de l'esclavage, des commerces et des espaces culturels. D'autres ensembles, tels que Stanley Dock, connaissent à leur tour des projets de réhabilitation[9].

En 2004, six secteurs du centre historique et des docks sont inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO sous le nom de « Liverpool – Port marchand ». Le bien couvre notamment Pier Head, le Royal Albert Dock, Stanley Dock et plusieurs quartiers commerciaux du centre-ville. L'UNESCO considère alors que Liverpool témoigne du développement d'un grand centre du commerce mondial aux XVIIIe et XIXe siècles et d'innovations majeures en matière de construction des docks, de transports et de gestion portuaire[17]

Le site est inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 2012, notamment en raison du projet d'aménagement Liverpool Waters. Le , le Comité du patrimoine mondial le retire de la Liste du patrimoine mondial, estimant que les nouveaux aménagements ont entraîné une perte irréversible des attributs exprimant sa valeur universelle exceptionnelle[18].

Port contemporain

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Activités commerciales

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Le terminal à conteneurs Liverpool2, développé à l'entrée de l'estuaire de la Mersey.

Le port commercial est exploité par Peel Ports sur les deux rives de la Mersey. Il traite des conteneurs, des vracs liquides et solides, des céréales, des produits agricoles, de l'acier, des véhicules et diverses marchandises générales. Ses installations disposent de liaisons routières et ferroviaires avec le reste du Royaume-Uni[19].

Les activités conteneurisées sont concentrées à Royal Seaforth et à Liverpool2. Liverpool2 est un terminal en eau profonde construit dans la Mersey et ouvert en 2016 après un investissement d'environ 400 millions de livres sterling. Sa seconde phase est achevée au cours de l'exercice clos en mars 2022, avec l'ajout d'équipements de manutention supplémentaires[4]. L'installation est conçue pour accueillir des porte-conteneurs de grande taille et complète le terminal historique de Seaforth.

Terminal de croisière

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Un navire de croisière amarré au Liverpool Cruise Terminal en 2023.

Les services transatlantiques réguliers de passagers déclinent au cours du XXe siècle, tandis que les derniers grands services de ligne quittent progressivement Liverpool. Les navires de croisière reviennent à Pier Head dans les années 2000. Un terminal dédié ouvre sur Princes Parade en 2007 et accueille des navires à Pier Head à partir de 2008.

Depuis 2012, Liverpool peut de nouveau servir de port de départ et d'arrivée de croisières, et non plus seulement d'escale[20].

En 2024, Global Ports Holding signe avec la Mersey Docks and Harbour Company un accord de cinquante ans pour exploiter les services de croisière du port[21]. Pour 2026, l'exploitant annonce 118 escales de navires de croisière et environ 250 000 passagers attendus au cours de la saison[22].

Notes et références

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  1. 1 2 3 (en) « The Old Dock tour », sur National Museums Liverpool (consulté le ).
  2. 1 2 (en) « Transatlantic slavery collection », sur National Museums Liverpool (consulté le ).
  3. 1 2 (en) « History », sur Peel Ports (consulté le ).
  4. 1 2 3 (en) « Investor Relations », sur Peel Ports (consulté le ).
  5. 1 2 3 (en) « Liverpool – A history of a city », sur National Museums Liverpool (consulté le ).
  6. 1 2 (en) « Liverpool », sur Understanding Slavery Initiative (consulté le ).
  7. ↑ Marcel Dorigny et Bernard Gainot, Atlas des esclavages : De l'Antiquité à nos jours, Paris, Autrement, (1re éd. 2007), 96 p. (ISBN 9782746734975).
  8. ↑ (en) « Merseyside Maritime Museum and the International Slavery Museum », sur National Heritage List for England, Historic England (consulté le ).
  9. 1 2 (en) « Regeneration of Stanley Dock, Liverpool », sur Historic England, (consulté le ).
  10. ↑ (en) « Cunard Line », sur National Museums Liverpool (consulté le ).
  11. ↑ (en) « Royal Liver Building and Cunard Building, Liverpool », sur Historic England (consulté le ).
  12. ↑ (en) « Albion House, Former White Star Offices », sur Historic England (consulté le ).
  13. ↑ (en) « Emigration and emigrants », sur The National Archives (consulté le ).
  14. ↑ (en) « Port of Liverpool Building », sur Historic England (consulté le ).
  15. ↑ (en) « Liverpool Docks, Liverpool, Merseyside », sur Historic England (consulté le ).
  16. ↑ (en) « Impact of Historic Environment Regeneration – Albert Dock, Liverpool », sur Historic England, (consulté le ).
  17. ↑ « Liverpool – Port marchand », sur Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO (consulté le ).
  18. ↑ « Le Comité du patrimoine mondial retire Liverpool – Port marchand de la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO », sur Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO, (consulté le ).
  19. ↑ (en) « Port of Liverpool », sur Peel Ports (consulté le ).
  20. ↑ (en) « First cruise liner since 1972 leaves Liverpool », sur BBC News, (consulté le ).
  21. ↑ (en) « Liverpool Cruise Port Joins Global Ports Holding Network », sur Liverpool Cruise Port, (consulté le ).
  22. ↑ (en) « Liverpool Cruise Port Unveils Record Breaking 2026 Cruise Schedule », sur Liverpool Cruise Port, (consulté le ).

Voir aussi

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Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

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  • (en) David Richardson, Liverpool and Transatlantic Slavery, Liverpool University Press, (ISBN 978-1-84631-066-9)
  • (en) Adrian Jarvis, In Troubled Times: The Port of Liverpool, 1905–1938, Liverpool University Press, (ISBN 9780853236252)
  • (en) Adrian Jarvis, The Liverpool Dock Engineers, Transactions of the Historic Society of Lancashire and Cheshire,
  • (en) « Liverpool: The docks », A History of the County of Lancaster, William Farrer et J. Brownbill, vol. 4,‎ , p. 41-43 (lire en ligne)

Articles connexes

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Liens externes

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