Premier Empire colonial français

espace colonial de la France issu des conquêtes de l'Ancien Régime

Le Premier Empire colonial français est l'espace colonial de la France issu des conquêtes de l'Ancien Régime, appelées « vieilles colonies » à partir du XIXe siècle. Les désignations suivantes lui correspondent : « Premier Espace colonial français », « Empire royal », « Empire monarchique » car il a été créé ou dirigé majoritairement par des régimes monarchiques (royaume de France, Premier Empire), « Empire colonial français moderne » (datant de l'époque moderne).

Empire colonial français
Premier Empire colonial français

15341815

Drapeau
(XVIe siècle-XVIIe siècle)

(XVIIe siècle-1790)

(1790-1794)

(1794-1814 ; 1815)

(1814-1815)
Drapeaux
Blason
(1534-1578)

(1578-1790)

(1589-1790)

(1804-1814 ; 1815)

(1814-1815)
Armoiries
Hymne

Vive Henri IV !
(1590-1792)
La Marseillaise
(1792-1804)
Veillons au salut de l'Empire (principalement)
Chant du départ ou Marche consulaire
(1804-1814 ; 1815)

Le Retour des Princes français à Paris
(1814-1815)
Description de cette image, également commentée ci-après
Afrique :

Comptoirs assurant la déportation et l'esclavagisation de populations en Sénégambie

Amériques:
- la Nouvelle-France (y compris le Canada et la Louisiane),
- les Antilles françaises (y compris Saint-Domingue, la Guadeloupe, la Martinique, la Dominique, Sainte-Lucie, la Grenade, Tobago et d'autres îles),
- la Guyane (française)

Asie :

- l'Inde française
Informations générales
Statut Empire colonial
Monarchie absolue de droit divin
(-)
Monarchie constitutionnelle
(- ; -)
République
(-)
Monarchie constitutionnelle césariste
(-)
Capitale Paris
Langue(s) Français
Démographie
Population 15 300 000 habitants en 1550
30 000 000 habitants en 1810
Superficie
Superficie 10 000 000 km2[1],[2]
Histoire et événements
24 juillet 1534 Prise de possession et colonisation du Canada (début du premier espace colonial)
28 juin 1635 Possession de la Guadeloupe
1642 Possession de La Réunion
1659 Fondation de Saint-Louis (Sénégal)
13 février 1668 Début de l'Inde française avec Surate
9 février 1718 Fondation de La Nouvelle-Orléans
10 février 1763 Traité de Paris : Perte de Minorque, du Deccan et de la Nouvelle-France mais conservation de Saint-Pierre-et-Miquelon
4 février 1794 Abolition de l'esclavage des noirs dans les colonies françaises
9 novembre 1799 Coup d'État de Napoléon
1er octobre 1800 Traité de San Ildefonso : l'Espagne cède la Louisiane à la France
30 avril 1803 Napoléon vend la Louisiane aux États-Unis
18 mai 1804 L'Empire français est proclamé (début de l'époque napoléonienne)
22 juin 1815 Chute de Napoléon, retour de la royauté (début du second espace colonial)

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Histoire

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Constitué au XVIIème et XVIIIème siècle, l'empire colonial français est géré depuis Colbert par le ministre de la Marine[3]. La migration dans les colonies est interdite aux sujets français protestants et Juifs[3].

La crise démographique qui débute en France au milieu du XVIIIe siècle et qui se traduit par une forte et durable baisse de natalité que la Révolution ne fait qu’aggraver ; moins d’enfants font moins de candidats à l’émigration coloniale[4].

Afrique

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Plan de l'île de Gorée au début du 18ème siècle

La France implante son premier comptoir en Sénégambie en 1659 dans la ville de Saint-Louis. En 1677, Louis XIV crée la compagnie du Sénégal afin d'organiser la déportation de populations africaines vers les Amériques afin qu'elles y soient esclavagisées dans les plantations[5]. L'Île de Gorée est le centre névralgique de cette esclavagisation[5].

Les terres qui restent sous la domination par les chefs d'États locaux, passent sous domination britannique en 1763, sont conquises à nouveaux, à nouveau perdues en 1809 puis retournées sous domination française en 1814[5].

Une société particulière se développe dans ce contexte : celle des signares, femmes Noires et métis mariées à des français qui tiennent des salons culturels et servent d'intermédiaires commerciaux et politiques[6].

Amériques

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La colonisation française des Amériques débute au XVIe siècle et se poursuit jusqu'au XVIIIe siècle. La France construit un empire colonial en Amérique du Nord, appelé Nouvelle-France, s'étendant du golfe du Saint-Laurent, jusqu'aux montagnes Rocheuses, à l'ouest, et jusqu'au golfe du Mexique, au sud. Les Français colonisent également les Antilles : Saint-Domingue, Sainte-Lucie, la Dominique, ainsi que la Guadeloupe et la Martinique, toujours françaises. En Amérique du Sud, ils tentent d'établir trois colonies, dont l'une demeure de nos jours, la Guyane.

Lors de cette période de colonisation, les Français fondent, à compter de 1608 à Québec, la Nouvelle-France dans ses « provinces » d'Acadie, de Canada, des Pays d'en Haut (Grands Lacs) et de Louisiane, Montréal et Baton Rouge, Détroit, Mobile, La Nouvelle-Orléans ou Saint-Louis actuellement situés aux États-Unis ; mais aussi ailleurs en Amérique du Nord, dont Port-au-Prince et Cap-Haïtien en Haïti ; Saint-Louis de Maragnan au Brésil.

L'Inde française regroupe différentes possessions coloniales françaises en Inde entre 1668 et 1954. À partir de 1816, elles portent le nom d'Établissements français dans l'Inde (EFI) et incluent Pondichéry, Karikal et Yanaon sur la côte de Coromandel, Mahé sur la côte de Malabar et Chandernagor au Bengale.

Le premier comptoir est installé à Surate en 1668 par la Compagnie française des Indes orientales, puis c'est le tour de Pondichéry en 1673, de Chandernagor en 1686, de Mahé en 1721, de Yanaon en 1725 et de Karikal en 1739, constitués en districts d'un même territoire, auxquels s'ajoutent les comptoirs (ou loges) de Balasore, Cassimbazar, Bantam (à Java), Yougdia (près de Sandwip)[7], Dacca, Patna, Masulipatam, Calicut et Surate.

L'apogée de l'Inde française se situe vers 1750, sous Joseph François Dupleix (1697-1763), pendant le règne de Louis XV, où la France gère des colonies, sur la côte de Coromandel (séparées par Madras, colonisée par les Anglais), et des protectorats avec des statuts divers dans l'intérieur des terres (dont Hyderabad, une grande partie du Deccan, etc.). Avec la bataille de Plassey (1757), le royaume de France commence à perdre ses possessions en Inde, pendant la guerre de Sept ans, et ces pertes sont actées par le traité de Paris, en 1763, après lequel la France ne conserve plus que cinq comptoirs en Inde.

En 1936, la population est estimée à 298 851 habitants (la grande majorité étant constituée d'indigènes), dont 187 870 (63 %) pour Pondichéry, dont 70 français permanents (administrateurs, négociants et religieux) et un peu moins de 130 occidentaux d'origine européenne (dont Britanniques), américaine ou australienne[8].

Chandernagor est cédé à l'Inde dès 1950, le reste devenant indien en 1954. La superficie de ces possessions est alors de 492 kilomètres carrés en 1954 (contre 510 kilomètres carrés, en 1949, avec Chandernagor), dont 293 km2 pour Pondichéry.

Références

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  1. Ministère de l’Éducation nationale, Le premier empire colonial français, XVIe – XVIIIe siècle (2010) p 1
  2. (en) DGESCO – IGEN, Les Européens et le monde (XVIe – XVIIIe siècle), ABC-CLIO, (lire en ligne), p. 1
  3. 1 2 Gilles Manceron, « Première colonisation et émergence des droits de l'homme : La monarchie et l'esclavage », dans Marianne et les colonies, (ISBN 9782707147196), p. 28-30
  4. Alain Blum, « L'évolution de la fécondité en France aux XVIIIe et XIXe siècles - Analyse régionale », Annales de Démographie Historique, , p. 157-177 (lire en ligne).
  5. 1 2 3 Christelle Taraud, « Les possessions de Sénégambie et les Indes françaises aux XVIIe et XVIIIe siècles », dans Idées reçues sur la colonisation,
  6. Christelle Taraud, « Les signares de Sénégambie aux XVIIe et XVIIIe siècles », dans Idées reçues sur la colonisation, (ISBN 9791031802640), p. 25-26
  7. Ce comptoir situé dans le delta du Gange près de Sandwip (Est de l'actuel Bangladesh), subissant les assauts du fleuve, est englouti par les eaux durant le XIXe siècle.
  8. Jacques Weber, Pondichéry et les comptoirs de l'Inde après Dupleix, Éditions Denoël, Paris, 1996, p. 347.

Bibliographie

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Voir aussi

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