Projet:Les sans pagEs/Amitiés entre femmes

L'amitié entre femmes est un sentiment d'amitié réciproque entre deux femmes.

Définition

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D'après Le Robert, l'amitié est un « sentiment réciproque d'affection ou de sympathie qui ne se fonde ni sur la parenté ni sur l'attrait sexuel ».

D'après l'anthopologue britannique Robin Dunbar, la socialisation différenciée des hommes et des femmes dans notre société amènerait à former des amitiés entre femmes moins selon le statut social que pour l'affinité avec la personne, alors que les amitiés entre hommes prendraient davantage des allures de boys club[1].

Histoire

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Projet:Les sans pagEs/Amitiés entre femmes/Histoire

« L'amitié est depuis toujours bien présente dans les existences féminines (p.29) ». Au même titre que l'histoire des femmes, les amitiés féminines auraient été occultées de l'histoire pour la journaliste Alice Raybaud[2]. Les évocations qu'on en trouve sont souvent dénigrées : il s'agit de relations qui ne mènent nulle part, une perte de temps, des babillages inintéressants[3].

IXe au IIe avant J.C. : Les Amazones

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Le mythe des Amazones comme société matriarcale de femmes chasseuresses dans le rejet des hommes est très romancé. Elles ont bien existé du IXe au IIe siècle av. J.-C. comme groupe au sein du peuple nomade guerrier des Scythes. Les recherches archéologiques récentes tendent à suggérer que les Amazones n'ont probablement pas existé en tant que peuple matriarcal[4],[5], mais bien dans une société d'égalité des sexes d'après l'historienne Adrienne Mayor qui a étudié les sépultures le révèlent. Les grecs les considèrent comme « les égales des hommes » et Platon prône que les jeunes filles « soient formées de l'exacte même manière que les jeunes garçons [...] comme le feraient les Amazones [et] appuyer les hommes dans leur combat contre l'ennemi »[5].

VIe siècle : Femmes de pouvoir à Byzance, Théodora et Antonina

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Au VIe siècle, Théodora et Antonina sont deux femmes d'origine modeste et amies qui se sont hissées dans les plus hautes sphères du pouvoir à Byzance par une entraide mutuelle. Leur histoire montre comment des femmes peuvent s'entraider dans un environnement politique difficile.

Les deux femmes se sont rencontrées durant leur jeunesse lorsqu'elles étaient toutes les deux actrices et courtisanes, et sont par la suite devenues amies[6].

Lorsque Théodora devient impératrice, Antonina devient son « bras droit » dans l'exercice du pouvoir. Théodora organise le mariage de son amie avec le général Bélisaire, dont elle se méfiait, pour garder une oreille sur ses éventuelles ambitions politiques. Antonina se révèle un véritable atout par sa grande influence sur lui[6].

Antonina aide l'impératrice en diverses occasions, notamment comme espionne pour éliminer des opposants politiques comme Jean de Cappadoce. Elle aide également Théodora à déposer le pape Silvère pour le remplacer par Vigile, avec qui l'impératrice était en conflit[6].

XVIIe siècle-XVIIIe siècle : Amitiés dans la piraterie

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Anne Bonny (à gauche) et Mary Read (à droite)

Bien les codes pirates interdisaient la présence de femmes à bord, des femmes se sont illustrées par leur courage et leur amitié dans le monde essentiellement masculin de la piraterie[7].

C'est le cas d'Anne Bonny (1697-1721) et Mary Read (1685-1721), deux femmes dont le destin est lié à celui du pirate John Rackham, dit « Calicot Jack », et qui se sont liées d'amitié[7].

John Rackham rencontre dans une taverne Anne Bonny, qui est alors mariée au pirate James Bonny. Elle quitte ce dernier et rejoint l'équipage de John Rackham. Pour dissimuler sa véritable identité, elle s'habille en homme et combat férocement[7].

Plusieurs versions et légendes existent concernant la rencontre entre Anne Bonny et Mary Read. Selon l'hypothèse la plus probable, un bateau de la Compagnie des Indes sur lequel se trouve Mary Read aurait été attaqué par les pirates de John Rackham et Anne Bonny[7]. Mary Read est faite prisonnière. Les pirates lui proposent de s'engage dans la piraterie, ce qu'elle accepte en prenant le nom de Willy Read[7].

Selon certaines versions, Anne et Mary seraient devenues amantes, mais pour l'historienne Marie-Eve Sténuit ces récits relèvent plus du pur fantasme : « En revanche, [il y avait entre elles] une grande amitié, et beaucoup de connivence »[7].

XVIIIe siècle : Amitiés à la cour de France entre la reine Marie-Antoinette, Madame de Lamballe et Gabrielle de Polignac

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Marie-Thérèse de Lamballe et Gabrielle de Polignac, deux figures emblématiques de la cour de Louis XVI, sont les amies proches de la reine de France Marie-Antoinette. Elles se succèdent dans le cœur de Marie-Antoinette[8],[9].

La Princesse de Lamballe rencontre la reine lors de son mariage avec le futur Louis XVI, alors que celle-ci a peu d'amis et de connaissances fiables à la Cour de France. Après l'accession au trône de Marie-Antoinette, son amitié avec Madame de Lamballe se renforce, comme le rapport l'ambassadeur Mercy[10] :

« Sa Majesté reçoit régulièrement la princesse de Lamballe dans ses appartements [...] Cette dame allie à une grande douceur un caractère très sincère, loin des intrigues et de toutes ces préoccupations. La Reine nourrit depuis quelque temps une véritable amitié pour cette jeune princesse, et ce choix est excellent, car, bien que piémontaise, Madame de Lamballe n'est nullement liée aux intérêts de Mesdames de Provence et d'Artois. J'ai toutefois pris la précaution de signaler à la Reine que sa faveur et sa bonté envers la princesse de Lamballe sont quelque peu excessives, afin d'éviter tout abus de sa part[10]. »

Elle devient amie avec la Dauphine de France avant que de fausses rumeurs lancées et attisées par ses ennemis entament leur amitié.

Elle est supplantée par Gabrielle de Polignac, « plus fraîche et plus insolente », quand Marie-Antoinette devient reine en 1774. De nature vive et joyeuse, Madame de Polignac séduit la reine par sa personnalité. Se développe alors entre les deux femmes une profonde amitié[11].

Délaissée par la reine, la Princesse de Lamballe reste tout de même dévouée à Marie-Antoinette. En 1775, elle est nommée au titre lucratif de surintendante de la Maison de la Reine. Lorsque la Révolution française, elle reste fidèle à la reine, préfèrent rester auprès d'elle plutôt que d'émigrer comme un certain nombre d'artistocrates[9]. Lors de la journée du 10 août 1792 qui met fin à la monarchie, elle reste aux côtés de la famille royale et est incarcérée à la prison de La Force. Elle est ensuite mise à mort par la foule au cours des massacres de Septembre[8].

De son côté, Gabrielle de Polignac est contrainte de partir en exil lorsque la Révolution éclate. Craignant que Madame de Polignac soit assassinée, la reine lui ordonne de partir le 16 juillet 1789, malgré les protestations de son amie[12]. À minuit, au moment où elle va quitter le château, madame de Polignac recevait ce mot de la Reine : « Adieu, la plus tendre des amies ! Que ce mot est affreux ! mais il est nécessaire. Adieu ! je n’ai que la force de vous embrasser[12]. »

Gabrielle de Polignac meurt à Vienne le 5 décembre 1793, cinquante jours après que la reine ait été guillotinée[11].

L'époque victorienne

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Sharon Marcus montre que « les amitiés entre femmes dans l'Angleterre victorienne (et les unions) étaient acceptées et même encouragées par la famille, la société et l'Église. [...] Leurs amitiés ont contribué à la réalisation de l'idéal d'amour réciproque entre hommes et femmes célébré dans les romans, et leurs unions ont influencé les hommes politiques et les penseurs sociaux à réformer le droit du mariage »[13]. Les amitiés entre femmes remplissent alors deux rôles : elles développent les qualités assignées aux femmes, telles que l’altruisme et la fidélité, et elle permettent aux femmes de s’engager dans des activités (compétitions, plaisirs sensuels) habituellement assignées aux hommes[14].

Amitiés adolescentes

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L'historienne Michelle Perrot retrouve la trace d'amitiés féminines au XIXe siècle à travers le journal intime d'une jeune fille du faubourg Saint-Germain trouvé en brocante. L'amitié est une part importante de la vie de la jeune femme, elle nomme sa bande « le cercle ». Elles partagent ensemble des temps religieux, « les sorties, les courses, les lettres, les confidences, d'interminables bavardages, le rire et les larmes »[15].

Amies ou lesbiennes ?

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Les amitiés entre femmes ont souvent été supposées ou utiliser comme motif pour justifier l'existence de relations lesbiennes dans la société[16]. Egalement, les amitiés entre femmes lesbiennes peuvent apporter de nouveaux éléments de soutien dans l'amitié entre femmes[7].

Jeanne Galzy

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Jeanne Galzy est une autrice de la première moitié du XXe siècle qui a étudié la question des formes d'affection existant entre les femmes. Partant du constat que les formes d'affection des femmes étaient surtout tournées autour de l'amour hétérosexuel et de la maternité, elle a écrit sur le lesbianisme à travers trois romans : L'Initiatrice aux mains vides, Les Démons de la solitude et Jeunes Filles en serre chaude, écrits entre 1929 et 1934[17]. Selon Jennifer Waelti-Walters, Jeanne Galzy n'aurait pas initialement abordé le lesbianisme comme une question de genre mais comme un problème d'impératif social contre l'expression d'une attirance pour le même sexe[18]. Puis, elle écrit sur des thèmes hétérosexuels mais revient à la thématique lesbienne avec La Surprise de vivre (1969-1976).

Dans sa correspondance privée elle écrit : « Thalie, cher être, que c’est bon que vous soyez un être humain. Que j’aime cela ! Et qu’au-dessus de votre légende il y ait une vérité plus nuancée, plus complexe, plus saignante. Et que vous ne soyez ni la Sérène, ni le Clair-de-Lune, ni Lorély, ni l’Amazone, mais vous, humblement et magnifiquement vous - et votre vie. » Lettre adressée à Nathalie Clifford Barney, 26/06/1921, Montpellier, dans Bibliothèque Doucet.

Rosa Bonheur, Nathalie Micas et Anna Élisabeth Klumpke

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Nathalie Micas (gauche) et Rosa Bonheur (droite) à Nice (1882)

Rosa Bonheur (1822-1899) est une peintresse française de renommée internationale, connue pour ses représentations animalières[19]. Ses ventes lui permettent d'acheter le château de By, près de Fontainebleau, et d'y installer le « Domaine de la Parfaite Amitié »[20] pour y vivre en matriarcat avec son amie puis compagne la peintresse Nathalie Micas, leurs servantes et leurs animaux[21].

Ce domaine accueille également la portraitiste américaine Anna Elisabeth Klumpke, une admiratrice[22] puis compagne de Rosa Bonheur à partir de 1898[22]. Dans son testament, Rosa Bonheur dit léguer tout ce qu'elle possède au moment de sa mort à Anna Elisabeth Klumpke[23]. Elle en a fait en outre sa légataire universelle[24]. Klumpke a été ensuite la biographe de Rosa Bohneur[23].

Le terme « compagne » est utilisé au XIXème siècle pour désigner une femme qui accompagne une personne de même sexe[25].

Selon l'historienne de l'art Armelle Fémelat, Rosa Bonheur a vécu avec Nathalie Micas, puis Anna Elisabeth Klumpke, sous le régime du matrimoine[21]. Le régime du matrimoine était un régime de l'époque qui permettait aux femmes de s'associer[26].

Virginia Woolf et Vita Sackville-West

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Anna Klumpke (gauche) et Rosa Bonheur (droite) au château de By (vers 1898)

Les écrivaines britanniques Virginia Woolf et Vita Sackville-West se rencontrent en 1922[27],[28],[29]lors d'un dîner mondain chez Clive[27], une connaissance commune. Virginia Woolf est alors âgée de 40 ans tandis que Vita Sackville-West a 30 ans[30]. Elles correspondent et relisent leurs écrits, partagent leur trait mélancolique[31].

Leur amitié dure 18 ans, entre 1923 et 1941, documentée par leurs correspondances qui couvrent cette période et publiées en 2010 par les éditions Stock dans la collection La Cosmopolite et traduite de l'anglais au français par Raymond Las Vergnas[32]. La nature de la relation entre les deux femmes est bien d'ordre amoureux et sexuel comme en atteste leur correspondance[31]. L’œuvre de Virginia Woolf Orlando est directement inspirée de leur histoire d'amour[29],[33]. Le fils de Vita Sackville-West, Nigel Nicolson, le définit comme « la plus longue lettre d’amour de l’histoire »[31].

En 2002, Suzanne Raitt publie un livre intitulé Vita and Virginia: The Work and Friendship of V. Sackville-West and Virginia Woolf dans lequel elle analyse l'impact de leur histoire d'amour sur leurs œuvres littéraires respectives[34]. En 2018, la réalisatrice Chanya Buttin sort le film Vita et Virginia qui aborde la relation entre les deux femmes. Le film est lui-même inspiré de la pièce de théâtre Vita & Virginia de Eileen Atkins écrite en 1995[35][36].

George Sand et Marie Dorval

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En , l'actrice Marie Dorval se lie d'amitié avec l'écrivaine George Sand après avoir reçu d'elle une lettre admirative de cette dernière concernant l’une de ses représentations[37].

Leur amitié intense donne lieu à des rumeurs de lesbianisme à Paris, d'autant que chacune des deux femmes avait fait l'objet de ces rumeurs auparavant[38]. Gustave Planche écrit à Sand de se méfier de cette « dangereuse amitié[39] » tandis qu'Alfred de Vigny écrit à Dorval de rester à distance de Sand, qu’il qualifie de « damnée lesbienne[40] ». Les historiens actuels restent partagés sur la nature de cette relation, dont le caractère amoureux ou sexuel n'a pas été vérifié[41].

En 1840, Marie Dorval joue la pièce Cosima, de George Sand, à la Comédie française[42]. Les deux femmes collaborent même au manuscrit, mais la pièce, mal reçue, n'aura que sept représentations[43].

Amitié entre Colette, Annie de Pène, Germaine Beaumont, Marguerite Moreno et Musidora

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Phalanstère de femmes[44].

Amitié entre Albertine Sarrazin et Émilienne

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Albertine Sarrazin et son amie (ou amoureuse) Emilienne ont toutes les deux étudié au Bon Pasteur à Marseille pendant leur adolescence. Le 11 juillet 1953, Albertine Sarrazin s'enfuit à l'âge de 15 ans pour Paris. Emilienne s'évade quelque temps plus tard et la rejoint.

À Paris, les deux femmes se prostituent et commettent des vols à l'étalage. Quelques mois plus tard, elles font une tentative de braquage dans un magasin de vêtements dans le dix-huitième arrondissement. Leur plan ne se passe pas comme prévu car Emilienne blesse avec une arme à feu la vendeuse par accident[45]. Lors de son procès aux Assises, Albertine Sarrazin est condamnée à sept ans d'emprisonnement, d'abord à Fresnes, puis à la prison de Doullens[46]. Elle y est internée en 1956 et elle s'échappe de la prison en 1957[47].

L'épisode du braquage raté a été mis en scène au cinéma dans le film L'Astragale, réalisé en 2015 par Brigitte Sy. Albertine Sarrazin est interprétée par Leïla Bekhti et Emilienne par Esther Garrel qui porte le prénom « Marie » dans le film. La relation entre les deux femmes est présentée sous l'angle amoureux.

Dans un livret biographique publié à l'occasion de la publication de Bibiche, aux éditions du Chemin de fer en 2012[48][45], la relation entre Albertine Sarrazin et Emilienne est qualifiée d'« amitié passionnelle », en particulier lorsqu'elles étaient toutes les deux pensionnaires au Bon Pasteur à Marseille.

Les deux femmes entretiennent une longue relation amicale, et même amoureuses à ses débuts. Louise Abbmé accompagne Sarah Bernhardt dans ses nombreux déplacements en France et à l’étranger et notamment dans sa résidence d’été à Belle-Île en mer. Elle la portraite inlassablement en recourant à toutes les techniques du dessin et de la peinture. Son premier portrait, présentés au Salon en 1876, assure la notoriété de la jeune peintre. Elle dépeint une Sarah Bernhardt peu connue au naturel, loin de la scène et dans son intimité comme dans Le Déjeuner dans la serre[49].

Amitiés dans les camps de concentration

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Types de solidarité féminines par Geneviève de Gaulle-Anthonioz
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Les mémoires des camps de concentration se sont d'abord construites à partir d'un modèle d'héroïsme masculin, Geneviève de Gaulle-Anthonioz qualifiant par exemple la solidarité entre femmes dans les camps d'« amitié virile»[50]. La terminologie des « amitiés particulières » est par ailleurs utilisée dans les témoignages des camps comme euphémisme pour des relations sexuelles entre prostituées et/ou autres détenues[51].

En 1944, une Amicale des prisonnières de la Résistance est fondée par Irène Delmas, suite à un appel à l'attention des anciennes détenues des prisons françaises[31]. Son but est de venir en aide matériellement et psychologiquement aux prisonnières récemment relâchées, et de préparer le retour des déportées [52]. L'année suivante, en 1945, cette initiative converge avec des projets formulés par des résistantes déportées à Ravensbrück, souhaitant prolonger les liens noués dans les camps, s’apporter un soutien moral, médical et social mutuel, et honorer la mémoire de leurs camarades disparues[52]. La rencontre de ces collectifs mène à la fondation de l'Association nationale des anciennes déportées et internées de la Résistance (ADIR), créée en novembre 1945 et dissoute en 2005[31].

Hannah Goslar est la meilleure amie d'enfance d'Anne Franck. Elles viennent toutes les deux de familles réfugiées juives en Allemagne, bien que la famille Goslar soit très intégré au système allemand. Elles sont toutes les deux admises au lycée juif. En juillet 1942, on lui dit que la famille Frank s'est enfui, alors qu'ils se cachent. A l'automne 1942 quand débutent les déportations, la mère d'Hannah enceinte refuse d'accoucher à l'hôpital où la rumeur dit que les personnes sont directement déportées. Elle accouche à la maison d'un enfant mort-né et décède le lendemain. Hannah retourne à l'école l'année suivante. Les Goslar obtiennent des passeports sud-américains, et ils figurent sur la « liste palestinienne ». L’idée est de profiter d’un échange de prisonniers entre les Britanniques et les Allemands – des soldats allemands contre des « Juifs d’échange » qui seraient envoyés en Palestine, alors sous mandat britannique. En juin 1943, la famille d’Hannah fait partie de l’une des dernières rafles de Juifs à Amsterdam. Ils sont déportés dans un premier temps à Westerbork pendant quelques mois, un camp de transit aux Pays-Bas à la frontière avec l’Allemagne. Puis, au camp de concentration de Bergen-Belsen, dans le nord de l’Allemagne. Elle y retrouve son amie Anne Franck qui revient du camp Auschwitz. A la libération russe, elles sont mises dans des trains séparés en direction de Theresienstadt[53].

Amitiés militantes

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Par comparaison aux formes organisationnelles classiques des militantismes gauchistes et syndicalistes, l'amitié occupe une place spécifique dans les mobilisations de militantes féministes[54]. L'étude des mouvements féministes depuis les années 1970 montre ainsi que, pour les femmes, les amitiés préexistantes facilitent l'engagement dans les mobilisations, davantage qu'au sein d'autres espaces contestataires[54]. Par ailleurs, ces amitiés contribuent à une prise de distance face à certains codes masculins du militantisme et à la création de modes d'organisation moins conventionnels, tels que des groupes de parole, des lieux autonomes ou encore des expériences de vie en communauté[54].

Le MLF

Psychologie

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Débat : stéréotypes de l’amitié « genrée »

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amitiés entre femmes = relations intimes, conversation, partage des sentiments / amitiés entre hommes = partage d’activités comme le sport.

Entretien avec Robin Dunbar : différences entre les amitiés masculines et féminines et sur la véracité des stéréotypes qui leur sont souvent attribués[55].

Karen Walker, chercheuse, soutient que l’idée que dans l’amitié les femmes partagent des sentiments intimes tandis que les hommes partagent des activités doit être considérée comme relevant d’idéologies culturelles plutôt que comme des différences de genre observables dans les comportements[56]. Elle écrit : "Scott Swain (1989), par exemple, affirme que si l’on estime que les hommes ont une faible capacité d’intimité d’après la mesure des communications verbales, on néglige l’intimité non verbale. Dans une étude sur les amitiés intimes entre hommes des générations précédentes, Karen Hansen (1992) a soutenu que les arguments reposant sur le développement psychologique sont essentialistes et négligent les changements historiques en matière de comportement intime. D’autres auteur·e·s attribuent les différences dues au genre dans l’amitié uniquement à la socialisation et non au développement psychologique (Allan, 1989 ; Swain, 1989). Toutefois, il n’est guère contesté que de nos jours les hommes se livrent à des activités partagées, tandis que les femmes pratiquent le partage des sentiments dans leurs conversations avec leurs amies (Bell, 1981 ; Caldwell et Peplau, 1982 ; Eichenbaum et Orbach, 1989 ; Oliker, 1989 ; Sherrod, 1987 ; Swain, 1989)."

La division traditionnelle entre des amitiés féminines qui seraient marquées par une dimension affective, des échanges de confidences et révélations de soi, et des amitiés masculines qui seraient orientées vers le partage d’activités et d’expériences communes, ne se retrouve pas dans des enquêtes sociologiques menées en France à la fin des années 1990[57]. La sociologue Claire Bidart suggère que cette convergence de registres amicaux reflète les transformations sociales plus larges, incluant une plus grande attention au partage des tâches domestiques et familiales[57].

Dévalorisation sociale de l'amitié entre femmes

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Comme le souligne Sasha Roseneil, professeure de sociologie et de théorie sociale : « En dépit de son importance dans la vie et la politique féministes, l’amitié a reçu relativement peu d’attention dans le champ des études genre et des études féministes. À la différence de nombreux thèmes classiques dans ce domaine, il est rare que des cours entiers lui aient été consacrés, et il y a peu d’universitaires féministes pour qui l’amitié soit un champ de recherche de premier ordre »[58],[59].

Impact social et psychologique de l'amitié entre femmes

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Caractéristiques de l'amitié entre femmes

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Lors de discussions, les femmes amies n'attendent pas de réponses concrètes, mais accordent beaucoup plus d'importance à la possibilité de s'exprimer et de partager leurs sentiments[60]. Les femmes amies ont également besoin d’être en contact plus souvent que les hommes amis[60]. C'est principalement en cela que l'amitié masculine diffère de l'amitié féminine[60].

Comme modèle communautaire alternatif à la famille

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Amitiés au sein de communautés religieuses

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Les communautés religieuses féminines sont propices à l'émergence de liens amicaux entre femmes.

Dans les monastères et couvents

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L'absence d'hommes dans ces milieux fermés favorise les amitiés entre femmes qui ne sont alors pas polluées par des rivalités de séduction ou de pouvoir[61].

Des correspondances entre religieuses témoignent de ces amitiés [réf. nécessaire], et dès le IVe siècle, Saint Basile s'en inquiète. Pour lui, les amitiés entre religieuses sont certes moins moralement répréhensibles que « les amitiés extérieures avec les personnes du siècle » mais « plus dangereuses car plus difficiles à rompre, l'occasion étant plus propice ». Au XIe siècle, Saint Bernard dénonce les « amitiés empoisonnées et ennemies de la paix commune »[62].

Au XIIe siècle, l'archevêque de Brême sépare l'abbesse Hildegarde de Bingen de sa soeur, sa fidèle amie Richardis von Stade en l'envoyant au monastère de Saxe où elle meurt l'année suivante[2].

Dans les béguinages

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Gravure sur bois représentant une béguine, tirée de l'ouvrage Des dodes dantz, Lübeck, 1489.

À la fin du XIIe siècle se développe un mouvement spirituel féminin, les béguines, qui s'étend ensuite en Europe du Nord-Ouest et le long de l'axe rhénan[31]. Ce mouvement constitue alors le premier type de vie religieuse féminine non cloîtrée.

S'opposant au mariage et aux ordres religieux[31], les béguines vivent dans de petites maisons individuelles souvent regroupées autour d'une chapelle, l'ensemble étant appelé « béguinage »[63].

À une époque où le seul choix proposé aux femmes est une vie maritale ou religieuse, les béguines refusent de se laisser enfermer dans un mode de vie. Ni épouses ni nonnes, ces femmes célibataires ou veuves revendiquent le droit de vivre en communauté, libérées de la tutelle des hommes. Elles peuvent ainsi prier, travailler et choisir de ne pas se marier. Chaque béguine a également le choix de mettre fin à son statut, si elle souhaite se marier ou devenir nonne[31].

De fait, le mouvement béguinal prend la forme de communautés laïques de femmes vivant en autogestion, dans des logis indépendant, rassemblées pour mieux se protéger, s'entraider, pratiquer leurs dévotions et leurs activités caritatives[64]. Afin de gagner de quoi subvenir à leurs besoins, les béguines possèdent parfois leurs propres ateliers, notamment de tissage[65] mais aussi de poterie et de copie de livre.

Le développement des ces communautés innovantes de femmes suscite la méfiance des ordres religieux, comme en témoigne le moine Guibert de Tournai en 1274 :

« Chez nous, il y a des femmes qu’on nomme béguines. Un certain nombre d’entre elles excellent en arguties et raffolent de nouveautés. Elles lisent la Bible en groupe, sans respect, d’une manière pleine d’audace, et cela en petites assemblées, dans des ateliers et même en pleine rue »[31]. »

Le Miroir des âmes simples, qui décrit un modèle rattachable au mouvement des béguines.

Ces communautés sont vues d'un mauvais œil, en particulier par le clergé séculier qui s'estime dépossédé des donations et legs reçus par les béguines. Les libertés prises par ces femmes (liberté religieuse, liberté sociale, liberté économique) renforcent la méfiance à leur égard[66].

Soupçonnées d’hérésie, certaines béguines sont alors persécutées, comme la femme de lettres Marguerite Porete, auteure de l'ouvrage Le Miroir des âmes simples. Considérant que son ouvrage va à l'encontre des règles de l'Église, l'Inquisition ordonne qu'elle soit jugée. Condamnée, Marguerite Porete est brûlée vive à Paris le 1er juin 1310 avec son livre, avec l'approbation du roi de France Philippe IV le Bel[7] .

Par la suite, les écrits de Marguerite Porete servent de base au réquisitoire du concile de Vienne, dirigé par le pape Clément V, qui condamne les béguines et leurs homologues masculins, les béguins, pour fausse piété et hérésie[67].

Au XIVe siècle, le mouvement des béguines disparaît en Europe, sauf en Flandre où une Bulle papale les autorise à poursuivre l'exercice de leur foi[31].

Modèles utopiques

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Christine de Pizan, La Cité des dames, utopie de vie entre femmes[68]

Amitiés dans la délinquance

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Amitiés carcérales

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L'amitié au cours de l'existence de la vie d'une femme

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L'amitié pendant l'enfance

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A l'école primaire, les sociabilités entre enfants tendent à être segmentées par sexe[77], quoique la séparation des réseaux amicaux tende à s'estomper parmi les plus grands et pour les enfants issues des classes supérieures[78]. Les sociologues Dominique Golay et Dominique Malatesta identifient que, pour les filles, la proximité affective (l’intensité de la relation), la confiance et la confidentialité (le partage de secrets), et le temps ensemble (le partage de temps consacré à la discussion) servent implicitement de critères pour hiérarchiser plusieurs types d'amitiés, des plus fusionnelles aux plus distanciées[79].

Marie-Dominique Lelièvre a écrit une biographie sur Françoise Sagan qu'elle a dédié à Florence Malraux, Sagan à toute allure, Denoël, 2008, qu'elle a dèdiè à Florence Malraux. Elle écrit « Au fil des semaines, elle [Florence Malraux] sème sur ma route des petits cailloux destinés à m’orienter dans cette chasse énigmatique qu’est une biographie » et « Françoise Sagan avait seize ans lorsqu’elle a connu Florence au cours Hattemer. Leur amitié a tenu toute une vie, ce n'est pas rare. »[80].

L'amitié pendant l'adolescence

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Lors des premières relations amoureuses hétérosexuelles, les réseaux amicaux des filles évoluent davantage que ceux des garçons : celles-ci s'insèrent plus fréquemment que les garçons dans les réseaux amicaux de leur partenaire, parfois au détriment des leurs[81].

L'amitié professionnelle

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Corinne Masiero et Josée Dayan[82]

Josée Dayan et Catherine Lara

Le réseau des Femmes Business Angels[83]

Dans la culture

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L'amitié entre femmes dans la mythologie

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Amazones (mythologie)
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Dans la mythologie grecque,

Athéna et Pallas
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Dans la mythologie grecque, la seule amitié connue d'Athéna est riche et vient souligner la solitude. En effet, la déesse de la sagesse dans la mythologie grecque, n'a ni mère, ni sœur, ni amie. Elle est élevée avec Pallas, fille de Triton, avec qui elle est très liée. Elles s'entraident au combat ensemble et une fois, alors Pallas prend le dessus sur Athéna, Zeus intervient et Athéna tue malencontreusement Pallas. Pour se racheter d'avoir mis fin à sa seule amie, Athéna érige une statue en bois à l'effigie de Pallas, appellé Le Palladion. A partir de ce jour, elle accole à son nom, le nom de son amie pour devenir Athéna Pallas[84][85].

Artémis et ses Nymphes
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Artémis, Kallisto et les Nymphes (fresque à Pompéi)

Dans la mythologie grecque, Artémis, la déesse de la chasse, est souvent accompagnée de nymphes qui sont ses amies et compagnes de chasse. Cette amitié est teintée par un rejet des hommes instaurés par Artémis qui se caractérise notamment par une vie de retrait dans la forêt avec les biches. Toutes les histoires de contact avec des hommes mortels se finissent mal (Orion[5], Actéon[86], Siproïtès[87]).

Les Valkyries
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Valkyries par Emil Doepler.

Dans la mythologie nordique, les Valkyries sont des sœurs d'armes liées par leur vœu envers Odin. Elles se soutiennent dans les batailles qu'elles mènent et influencent par leur acte. Leur devoir guerrier est de « choisir les morts » valeureux à mener au Valhalla[88].

Sur le champ de bataille, elles se répartissaient les morts avec la déesse Freyja qui choisissait la moitié des morts pour son royaume, les Valkyries choisissant l'autre moitié pour Odin[89].

Les Valkyries sont unies d'une forte solidarité au point d'en devenir interchangeables : elles travaillent ensemble et alternativement, elles se réincarnent les unes en les autres (dans le poème Helgakviða Hundingsbana II, Sváva se serait réincarnée en Sigrún)[90].

Parmi les Skögul et Geirskögul sont deux Valkyries mentionnées ensemble dans les sagas nordiques, ce qui suggère qu'elles avaient probablement une relation de camaraderie forte en accomplissant leurs missions. Ces deux Valkyries apparaissent dans le poème Hákonarmál du scalde Eyvindr skáldaspillir. Dans celui-ci, Odin envoie les deux Valkyries Göndul et Skögul « choisir parmi les parents des rois » et décider qui, au combat, devrait vivre avec Odin au Valhalla[91].

Certaines sagas font cependant mention de Valkyries ayant vécu en dehors du groupe, après avoir rompu un serment ou avoir été punie. C'est le cas de Bryn-hildr qui servait comme valkyrie sur le champ de bataille. Au cours d'un combat, elle tue un vieux roi auquel Odin avait promis de triompher. Pour punir Bryn-hildr, Odin la pique de l'épine du sommeil et lui déclare qu'elle n'aura plus jamais la victoire et que la « vierge d'Odin » se mariera[92].

Dans la culture populaire, on peut penser aux Treize Sœurs Valkyries du manga shonen Valkyrie Apocalypse[93].

Isis et Nephtys
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Nephtys (droite) et Isis (gauche) en tant que milans près du défunt Sennedjem.

Dans la mythologie égyptienne, Isis et Nephtys sont des sœurs et des amies proches, basant leur relation sur la solidarité et le soutien mutuel. Leurs noms eux-mêmes, Aset et Nebet-Hout en langue égyptienne, seraient à l'origine de simples épithètes servant à identifier les deux principales pleureuses assignées à la protection du défunt[94].

Leur amitié est d'une grande force comme on témoigne leurs réactions dans l'histoire d'adultère par méprise entre Nephtys et Osiris, le mari d'Isis. Nephtys enfante Anubis et fait le choix de l'abandonner le jour de sa naissance pour éviter sa colère[n 1]. Émue par le sort d'Anubis, la vierge Isis l'adopte et l'élève quant à elle comme son propre enfant[95].

Ianna et Ninshubur
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Dans la mythologie sumérienne, Ishtar (ou Inanna) déesse de l'amour et de la guerre, a une amie et vassalle la déesse Ninshubur. Cette dernière joue un rôle majeur dans plusieurs aventures de sa maîtresse Inanna où elle lui démontre une loyauté indéfectible. Par exemple, dans l'épisode du vol des « Me »[96],[97],[98] du mythe sumérien d'Inanna et Enki, elle sauve Inanna des démons qu'Enki a précipité sur elle[99].

Littérature

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Utilisateur:Sarah.litt/Brouillon [100]

Avant le 20e siècle, peu de romans explorent les amitiés féminines[101]. (=> cette assertion doit être nuancée)

Dans le roman Les Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas, Constance Bonacieux est l'amie et confidente de la reine Anne d'Autriche.Constance Bonacieux réalise différentes missions d'espionnage et aide la reine en plusieurs occasions, notamment en permettant au duc de Buckingham de venir la voir.

Charlotte Lucas est la meilleure amie d'Elizabeth Bennett, figure centrale du roman de Jane Austen Orgueil et Préjugés.

Dans Bunny, un roman de Mona Awad, Samantha, une étudiante en écriture, est attirée dans un groupe de femmes superficielles, les « Bunnies », ce qui la conduit à renoncer à son amitié authentique. Ce livre questionne les notions de féminité et d'authenticité[101],[106].

How Could She de Lauren Mechling se concentre sur trois femmes dans le monde instable des médias new-yorkais, explorant la jalousie et l'isolement qui surgissent dans les dynamiques d'amitié. Les personnages naviguent entre ambitions et désirs tout en essayant de préserver leurs relations[101],[107],[108].

Dans le roman de Lauren Acampora, The Paper Wasp, Abby, une artiste solitaire, ravive une amitié toxique avec son amie d'enfance Elise, une star d'Hollywood. Le roman explore l'obsession et la trahison au sein des amitiés, mettant en lumière les attentes irréalistes dans les amitiés entre femmes[101],[109].

[Peut-etre un paragraphe sur L'Amitié sans frontière] ?

Peinture

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Union des femmes peintres et sculpteurs ?

Photographie

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Le projet Benzine Cyprine de la photographe Kamille Lévêque Jégo dépeint un gang fictif de femmes combatives[110].

Cinéma

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Séries TV

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Musique

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Adelphité

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Freins et obstacles à l'amitié

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Dans son Traité sur l'amitié (1732), la marquise de Lambert, Anne-Thérèse de Marguenat de Courcelles, en relayant des préjugés du siècle des Lumières[112], affirme que « les femmes ont le malheur de ne pouvoir compter entre elles sur l'amitié les défauts dont elles sont remplies y forment un obstacle presque insurmontable : elles s'unissent par nécessité, et jamais par goût[113] ». C'est justement pour lutter contre ces idées reçues qu'Emmeline de Maussion publie en 1825 une Lettre sur l’amitié entre les femmes[114]. Cette autrice évoque aussi la jalousie comme un autre obstacle à l'amitié entre les femmes, d'après le philosophe antique Anarchsis. Ce sentiment peut se développer entre amies dans diverses situations de concurrence[115] en particulier en cas de rivalité amoureuse[116].

Un autre frein est celui des représentations sociales de l'amitié entre femmes par rapport à celle entre hommes, mis en avant par Alain Rey. Sur le plan sémiologique par exemple, le mot commère, ancien terme utilisé pour déisgner une marraine, a évolué différemment dans le temps que son homologue compère de la même racine latine. Le premier désigne négativement aujourd'hui une personne bavarde qui coloporte des nouvelles et le deuxième positivement un ami, camarade et complice. « Le mot [commère] s'est même étendu à une personne de l'autre sexe, manifestant dans tous les cas le jugement négatif sur le bavardage des femmes, l'une des thèmes antiféministes les plus anciens dans la culture médiévale bourgeoise »[117].

L'adhésion aux stéréotypes de genre peut être un autre frein aux amitiés féminines. L'adoption d'un comportement perçu comme non conforme à ce qui serait un comportement féminin idéalisé peut amener une volonté de distanciation de la part d'autres filles et femmes[118], qui souhaiteraient éviter de se retrouver elles aussi disqualifiées par association[119],[120]. Ainsi, des filles ou femmes jugées comme cherchant trop l'attention masculine ou encore qui adopteraient un comportement trop masculin (qui seraient par exemple, trop têtues ou encore adopteraient certains comportements à risques associés aux hommes, comme le fait de boire de l'alcool) peuvent se retrouver mises à distance par d'autres filles ou femmes[121],[119]. A l'inverse, le fait d'affirmer sa distance avec ces filles ou femmes disqualifiées peut fonctionner comme une manière de se valoriser, en se démarquant d'une personne au comportement critiqué, voire en se démarquant du groupe "fille"/"femme", critiqué dans son ensemble[120]. Ce comportement peut exister en et hors ligne[122], et constituer un obstacle au développement ou maintien d'amitiés féminines.

Les amitiés féminines, bien que souvent plus intimes, présentent également des fragilités dues à des attentes élevées en matière de soutien émotionnel et d'intimité[60]. Les femmes tendent à intégrer leurs amies dans leur vie de manière aussi profonde que des membres de la famille, ce qui signifie que même des conflits mineurs peuvent être perçus comme des violations majeures. De plus, les trois affinités centrales des amitiés féminines — symétrie, soutien et secret — peuvent également devenir des sources de tension. Lorsque ces affinités sont violées, par exemple lorsqu'une amie semble juger ou critiquer des choix personnels, cela peut engendrer un sentiment de supériorité et de dissonance, rendant la communication et la résolution des conflits encore plus délicates. Le manque de communication ouverte sur ces attentes et ressentis peut mener à une accumulation de non-dits, créant des malentendus et un sentiment d'éloignement qui entravent le développement et la pérennité de l'amitié[123],[124].

Les logiques de domination, par exemple de race ou de classe sociale, peuvent aussi s'opposer aux amitiés entre femmes[125].

Le partage de secret constitue un enjeu particulier des amitiés d'enfance[126], dévoiler un secret étant considéré comme la pire des trahisons entre deux amies[127],[128].

La journaliste française Johana Cincinatis dans Elles vécurent heureuses considère que le couple est un « facteur inhibant de l'amitié », en citant des travaux de Robin Dunbar et de François Héran[129].

Personnalités liées

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Notes et références

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  1. ↑ Plus loin (§ 38), Plutarque donne une explication naturiste à cet épisode mythologique. L'union d'Osiris avec Isis est la rencontre, lors de la crue du Nil, des eaux avec les terres agricoles, l'eau (Osiris) fécondant la terre (Isis). Horus est l'époque où la nature donne ses fruits (récoltes). Nephtys représente les pentes arides situées en marge du désert, domaine de Seth. L'adultère d'Osiris avec Nephtys représente les fortes crues durant lesquelles les eaux touchent aussi ces terres extrêmes. L'union de Seth avec Nephtys est stérile car la chaleur du désert durcit le sol. La couronne de mélilot représente les graines des plantes qui naissent aux marges du désert et qui éclosent après un apport d'eau même minime. Anubis représente cette union passagère entre l'eau et les terres agricoles extrêmes. Horus le fils légitime de l'eau et de la nature fertile est élevé dans les marais du delta, lieu des verts pâturages où sans cesse l'eau se mélange à la terre. Le meurtre d'Osiris par Seth (§ 39) est la métaphore des années à faibles crues.

Références

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  97. ↑ Francis Joannès (dir.), Dictionnaire de la civilisation mésopotamienne, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 974 p. (ISBN 2-221-09207-4), p. 514
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  111. ↑ Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées ":1"
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  118. ↑ « Chapitre III. La performance du genre et de l’hétérosexualité dans le cyberespace », dans Sigolène Couchot-Schiex, Benjamin Moignard, Jeunesse, genre et violences 2.0 Des filles et des garçons face aux cyberviolences à l'école, Paris, L'Harmattan, , 210 p. (ISBN 978-2-343-21206-7, lire en ligne), p. 85-110
  119. 1 2 Sigolène Couchot-Schiex, « Chapitre II. Le portable : une clé genrée de l’accès à la communauté adolescente », dans Sigolène Couchot-Schiex, Benjamin Moignard, Jeunesse, genre et violences 2.0. Des filles et des garçons face aux cyberviolences à l'école, Paris, L'Harmattan, , 216 p. (ISBN 978-2-343-21206-7, lire en ligne), p. 53-83
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  122. ↑ Rosa Maria Bortolotti et Sigolène Couchot-Schiex, « Relations amicales, intimité et intermédiations numériques à l’adolescence. Esquisse d’une diplomatie relationnelle du collège au lycée », Réseaux, vol. 5, no 253,‎ , p. 257-290 (lire en ligne)
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Voir aussi

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Bibliographie

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Articles

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  • Claire Bidart, « Les âges de l'amitié. Cours de la vie et formes de la socialisation », Transversalités, no 113,‎ , p. 65 (lire en ligne, consulté le )
  • Muriel Chavaillaz, « L'amitié féminine plus forte que le couple », Femina,‎ (lire en ligne Accès libre)
  • Stéphanie Gatignol, « Louise Abbéma, la "bonne amie" bien lesbienne de Sarah Bernhardt », têtu·,‎ (lire en ligne Inscription nécessaire, consulté le )

Monographies

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  • Johanna Cincinatis, Elles vécurent heureuses: l'amitié entre femmes comme idéal de vie, Stock, coll. « Essais », (ISBN 978-2-234-09575-5)
  • Suzan van Dijk, « Amitié, solidarité et entraide féminines : spécificités d’auteurs femmes ? », Topiques, études satoriennes, vol. 1,‎ , p. 1–17 (ISSN 2369-4831, DOI 10.7202/1090073ar, lire en ligne, consulté le )
  • Shirin Ebadi et Joseph Antoine, La cage dorée, l'Archipel, (ISBN 978-2-8098-0306-8)
  • (de) Gotthard Feustel, Die Geschichte der Homosexualität, Albatros, (ISBN 978-3-491-96077-0)
  • Roxane Gay et Santiago Artozqui, Bad feminist, Éditions Points, coll. « Points », (ISBN 978-2-7578-7086-0)
  • Hélène Giannecchini, Un désir démesuré d'amitié, Seuil, coll. « La Librairie du XXIe siècle », (ISBN 978-2-02-154976-8)
  • Ellen Hertz, Hélène Martin, Françoise Messant et Christine Delphy, Amies [coord. du n° 30-2 de : Nouvelles questions féministes], HALSHS : archive ouverte en Sciences de l’Homme et de la Société, (lire en ligne)
  • Christine et Eric Hicks, Le livre de la cité des dames, Stock, coll. « Moyen âge », (ISBN 978-2-234-01989-8)
  • Emmeline de Maussion, Lettre sur l’amitié entre les femmes, Paris, Goujon,  Fac-similé disponible sur Wikisource Télécharger cette édition au format ePub Télécharger cette édition au format PDF (Wikisource)
  • Pat O'Connor, Friendships between women: a critical review, Guilford Press, coll. « The Guilford series on personal relationships », (ISBN 978-0-89862-976-7 et 978-0-89862-981-1)
  • Alice Raybaud, Nos puissantes amitiés: des liens politiques, des lieux de résistance, la Découverte, coll. « Cahiers libres », (ISBN 978-2-348-07970-2)
  • Adrienne Rich, La contrainte à l'hétérosexualité, Mamamelis, (ISBN 978-2940116096)
  • Goliarda Sapienza et Nathalie Castagné, L'université de Rebibbia, le Tripode, coll. « Météores », (ISBN 978-2-37055-188-7)
  • (en) Jennifer Waelti-Walters, Damned women : lesbians in French novels, 1796-1996, Montreal, McGill-Queen's University Press, (lire en ligne)
  • Monique Wittig, Les guérillères, les Éditions de Minuit, coll. « Double », (ISBN 978-2-7073-4570-7)
  • Marilyn Yalom et Theresa Donovan Brown, The social sex: a history of female friendship, Harper Perennial, (ISBN 978-0-06-226550-0)
  • (en-US) Ann Friedman, « ‘The Social Sex: A History of Female Friendship’ », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )

Périodiques

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Sitographie

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Articles connexes

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Liens externes

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