Pyramide de Meïdoum
La pyramide de Meïdoum est une pyramide égyptienne, bâtie initialement avec sept degrés, puis élargie à huit degrés, et enfin transformée pour devenir la première pyramide à faces lisses d'Égypte.
| Commanditaire | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Autre nom |
Djed-Snéfrou, Ḏd-Snfrw (« Snéfrou est stable »), « La fausse pyramide » | ||||||||
| Nom (hiéroglyphes) | |||||||||
| Type |
Pyramide à degrés transformée en pyramide à faces lisses | ||||||||
| Hauteur | |||||||||
| Base | |||||||||
| Volume |
638 733 m3[4] | ||||||||
| Inclinaison | |||||||||
| Pente |
14/11 | ||||||||
| Entrée |
une sur la face nord | ||||||||
| Pyramides satellites |
une | ||||||||
| Coordonnées |
Elle est attribuée à Snéfrou, le premier roi de la IVe dynastie, et elle se situe à Meïdoum, à l'entrée de l'oasis du Fayoum. Son nom ancien est Djed-Snéfrou (Ḏd-Snfrw, signifiant « Snéfrou est stable »). Elle porte également le nom, donné par les Arabes, de « fausse pyramide », du fait que son état actuel ne la fait plus ressembler à une vraie pyramide.
Les techniques de construction utilisées et l'agencement des différents éléments du complexe funéraire font de ce monument une transition entre ceux de la IIIe dynastie et ceux de la IVe, à la fois archaïque et innovante. Les pyramides du roi Snéfrou, d'un volume total de 3 300 000 m3 (soit 700 000 de plus que la pyramide de Khéops), représentent le projet le plus ambitieux de toute l'Antiquité.
Exploration du monument
modifierLa pyramide est connue depuis longtemps et a été visité par plusieurs personnes, comme les explorateurs Frederik Ludwig Norden[1]. Les premières investigations ont été réalisées par John Shae Perring en 1837[7], puis par Karl Richard Lepsius en 1843[1]. Gaston Maspero est le premier à entrer dans la pyramide en 1886 dans le cadre de la recherche des Textes des pyramides[1]. Les premières fouilles d'envergure sont dues à William Matthew Flinders Petrie en 1892[8] puis en 1910[9]. Après la publication de Ludwig Borchardt en 1928 qu'il réalisa après avoir passé quelques jours sur le site et qui expliqua le premier le fait que la pyramide a été construite en trois étapes[10], c'est Alan A. J. Rowe qui fouilla la pyramide en 1929-1931[11]. Une étude architecturale approfondie a par la suite été publiée par Vito Maragioglio et Celeste Rinaldi en 1964[12], dans le cadre d'une étude générale de l'ensemble des pyramides de l'Ancien Empire[note 2]. Une dernière fouille d'envergure a été effectuée par Ali el-Khouli et son équipe dans les années 1980 au niveau de la base de la pyramide[13]. Enfin, une autre étude architecturale approfondie a été effectuée par Gilles Dormion et Jean-Yves Verd'hurt, qui découvrirent plusieurs chambres « de décharge », cachées depuis la construction des pyramides ; ils publièrent leurs résultats en 2000[14] et 2013[15].
Attribution de la pyramide
modifierOn a longtemps cru que cette pyramide avait été construite par le prédécesseur de Snéfrou, le roi Houni, le dernier souverain de la IIIe dynastie. Mais on n'avait pas d'autre argument que l'absence d'une autre tombe attribuée à Houni. Or le nom de la localité antique toute proche était Djed-Snéfrou, et seuls des textes et des inscriptions portant le nom de Snéfrou ont été trouvés sur place, aucun celui de Houni.
Une théorie émise par Ahmed Fakhry stipule que la construction a commencé sous le règne d'Houni et s'est achevée sous son successeur Snéfrou. Elle n'est pas crédible non plus, car aucune pyramide d'un souverain de l'Ancien Empire n'a été utilisée par son successeur. Si le chantier avait commencé sous Houni, il serait peu probable que Snéfrou ait dépensé autant d'énergie et de temps pour ce monument. En effet, les autres pyramides montrent que les rois n'effectuaient sur les tombes de leurs prédécesseurs que les travaux d'entretien élémentaires, pour maintenir fonctionnels les sépultures et les cultes des morts. La recherche actuelle suggère que la construction de cette pyramide a commencé au temps de Snéfrou[16].
Circonstances de la construction
modifierLa pyramide de Meïdoum est le premier tombeau construit par Snéfrou durant son règne. Il choisit comme emplacement un site vierge et proche de sa résidence, Djed-Snéfrou, près de l'actuelle Meïdoum. La construction a commencé par celle d'un tombeau royal régulier (E1), dans le style des pyramides à degrés (ici, sept degrés) construites jusque-là. Des innovations avaient alors déjà été faites, comme le transfert de la chambre funéraire du sous-sol vers le cœur de la pyramide[2],[17].
Espérant apparemment bénéficier d'un long règne, le monarque opéra un premier changement après quelques années (E2). La pyramide fut agrandie et passa de sept à huit degrés. Mais une fois achevé, le bâtiment fut abandonné en tant que tombeau. Après le déménagement de sa résidence royale, Snéfrou entama la construction d'une nouvelle pyramide à Dahchour, généralement considérée comme étant la pyramide rhomboïdale de Dahchour-Sud[2],[17],[note 3]. Le rôle que prit la pyramide de Meïdoum reste alors inconnue.
Alors que Snéfrou engageait le chantier d'une deuxième pyramide à Dahchour, généralement considérée comme étant la pyramide rouge[2],[17],[note 4], une nouvelle modification de l'édifice de Meïdoum (E3) se fit sur une période, dont les dates retrouvées, de lecture incertaine, sont encadrées entre le 10e+x et le 17 ou 18e recensement du bétail du règne de Snéfrou[19],[note 5]. La pyramide à huit degrés fut alors transformée en pyramide à faces lisses, comme la pyramide rouge. Rainer Stadelmann explique que le bâtiment représentait désormais le royaume des dieux, constituant un lieu de culte royal, et devait donc être une copie du tombeau royal réel[21].
Le maître d'œuvre de la pyramide de Meïdoum était le vizir et fils du roi, Néfermaât, qui portait le titre de « chef de tous les travaux de construction royaux ». Son mastaba (M16) est situé à quelques centaines de mètres au nord de la pyramide.
Complexe funéraire
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La pyramide était entourée d'un mur d'enceinte rectangulaire, haut de deux mètres, long de deux-cent-trente-six dans le sens nord-sud et large de deux-cent-dix-huit dans le sens est-ouest. Il n'en reste presque rien. Il comprenait plusieurs éléments, sans doute caractéristiques de la construction des pyramides ultérieures et de leurs complexes. Le sol de la cour était en argile sèche[22].
Temple funéraire
modifierLe temple original, construit à la fin de la deuxième phase de construction (E2), a disparu durant la troisième (E3). Il était probablement situé à l'est, puisque le côté nord était occupé par l'entrée haute de la pyramide. Comme la pyramide n'avait plus la vocation d'un tombeau, seul un petit temple en forme de chapelle fut construit au lieu d'un vaste temple. Pour la première fois, le temple funéraire était placé à l'est, une innovation qui sera reprise dans toutes les pyramides ultérieures[23].
Le temple a une structure très simple. Il se compose de deux pièces menant à une petite cour ouverte qui donne directement sur la pyramide. Là se trouvent un autel et deux grandes stèles, vierges de toute inscription. La longueur du temple est de 9,18 mètres et sa largeur de 9 mètres. Les dalles originales du plafond sont intactes et toujours en place. Les magasins et les fausses portes, toujours présents dans les grands temples funéraires, sont ici absents[21]. Ce temple est le mieux préservé des temples de l'Ancien Empire[23], ayant été longtemps caché par la ceinture des débris de la pyramide.
- Plan du temple funéraire.
- Vue du temple par rapport à la pyramide.
- Entrée du temple.
- Stèles dressées dans la cour du temple.
Pyramide satellite
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Du côté sud, les restes très endommagés d'une petite pyramide satellite ont été trouvés par Flinders Petrie. C'est le plus ancien exemple connu d'une pyramide cultuelle. Elle remplace la tombe sud des pyramides à degrés précédentes[22]. La superstructure et une partie de l'infrastructure sont détruites. Vito Maragioglio et Celeste Rinaldi expliquent qu'il s'agissait probablement d'une pyramide à degrés, longue de 26,3 mètres à sa base et comprenant trois ou quatre degrés. Comme dans la pyramide principale, la maçonnerie était disposée en couches inclinées vers le centre[22]. Son intérieur était similaire à celui de la pyramide principale : un couloir incliné menant du côté nord à la chambre principale. Les fouilles conduites dans cette zone ont mis au jour un fragment de stèle de calcaire sur laquelle Horus est représenté[22]. Les découvertes récentes ne semblent pas confirmer que la pyramide satellite avait été convertie en une véritable pyramide[24],[12].
Tombeau de la cour
modifierChaussée
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Un élément qui apparaît pour la première fois dans ce complexe pyramidal, et qui deviendra un standard pour les pyramides suivantes, est la chaussée. Elle est taillée dans le sol rocheux, pavée d'argile et entourée de murs de calcaire. Aucun reste de toiture n'a été trouvé. Cette chaussée n'est creusée qu'à proximité immédiate de la pyramide et ne se poursuit pas plus loin dans la vallée[22].
Au sud de la chaussée, Petrie découvrit une seconde voie d'accès, qui menait directement du sud-est au centre du monument. Également taillée dans la roche, elle était flanquée de deux murs de brique crue. Il s'agit peut-être d'une version abandonnée de la chaussée[25].
Temple de la vallée
modifierDans les complexes pyramidaux ultérieurs, le temple de la vallée sera toujours situé dans le prolongement de la chaussée. Ici, seuls quelques restes de murs de brique crue ont été trouvés. Il pourrait s'agir d'une ébauche du temple de la vallée, mais au vu des autres éléments rudimentaires du complexe, seule une structure très simple a pu être construite ici aussi, puisque la pyramide n'avait plus de fonction funéraire[4]. Les vestiges du mur pourraient également avoir appartenu à la ville pyramidale de Snéfrou[21].
Pyramide
modifierEn raison de sa méthode de construction et de son histoire, la pyramide de Meïdoum est considérée comme une transition entre les pyramides à degrés et les pyramides à faces lisses[26]. Son aspect actuel est celui d'une tour à trois degrés émergeant d'un tas de décombres. Cette situation est sans doute due à la rupture du parement extérieur et du remplissage des degrés. La pierre de construction de la partie centrale provient de carrières situées à huit cents mètres plus au sud[27].
Phases de construction
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Le caractère très dégradé du bâtiment montre aujourd'hui que la pyramide a été construite en plusieurs étapes. Des éléments de toutes les phases de construction sont visibles et les techniques de construction sont reconnaissables. Ils peuvent même être datés par les graffitis que Petrie a trouvés sur certains blocs[28], et ils remontent au règne de Snéfrou.
Selon Peter Jánosi, la pyramide de Meïdoum représente une transition importante entre la pyramide à degrés et la véritable pyramide. En termes d'histoire de la construction, elle illustre les étapes successives de la construction. celle-ci a commencé par un monument à sept degrés, dans le style de celles de la IIIe dynastie, mais elle a ensuite été élargie et agrandie. Après le septième degré, un degré supplémentaire lui est ajouté et lui donne huit degrés.
Il semble que dans les dernières années de son règne, Snéfrou ait décidé de convertir la pyramide en une pyramide à faces lisses. L'angle d'inclinaison est de 51° 50′ 35″, ce qui est très proche de celui de la pyramide de Khéops. Ainsi, la pyramide une fois terminée avait un noyau du style de la IIIe dynastie et une enveloppe du style de la IVe dynastie[29].
Phase 1
modifierLa pyramide d'origine (E1) fut construite selon la même méthode que les pyramides à degrés de la IIIe dynastie. Elle était constituée de couches inclinées vers l'intérieur, avec un angle d'inclinaison de 75° en calcaire local, recouvertes à l'extérieur de pierres lisses en calcaire fin. Cette première construction, en sept degrés, avait une base d'environ 109,2 mètres de côté[1],[2],[note 6] et elle devait atteindre une hauteur de 71 mètres. La différence avec les pyramides à degrés précédentes est que certaines parties de la sous-structure se trouvent maintenant à l'intérieur du corps de la pyramide, alors qu'auparavant elles étaient entièrement creusées dans le sol rocheux[30].
Phase 2
modifierLa deuxième phase de construction (E2) a consisté à élever la pyramide d'un huitième degré. Pour cela, une autre couche de mur avec un angle d'inclinaison de 75° fut ajoutée, ce qui conduisit à un élargissement de la base à 119,6 mètres de côté[1],[note 7] et à une hauteur de 85 mètres. Le revêtement de la première phase est resté en place et a été simplement recouvert avec la nouvelle maçonnerie. La nouvelle couche a également reçu un revêtement de calcaire fin. Malgré l'achèvement des travaux, Snéfrou fit construire deux autres grandes pyramides à Dahchour, ce qui suggère qu'il ne prévoyait plus d'être inhumé à Meïdoum[31].
Phase 3
modifierLes pierres de la troisième et dernière phase (E3) indiquent plusieurs dates, pour la plupart à la lecture incertaine mais encadrées entre le 10e+x et le 17 ou 18e recensement du bétail du règne de Snéfrou[19],[note 4]. La maçonnerie de cette phase a été posée en couches horizontales, comme cela avait été introduit précédemment dans la partie supérieure de la pyramide rhomboïdale et dans la pyramide rouge. Le parement des degrés de la deuxième phase de construction est resté intact et a été simplement recouvert avec la nouvelle maçonnerie. La troisième phase de construction a également reçu à nouveau un parement de calcaire fin provenant de Tourah, qui est partiellement conservé sous la ceinture de débris. L'inclinaison des surfaces de la pyramide était avec 52° 40′[1],[5],[note 8] encore plus raide que dans la pyramide rouge et ressemble donc à la valeur de la pyramide de Khéops ultérieure. Cette extension a porté la longueur de la base à 144,32 mètres[1],[5],[3] et la hauteur de la pyramide achevée à 94,5 mètres[1],[32],[5],[note 9], ce qui en fait la cinquième plus haute pyramide d'Égypte. Le volume total de la pyramide était de 638 733 m3[4].
Toutefois, il n'est pas certain que la troisième phase de construction ait été terminée. Il est possible que des rampes de construction aient été conservées, ce qui a facilité le vol ultérieur de pierres et pourrait expliquer pourquoi ce vol s'est déroulé de haut en bas, contrairement à la plupart des autres pyramides. La théorie catastrophique selon laquelle le nouveau revêtement a glissé pendant la construction pourrait entre-temps être réfutée par les enquêtes sur la décharge[33].
- Détail des degrés et de leur parement (E1 et E2).
- Détail du parement (E3).
- Pierres de parement (E3).
- Pierres de parement (E3).
Effondrée, exploitée ou inachevée ?
modifierUne théorie temporairement populaire mais non reconnue par les égyptologues est celle du physicien Kurt Mendelssohn. Une catastrophe se serait produite pendant la construction, faisant glisser une partie du parement extérieur et des pierres de remplissage posés en extension du bâtiment, découvrant la structure interne de la pyramide. Cette théorie a été réfutée dès sa publication, par le fait que des graffiti du Nouvel Empire ont été trouvés dans le temple de la pyramide[34],[35]. De plus, la ceinture des débris ne correspond pas à un glissement unique, mais à une accumulation formée sur une plus longue période. Enfin, elle contredit le constat selon lequel, bien que des restes aient été retrouvés plus tard lors du déblaiement, aucune corde, aucun bois, aucun corps d'ouvrier de la IVe dynastie n'ont été trouvés[33],[30]. On suppose donc aujourd'hui que le revêtement a glissé progressivement, sans doute causé par le vol des pierres.
Plus récemment, George Johnson a supposé que la pyramide n'avait jamais été achevée et que l'amoncellement de gravats autour de la pyramide était le reste de la rampe de construction[36],[30]. Une telle rampe encore présente pourrait expliquer pourquoi le vol de pierres s'est fait de haut en bas, et non l'inverse comme dans la plupart des autres pyramides.
Plusieurs graffiti, trouvés dans le temple funéraire et datés de la XVIIIe dynastie, montrent toutefois que le temple était encore accessible à cette époque et que la ceinture de gravats n'existait pas encore. De plus, ces inscriptions vantent la beauté du temple et témoignent encore de son bon état[34],[37]. Des tombes ont même été trouvées dans la ceinture de gravats qui entoure la pyramide. Les plus anciennes datent de la XXIIe dynastie et se trouvent à sept mètres au-dessus du temple. Ces éléments limitent le début de la destruction à la période comprise entre les XVIIIe et XXIIe dynasties. Le vol systématique des pierres a vraisemblablement commencé, comme pour beaucoup d'autres pyramides, à l'époque de II[23].
Appartements funéraires
modifierDescenderie et distribution intérieure
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L'entrée de la pyramide a été trouvée en 1881 par Gaston Maspero, à onze mètres au-dessus du sol. Mais son exploration fut effectuée par Flinders Petrie, qui pénétra pour la première fois dans le monument. Une longue descenderie, de pente assez raide, traverse la masse calcaire de la construction sur une profondeur de cinquante mètres. Elle aboutit à un couloir horizontal, dans lequel se trouvent deux logettes faisant office d'antichambres. Au bout de ce couloir bas se trouve un puits vertical, par lequel on monte à la chambre funéraire.
Une salle récemment découverte
modifierLes travaux des architectes Gilles Dormion et Jean-Yves Verd'hurt, qui étudient les pyramides depuis 1986, ont permis de découvrir deux nouvelles chambres funéraires dans la pyramide. Il s'agit d'un passage découvert en haut du puits d'accès à la chambre funéraire inachevée. Ce court passage est suivi de deux chambres de décharge, en voûte en encorbellement comme la chambre funéraire, mais d'une facture plus soignée. Aucune communication ne relie ce passage aux chambres. Une seconde découverte a été celle d'un couloir remontant dans la masse de la pyramide, parallèlement à la descenderie de l'entrée. Ce couloir est obstrué après une distance assez longue.
Cette découverte a permis de réinterroger le plan d'ensemble de la pyramide. Les nouveaux espaces mis au jour sont d'une ampleur presque égale au dispositif initialement connu de la pyramide de Meïdoum.
- Le couloir descendant
- La première chambre vue de la deuxième chambre
- Puits vers la chambre funéraire (avec un escalier moderne en bois)
- Encorbellements de la première chambre funéraire
Nécropole annexe
modifierImmédiatement à l'est du mur d'enceinte de la pyramide, se trouve le mastaba M17, qui fut exploré par Petrie en 1917. Il est constitué de brique crue et son propriétaire est inconnu. Le sarcophage trouvé à l'intérieur n'avait pas d'inscriptions et abritait une momie. Ce mastaba fut rempli de gravats de calcaire provenant de la pyramide, probablement lors de la troisième phase de construction.
À environ cinq-cents mètres au nord de la pyramide se trouve la nécropole des princes et des dignitaires de la IVe dynastie du roi Snéfrou. De très belles tombes décorées y ont été trouvées. En 1871, Mariette y découvrit la célèbre chapelle du mastaba M16, qui appartenait au prince et maître d'œuvre présumé de la pyramide de Néfermaât, et qui contenait la célèbre peinture des oies de Meïdoum exposée aujourd'hui au musée du Caire. Le mastaba M16 du prince Rahotep et de sa femme Néfret a livré deux magnifiques statues assises du couple, découvertes par Mariette la même année et également exposées au musée du Caire.

Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Inclinaison théorique : 51° 50′ 35″[6]
- ↑ Le décès des deux architectes italiens en 1976 et 1977 empêcha d'effectuer et de publier de telles études sur les pyramides d'Ounas et de la VIe dynastie.
- ↑ Gilles Dormion et Jean-Yves Verd'hurt pensent que la première pyramide à avoir été commencée à Dahchour est la pyramide rouge de Dahchour-Nord. Ils basent leur analyse notamment sur les appartements funéraires, qui suggère l'ordre suivant : Meïdoum → Dahchour-Nord → Dahchour-Sud (→ Khéops)[18].
- 1 2 Gilles Dormion et Jean-Yves Verd'hurt pensent que le noyau à degrés de la pyramide rouge avait déjà été construite, et que ce qui a été construit en même temps que la phase E3 de la pyramie de Meïdoum est une étape similaire pour la pyramide rouge, à savoir le recouvrement du noyau à degrés pour en faire une pyramide à faces lisses[18].
- ↑ Plusieurs marques ont été recensées sur des blocs retrouvés dans le coin nord-ouest de la pyramide, et les interprétations initiales allaient du 13e au 18e recensements[20], tandis que d'autres interprétations des marques, proposées notamment par Michel Baud, Roman Gundacker et Miroslav Verner, donnaient une plage pouvant aller du 6e au 23e recensement[19]. Aurore Ciavatti, sur la base des photographies d'origine, et avec un logiciel de traitement d'images (logiciel indisponible dans les années 1980 et début 1990 lors de la publication initiale), a permis de réévaluer l'ensemble des marques et d'en trouver de nouvelles que Paule Posener-Kriéger n'avait pas publiées du fait d'une trop forte incertitude de sa part[19].
- ↑ Gilles Dormion et Jean-Yves Verd'Hurt indique une largeur à la base de 108,40 mètres[3].
- ↑ Gilles Dormion et Jean-Yves Verd'hurt indique une largeur à la base de 118,56 mètres[3].
- ↑ 51° 50′ selon Petrie[5]. Gilles Dormion et Jean-Yves Verd'hurt indique que la pente théorique devait être de 14/11, soit 51° 50′ 35″[6].
- ↑ Gilles Dormion et Jean-Yves Verd'hurt indique une hauteur théorique de 91,84 mètres[3].
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 Verner 2020, p. 117.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Monnier 2017, p. 68.
- 1 2 3 4 5 6 7 Dormion et Verd'hurt 2013, Fig. 5.
- 1 2 3 Lehner 2004, p. 97.
- 1 2 3 4 5 Monnier 2017, p. 69.
- 1 2 Dormion et Verd'hurt 2013, p. 13.
- ↑ Vyse et Perring 1842, p. 78-80.
- ↑ Petrie 1892, p. 5-11.
- ↑ Petrie, MacKay et Wainwright 1910, p. 1-9.
- ↑ Borchardt 1928.
- ↑ Rowe 1931, p. 1-47.
- 1 2 Maragioglio et Rinaldi 1964.
- ↑ el-Khouli, Posener-Kriéger et Martin 1991.
- ↑ Dormion et Verd'hurt 2000.
- ↑ Dormion et Verd'hurt 2013.
- ↑ Verner 2020, p. 120.
- 1 2 3 Verner 2020, p. 119-121.
- 1 2 Dormion et Verd'hurt 2016, p. 21-43.
- 1 2 3 4 Ciavatti 2022, p. 125-143.
- ↑ el-Khouli, Posener-Kriéger et Martin 1991, p. 17-21.
- 1 2 3 Stadelmann 1997, p. 80.
- 1 2 3 4 5 6 Verner 2020, p. 124.
- 1 2 3 Verner 2020, p. 123-124.
- 1 2 Winston.
- ↑ Verner 2020, p. 119.
- ↑ Siliotti et Hawass 1998, p. 145.
- ↑ Wagner 2007, p. 175.
- ↑ Siliotti et Hawass 1998, p. 155.
- ↑ Jánosi 2010, p. 64.
- 1 2 3 Verner 2020, p. 121.
- ↑ Verner 2020, p. 124-125.
- ↑ Siliotti et Hawass 1998, p. 154.
- 1 2 Lehner 1997, p. 97–99.
- 1 2 Digital Egypt for Universities: A graffito found at the temple of the Meydum pyramid.
- ↑ Verner 2020, p. 121-123.
- ↑ Siliotti et Hawass 1998, p. 156.
- ↑ Verner 2020, p. 123.
Bibliographie
modifierBibliographie spécifique aux pyramides de Snéfrou
modifier- (de) Ludwig Borchardt, Die Entstehung der Pyramide, an der Baugeschichte der Pyramide bei Mejdum nachgewiesen, Berlin, Springer, ;
- Aurore Ciavatti, « Le règne de Snéfrou: nouvel examen des sources chronologiques », Bulletin de l’Institut français d’archéologie orientale (BIFAO), no 122, , p. 107-153 ;
- (en) Gilles Dormion et Jean-Yves Verd'hurt, « The pyramid of Meidum, architectural study of the inner arrangement », Proc. World Congress of Egyptology, Cairo, 28th of March–3rd April 2000., dossier et pdf.
- Gilles Dormion et Jean-Yves Verd'hurt, La Chambre de Meïdoum. Analyse architecturale. Fascicule 1 : texte. Fascicule 2 : planches., Genève, Société d'Égyptologie, coll. « Cahiers de la Société d'Égyptologie » (no 12), , 112 + 88 (ISBN 978-2-940011-14-8) ;
- Gilles Dormion et Jean-Yves Verd'hurt, La Chambre de Snéfrou. Analyse architecturale de la pyramide "rhomboïdale"., Arles, Actes Sud, coll. « La Bibliothèque de l'égyptologue », , 240 p. (ISBN 978-2-330-06090-9) ;
- (en) Ali el-Khouli, Paule Posener-Kriéger et Geoffrey Thorndike Martin, Meidum, Sydney, Australian Center of Egyptology, (ISBN 0-85837-751-9) ;
- (it) Vito Maragioglio et Celeste Rinaldi, L'Architettura delle Piramidi Menfite : il complesso di Meydum, la piramide a Doppia Pendenza e la piramide settentrion. in pietra di Dahsciur, vol. III, Rapallo, Officine Grafiche Canessa, ;
- Franck Monnier, « The satellite pyramid of Meidum and the problem of the pyramids attributed to Snefru », The Journal of Ancient Egyptian Architecture, no 3, , p. 1-23 ;
- (en) William Matthew Flinders Petrie, Meidum, Londres, David Nutt, (lire en ligne) ;
- (en) William Matthew Flinders Petrie, Ernest J. H. MacKay et Gerald A. Wainwright, Meydum and Memphis, vol. III, Londres, ;
- (en) Alan A. J. Rowe, Excavations of the Eckley B. Coxe, Jr. Expedition at Meidum, Egypt, 1929-1930, Museum Journal, Pennsylvania, (lire en ligne) ;
- (en) Richard William Howard Vyse et John Shae Perring, Appendix to operations carried on at the pyramids of Gizeh in 1837, vol. 3, Londres, Fraser, (lire en ligne) ;
- (en) Alan Winston, The Meidum (Maidam) Pyramid (Probably of Snefru) in Egypt (lire en ligne).
Bibliographie générale sur les pyramides
modifier- Jean-Pierre Adam et Christiane Ziegler, Les pyramides d'Égypte, Paris, Hachette, , 222 p. (ISBN 9782014621242, lire en ligne) ;
- (en) Iorwerth Edwards, The pyramids of Egypt, Londres, Penguin Books, (1re éd. 1947) (ISBN 978-0140136340, lire en ligne) ;
- Zahi Hawass, Trésor des pyramides, White Star, , 416 p. (ISBN 978-8861123823) ;
- (de) Peter Jánosi, Die Pyramiden: Mythos und Archäologie, C.H. Beck, , 128 p. (ISBN 978-3406508318) ;
- Jean-Philippe Lauer, Le Mystère des pyramides, Paris, Presses de la Cité, , 3e éd. (1re éd. 1948) (ISBN 2-258-02368-8) ;
- Mark Lehner, Geheimnis der Pyramiden : Die ersten echten Pyramiden: Meidum und Dahschur, ;
- (en) Mark Lehner, The Complete Pyramids, Londres, Thames & Hudson, , 256 p. (ISBN 978-0-5000-5084-2) ;
- Franck Monnier, L'ère des géants : Une description détaillée des grandes pyramides d'Égypte, Paris VIe, Éditions De Boccard, , 268 p. (ISBN 978-2-7018-0493-4) ;
- (de) Alberto Siliotti et Zahi Hawass, Pyramiden. Pharaonengräber des Alten und Mittleren Reiches, Köln, Karl Müller, , 168 p. (ISBN 978-3860706503) ;
- (de) Rainier Stadelmann, Die ägyptischen Pyramiden: Von Ziegelbau zum Weltwunder, Mainz am Rhein, Phillip von Zabern, coll. « Kulturgeschichte der antiken Welt » (no 30), (1re éd. 1985) (ISBN 978-3-8053-0855-7, OCLC 961317530) ;
- (en) Miroslav Verner, The Pyramids : The Archaeology and History of Egypt’s Iconic Monuments, Le Caire, New York, The American University in Cairo Press, (1re éd. 1997 (tchèque), 1999 (allemand), 2001 (anglais)), 464 p. (ISBN 978-9774169885).
Autres références
modifier- Sydney Hervé Aufrère et Jean-Claude Golvin, L'Égypte restituée, vol. III : Sites, temples et pyramides de Moyenne et de Basse Égypte, Paris, Errance, , 363 p. (ISBN 978-2-87772-148-6) ;
- Jacques Vandier, Manuel d'archéologie égyptienne, vol. I, II & III ;
- Günther A. Wagner, Einführung in die Archäometrie, Berlin, Springer, , 395 p. (ISBN 978-3-540-71936-6).
