Pyramide de Mérenrê Ier

bâtiment en Afrique

La pyramide de Mérenrê Ier est une pyramide de type à faces lisses située à Saqqarah en Égypte. Le pharaon Mérenrê Ier choisit, pour faire édifier sa sépulture, un emplacement à peu de distance au sud-ouest de la pyramide de son prédécesseur Pépi Ier. La pyramide fut explorée pour la première fois en 1880 puis bien plus tard de 1971 à 1980. Elle possède la particularité d'être une pyramide à textes située au sein d'un complexe funéraire qui ne fut, au vu des fouilles les plus récentes, sans doute pas achevé.

Pyramide de Mérenrê Ier
Pyramides d'Égypte
Commanditaire
Autre nom
Khâ-nefer Merenrê, Ḫˁ-nfr Mr-n-rˁ La perfection de Merenrê est apparue »)
ou Pyramide des chasseurs
Nom (hiéroglyphes)
V10AN5U6D21
N35
V11A

N28F5O24
Type
Hauteur
52,40 m
100 coudées
Base
78,60 m
150 coudées
Inclinaison
53° 07 48
Pente
4/3
Coordonnées
Carte

Exploration du monument

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Plan du complexe funéraire

Le complexe funéraire n'a pas encore été exploré et étudié dans son intégralité. Répertoriée comme « pyramide no XXXIX » dans la liste des pyramides réalisée par Karl Richard Lepsius, la pyramide fut ouverte en décembre 1880 à la demande d'Auguste Mariette[1]. L'exploration fut menée début janvier de l'année suivante par les frères Émile et Heinrich Brugsch, ce dernier rédigeant le premier rapport sur le monument. Celui-ci apporta à Auguste Mariette, avant qu'il ne s'éteignît, la confirmation de l'existence des Textes des pyramides. Gaston Maspero dressa des plans des appartements funéraires, fit le relevé des inscriptions et supervisa les estampages[2]. Grâce à ce travail, il publia la première version des passages les mieux conservés des Textes des pyramides en 1894[note 1], regroupant ceux de la pyramide de Mérenrê Ier et ces des quatre autres pyramides royales[3]. Les frères Brugsch découvrirent également, gisant près du sarcophage, les restes d'une momie. Celle-ci fut transportée non sans encombre puisque qu'un accident la brisa en deux morceaux[4]. Bien que certaines mentions indiquent qu'elle fut entreposée au musée de Berlin et qu'elle disparut durant la Seconde Guerre mondiale, aucune preuve ne vient étayer cette histoire. Au contraire, elle est conservée au Musée Imhotep à Saqqarah[5]. De nouvelles fouilles furent entreprises par Jean-Philippe Lauer, Jean Leclant et Audran Labrousse de 1971 à 1980 dans le cadre de la mission archéologique franco-suisse de Saqqâra[6]. Ils mirent en place des consolidations au fur et à mesure des dégagements afin d’éviter tout effondrement. Au cours de ces campagnes de fouilles, plus de deux mille fragments des Textes des pyramides furent recueillis, les appartements funéraires étant dévastés[2]. Ceci mena, d'une part, avec les autres pyramides à textes, à l'édition d'un important travail de description et d'analyse architecturale dirigé par Audran Labrousse[7],[8], et, d'autre part, à la première édition exhaustive des textes funéraires de la pyramide, révélant cinquante-et-une nouvelles formules non encore répertoriées et numérotées de 1101 à 1151[2],[9].

Pyramide

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Superstructure

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Bien que l'explorateur anglais John Shae Perring dît avoir observé des blocs de pierres du parement, aucun ne subsiste aujourd'hui. La pyramide avait à l'origine une base de 78,60 mètres (150 coudées) et une hauteur de 52,40 mètres (100 coudées) correspondant aux dimensions de la plupart des pyramides à textes[note 2].

Infrastructure

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Le plan et la conception des appartements funéraires suivent très exactement ceux établis sous le règne du pharaon Ounas et sont typiques des pyramides de la VIe dynastie. Le couloir d'accès aux appartements voit son entrée flanquée au pied de la face nord de la pyramide, sous le seuil de la chapelle accolée contre celle-ci. Cette descenderie, d'une longueur de 14,40 mètres, comporte un bouchon de granite encore en place derrière lequel la partie inférieure du couloir fut sans doute obstruée sur toute sa longueur par de gros blocs de calcaire. Ces blocs ayant disparu et le bouchon de granit contourné par un passage de voleur, il est désormais aisé de parvenir jusqu'au vestibule précédant la chambre aux herses. Cette chambre est parfaite de conception puisque, pour la première fois dans ce type de pyramide, elle fut entièrement exécutée en granite[note 3]. D'une longueur totale de 7,50 mètres, la chambre est couverte d'un seul bloc de calcaire de plus de quarante-six tonnes. Les herses, obstruant jusqu'alors le passage, ont été relevées en 1972.

Plan des appartements funéraires

Ce passage franchi, le visiteur doit longer un couloir sur plus de dix mètres. Ce couloir contient en son extrémité sud une ceinture de granit. Ce passage est couvert par un énorme bloc de granit pesant plus de cinquante-cinq tonnes (le plus gros pour ce type de couvrement). La finalité de ce système, longtemps débattue, a pu être expliquée « grâce » au très mauvais état de certaines pyramides. Ce passage fut conçu en granit afin de supporter les énormes charges déversées par les voûtes en chevrons de l'antichambre menaçant d'écraser cette partie du couloir d'accès. Les appartements funéraires adoptent un plan classique consistant en un serdab, une antichambre et la chambre funéraire, orientés suivant l'axe est-ouest. L'antichambre dont le plan a une base rectangulaire de 3,70 × 3,10 mètres de côtés ne comporte qu'une erreur minime d'un centimètre. Elle est couverte par une voûte en chevrons peinte d'un ciel étoilé, les étoiles toutes orientées vers l'ouest. L'étude a révélé que cette voûte devait originellement être sculptée en léger creux, à l'instar de celle de la chambre funéraire, mais qu'elle fut finalement peinte sans doute à cause de l'achèvement en hâte du complexe funéraire, provoqué par la mort prématurée du souverain. La chambre funéraire contient un sarcophage avec une momie qui a été attribuée au roi. Elle serait donc la seule momie royale de l'Ancien Empire qui nous soit parvenue.

Le serdab, situé à l'est de l'antichambre et de plan classique, n'en est pas moins exceptionnel de par sa conception en mégalithes d'une taille extraordinaire. En effet, l'un des blocs assurant la couverture est d'une longueur de neuf mètres et pèse plus de cent tonnes. La chambre funéraire est située à l'ouest de l'antichambre. Elle contient toujours un sarcophage avec son couvercle, tous les deux en grauwacke. La cuve à canopes, encastrée dans le sol de la chambre, est en granit et son couvercle (très probablement improvisé dans une chute de couvercle de sarcophage) en grauwacke. Le sarcophage est d'une grande qualité d'exécution et fut gravé en léger creux sur ses quatre faces par une ligne de légendes royales. Cette inscription fut, d'après les traces relevées sur le sarcophage, couverte d'une fine pellicule d'or.

La chambre funéraire, à l'instar de l'antichambre fut décorée sur ses parois, des textes des pyramides. Le couloir d'accès comportait également des textes mais seulement sur sa partie horizontale. La descenderie et le serdab sont anépigraphes contrairement au principe de son prédécesseur Pépi Ier qui fit décorer toutes les parois de ses appartements funéraires.

Chapelle

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La chapelle, accolée contre la face nord de la pyramide, a livré de très nombreux fragments gravés.

Notes et références

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  1. Cette édition regroupe en fait en un seul volume le travail qu'il avait publié dans une série d'articles entre 1882 et 1893 dans plusieurs numéros du Recueil de Travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes. Ceux de la pyramide de Mérenrê Ier ont été publiés dans les numéros 9 à 11 entre 1887 et 1889.
  2. Seule la pyramide d'Ounas est plus petite.
  3. Les pyramides à textes des règnes précédents comportaient des passages à herses alternant le calcaire et le granit.

Références

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  1. Gourdon 2016, p. 250.
  2. 1 2 3 « Liste des pyramides à textes et état des lieux du travail de la mission », sur Mission archéologique franco-suisse de Saqqâra (consulté le )
  3. Maspero 1894.
  4. Brugsch 1894, Chap. 7.
  5. Ikram et Dodson 1998, p. 81-82.
  6. Gourdon 2016, p. 282.
  7. Labrousse 2011a.
  8. Labrousse 2011b.
  9. Leclant et al. 2019.

Bibliographie

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