Révolution de l'Odjak d'Alger
La Révolution de l'Odjak, également appelée révolution des aghas[1] ou révolution de 1659, est une importante révolution militaire qui modifie les fondements du gouvernement de la régence d'Alger et ses relations avec le centre impérial à Istanbul. Survenue durant une période de transformation de l'Empire ottoman (en), elle s'étend de juin à septembre 1659. Elle est généralement considérée comme la conséquence de la perte d'importance de la Régence aux yeux de Constantinople, qui remontait au XVIe siècle : plusieurs décennies de marginalisation, illustrées par la nomination de gouverneurs incompétents et par la divergence des intérêts concernant les relations avec les puissances européennes, rendent les corsaires barbaresques et les janissaires d'Alger moins enclins à se consacrer à la cause ottomane[2]. Cette évolution aboutit à l'ascension du corps des janissaires de l'Odjak d'Alger comme faction dominante de l'élite politique ottomane d'Alger[3].
| Révolution des aghas | |
Drapeau régimentaire de l'Odjak des janissaires d'Alger | |
| Pays | Régence d'Alger |
|---|---|
| Organisateur | Taïfa des raïs Odjak d'Alger |
| Date | juin à septembre 1659 |
| Résultat | Fin de la période des pachas et du pachalik ottoman Début de la période des aghas dans la régence d'Alger. La régence d'Alger devient une république militaire souveraine |
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À la fin du règne d' Ibrahim Pacha en tant que gouverneur de la régence (1656-1659), un soulèvement de grande ampleur éclate contre lui, mené par les capitaines corsaires et les soldats de l'Odjak. Les raïs se révoltent parce que le pacha Ibrahim leur a retiré les sommes d'argent que leur versait l'Empire ottoman en compensation de leurs pertes dans l'Adriatique, ainsi que pour avoir versé des pots-de-vin aux hommes d'État de Constantinople afin de conserver son poste. Les corsaires attaquent alors son palais, l'arrêtent et l'emprisonnent. Les soldats de l'Odjak cherchent depuis longtemps à saisir toute occasion d'accroître leur pouvoir et trouvent dans cet événement l'occasion de réaliser un coup d'État soudain contre le pacha[4].
Les janissaires éliminent de fait l'autorité du pacha, dont la fonction devient essentiellement cérémonielle, et conviennent de confier le pouvoir exécutif au Diwan d'Alger, dirigé par le commandant en chef de l'Odjak d'Alger, Khalil Agha.
Événements préalables (1654-1659)
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Les frères Barberousse Arudj et Khayr ad-Din Barberousse avaient placé la Régence sous la protection de la Sublime Porte et avaient demandé puis obtenu le titre de pacha. Durant la première période de la Régence, les pachas étaient choisis parmi les marins les plus illustres, car la flotte algérienne apportait souvent une aide importante à la marine ottomane dans ses affrontements avec les puissances européennes. Mais après la bataille de Lépante, la Sublime Porte, affaiblie et absorbée par des intérêts plus sérieux et plus proches, n'accorde plus la même attention au choix des gouverneurs d'Alger. Des favoris obscurs ou des fonctionnaires cupides, qui achetaient leur nomination en corrompant les principaux officiers du « Grand Seigneur », étaient fréquemment investis de cette fonction. Dès leur arrivée, ils se hâtaient de faire fortune en exploitant toutes les sources de revenus. La milice, habituée à obéir à des chefs illustres qu'elle estimait, ne tarda pas à manifester un esprit d'indépendance et de révolte envers ces successeurs indignes de Khayr ad-Din, Hassan Pacha, Salah Raïs et Sinan Pacha. À plusieurs reprises, l'agha de la milice s'opposa au gouverneur envoyé par la Sublime Porte et conduisit le Diwan à prendre des décisions entièrement contraires aux ordres reçus de Constantinople. Ainsi, plusieurs pachas furent destitués et d'autres furent tués[5].
Crise économique
modifierGuerre contre la dynastie alaouite
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L'émirat alaouite émerge sous la direction de Chérif ben Ali et de son fils Mohammed ben Chérif au milieu des troubles qui touchent les régions les plus éloignées du Maghreb occidental durant la première moitié du XVIIe siècle. Ce dernier part du Tafilalet dans le Sud et étend son territoire vers le nord-est jusqu'au fleuve Moulouya[6]. En 1653, ses forces franchissent la vallée de la Moulouya en direction d'Oujda, alors sous le contrôle de la Régence d'Alger[7]. Mohammed ben Chérif s'empare d'Oujda après avoir attaqué les tribus qui refusent de se soumettre à son autorité. Il étend sa conquête jusqu'aux environs de Tlemcen, dont les habitants tentent de lui résister, mais il les vainc et les contraint à se réfugier derrière les murailles de la ville. Il poursuit ensuite sa campagne, chargé de butin. Le chef alaouite passe l'hiver à Oujda et, l'année suivante, lance une nouvelle campagne dans les provinces occidentales de la Régence. Il pille tout sur son passage, rencontrant peu de résistance, jusqu'à Laghouat.
Mehmed Pacha, gouverneur d'Alger, prépare, sous la direction de son conseiller, une campagne contre le prince alaouite, mais ses troupes ne parviennent pas à le localiser, car celui-ci s'est déplacé vers le sud, regagnant Oujda puis Sijilmassa[8]. L'invasion de Mohammed ben Chérif provoque de graves troubles dans les provinces occidentales et entraîne une révolte à Tlemcen. Plusieurs tribus refusent de payer l'impôt, notamment parce que leurs biens et leur bétail ont été pillés, et déclarent leur désobéissance[9]. Entre-temps, la garnison des janissaires parvient à réprimer le soulèvement à Tlemcen. Cependant, ses efforts ne permettent de recueillir que des recettes fiscales minimes dans les provinces occidentales[10].
Épidémie à Alger
modifierEn 1654, une épidémie de peste dévastatrice se propage à Alger et dure environ trois ans. Son impact est catastrophique : elle provoque la mort de milliers d' esclaves chrétiens et d'environ les trois quarts de la population de la ville[11].
Cette épidémie entraîne un important ralentissement économique en raison de la mort d'un grand nombre de marchands et d'artisans de la ville, ou de leur fuite vers les campagnes afin d'éviter la contagion. En outre, les navires marchands qui avaient coutume de faire escale à Alger cessent de revenir et les raïs n'osent plus sortir du port.
Pour compenser la baisse des revenus résultant du ralentissement de l'activité économique et des pertes subies par le trésor, Ahmed Pacha augmente les impôts sur les activités restantes et accroît les recettes de l'État provenant des droits de douane, qui connaissent une forte hausse durant la même période en raison de l'augmentation du nombre de décès. Cette situation ne dure toutefois pas longtemps. Dès la deuxième année de l'épidémie, la crise financière atteint un niveau difficilement maîtrisable. Le problème pèse lourdement sur Ahmed Pacha, qui succède à Mehmed Pacha en juillet 1655. Face à l'aggravation de la situation financière, il finit emprisonné après sept mois de règne. Son successeur, Ibrahim Pacha, ne connaît pas un meilleur sort : il est emprisonné en mai 1656, seulement trois mois après son entrée en fonction, en raison de son incapacité à payer les soldes de l'Odjak.
Revers maritimes
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Aucun de ces gouverneurs ne peut compter uniquement sur la course et les raids maritimes pour équilibrer les finances, car ceux-ci diminuent également durant leur mandat en raison des lourdes pertes subies par la flotte algérienne, notamment lors des événements de l'automne 1655 pendant la guerre de Candie, ainsi que des efforts européens de lutte contre la course[12]. Les amiraux néerlandais, notamment Michiel de Ruyter, poursuivent les navires des raïs, qui décident de les affronter près du détroit de Gibraltar. L'amiral néerlandais parvient à capturer douze navires algériens, dont certains sont réquisitionnés pour son propre usage. Il en poursuit d'autres et contraint certains à chercher refuge sur la côte marocaine de la Méditerranée[13]. La même année, les Algériens perdent sept navires dans une bataille en mer Égée contre une flotte comprenant notamment des Vénitiens.
Soulèvement de l'Odjak des janissaires
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Tous ces facteurs contribuent à l'apparition d'une crise étouffante, plus grave que jamais auparavant. Ibrahim Pacha épuise tous les moyens de réunir des fonds par des procédés contestables, notamment en extorquant les habitants fortunés de la ville et en imposant des amendes supplémentaires aux marchands et aux artisans, ainsi qu'à toute personne susceptible de payer. Il échoue cependant dans ses efforts. L'Odjak devient de plus en plus hostile à son égard en raison du retard dans le versement des soldes. Il ne lui laisse aucun répit et, en juin 1659, le fait emprisonner une deuxième fois, alors qu'Ali Pacha vient d'être nommé par le califat ottoman.
Révolte des corsaires
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Le nouveau gouverneur arrive avec un décret ordonnant aux Algériens de préparer et d'envoyer une flotte vers l'Est, avec une compensation financière destinée aux chefs en échange de leur contribution à la guerre de Candie. Cependant, le pacha nouvellement nommé se trouve dans une situation désespérée : l'Odjak est au bord de la révolte et attend avec impatience le versement des soldes en retard, tandis que le trésor est presque vide. Ne trouvant aucune autre solution, il décide à contrecœur de prélever une partie des sommes spécifiquement destinées à la Taïfa des raïs[14].
Les Raïs se révoltent alors contre Ali Pacha et la situation s'aggrave. Le jour de la réunion du Diwan général, à la demande des représentants des raïs, il est décidé d'arrêter le nouveau pacha et ses partisans, qui sont ensuite renvoyés à Izmir. La mauvaise gestion des pachas et les causes générales de la crise financière dans laquelle l'État se trouve plongé sont examinées. Les membres du conseil concluent qu'il est nécessaire d'abolir les prérogatives financières du pacha ottoman, notamment le paiement des soldes et la gestion de la fiscalité et des dépenses publiques. Ibn El Mufti explique ainsi les raisons ayant conduit à retirer aux pachas le privilège du paiement des soldes : « Lorsqu'ils furent chargés de cette fonction, ils en profitèrent pour piller sans retenue l'argent envoyé au palais par diverses sources. Durant cette période, ils se succédèrent fréquemment au pouvoir à de courts intervalles et les habitants d'Alger furent victimes de leur cupidité. Ils contraignirent même parfois les savants et les fonctionnaires de justice à payer une certaine somme. »[15],[16].
Voici dans quels termes le père Barreau, alors consul de France à Alger, rapporte cette révolution[17] :
« Au mois de juin (1659), le divan continuait encore dans les bons arrangements qu'il avait pris pour entretenir la correspondance avec les pays étrangers, et particulièrement avec Marseille, ayant été informé, tant de ses propres sujets que des marchands chrétiens et autres, des raisons pour lesquelles son port paraissait abandonné aussi bien que le pays de sa domination, et lui ayant été représenté que la trop grande autorité qu'il laissait prendre insensiblement aux pachas venant de la Porte du Grand Seigneur leur donnait occasion de commettre beaucoup d'extorsions et d'humiliations ; c'est pourquoi il aurait résolu, pour le bien et l'avantage de tous, d'abolir entièrement cette autorité disproportionnée qu'ils s'étaient attribuée et, à cette fin, aurait interdit à celui qui était alors en charge de se mêler de quoi que ce soit. »
Réaction ottomane
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Dès son arrivée à Izmir, le pacha Ali adresse un rapport sur la situation qu'il a rencontrée et demande à son juge l'autorisation d'en informer Istanbul. Le grand vizir Mehmet Köprülü est irrité par la révolte d'Alger, qu'il considère comme un acte de désobéissance envers le sultan ottoman. En raison de sa colère, il convoque Ali à Istanbul et ordonne son exécution. Entre-temps, le Diwan d'Alger envoie une délégation accompagnée de présents à la Sublime Porte afin de demander un autre pacha, mais le grand vizir ottoman refuse de recevoir la délégation et adresse aux Algériens un décret les avertissant par la lettre suivante : « Enfin, nous ne vous enverrons pas de gouverneur. Prêtez allégeance à qui vous voudrez. Le sultan n'a pas besoin de votre obéissance. Nous avons des milliers de royaumes comme Alger, qu'il y en ait un ou aucun. Et si vous vous approchez des territoires ottomans, vous ne serez pas satisfaits. »
Après cela, le grand vizir adresse un autre décret aux ports de toutes les côtes ottomanes, ainsi qu'aux gouverneurs de l'eyalet d'Égypte et au chérif de La Mecque, leur demandant d'empêcher les Algériens d'accomplir le pèlerinage, de leur vendre des armes et de leur interdire d'approcher les côtes ottomanes. Cela implique une perturbation du hajj et du commerce vers l'Est, ainsi qu'un risque de mécontentement des autorités religieuses et de la population locale, sans compter l'interruption du recrutement indispensable de l'Odjak, menaçant ainsi son existence.
Établissement du régime des aghas
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Le Diwan ne se limite pas à prononcer la déchéance du pacha ; il propose une nouvelle forme de gouvernement qui est immédiatement adoptée. Le Diwan, chargé de la conduite des affaires, confie les pouvoirs de l'État à vingt-quatre Manzoul-Aghas, dirigés par l'agha qui préside le Diwan[18]. Il est convenu de remplacer le pacha et ses officiers par un certain nombre de membres du Diwan choisis parmi les aghas isolés, des officiers retirés du service ayant parcouru tous les grades de la milice. Ces Manzoul-Aghas doivent désormais assurer l'administration de toutes les affaires de l'État, percevoir les revenus du pays, tant du côté de la mer que du côté de la terre, tandis que l'un d'entre eux, qui les préside avec le titre d'agha, est spécialement chargé de distribuer les soldes. Le Diwan lui-même est maintenu comme auparavant ; seul le nombre de membres de ce conseil est augmenté.
Le chef du coup d'État contre le système des pachas est un bouzouk-bachi (Chef de compagnie) nommé Khalil. Il est l'un des membres les plus éminents du Diwan et exerce une influence considérable. Les responsabilités de l'État lui sont officiellement confiées en juillet 1659 et il assume l'ensemble des pouvoirs précédemment détenus par le pacha. Pour marquer son rang élevé, Khalil reçoit le titre d'Agha.
Khalil Agha commence son gouvernement par des mesures destinées à réorganiser les finances de l'État et à procurer des ressources supplémentaires au trésor. Il tient compte des requêtes des marchands locaux et étrangers, abolit les amendes injustes imposées par les pachas précédents et réduit les droits de douane afin de stimuler le commerce. Il accorde également une attention particulière à la fiscalité, comme en témoigne l'application stricte des obligations fiscales et le remplacement de certains collecteurs d'impôts jugés douteux par d'autres choisis parmi les aghas isolés[19].
Khalil parvient à verser intégralement et à temps les soldes des soldats janissaires, dégageant même un excédent qui est déposé au trésor. Il gagne ainsi le respect et la satisfaction de l'Odjak, qui finit par le surnommer « Baba Khalil »[20].
Conséquences
modifierÉvolution politique
modifierCe nouveau gouvernement, qualifié de « républicain » par le penseur politique français Montesquieu, traverse toutefois une période d'incertitude entre 1659 et 1711 : sur les seize souverains qui se succèdent à la tête de la Régence, quinze sont assassinés. Cette situation s'explique notamment par le fait que le pouvoir des aghas et des deys est limité par le Diwan d'Alger[21], tandis que la fonction de pacha, bien que devenue cérémonielle, demeure une preuve de légitimité dont les dirigeants de fait d'Alger sont dépourvus, ce qui favorise les complots contre ces gouverneurs élus.
Néanmoins, en assurant une politique complémentaire entre les détenteurs du pouvoir militaire et ceux du pouvoir financier grâce à l'institutionnalisation, l'élite ottomane d'Alger parvient finalement à mettre en place un système politique capable de survivre aux crises sans guerre civile et permettant une indépendance de fait vis-à-vis de l'autorité impériale de la Sublime Porte[22]. En 1710, le dey Baba Ali établit une succession ordonnée du pouvoir au sein de l'élite ottomane d'Alger.
Relations avec l'Empire ottoman
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Après la mort de Mehmet Köprülü et la succession de son fils Fazıl Ahmet Köprülü au poste de grand vizir dans les derniers jours d'octobre 1661, les envoyés algériens prennent contact avec Kara Mustafa, l'un des ministres du Divan impérial (en), et lui présentent de précieux présents afin qu'il intercède en leur faveur auprès du grand vizir. Celui-ci leur pardonne et se déclare disposé à envoyer un nouveau pacha à Alger.
Le kapıcıbaşı, Boshnaq Isma'il Pacha bin Khalil, est nommé pacha d'Alger par la Sublime Porte. Il arrive à Alger le , en qualité de représentant du sultan, et est accueilli avec beaucoup d'enthousiasme et de respect par les Algérois. Un logement est aménagé pour son séjour au palais de la Jénina[23]. Conformément aux conditions convenues précédemment, le Diwan d'Alger lui verse un traitement et prend en charge toutes les dépenses liées à sa maison et à sa personne, à condition qu'il ne s'immisce pas dans les affaires de l'État et ne quitte pas Alger sans autorisation, ce qui réduit son rôle à celui d'un titre honorifique[24].
Tal Shuval décrit ainsi les relations entre l'élite algérienne et le centre impérial ottoman :
« Depuis la révolution des aghas, un comportement très « ottoman » caractérise l'élite algérienne à l'égard du centre impérial : une démonstration constante de loyauté envers l'Empire et ses gouverneurs, accompagnée d'une défense jalouse de l'autonomie de la province vis-à-vis de ce même centre. »
Certains auteurs ont interprété la « révolution des aghas » comme un simple épisode de désobéissance lié à la réorganisation régionale de l'Empire ottoman, en s'appuyant notamment sur le maintien de la fonction de pacha dans la Régence d'Alger[25]. Cette révolution entraîne néanmoins plusieurs changements importants :
Le pouvoir effectif est désormais exercé par la milice d'Alger, réduisant la fonction de pacha à un rôle cérémoniel[26]. Les relations diplomatiques avec les puissances étrangères s'intensifient[27]. Le Diwan d'Alger doit prendre en charge les dépenses des soldats ainsi que le paiement des soldes des officiers et de tous les employés du gouvernement[28]. Le titre de pacha est finalement attribué au dey d'Alger à partir de 1710[29].
Cette situation témoigne de l'indépendance de facto d'Alger à l'égard de ce qui subsiste de la suzeraineté ottomane, déjà largement relâchée[30],[31]. L'Empire ottoman ne cherche plus à étendre son influence en Méditerranée occidentale comme il l'avait fait au XVIe siècle, mais les deys continuent de bénéficier du soutien politique et religieux du sultan ottoman par l'intermédiaire du titre de pacha qu'ils portent à Alger. Celui-ci témoigne davantage de leur besoin de légitimité et de protection que d'une autorité effective exercée par la Sublime Porte.
Voir aussi
modifierAutres révoltes sur la Côte des Barbaresques à la même époque :
Notes et références
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- ↑ Soucek Svat, Ottoman Maritime Wars, 1416–1700, Istanbul, The Isis Press, , 119–124 p. (ISBN 978-975-428-554-3)
- ↑ Christine Woodhead, The Ottoman world, Milton Park, Abingdon, Oxon; New York : Routledge, , 271–273 p. (ISBN 978-0-415-44492-7, lire en ligne)
- ↑ (ar) Yahia Bouaziz, الموجز فى تاريخ الجزائر [« Abrégé de l'histoire de l'Algérie »], (lire en ligne), p. 42
- ↑ Rozet Claude, Algérie, Firmin Didot frères, (lire en ligne), p. 243
- ↑ (ar) Hassan Ibrahim Chahatta, أطوار العلاقات المغربية العثمانية [« Les différentes phases des relations maroco-ottomanes »], , 390–392 p. (lire en ligne)
- ↑ d'Avity Pierre, Description générale de l'Afrique, , 156–158 p. (lire en ligne)
- ↑ Cour Auguste, L'établissement des dynasties des chérifs au Maroc: et leur rivalité avec les turcs de la régence d'Alger, 1509-1830, , 175–177 p. (lire en ligne)
- ↑ (ar) Ahmed ben Khaled al-Nasseri, الاستقصا لأخبار دول المغرب الأقصى [« Recherche approfondie sur l'histoire des États du Maghreb extrême »], (lire en ligne), p. 21
- ↑ Ernest Mercier, Histoire de l'Afrique Septentrionale (Berbérie) depuis les temps les plus reculés jusqu'à la conquête française (1830), (lire en ligne), p. 243
- ↑ (ar) Aziz Alter Sameh, كتاب الأتراك العثمانيون في أفريقيا الشمالية [« Les Turcs ottomans en Afrique du Nord »], , 377–378 p. (lire en ligne)
- ↑ Pierre Boyer, « La révolution dite des « Aghas » dans la régence d'Alger (1659-1671) », Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée, nos 13-14 « Mélanges Le Tourneau. I », , p. 159-170 (lire en ligne)
- ↑ Gérard van Krieken, Corsaires et marchands. Les relations entre Alger et les Pays-Bas, 1604-1830, , 52–55 p. (lire en ligne)
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