Ritchy Thibault
Ritchy Thibault, né en à Pineuilh en Gironde, est un militant politique français, d'extrême gauche, ancienne figure du mouvement des Gilets jaunes. Il est connu pour son engagement en faveur de la lutte contre l'antitziganisme.
| Collaborateur ou collaboratrice parlementaire Ersilia Soudais | |
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| Porte-parole Pour une écologie populaire et sociale |
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Ersilia Soudais ( - |
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| Parti politique |
En parallèle de ses études d'histoire, il est collaborateur parlementaire de la députée du groupe La France insoumise (LFI) Ersilia Soudais entre 2024 et 2025, sans être membre de ce parti. Ses propos polémiques et ses appels à l'insurrection lui valent d'être remarqué et de faire l'objet de plusieurs plaintes. Soudais rompt son contrat de collaborateur en 2025.
Biographie
modifierOrigines et engagement précoce
modifierIssu d'une famille tsigane (Manouche par son père, Gitane par sa mère) sédentarisée à Pineuilh, Ritchy Thibault grandit dans un milieu dépolitisé, confronté à des discriminations liées à ses origines et à des injustices sociales[1]. Son père est vendeur de literie sur les marchés, et sa mère vend du linge de maison[1]. Marqué par le Porrajmos — génocide des Tziganes, dont ses grands-parents furent victimes —, l’antitziganisme et les difficultés de son frère atteint de trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH), il s’inspire de figures comme l’abbé Pierre ou le résistant manouche Raymond Gurême[1],[2].
À 14 ans, en 2018, il participe au mouvement des Gilets jaunes sur le rond-point de Pineuilh, une expérience qu’il qualifie de « seconde naissance »[1]. Considéré comme le « plus jeune des Gilets jaunes », il y développe sa conscience politique à travers débats et lectures, notamment des œuvres de l’anarchiste Élisée Reclus[2],[3]. Lycéen, il fonde l’association Les Jeunes solidaires, s’engage dans le collectif École pour tous, participe à des marches pour le climat et contribue à l’ouverture d’un jardin communautaire à Pineuilh[1],[4].
En 2022, après avoir obtenu son baccalauréat, il se présente brièvement comme candidat sans étiquette aux élections législatives dans la dixième circonscription de la Gironde, prônant une politique citoyenne et participative[4]. L’été suivant, il parcourt 5 000 km à pied et en auto-stop à travers la France pour rencontrer des collectifs militants (féministes, syndicalistes, soutiens aux sans-papiers)[1].
Études et militantisme à Paris
modifierEn 2022, Ritchy Thibault s’installe à Paris pour entamer une licence d’histoire à l’université Paris-Cité, avec pour objectif d’approfondir l’histoire des Roms[1]. Il devient porte-parole du collectif Pour une écologie populaire et sociale (PEPS), tout en refusant les étiquettes partisanes, bien qu’il soit proche de mouvances de gauche radicale[5]. Il participe à des médias indépendants comme Au poste, Les Insurgés et Quartier général, et cofonde La Luciole-Media (qu’il quitte ensuite) et Le Peuple Révolté pour documenter les mobilisations sociales[2],[6].
Il s’engage dans de nombreuses luttes, notamment contre la réforme des retraites (2023), les méga-bassines à Sainte-Soline, les JO de Paris 2024, le racisme systémique, les violences policières et le conflit israélo-palestinien[2],[7]. En 2023, il perturbe un débat à la Fête de l’Humanité en critiquant Édouard Philippe pour son rôle lors des Gilets jaunes, et intervient dans l’émission Touche pas à mon poste ! face à Jordan Bardella et une députée Renaissance[8].
En 2024, après la réélection d’Ersilia Soudais (LFI) lors des élections législatives partielles, Ritchy Thibault devient son collaborateur parlementaire, travaillant sur l’antitziganisme, notamment sur une résolution pour reconnaître le Porajmos et un rapport sur les conditions de vie dans les aires d’accueil pour les gens du voyage en France[9],[10]. Le , la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, lui interdit l'accès au palais Bourbon et à l’hôtel de Lassay, invoquant un « risque de trouble à l'ordre public » lié à ses déclarations, notamment un appel à l'« intifada[11] ». Cette décision, soutenue par Renaissance et le Rassemblement national, est dénoncée par Ersilia Soudais comme une « ingérence gravissime » et par le syndicat CGT des collaborateurs parlementaires comme « discriminatoire »[9],[12]. Ersilia Soudais se sépare de lui en en raison de nombreux propos polémiques[13].
Affaires judiciaires
modifierEn 2023, après des propos tenus sur Touche pas à mon poste ! où Thibault qualifie le fascisme de « menace à éradiquer » en s'adressant à Jordan Bardella, ce dernier porte plainte pour « menace contre un élu ». Une enquête préliminaire est ouverte en [14].
Le , au Salon international de l'agriculture, Ritchy Thibault interpelle Emmanuel Macron en lui criant : « L'éborgneur, n'oublie jamais que nous sommes dans le pays de la Révolution française, le pays qui fait tomber la tête des monarques[6] ! ». Arrêté, il passe 46 heures en garde à vue. L'Élysée porte plainte pour « menace de mort », ce que l'intéressé conteste, arguant du caractère métaphorique de ses propos. Le procès a lieu en septembre 2026. Après « six heures de provocations et d’insultes », le tribunal exclut Ritchy Thibault pour poursuivre le procès à huis clos[15],[16].
En 2024, le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, porte plainte contre Thibault pour « injure publique » après un post sur X où le jeune homme qualifie les policiers d'« enfants de Pétain[17] ».
Lors d'un rassemblement contre l'islamophobie le , Thibault appelle à constituer des « brigades d'autodéfense populaire », propos qualifiés d'« appel à l'insurrection » par les autorités. Retailleau saisit la justice[18],[19].
Ouvrages
modifierRitchy Thibault a publié deux ouvrages aux éditions Massot :
- Ritchy Thibault, Arrachons une vie meilleure ! : Le manifeste du jeune activiste face aux périls qui guettent l’humanité, Massot éditions, , 144 p. (ISBN 9782380354362).
- Ritchy Thibault, Quand les monarques nous font taire : Le retour du crime de lèse-majesté, Massot éditions, (ISBN 9782380354768)
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 « Ritchy Thibault, le Tzigane qui veut changer le monde »
, L'Humanité, (consulté le ). - 1 2 3 4 « Réforme des retraites : gilet jaune, étudiant, qui est Ritchy Thibault, un des jeunes visages de l’opposition à la loi ? », sur France 3 Nouvelle-Aquitaine, (consulté le ).
- ↑ Mahaut Chaudouët-Delmas, Le pouvoir jeune. Mettre l’avenir entre les mains de ceux qui vont le vivre, Éditions de l’Aube, (ISBN 9782815956574).
- 1 2 « Pays foyen : Ritchy Thibault, un lycéen candidat aux élections législatives », Sud Ouest, (consulté le ).
- ↑ « JO 2024. Youth for Climate, Saccage2024… Qui sont ces collectifs qui s’opposent aux Jeux de Paris ? », Ouest-France, (consulté le ).
- 1 2 « Salon de l’agriculture : le gilet jaune Ritchy Thibault a-t-il passé 50 heures en garde à vue pour avoir interpellé Macron ? », Libération, (consulté le ).
- ↑ « Dans le viseur de la justice, Ritchy Thibault, attaché parlementaire d’Ersilia Soudais, inscrit dans au moins deux fichiers de police », sur Europe 1, (consulté le ).
- ↑ « À la Fête de l’Humanité, ce gilet jaune a voulu empêcher le débat Philippe-Roussel », sur Huffington Post, (consulté le ).
- 1 2 « Ritchy Thibault, collaborateur de la députée LFI Ersilia Soudais, interdit d’accès à l’Assemblée nationale », Sud Ouest, (consulté le ).
- ↑ « Ritchy Thibault : "On veut faire payer aux Gilets Jaunes de faire de la politique" », sur Le Monde moderne, (consulté le ).
- ↑ « Ritchy Thibault, collaborateur de la députée LFI Ersilia Soudais, interdit d’accès à l’Assemblée nationale », Libération, (consulté le ).
- ↑ « Interdit d’accès à l’Assemblée nationale, Ritchy Thibault dénonce "une cabale politique" », sur France 3 Nouvelle-Aquitaine, (consulté le ).
- ↑ « La députée LFI Ersilia Soudais se sépare de son collaborateur Ritchy Thibault aux positions controversées », sur RMC, (consulté le ).
- ↑ « Face à la répression contre Ritchy Thibault, faire bloc et être solidaire », Politis, (consulté le ).
- ↑ Eloi Passot, « «Votre enfant de Pétain, le préfet, je me torche avec son arrêté»: le récit lunaire du procès d’un ancien gilet jaune et ex-militant LFI », sur lefigaro.fr, (consulté le ).
- 1 2 Antoine Margueritte, « "Je parle quand je veux, madame" : incroyable bazar au procès de Ritchy Thibault, ex-collaborateur parlementaire LFI », sur marianne.net, (consulté le ).
- ↑ « Retailleau dépose plainte contre un attaché parlementaire LFI », Le Figaro, (consulté le ).
- ↑ « 20 ans, 3 plaintes, 6 gardes à vue... Le palmarès édifiant de Ritchy Thibault », Le Figaro, (consulté le ).
- ↑ « Bruno Retailleau saisit la justice contre Ritchy Thibault pour appel « à l’insurrection » », Le Parisien, (consulté le ).
Liens externes
modifier- Ressource relative à l'audiovisuel :