La robe battante a été inventée par madame de Montespan pour dissimuler ses grossesses[1], car elle ne révélait pas la taille[2]. Parmi ses autres dénominations, la robe battante est aussi appelée « innocente », du fait qu'elle donne un air plus jeune à la femme qui la porte[3], ou déshabillé, négligé, ou encore robe de chambre.

Robe battante
Robe battante (Allemagne, 1700).
Caractéristiques
Type

Edme Boursault en dit quelques mots dans sa comédie Les Mots à la mode (1694)[3] :

Une robe de chambre, étalée amplement,
Qui n'a point de ceinture et va nonchalamment,
Pour certain air d'enfant qu'elle donne au visage,
Est nommée innocente, et c'est du bel usage[4].

Sous la Régence, la robe battante est notamment associée à la duchesse de Berry, fille aînée du Régent et petite-fille de Madame de Montespan[5], qui en relance la mode avec les mêmes intentions que sa scandaleuse grand-mère : l'ample robe permet à la féconde jeune veuve de masquer ses grossesses, résultant de sa sexualité explosive.

« Dès le commencement de cette année [1719], madame de Berry se trouva encore grosse, et on ne le cachoit qu'au régent. Comme son embonpoint étoit énorme et comme la robe abattue à laquelle on avoit ajouté des cerceaux, grossissoit de beaucoup celle qui les portoit, il étoit très-aisé de cacher cette grossesse[6]. »

La robe battante sera progressivement adaptée et modifiée avec les plis Watteau pour devenir la robe à la française, très en vogue au XVIIIe siècle.

Références

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  1. Gustave-Joseph Witkowski, Anecdotes sur les accouchements, Paris, G. Steinheil éd., 1892, pp. 190-195
  2. Mémoires sur la cour de Louis XIV et de la régence sur Google Livres
  3. 1 2 A Cyclopedia Of Costume Vol. II A General History Of Costume In Europe sur Google Livres
  4. Edme Boursault, Les Mots à la mode : Petite comedie. Augmentée de quantité de vers qui n'ont pas été dits sur le théâtre, Paris, J. Guignard, , x-42 p., in-12 (OCLC 224447740, lire en ligne).
  5. Philippe Erlanger, Le Régent, Paris, Gallimard, 1985 (1re éd. 1938), p. 176.
  6. Jean-Louis Soulavie, Pièces Inédites sur les Regnes de Louis XIV, Louis XV et Louis XVI. Paris, 1809, p. 83.

Voir aussi

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Liens externes

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