Robert Gibrat
Robert Gibrat, né le à Lorient (Morbihan) et mort le à Boulogne-Billancourt[1] (Hauts-de-Seine), est un ingénieur et économiste français, notamment connu pour la loi de Gibrat, dont la carrière a été perturbée par un passage au gouvernement en 1942 sous le régime de Vichy.
| Président Société de statistique de Paris | |
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| Président Société des ingénieurs civils de France | |
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| Secrétaire d'État Gouvernement Pierre Laval (6) Télécommunications | |
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| Directeur adjoint (d) École nationale supérieure des mines de Saint-Étienne | |
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Robert Pierre Louis Gibrat |
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| Directeur de thèse |
René Gonnard (d) |
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Polytechnicien et membre du Corps des mines, mais aussi docteur en droit (avec une thèse d'économie), il enseigne d'abord à l'École des mines de Saint-Étienne (1929-1935), puis travaille à la Société générale d'entreprise (aujourd'hui, Vinci) jusqu'en 1940.
Il devient alors directeur au ministère de l'Industrie. En avril 1942, il entre dans le gouvernement Laval VI comme secrétaire d'État aux Communications, mais démissionne dès novembre de la même année, à la suite de l'occupation de la zone libre par l'armée allemande, sans toutefois rallier la Résistance. À la Libération, il est incarcéré, puis condamné en mars 1946 à dix ans d'indignité nationale, obtenant une grâce dès 1948.
Devenu cadre à EDF, il participe notamment à la construction de l'usine marémotrice de la Rance et aux débuts de l'utilisation du nucléaire pour la production d'électricité.
Biographie
modifierOrigines familiales et formation
modifierFils d'un médecin de la Marine nationale, il est admis à l’École polytechnique (promotion 1922), dont il sort premier, intégrant alors le Corps des mines.
Il suit ensuite des cours de sciences et de droit à l'université[réf. nécessaire]. En 1931, il obtient un doctorat en droit à l'université de Lyon avec une thèse sur Les inégalités économiques, applications aux inégalités des richesses, à la concentration des entreprises, aux populations des villes, aux statistiques des familles, etc., d'une loi nouvelle, la loi de l'effet proportionnel[2] dont est extraite la loi de Gibrat ou loi de l'effet proportionnel. Il restera toujours intéressé par l'économétrie[réf. nécessaire].
En 1928, il épouse Yseult Viel (1905-1982) dont il aura trois filles.
Carrière jusqu'en 1940
modifierDe 1929 à 1935, il enseigne l'électricité industrielle et la minéralogie à l'École des mines de Saint-Étienne[3],[4] dont il devient sous-directeur.
Au début des années 1930, il est membre du groupe de réflexion d'orientation personnaliste Ordre nouveau et du collectif X-Crise, formé de polytechniciens voulant étudier la crise de 1929 dans une perspective planiste.
En 1935, il entre à la Société générale d'entreprises (SGE), qui s'occupe de la distribution d'électricité dans le Massif central et le Nord[réf. nécessaire].
Période de l'Occupation et du régime de Vichy (juillet 1940-août 1944)
modifierÀ l'automne 1940, il est nommé directeur de l'électricité au ministère de la Production industrielle.
En avril 1942, il est nommé secrétaire d'État aux Communications du gouvernement Laval VI en remplacement de Jean Berthelot (1897-1985).
Se trouvant en mission d'inspection sur les travaux de la voie ferrée Méditerranée-Niger au moment du débarquement des Alliés en Afrique du Nord (9 novembre 1942), il rentre à Vichy par loyauté envers le maréchal Pétain.
Il démissionne cependant à la suite de l'invasion de la zone libre ([5]), mais ne passe pas pour autant à la Résistance.
Après la Libération (août 1944)
modifierIncarcéré à Fresnes en , il est relaxé en en ce qui concerne les poursuites pour « crimes contre la sécurité de l'Etat » et libéré.
Lors d'un second procès, il est condamné le à dix ans d'indignité nationale par la Haute Cour de justice.
Il bénéficie d'un décret de grâce deux ans plus tard[6].
Reprise de sa carrière (1948) et entrée à EDF
modifierRobert Gibrat a découvert dès 1940 l'énergie marémotrice en lisant un livre de 1921 L'Utilisation de l'énergie des marées de Georges Boisnier, ingénieur des Ponts et Chaussées de Rennes, ouvrage préconisant l'installation d'une grande usine sur la Rance.
Devenu ingénieur conseil auprès d'EDF pour l'énergie marémotrice, il participe à la construction de l’usine marémotrice de la Rance et est présetn lors de son inauguration en 1965 par le général de Gaulle, président de la République.
En 1956, avec Pierre Massé, il démontre, par la résolution d'un programme linéaire, qu'il est avantageux de remplacer les turbines à gaz par des turbines hydrauliques[7].
Dans les années 1950, il s'intéresse aussi au nucléaire. Il est directeur général du Groupement pour l'industrie atomique (Indatom), fondé en 1955[8], et président-directeur général de la Société des industries atomiques (Socia)[9]. Il est aussi président du comité scientifique et technique d'Euratom.
Il préside de nombreuses sociétés savantes ou professionnelles : « la Société française des électriciens (1955), la Société des ingénieurs civils de France (1966), la Société météorologique de France (1969), le comité technique de la Société hydraulique de FranceSociété statistique de France (1978), la section française de l'American Nuclear Society »[10].
Mort et funérailles
modifierPublications
modifier- « Les Mathématiques modernes, les ingénieurs ou l'avenir de l'homme », conférence prononcée le 6 mars 1971 à la Société des ingénieurs civils de France, La Jaune et la Rouge, n° 264, novembre 1971[11]
- L’Énergie des marées, Paris, PUF, collection « La science vivante », 1966, 219 pages (notice BNF)
Distinctions
modifier- Prix 1968 Crédit Lyonnais de l'Académie des sciences[pas clair] pour la construction de l'usine marémotrice de la Rance, aux côtés de quatre autres ingénieurs d'EDF[12].
Notes et références
modifier- ↑ Lieux de naissance et décès dans la base Matchid du ministère de l'Intérieur et de l'INSEE (consultée le 7 janvier 2020), en ligne sur le site Matchid.
- ↑ Notice bibliographique sur le site du SUDOC.
- ↑ « Société française de minéralogie : liste des membres (1928) », Bulletin de Minéralogie, vol. 51, nos 1-2, , p. 5-20
- ↑ Jean-Louis Del Bayle, Les non-conformistes des années 30 : Une tentative de renouvellement de la pensée politique française, Paris, Les Éditions du Seuil, , 496 p. (ISBN 2020021676), p. 463.
- ↑ Robert O. Paxton, La France de Vichy. 1940-1944, Paris, Seuil, , p. 252.
- ↑ Bulletin de la SABIX, n° 77, novembre 2025, « Mayer, Gibrat et al. Une saga polytechnicienne ».
- ↑ Paul Caseau et Joseph Pouget, « Ainsi EDF rencontra l’informatique », Bulletin d'histoire de l'électricité, no 27, , p. 49-69 (DOI 10.3406/helec.1996.1313).
- ↑ « L’évolution des structures de l’industrie nucléaire française », Le Monde diplomatique, septembre 1965.
- ↑ « Que représentait Robert Gibrat (1904-1980) au Congrès international de philosophie scientifique de 1935 ? », paragraphe 42.
- ↑ Citation extraite de :« Que représentait Robert Gibrat (1904-1980) au Congrès international de philosophie scientifique de 1935 ? », paragraphe 42.
- ↑ « Mayer, Gibrat et al. », chapitre XIII en ligne sur le site Open Edition.
- ↑ Valeurs actuelles, 23 décembre 1968.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Alexandre Moatti, « Mayer, Gibrat et al. - Une saga polytechnicienne », Bulletin SABIX, n° 77, 74 pages (en ligne)
- Michel Armatte, « Robert Gibrat et la loi de l'effet proportionnel », Mathématiques et sciences humaines, 1995, Centre d'analyse et de mathématiques sociales de l'EHESS
- Georges Boisnier, « L'utilisation de l'énergie de marées », Annales des Ponts et Chaussées, 1921, en ligne sur Google Books
- « Que représentait Robert Gibrat (1904-1980) au Congrès international de philosophie scientifique de 1935 ? » en ligne sur le site Open Edition
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Biographie sur le site des Annales des mines
Bases de données et dictionnaires
modifier- Ressource relative à la recherche :