Robert Naly
Georges Robert Naly né le à Genève et mort le à Paris est un peintre, décorateur, graveur, illustrateur, aquarelliste et cartonnier de tapisserie de nationalité suisse. Il a obtenu la nationalité française le .
Peintre figuratif et autodidacte installé à Montmartre pendant plus de 50 ans, il a bénéficié de l’influence de l’Ecole de Paris et profité des enseignements de Suzanne Valadon. Navigateur aguerri et amoureux de la mer, il n’a cessé de mettre le monde marin au centre de son œuvre.
Biographie
modifierJeunesse et formation
modifierSecond fils de François Marie Naly (1866-1954) et de Marie-Louise Pattay (1871-1941), il naît à Collonge-Bellerive (Genève) le 3 septembre 1900. Il reçoit le prénom de son frère Georges, mort en 1899 à l'âge de deux ans. Il a une sœur, Marie-Louise Naly (1902-1981)[1].
Né dans la haute bourgeoisie genevoise d’un père banquier et collectionneur d’antiquités, Naly montre très jeune une passion pour le dessin, l’aquarelle, la peinture et le théâtre[2].
Après des études au collège Calvin de Genève il s’inscrit à la faculté de Droit et obtient sa licence en 1921. Il part à Londres en 1922 et travaille deux ans comme courtier au sein de la City. En 1924 il arrive à Paris et entre chez Fontanges, un agent de change, où il est liquidateur. Il consacre tout son temps libre aux visites des musées et des galeries ainsi qu’au dessin et à la peinture. À Montparnasse, il fréquente de nombreux artistes dont Simon Mondzain, Chaïm Soutine ou Moïse Kisling[3].
Montmartre (1927-1945)
modifierEn 1927, un grand scandale financier envoie son père en prison et ruine la famille[4]. Naly change radicalement de vie et se consacre exclusivement à la peinture[5]. Il emménage à Montmartre[6]. Il collabore à des journaux comme illustrateur et caricaturiste, s’associe à l’Italien Manfredo Borsi pour créer des objets de décoration et réalise, en 1928, pour le célèbre manager de boxe américain Jef Dickson, les panneaux sportifs du « Silver Ring » à Paris. À la fin de cette association, il s’installe dans son propre atelier au 40, rue Lamarck, et illustre le poème de Georges Fourest La Négresse blonde[7].
Il part trois mois à Tréboul, en Bretagne, et ce voyage marquera le début d’un lien très fort avec la Bretagne. En 1933, la Ville de Paris achète un Pardon de Sainte-Anne-la-Palud, toile exposée au Salon d’Automne, et Ambroise Vollard achète l’Ile Tristan[7]. À Montmartre, Naly se lie d’amitié avec de nombreux artistes, Pere Créixams, Jean Dufy, André Utter, Suzanne Valadon et Maurice Utrillo[4].
En 1934, il part pour un long voyage en Arabie Saoudite et en Abyssinie, dont il rapporte une collection de dessins et de peintures qui sont à l’honneur de sa première grande exposition à la galerie Else Clausen avec Henri de Montfreid et le sculpteur Serge Youriévitch. Dès lors, Naly ne cesse d’exposer à la prestigieuse galerie Vallotton à Lausanne pendant près de 20 ans, mais aussi à Paris, à Genève et, en 1942, à Biarritz et à Pau. En 1936, il partage l’atelier d’Utter avec Jean Dufy et, après le mariage de Maurice Utrillo avec Lucie Valore, il sert de dame de compagnie à Suzanne Valadon, qui lui apprend à analyser la peinture[5].
À partir de 1937, il s’adonne à une nouvelle expression artistique, la gravure, dans le célèbre atelier de Roger Lacourière. Avec lui, il apprend les différentes techniques de gravure et c’est là qu’il côtoie de nombreux artistes de l’époque, Miró, Dunoyer de Segonzac, Picasso, Chagall, Derain etc… En 1938, il passe un an à l’île d’Yeu et projette avec l’architecte parisien Charles Thomas de faire le tour du monde sur un thonier qu’ils transforment pour leurs besoins. Le départ est prévu pour septembre 1939. Mais la guerre en Europe anéantit définitivement le projet de voyage[8].
Rentré à Paris, Naly se concentre sur l’illustration d’un recueil de 20 poèmes de Jean-Louis Vallas, Vingt Ponts de Paris pour lequel Vallas reçoit le prix de poésie populiste de l’Académie Française en 1949. En 1940, il illustre une nouvelle, La Fosse aux péchés, écrite spécialement pour lui par son ami Marcel Aymé.
À cette époque, il passe une année entière à peindre au cirque Medrano, boulevard de Rochechouart. Il en résulte une série de toiles qui sont exposées à trois reprises à Paris : dans l’atelier du peintre en mars, au milieu des fauves du cirque Amar en septembre et dans un bistrot en décembre 1941.
Pendant ces années de guerre où il reste à Montmartre, Naly se lie d’amitié avec de nombreuses personnalités de la littérature dontPaul Eluard, Georges Hugnet, Georges Duhamel et Paul Valéry, qu’il initie à la gravure[9].
Après 1945
modifierAprès la guerre, Naly partage sa vie entre Montmartre et les voyages. Il entame une période d’intense création et d’expositions qui s’étend jusque dans le milieu des années 60. Il expose régulièrement à Paris et à Lausanne dans la galerie Vallotton. Son art se diversifie: outre les huiles et les aquarelles, il crée des cartons de tapisseries pour les Ateliers de Rénovation de la Tapisserie (A.R.T.)[9] et se consacre intensément à la gravure. En 1956, il illustre un recueil de poèmes de Maurice Sandoz Le Beau Voyage. En 1958, il illustre de 20 gravures à la manière noire Le Vieil Homme et la mer, puis en 1962, Regards sur la mer de Paul Valéry, de 19 gravures. Ces livres, édités à une centaine d’exemplaires, sont destinés à une clientèle de bibliophiles. Naly se fait une réputation de "maître-graveur" de la manière noire[10].
Toute sa vie, il continue à participer à des expositions, le plus souvent collectives et à partir des années 1960, il s’intéresse de près à la technique du gemmail. Il crée deux grandes œuvres monumentales en gemmail pour la société Shell-Berre en 1967 et pour la salle de conférences de l’abri atomique de Taverny en 1969[11].
Naly fait partie, dès leur création, des Rencontres de Lure initiées par Maximilien Vox qui réunissent chaque année des spécialistes de la chose écrite, typographes, graphistes, illustrateurs, auteurs, pour « y parler métier » (M. Vox)[5].
Naly est jusqu'à la fin de sa vie membre de nombreuses associations montmartroises et du conseil d’administration de la société d’histoire et d’archéologie Le Vieux Montmartre[12].
Vie privée
modifierNaly épouse le 26 juillet 1941, à la mairie du XVIIIe arrondissement de Paris, la fille d’un antiquaire parisien, Madeleine Odette Horst, qui travaille à la Galerie 102, rue Lepic. Le divorce est prononcé le 26 septembre 1949[13].
Plus tard, Naly a pour compagne l’artiste d’origine libanaise Catherine Amiouny (1916-1994), de son nom d’artiste Katia Ka. Celle-ci avait été l’épouse de l’écrivain et graveur Georges Charaire (1914-2001). Elle avait dirigé pendant dix ans le Théâtre du Tertre. Katia Ka est enterrée de façon anonyme dans le caveau de Naly au cimetière Saint-Vincent de Montmartre[2],[14].
Décès
modifierLe 27 mars 1984, en début d’après-midi, une violente déflagration a lieu au 16, rue Saint-Vincent, dans la maison rouge occupée par Naly. Des voisins courageux le sortent de la maison. Il est très gravement brûlé et sera transféré à l’hôpital Tarnier dans le 6e arrondissement de Paris. C’est là qu’il meurt des suites de ses brûlures le 1er avril 1984[15],[16].
Ses obsèques ont lieu le 17 avril 1984 à l’église Saint-Pierre de Montmartre. Elles sont célébrées par le père Huerre, ancien curé de Saint-Pierre. Plus de 250 personnes y assistent : de nombreux Montmartrois, mais aussi des grands noms de l’aristocratie française et du monde des arts et des lettres[12].
Salons et expositions
modifierRobert Naly commence à exposer dès 1930 et poursuit ses expositions jusqu’en 1983. Il expose en premier lieu à Paris dans les galeries Else Clausen, L'Arc-en-ciel puis à la Galerie d’Orsay et chez Jeanne Castel. En Suisse, il expose régulièrement chez Paul Vallotton à Lausanne pendant environ vingt ans.
La période faste de sa création se situe entre 1940 et 1962. Après cette date, il participe avant tout à des expositions collectives. La liste suivante n'est pas exhaustive.
- 1933 : Salon d'Automne, Paris, 1er novembre – 30 novembre
- 1935 : Galerie Else Clausen, Paris, 31 octobre – 14 novembre
- 1941 : Cirque Amar, Paris, 12 septembre – 19 septembre
- 1941-1942 : Galerie L'Arc-en-Ciel, Paris, 19 décembre –1er janvier
- 1945 - 1964 : Galerie Vallotton, Lausanne, expositions personnelles puis expositions de groupe.
- 1945 : La Chaux-de-Fonds, Suisse, mai
- 1951 : Guilde de la Gravure, Genève, 16 octobre – 31 octobre
- 1954 : Guilde de la Gravure, Genève, octobre
- 1958 : Galerie Jeanne Castel, Paris, novembre-décembre
- 1959 : Galerie Vallotton, Lausanne, 30 avril – 16 mai
- 1959 : Exposition internationale, Francfort, octobre
- 1962 : Galerie Jeanne Castel, Paris, avril
- 1967 : Galerie de la Lumière, Paris, 24 mai – 18 juin
- 1979 : Hôtel de Malestroit, Bry-sur-Marne, 9 juin – 1er juillet
- 1983 : La Résidence, Vincennes, 20 avril – 20 juin[17]
Gravure
modifierGrâce à Jean Dufy, Naly fait la connaissance de Roger Lacourière et s’intéresse dès les années 30 à toutes les formes de gravure. « Sauf erreur, c’est d’abord dans la gravure que Robert Naly s’est fait un nom »[18]. Naly pratique l’eau-forte, la taille-douce, le burin, l’aquatinte, la pointe sèche, mais c’est dans la manière noire (mezzotinto) qu’il devient un maître reconnu[10],[12].
Son ami Paul Valéry dit, dans un discours prononcé le 29 novembre 1933 au dîner de la Société des peintres-graveurs français: « Ne suffit-il pas de quelques traits, de quelques tailles pour qu’un visage, une campagne nous soient non seulement donnés dans leur ressemblance, mais suggérés au point que la couleur absente et même la plus riche lumière n’y fasse point défaut ? »[19],[20]
Tapisseries
modifierSur les conseils de Guillaume Janneau, ex-directeur du Mobilier national et des manufactures de Sèvres et des Gobelins, Naly exécute, à partir de 1942, des cartons de tapisseries. Ces tapisseries sont tissées dans les ateliers du mécène Antoine Béhna, les ateliers A.R.T. (Ateliers de Rénovation de la Tapisserie), à partir de 1945[21],[22].
- Les Origines du Billard (1,82 m x 2,59 m)
- Le Traité des Beaux-Arts (2,00 m x 1,25 m)
- La Pêche miraculeuse (2,39 m x 1,82 m)
- Le Bois de Boulogne (2,56 m x 1,98 m)
- Régates (1,30 m x 2 m)
- Abysses (2,00 m x 1,30 m)
- La Belle de Mogador (2,40 m x 1,70 m)
- Invitation au Voyage (2,00 m x 1,30 m)
- Genèse/Évolution (1,90 m x 2,58 m)
Œuvres illustrées
modifierLa plupart des ouvrages illustrés par Naly sont des éditions à tirage limité destinées aux bibliophiles. Les illustrations sont en in-texte ou hors-texte[22],[23].
- 1930 : La Négresse blonde, poème de Georges Fourest (non édité)[7]
- 1934 : Le Livre d’Or du tourisme aérien. Edilux (participation à l’illustration)
- 1935 : Bistrots de Jean Vertex, édition Louis Quérelle (participation à l’illustration)
- 1940 : La Fosse aux péchés, conte fantastique de Marcel Aymé
- 1941 : Écrit au bord des routes 1939-1940, recueil de poèmes de Pierre Louis-Picard, une illustration à la pointe-sèche
- 1942 : Vingt Préceptes, recueil de poèmes d'André Beaunant (le livre ne sera édité qu’en 1944)
- 1943 : Vingt Ponts de Paris, recueil de poèmes de Jean-Louis Vallas (Prix de poésie populiste de l'Académie Française en 1949, 20 gravures)
- 1944 : Keepsake, recueil de poèmes de Pierre Lestringuez, 25 lithographies en couleur
- 1950 : Daphné[24] de Georges Charaire, variations sur un thème, une lithographie
- 1952 : Genèse de Georges Charaire, livre plié, une lithographie
- 1956 : Le Beau Voyage, recueil de poèmes de Maurice Sandoz, neuf gravures
- 1957 : En avoir ou pas, roman d’Ernest Hemingway, six planches en couleur pour l’édition enfants chez Gallimard
- 1958 : Le Vieil homme et la mer, roman d’Ernest Hemingway, vingt gravures à la manière noire
- 1962 : Regards sur la mer, rêverie philosophique de Paul Valéry, dix-neuf gravures, dont dix-huit à la manière noire
Gemmail
modifierCe procédé, proche du vitrail, a été inventé par le Suisse Jean Crotti, « le fou de la couleur », et perfectionné par Roger Malherbe-Navarre à la fin des années 1930. Ce nouvel art a passionné de nombreux artistes tels que Georges Rouault, Pablo Picasso, Georges Braque, Jean Cocteau et Yves Brayer, « Peintre de la Lumière 1967 », ainsi que Pierre Ambrogiani, « Peintre de la Lumière 1968 ». Robert Naly a créé de nombreux gemmaux et a été membre du jury du Prix international du gemmail[25].
Des fragments de verre coloré sont coupés, taillés, assemblés et juxtaposés sur différentes épaisseurs dans le but d’y enfermer la lumière vivante et de la faire resplendir avec plus de densité encore que dans le vitrail. L’œuvre est ensuite cuite selon une technique particulière qui soude les fragments de verre entre eux et leur donne éclat et solidité.
En 1957, une grande exposition est organisée en mars à la Galerie du Faubourg Saint-Honoré et le Prix international du gemmail est créé et présidé par Jean Cocteau. Le lauréat obtient le titre de « Peintre de la Lumière ». En 1963, Cocteau ouvre à Tours le Musée du gemmail (fermé depuis 2011) puis, quelques années plus tard, celui du gemmail sacré, à Lourdes (fermé en 2015).
A partir des années 1950, Naly se passionne pour cet art nouveau et réalise de nombreux gemmaux de petite dimension, souvent des poissons, mais aussi un trièdre monumental aux motifs d’eau, d’air et de mer qui vient orner, en 1967, le hall du siège de la société française Shell-Berre, au 42 - 44 rue de Washington, à Paris. Il obtient la commande d’un autre gemmail de très grande dimension qui est installé en 1969 dans le P.C. opérationnel de la Force de frappe de Taverny[26]. Ce gemmail a été déplacé et se trouve actuellement à Villacoublay.
« Dans la grande salle de l’abri atomique de Taverny où les chefs militaires se réuniraient en cas d’apocalypse pour prendre d’ultimes décisions, il n’y a qu’une œuvre décorative : un grand gemmail. C’est une composition sous-marine où Robert Naly a représenté des méduses parachutistes et des crustacés espions cachés dans les algues. » Gilles Lambert, 29 décembre 1969[11].
Naly avait le projet d’un film documentaire qui devait exposer l’art du gemmail à travers le travail de l’artiste dans son atelier (à la manière du film sur la gravure de Jean Grémillon, La Maison aux Images, de 1955). Le scénario est intégralement conservé dans les archives de l’association Le Vieux Montmartre[25].
Reportages
modifierEntre 1953 et 1955, Robert Naly a réalisé plusieurs reportages pour le mensuel France-Illustration dans la rubrique : Les Durs Métiers.
- Dialogue avec l' homme de la mer, de Robert Naly[27]
- Les écoles de la Marine forment chaque année plus de 10.000 spécialistes, de Robert Naly et Roger Boulet (photographe)[28]
- La Marine nationale (II), de Robert Naly et Roger Boulet (photographe)[29]
- À bord du dernier thonier à voile de Concarneau, journal de Robert Naly[30]
Rencontres de Lure
modifierRobert Naly participe, dès leur création, aux Rencontres de Lure. Depuis 1952 et à l’instigation de Jean Giono, Jean Garcia et Maximilien Vox (éditeur à Paris et frère de Théodore Monod) typographes, graphistes, éditeurs et illustrateurs se réunissent chaque été à Lure pour « y parler métier » selon Vox. En 1957 est créée l’Association des Compagnons de Lure. Naly, « le ressusciteur de la manière noire » fait partie du Conseil des Compagnons. Il participe pendant de nombreuses années aux rencontres et témoigne de son art dans une courte vidéo[31].
Les Rencontres de Lure, conçues comme des rencontres professionnelles autour des métiers du livre et de la typographie, comportent également différents rites et traditions.
Filmographie
modifierAu début des années 1950, Naly fait la rencontre, dans un bus, d’un homme qui lui propose un petit rôle dans un film[32]. L’inconnu du bus est Jean Grémillon, le cinéaste du film Remorques – avec Jean Gabin et Michèle Morgan – qui a connu un grand succès en 1941. Naly accepte le rôle et, au printemps 1953, il joue dans L’Amour d’une femme. Le film sort au cinéma en décembre de la même année. Dans les cinq premières minutes du film, on voit Naly dans le rôle du docteur Morel, le médecin de l’île, qui, partant à la retraite, accueille sa successeure, le docteur Marie Prieur, jouée par Micheline Presle[33].
Sur l’initiative de Naly, Jean Grémillon réalise un court métrage documentaire sur l’art de la gravure, tourné dans les ateliers de Roger Lacourière, rue Foyatier, à Montmartre[34]. Le film de 19 minutes, La Maison aux images, sort en 1955. On y voit les artistes Dunoyer de Segonzac, Joan Miró, Jean-Yves Trémois, André Masson et Robert Naly au travail[35].
Le 17 juin 1959, la télévision romande RTS diffuse à 21h25 un documentaire de 10 mn intitulé Robert Naly et la technique de la gravure à la manière noire .
Voyages
modifierNé au bord du lac Léman, Naly a eu toute sa vie une grande passion pour les voyages, particulièrement ceux où il sera au contact de la mer, de ses poissons et de sa flore. Dès les années 1930, il fait un long séjour en Bretagne. Cette région demeure son havre de paix et il passe, pendant plusieurs années, de longs mois d’été à La Trinité-sur-Mer, Concarneau, mais aussi à Tréboul, Yeu, Groix et Ouessant. En 1934, il fait un voyage en mer Rouge, en Arabie saoudite, puis au Soudan, en Somalie et en Abyssinie. Avec son ami Pere Créixams, il se rend plusieurs fois en Espagne.
Naly passe deux hivers au Maroc, en 1948-1949, dans un atelier mis à sa disposition par le ministère marocain des Beaux-Arts. Il rapporte de ces séjours des aquarelles et des dessins de Fès, de Safi et de Mogador (Essaouira). À Fès, l’écrivain marocain Ahmed Sefrioui organise une rencontre à l’Alliance française, où Naly fait une conférence remarquée sur le thème des Peintres de Montmartre.
Installé définitivement à Montmartre, Naly passe chaque année plusieurs mois sur la côte bretonne ou en mer. Il fait plusieurs grandes campagnes sur des thoniers et il déclare : « Je me flatte d’être assez apprécié des marins à Concarneau pour pouvoir embarquer, quand je le veux, sur un thonier et ne pas dépareiller l’équipage… »
Critiques
modifier« Naly ne joue pas avec la forme ni avec la couleur. Il ne violente pas la nature, ne s’oppose pas systématiquement au réel […] Sa poésie et son art consistent – comme chez Cézanne, chez Dufy, même chez Derain – en la transplantation de l’objet dans un monde nouveau, mais sans qu’il y perde sa nature. » J.M. Nussbaum (L’Impartial, journal suisse, 9 mai 1946)
« La peinture de Naly est celle d’un peintre qui s’exprime sans détours. Il ne travaille pas toutefois au hasard. Il reste toujours conscient et sait choisir ses moyens d’expression. Il est servi par de beaux dons et une riche palette. C’est un peintre qu’il faut connaître et un graveur savant qui sait arracher au cuivre bien des secrets. » (André Warnod, exposition Galerie Delpierre, novembre 1946)
« Naly sait tirer le maximum d’effets d’une matière ou d’une autre, que cela soit du cuivre, de la pierre, de la laine, de l’aquarelle ou de l’huile. Aucune technique ne lui est étrangère. » (André Kuenzi Gazette de Lausanne 31 octobre 1951)
Musées et collections collectives
modifierFrance
Ce centre conserve environ 28 œuvres de Naly, qui sont en dépôt dans différents ministères, sous-préfectures, préfectures, mairies ou ambassades. Ce sont en grande majorité des aquarelles; seules deux peintures à l’huile sont répertoriées.
Suisse
- Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne, Suisse
- Chapelle Saint-Gildas à Ouessant, huile, 1954, 38 x 46 cm
Café des quais, huile, avant 1946, 60 x 60 cm
- Musée Jenisch Vevey, Suisse
- 19 gravures originales du Vieil Homme et la mer d’ Ernest Hemingway
- 20 gravures originales (en deux états) du Beau Voyage de Maurice Sandoz (conservées au musée depuis 1986)
- une estampe Algues et poissons
- Musée d’art de Pully, Suisse
- Robert Naly, Paris et les sept ponts, s.d., b d "Epreuve d'Artiste 1/3 Série Anglaise", lithographie couleur sur papier Arches, 38,1 x 56,4 cm (feuille), 26,5 x 44,3 cm (image), Musée d’art de Pully, inv. SA_084
- Robert Naly, Paris et les sept ponts, 1951, b.d. "Epreuve d'Artiste I/XII", lithographie couleur sur papier Arches, 38.9 x 56.4 cm (feuille), 26.8 x 44.3 cm (feuille), Musée d’art de Pully, inv. SC_129
Bibliographie
modifier- Les cahiers d’art-documents, Robert Naly 1900, éditions Pierre Cailler, Genève, 1956;
- Jean-Paul Crespelle, Montmartre vivant, Hachette, 1964. Voir chapitre 8 (p. 239 à 247);
- André Roussard, Les Montmartrois, éditions André Roussard, Paris, 2004;
- Peter de Polnay, La Mort et Demain, éditions de minuit, 1946;
- Etienne Dormand, Entre Montmartre et la mer, je choisis la peinture, éditions L'Harmattan, Paris, 2026;
- Marcel Sauvage, Mémoires 1895-1981, https://www.clairepaulhan.com/catalogue/p/memoires-1895-1981-marcel-sauvage;
- Jeanine Warnod, Suzanne Valadon, éditions Flammarion, Paris, 1981;
- Jeanne Champion, Suzanne Valadon, Presses de la Renaissance, Paris, 1984;
- Jean-Jacques Chaplin, Jean Vertex et Jean Caya, Montmartre, collection « Le vrai visage de Paris », Impressions Aude, Paris, 1952.
Notes et références
modifier- ↑ Acte de naissance de l'état civil de Genève, vol.1900, p.84, n°168.
- 1 2 André Roussard, Les Montmartrois, Paris, Éditions André Roussard, , 317 p. (ISBN 2-9513601-2-6), p. 211
- ↑ Les cahiers d'art-documents - n°31-1956, Genève, Pierre Cailler, , 16 p., p. 4-5
- 1 2 Etienne Dormand, Entre Montmartre et la mer, je choisis la peinture, Paris, éditions L'Harmattan, , 168 p., p. 151-156
- 1 2 3 Jean-Paul Crespelle, Montmartre Vivant, Paris, Librairie Hachette, , 300 p., p. 239-247
- ↑ Entretiens de Katia avec Robert Naly, 24 octobre 1982 ou 1983. Retranscription d'un enregistrement sur cassette audio. Archives de l'association Le Vieux Montmartre, Paris
- 1 2 3 Les cahiers d'art-documents – numéro 31 –1956, Genève, Pierre Cailler, , 16 p., p. 6
- ↑ J. Boixiere, « A bord d'un thonier, un peintre et un architecte vont partir de Concarneau pour le Pacifique », Ouest-Eclair (Caen),
- 1 2 Les cahiers d'art-documents –numéro31 – 1956, Genève, Pierre Cailler, , 16 p., p. 8
- 1 2 « Beaux-arts », Nouvelle revue de Lausanne,
- 1 2 Gilles Lambert, « Un voyage au centre de la lumière », Le Figaro littéraire, no n°1232, 29 décembre 1969 – 4 janvier 1970
- 1 2 3 Jean-Louis Vallas, « Robert Naly. Oraison funèbre le jour des obsèques. », Le Vieux Montmartre, no 46, , p. 12-15
- ↑ Archives de la ville de Paris, mariages 1941, n° 986. Divorce: registre 659 n° 2511 du 26 septembre 1949.
- ↑ Philippe Landru, « Cimetières de France et d'ailleurs », sur Landru cimetières, (consulté le )
- ↑ Archives du 6e arrondissement de la ville de Paris, n°118, avril 1984
- ↑ Pierre Béarn, « Grand peintre brûlé vif dans sa maison », Le Nouvelliste,
- ↑ Expositions Robert Naly entre 1930 et 1983, liste complète élaborée par Etienne Dormand, 2026
- ↑ René de Cérenville, « Beaux-Arts ; Galerie Vallotton : Exposition Naly », La Gazette de Lausanne,
- ↑ Paul Valéry, Petits discours aux peintres graveurs : Pièces sur l'art, Paris, Gallimard, , p. 112-113
- ↑ André Kuenzi, « Des "Regards sur la mer" au beau livre illustré », Gazette de Lausanne, samedi/dimanche 25/26 novembre 1961, p. 21
- ↑ Guillaume Janneau, Tapisseries de notre temps, Paris, Antoine Béhna,
- 1 2 Les cahiers d'art-documents – numéro 31 – 1956, Genève, Pierre Cailler, , 16 p., p. 10
- ↑ Robert Naly, « l'art du beau livre », Style, no 9, , p. 76-79
- ↑ Georges Charaire, Daphné (Variations sur un thème), Montmartre, Château des Brouillards, 1950. Lithographies de Valentine Hugo, Galanis, Creixams, Grau Sala, Catty, Revol.
- 1 2 Archives de l'association Le Vieux Montmartre, 12 rue Cortot, 75018 Paris
- ↑ « Naly. Ses deux patries : la mer et Montmartre », L'Homme Libre de Montmartre, no 55, , p. 1, 6-7
- ↑ Robert Naly, « Dialogue avec l'homme de la mer », France-Illustration, no 384, , p. 242-244
- ↑ Robert Naly et Roger Boulet, photographe, « Les écoles de la Marine forment chaque année plus de 10.000 spécialistes », France-Illustration, no 407, , p. 71-77
- ↑ Robert Naly, « En formant ses propres spécialistes, la Marine nationale prépare, pour l'industrie privée, une main d'œuvre d'élite », France-Illustration, no 409, , p. 53-56
- ↑ Robert Naly, « A bord du dernier thonier à voile de Concarneau. Journal de Robert Naly. », France-Illustration, , p. 45-53
- ↑ « Caractère. Revue mensuelle des industries graphiques. », Hors-série n°13, n° spécial Noël 1958,
- ↑ « L'Homme de la rue », L'Aurore,
- ↑ Jean Grémillon, « L'Amour d'une femme »
- ↑ Pierre Descargues, « Robert Naly, peintre et marin », Tribune de Lausanne, , p. 8 (lire en ligne)
- ↑ Film-documentaire.fr, « Maison aux images », sur www.film-documentaire.fr (consulté le )