Roms aux États-Unis

personne ayant des origines Roms vivant aux États-Unis

Les Roms aux États-Unis sont les personnes appartenant au groupe ethnique Rom et vivant aux États-Unis.

Roms américains
Description de cette image, également commentée ci-après
Un mariage rom près de la rivière Minnesota en 1926
Populations importantes par région
Population totale 1 000 000 (pop. estimée)[1] (2020)
Autres
Régions d’origine Los Angeles, San Francisco, New York, Chicago, Boston, Atlanta, Dallas, Houston, Seattle, Portland[2]
Langues anglais, romani
Ethnies liées Kalderash (en), Machvaya, Lovari (en), Churari, Boyash, Horahane (en)

On considère qu'ils sont au début du XXIe siècle environ un million, et que leurs ancêtres, de lointaine origine indienne à l'Antiquité, sont principalement venus aux États-Unis depuis l'Europe de l'Est, pour la plupart aux XIXe siècle et XXe siècle. Ils ont vécu dans des campements jusqu'au remplacement progressif des chevaux par les automobiles pendant l'entre-deux-guerres. Avec le New Deal, à partir des années 1930, ils ont commencé à s'installer dans les grandes villes industrielles. Enfin, à partir des années 1950, le développement des discriminations romophobes les a conduits à se séparer en plus petits groupes.

Les principales ethnies roms aux États-Unis sont les Kalderash (en), les Machvaya, les Lovari (en), les Churari, les Boyash et les Horahane (en).

Aujourd'hui, leurs plus grandes communautés se trouvent à Los Angeles, San Francisco, New York, Chicago, Boston, Atlanta, Dallas, Houston, Seattle et Portland.

La culture rom aux États-Unis est marquée par un abandon progressif de l'usage de la langue romani dans le foyer, et par une persistance de certaines traditions comme la pratique de la musique et la danse tziganes ou flamencas, ainsi que les rites de passage.

Définition : qui sont les Roms Américains?

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Concert du groupe bashalde (en) de musique tzigane hongroise John Brenkacs Hungarian Gypsy Orchestra en novembre 1927 à Cleveland.

Terminologie

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Les Roms sont généralement appelés aux États-Unis Roma ou Romani, mais également Gypsies (Gitans). Ces termes, et surtout celui de Gypsy, sont considérés par certains Roms américains comme une insulte raciale, péjorative, particulièrement quand elle est utilisée par un gadjo[3],[4],[5],[6]. Ils préfèrent le plus souvent qu'on se réfère à leur groupe ethnique plus précis et restreint, tel que Kalderash (en), Machvaya, Lovari (en), Churari ou Boyash[7].

Identité culturelle

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En 2020, un sondage réalisé par l'Université Harvard en collaboration avec l'ONG Voice of Roma indiquait que, parmi les Américains qui se considéraient Roms, quel que soit le terme préféré pour s'autodéterminer, seulement 14% parlaient encore le romani à domicile (contre 28% pour la génération de leurs parents)[8], mais une large majorité de ceux qui ont été interrogés connaissaient, pratiquaient et enseignaient à leurs enfants d'autres éléments de la culture et de l'identité rom, tels que la musique tzigane ou flamenca (pour 89% d'entre eux, à différents degrés), la danse (82%), les rites de passage (85%), les traditions de mariage, de baptême (comme slava) et d'enterrement (comme pomana), ou encore l'histoire des Roms ; au total, seuls 5% ont déclaré ne plus être familiers avec leur héritage culturel rom[9].

Les principales ethnies roms aux États-Unis sont les Kalderash (en), les Machvaya, les Lovari (en), les Churari, les Boyash et les Horahane (en)[10].

Démographie

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Population

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Les données sur la population actuelle des Roms aux États-Unis, telles que recueillies par le recensement national et d'autres enquêtes à grande échelle, sont insuffisantes pour avoir un total précis, aussi bien au niveau national que régional ou local[11].

En 2020, comme en 2010[12], on estimait, avec un faible degré de précision, à environ un million le nombre de Roms aux États-Unis[11].

Géographie

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Bien que la population rom américaine se soit largement assimilée à la société américaine, on trouve aujourd'hui encore de grandes communautés dans les grandes villes telles que Los Angeles, San Francisco, New York, Chicago, Boston, Atlanta, Dallas, Houston, Seattle et Portland[2]. D'autres concentrations sont observées en Californie du Sud, dans le Nord-Ouest Pacifique, au Texas, en Louisiane, en Floride et dans le Nord-Est ainsi que dans des villes comme Saint-Louis[13], Miami et Las Vegas[14].

On estime que c'est dans l'État de Californie que se trouve la population rom la plus importante en 2019, avec environ 150 000 à 200 000 personnes[15], dont environ 50 000 à Los Angeles[16].

Histoire

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Origines

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Les Roms sont originaires, à l'Antiquité, du nord de l'Inde[17],[18].

Les premiers Roms arrivés sur le continent américain sont les quatre condamnés transportés par Christophe Colomb lors de son troisième voyage à travers l'océan Atlantique en [19]. Au XVIe siècle, de nombreux Roms ont été amenés en Amérique en tant qu'esclaves, pour travailler dans les plantations[20].

De nombreux Roms ont emprunté un itinéraire détourné pour se rendre aux États-Unis depuis l'Ancien Monde : ils ont d'abord rejoint par bateau des pays d'Amérique du Sud, le Mexique ou le Canada, puis ils sont entrés aux États-Unis en traversant la frontière terrestre[21].

Période contemporaine

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Campement de Roms à Brooklyn (New York), en 1909.

Selon l'anthropologue Rena C. Gropper, on peut diviser l'histoire contemporaine des Roms aux États-Unis, à partir de 1880, en quatre périodes : la première, qu'elle appelle la « période du campement » (Camp Period) en raison de la conservation des modes de vie traditionnels des Roms dans l'Ancien Monde, s'étend de 1880 à 1925 ; la deuxième, qu'elle appelle la « période de transition » (Transition Period), est caractérisée par l'abandon progressif des campements d'hiver de 1925 à 1933, notamment en raison du changement de moyen de transport, les chevaux étant peu à peu remplacés par les automobiles ; la troisième, qu'elle appelle la « période de crise » (Crisis Period), dure de 1933 à 1945 et voit les Roms affluer vers les grandes villes, telles que New York et Chicago, pour profiter des opportunités économiques offertes par le New Deal ; la quatrième, à partir de 1945, est caractérisée par l'émergence d'un sentiment romophobe et de discriminations contre les Roms qui, à partir du milieu des années 1950, les ont forcé à se disséminer en petits groupes plus discrets[22].

Personnalités roms américaines

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Ladislas Lazaro (en), député de Louisiane en 1913.
Eduardo Cansino (à droite) avec sa fille Margarita (à gauche), âgée alors de 12 ans et qui adoptera en 1937 le nom de scène de Rita Hayworth.

Discriminations

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Les Roms ont rapidement subi des discriminations aux États-Unis : dès 1917, dans le New Jersey, une loi (abrogée seulement en 1998) autorisait les autorités locales à limiter les droits des Roms plus sévèrement que d'autres groupes, pour l'accès au logement, aux loisirs ou au commerce[12].

Dans les années 2020, le profilage racial des Roms reste courant dans la police aux États-Unis : plus de la moitié des Roms interrogés ont subi des contrôles d'identité discriminatoires basés sur leur apparence, leur nom ou leur véhicule[23]. De manière générale, les discriminations à l'embauche restent encore fréquentes à l'encontre des Roms, et particulièrement pour ceux qui s'identifient comme Romanichels, Kalderash ou Machvaya[3]. En conséquence, 70% des Roms interrogés en 2020 ont déclaré qu'ils cachaient généralement leur identité rom afin d'éviter d'être victimes de discriminations et de préjugés[3]. En effet, seulement 11% ont déclaré n'avoir jamais subi de discriminations liées à leur identité rom, et 68% ont subi des injures romophobes ; notamment, 57% ont été discriminés par des commerçants, et 15% quand ils ont essayé de louer ou acheter un domicile[24].

Notes et références

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  1. ↑ Matache 2020, p. 4.
  2. 1 2 Matache 2020, p. 13.
  3. 1 2 3 Matache 2020, p. 6.
  4. ↑ (en) Kay Randall, « What's in a Name ? Un professeur joue le rôle de militant et de porte-parole des Roms pour améliorer le sort de son groupe ethnique » (consulté le ).
  5. ↑ (en) Pickering, « The Romani », Northern Michigan University, (consulté le ), p. 1.
  6. ↑ (en) Nikki Bambauer, « The Plight of the Romani People-Europe's Most Persecuted Minority », JFCS Holocaust Center,  : « Le peuple rom est fréquemment appelé "gitans", mais beaucoup d'entre eux considèrent cet exonyme comme un terme péjoratif. »
  7. ↑ Matache 2020, p. 5.
  8. ↑ Matache 2020, p. 19-21.
  9. ↑ Matache 2020, p. 20-22.
  10. ↑ Matache 2020, p. 69.
  11. 1 2 Matache 2020.
  12. 1 2 (en) Kayla Webley, « Hounded in Europe, Roma in the U.S. Keep a Low Profile », sur Time Magazine, .
  13. ↑ Lynn Berry, « Gypsies Trying To Change Stereotyped Image : Some Practice Their Ancient Culture Secretly », The Seattle Times,‎ (lire en ligne).
  14. ↑ (en) Michael Dregni, Gypsy Jazz : In Search of Django Reinhardt and the Soul of Gypsy Swing, (ISBN 978-0-19-029523-3, lire en ligne).
  15. ↑ Selon Vlad Ghenciu, président de la section de Los Angeles de la Chambre de commerce roumano-américaine (Natalia Ghilascu, «Romanian American Chamber of Commerce, Los Angeles Chapter, ready to develop a business community», horainamerica.com, 9 septembre 2019.
  16. ↑ Richard T. Schaefer et William W. Zellner, Extraordinary Groups : An Examination of Unconventional Lifestyles, (ISBN 9781478631835, lire en ligne).
  17. ↑ Hancock 2005, p. 70.
  18. ↑ Isabel Mendizabal et al., « Reconstructing the Population History of European Romani from Genome-wide Data », Current Biology, vol. 22, no 24,‎ , p. 2342–9 (PMID 23219723, DOI 10.1016/j.cub.2012.10.039 Accès libre).
  19. ↑ (es) Hugo Paternina Spinoza et Juan Carlos Gamboa Martínez, « Los gitanos en Europa o la larga historia de una ignominia. Entre redadas, deportaciones, expulsiones, razzias, pogromos y un holocausto ignorado », sur Revista Sur, .
  20. ↑ Matache 2020, p. 11.
  21. ↑ Matache 2020, p. 12.
  22. ↑ Rena C. Gropper, Gypsies in the City: Culture Patterns and Survival, Darwin Press, 1975, p.17-21.
  23. ↑ Matache 2020, p. 8.
  24. ↑ Matache 2020, p. 7-8.

Bibliographie

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  • (en) Margareta Matache et al., Romani Realities in the US : Breaking the Silence. Challenging the Stereotype, FXB Center for Health and Human Rights, Université Harvard, , 74 p. (lire en ligne).
  • (en) Ian Hancock, We are the Romani People, University of Hertfordshire Press, (ISBN 978-1-902806-19-8, lire en ligne).
  • (en) Cristina Salvador Klenz, Hidden: Life with California's Roma Families, Brown Paper Press, 2022 (photoreportage préfacé par Ian Hancock).

Voir aussi

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