Référendum islandais de 2026

scrutin en Islande

Le référendum islandais de 2026 a lieu en Islande le . La population est amenée à se prononcer sur la réouverture des négociations d'adhésion à l'Union européenne.

Référendum islandais de 2026
Corps électoral et résultats
Inscrits 272 690
Votants 225 031
82,52%
Blancs et nuls 1 652
Reprise des négociations d'adhésion à l'Union européenne
Pour
47,16%
Contre
52,84%

La proposition est rejetée à une majorité de 52,84 %, gelant ainsi toute reprise des négociations jusqu'en 2028 au plus tôt.

Contexte

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Évolution des résultats des sondages d'opinion entre 2002 et 2026 concernant l'adhésion de l'Islande à l'Union européenne.

Années 2010

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La procédure d'adhésion de l'Islande à l'Union européenne est une des trois procédures (avec celles de la Norvège et de la Suisse) non rejetées par l'UE qui n'ont pas abouti.

L’Islande a présenté sa candidature pour intégrer l'Union européenne le [1]. Cette demande est officialisée par le Conseil européen le et transmise pour analyse à la Commission[2]. La Commission annonce en qu'elle soutient l'ouverture des négociations d'adhésion de l'Islande[3].

Le , l'UE accorde le statut de candidat à l'Islande en approuvant formellement l'ouverture des négociations d'adhésion[4]. Les négociations commencent le [5].

Le gouvernement islandais avait pour objectif d'adhérer en 2013, l'adhésion faisant l'objet d'un référendum en Islande[1], mais les élections législatives islandaises de 2013 remettent en cause ce calendrier rapide. Le , la candidature islandaise est ainsi gelée par le gouvernement.

Bien que l’Islande ne fasse pas partie de l’Union européenne, elle est membre de l’Espace économique européen. Elle fait partie du marché intérieur ce qui permet aux marchandises et aux personnes de circuler librement. Elle est également membre de l’espace Schengen, qui supprime les contrôles aux frontières entre les États membres.

Le , le ministre des Affaires étrangères islandais Gunnar Bragi Sveinsson annonce que le Gouvernement islandais suspend pour toute la durée de la législature les négociations d'adhésion à l'UE[6] et le gouvernement islandais présente le un projet de loi visant à retirer cette candidature.

Le retrait de la candidature devient officiel le . Toutefois, le , l'accord de coalition visant à former un nouveau gouvernement prévoit l'organisation d'un référendum visant à relancer l'adhésion du pays à l'Union européenne.

Relance du processus d'adhésion

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Le gouvernement formé à la suite des élections législatives de prévoit un référendum sur l'adhésion du pays à l'UE d'ici à 2027[7]. En , il est annoncé qu'un référendum pourrait être organisé dès le mois d'août de la même année[8]. Le , la ministre des Affaires étrangères, Thorgerdur Katrin Gunnarsdottir, annonce que le gouvernement islandais propose d'organiser le référendum le et qu'une résolution sera présentée au début de la semaine suivante au parlement[9].

Question

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La question soumise au référendum est[10] :

« Á að halda áfram viðræðum um aðild Íslands að Evrópusambandinu? »

« Les négociations sur l'adhésion de l'Islande à l'Union européenne doivent-elles se poursuivre ? »

Les choix possibles sont :

« Já, halda áfram viðræðum um aðild Íslands að Evrópusambandinu. »

« Oui, poursuivre les négociations sur l'adhésion de l'Islande à l'Union européenne. »

et

« Nei, ekki halda áfram viðræðum um aðild Íslands að Evrópusambandinu. »

« Non, ne pas poursuivre les négociations sur l'adhésion de l'Islande à l'Union européenne. »

Campagne

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Campagne publicitaire d'Áfram Ísland en faveur du « non » à Hafnarfjörður une semaine avant le scrutin : l'affiche dit « L'indépendance à vendre ? Non merci ».

Plusieurs arguments sont avancés pendant la campagne en faveur du oui[11]. Est ainsi mis en avant la possibilité de pouvoir prendre part aux décisions relatives au marché européen, des décisions généralement transcrites en droit islandais du fait de son appartenance à l'espace économique européen. L'adhésion à l'UE permettrait également de ne pas être isolé diplomatiquement alors que l'Arctique est un enjeu stratégique pour les grandes puissances dont les États-Unis, notamment dans le cadre de la crise du Groenland.

Les arguments en faveur du non sont quant à eux relatif à la souveraineté nationale et à l'exploitation des ressources, en particulier la pêche[11].

Les jeunes générations et les populations urbaines ont davantage tendance à être en faveur du oui que les générations plus âgées et rurales[11].

D'après Euractiv, le gouvernement islandais aurait demandé au début du mois août 2026 à l'Union européenne de cesser son ingérence dans la campagne[12],[13]. Ces informations sont démenties par un porte-parole de la Commission européenne[14].

Résultats

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Nationaux

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Résultats[15],[16]
Choix Votes %
Pour 105 339 47,16
Contre 118 040 52,84
Votes valides 223 379 99,26
Votes invalides 755 0,33
Votes blancs 897 0,39
Total 225 031 100
Abstention 47 659 17,48
Inscrits/Participation 272 690 82,52

Par circonscription

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CirconscriptionOui%Non%Blancs%Nuls%TotalParticipation (%)
Reykjavik nord 22 26657,516 44842,51650,41240,339 00380,7
Reykjavik sud 20 73854,517 31745,51760,41290,338 36081
Sud-Ouest 31 7804735 903532280,32240,368 13584,2
Nord-Ouest 7 06037,111 95362,9740,4680,319 15584,4
Nord-Est 10 02238,815 82261,21250,51040,426 07383,4
Sud 13 47339,520 59760,51290,41060,334 30581,4
Total 105 33947,2118 04052,88970,47550,3225 03182,5

Analyse et conséquences

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Oui: 50–60%   
Non: 50–60%    60–70%   
Chaque bloc sur la carte représente 1000 votes.

La proposition de reprise des négociations est rejetée[17]. Bien que favorable au oui, le gouvernement se félicite de la forte participation, et salue une « victoire pour la démocratie ». L'échec du référendum gèle toute reprise des négociations d'adhésion au minimum jusqu'en 2028, et rend peu probable politiquement une reprise à court terme même passé ce délai[18].

La victoire du Non conclue une campagne au coude à coude entre les partisans d'une adhésion à l'Union Européenne et ses opposants. L'échec des premiers à convaincre la population est attribuée au manque d'attrait de l'UE, aux divisions de la coalition europhile au pouvoir et aux craintes de la population quant à une perte de sa souveraineté dans le secteur stratégique de la pêche, cinquante ans après la fin de la Guerre de la morue[19].

Cet échec est également un coup dur pour l'Union Européenne, qui voit remise en cause sa capacité à séduire alors même que la région est marquée par la Crise du Groenland. L'Union ne serait en effet pas parvenue à se rendre attractive pour un pays développé comme l'Islande, à l'instar d'autres pays européens tels que la Norvège et la Suisse. Cette situation conduit à des critiques de l'Union, qui ne parviendrait plus à attirer que des pays jugés « pauvres »[19],[20].

Notes et références

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  1. 1 2 CNN - 17 juillet 2009
  2. Rettman 2009
  3. BBC - 24 février 2010
  4. World News - 17 juin 2010
  5. Europa - 27 juillet 2010
  6. « Reykjavik interrompt ses négociations d'adhésion avec l'UE », Le Journal du Jura, (lire en ligne).
  7. Gavin Blackburn, « Islande : le nouveau gouvernement prévoit un référendum sur l'adhésion à l'UE d'ici 2027 » [vidéo], sur euronews, (consulté le ).
  8. Emilie Staeger, « L’Islande veut avancer la date de son référendum d’adhésion à l’UE », sur lefigaro.fr, (consulté le ).
  9. https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/06/islande-le-gouvernement-propose-un-referendum-le-29-aout-sur-la-reprise-des-negociations-d-adhesion-a-l-union-europeenne_6669772_3210.html
  10. (is) « Þjóðaratkvæðagreiðsla » [« Referendum »], Government of Iceland (consulté le )
  11. 1 2 3 Valérie de Graffenried et Magnús Árni Magnússon (en), « Référendum sur l'UE: «Dans un monde dominé par les grandes puissances, l’Islande doit trouver sa place» », Le Temps, (lire en ligne Accès payant, consulté le ).
  12. Magnus Lund Nielsen, « EXCLUSIF : L'Islande demande à Bruxelles de ne pas s'immiscer dans son référendum sur l'UE », sur Euractiv, (consulté le )
  13. Hadrien Mathoux, « "Un douteux parfum de magouille" : l'hypocrite croisade des macronistes contre les ingérences étrangères », sur www.marianne.net,
  14. Euractiv FR, « L'Islande demande à Bruxelles de rester à l'écart », sur Euractiv FR, (consulté le )
  15. « Island, , 29. August 2026 : Wiederaufnahme der Beitrittvserhandlungen mit der Europäischen Union », sur sudd.ch (consulté le ).
  16. (is) « Úrslit þjóðaratkvæðagreiðslu um ESB-viðræður 2026 », sur Morgunblaðið
  17. RFI, « Référendum en Islande: les électeurs rejettent une reprise des négociations d'adhésion à l'UE », sur RFI, RFI, (consulté le ).
  18. Résultats - Adhésion à l’UE : en Islande, le «non» à la reprise des négociations l’emporte, «une victoire pour la démocratie», selon la Première ministre pro-oui, Libération, 30 août 2026.
  19. 1 2 Nathanaël Charbonnier, « Le "non" des Islandais lors du référendum interroge sur l'attractivité de l'Europe : Les Islandais ont rejeté à près de 53% la reprise immédiate des négociations d’adhésion à l’Union européenne. Un résultat qui gèle toute nouvelle démarche jusqu’en 2028 et pose, au-delà de l’Islande, la capacité de l’Union européenne à continuer de séduire. », sur franceinfo.fr, (consulté le ).
  20. « Après le "non" de l’Islande à l’Europe : l’UE n’attire plus que les pauvres », sur lexpress.fr, (consulté le ).

Voir aussi

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