Sabaot
Le sabaot est une langue nilo-saharienne de la branche des langues nilotiques parlée sur les flancs sud du massif de l'Elgon, au Kenya[2].
| Sabaot | |
| Pays | Kenya |
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| Nombre de locuteurs | 249 000 (recensement de 2009)[1] |
| Classification par famille | |
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| Codes de langue | |
| IETF | spy
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| ISO 639-3 | spy
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| Étendue | langue individuelle |
| Type | langue vivante |
| Glottolog | saba1262
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| État de conservation | |
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Langue en danger (DE) au sens de l’Atlas des langues en danger dans le monde
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Les Sabaot
modifierSelon Rottland[2], le terme de Sabaot est récent et est utilisé par trois groupes kalenjins qui sont proches culturellement et qui s'identifient comme tels, les Kony, Pok et Bong’om. Un des traits culturels de ces trois groupes est la culture de la banane, prise à leurs voisins Bantous. La banane fait partie de l'alimentation de base, chose inconnue chez les autres Kalenjins.
Les Kony, ou Elgony, parfois sous le nom ambigu d'Elgon Maasai, s'auto-désignent par le nom de [kɔ́ːɲin] ou [kɔ́ːɲcɛk], au singulier, [kóːɲin] ou [koːɲintét]. La langue est, elle, appelée [kóːɲin][2].
Les Pok, ou Book, appelés Lago par leurs voisins bantous Bukusu, s'auto-désignent par le nom de [pɔ́k] ou [pɔkwɛ́k], au singulier, [poːkin] ou [poːkintét]. La langue est, elle, appelée [pɔ́k][2].
Le petit groupe des Bong’om, ou Ng’oma, Ong’om, s'auto-désignent par le nom de [pɔːŋɔ́m] ou [pɔːŋɔ́mɛ̂k], au singulier, [pɔːŋɔ́miːn] ou [pɔːŋɔ́miːntét]. La langue est, elle, appelée [pɔːŋɔ́m][2].
Classification
modifierLe sabaot est une des langues parlées par les Kalenjins, et forme avec le terik le sous-groupe elgon. Les langues et dialectes kalenjins forment, avec le datooga (en) et l'omotik, le sous-groupe des langues nilotiques méridionales, rattaché aux langues soudaniques orientales[3].
Écriture
modifierUn alphabet pour l’écriture du sabaot est conçu dans les années 1980 et le premier syllabaire est publié en 1983[4].
| A a | Ā ā | AA aa | B b | CH ch |
D d | E e | Ē ē | EE ee | ĒĒ ēē |
G g | I i | II ii | J j | K k |
L l |
| M m | N n | NG’ ng’ | NY ny |
O o | Ō ō | OO oo | ŌŌ ōō | P p |
R r | S s | T t | U u | UU uu |
W w | Y y |
Les deux-points sont utilisés pour indiquer le ton grammatical du sujet, par exemple Kibakach :ng’ētunyto murēnēēt, « Le lion a tué le jeune homme », et Kibakach :murēnēēt ng’ētunyto, « Le jeune homme a tué le lion »[5].
La barre oblique est utilisée pour indiquer le ton grammatical de la forme indéfinie du verbe, distinct de la première personne du pluriel, par exemple /Kikeechoor teeta, « On a volé la vache », Kikeechoor teeta, « Nous avons volé la vache »[6].
L’apostrophe est utilisée pour indiquer le ton grammatical de la deuxième personne du singulier, par exemple ’Kiineet, « Tu lui a enseigné », et Kiineet, « Il t’a enseigné »[7].
L’accent circonflexe, le signe moins et le signe plus sont aussi utilisés pour indiquer des tons grammaticaux : le passé emphatique, le négatif et le futur, par exemple !Kaakas, « Je l’ai vraiment vu », -Māāmwoowook, « Je ne te dirai pas », +Māāmwoowook, « Je te dirai »[8].
Phonologie
modifierLes tableaux présentent les voyelles[9] et les consonnes[10] du kony.
Voyelles
modifierDeux types de voyelles
modifierLe sabaot, comme la plupart des langues nilotiques, différencie les voyelles selon leur lieu d'articulation. Elles sont soit prononcées avec l'avancement de la racine de la langue, soit avec la rétraction de la racine de la langue[11].
Les voyelles avec avancement de la racine de la langue sont [i], [e], [o], [a], ainsi que les longues correspondantes. Les voyelles avec rétraction de la racine de la langue sont [ɪ], [ɛ], [ɔ], [ɑ], avec les voyelles longues.
Consonnes
modifierUne langue tonale
modifierLe sabaot est une langue tonale.
Notes et références
modifier- ↑ Selon Ethnologue
- 1 2 3 4 5 Rottland 1982, p. 23-24.
- ↑ Rottland 1982, p. 19-20.
- 1 2 Kipkirich et Larsen 2006.
- ↑ Kipkirich et Larsen 2006, p. 22-23.
- ↑ Kipkirich et Larsen 2006, p. 23-25.
- ↑ Kipkirich et Larsen 2006, p. 28.
- ↑ Kipkirich et Larsen 2006, p. 28-32.
- ↑ Rottland 1982 p. 76.
- ↑ Rottland 1982 pp. 71.
- ↑ Rottland, 1982 p. 74. Le terme anglais est +ATR ou -ATR (Advanced Tongue Root).
Sources
modifier- (en) Johnson Kipkirich et Iver Larsen, Chōōnii :soboon muut : Learn to read and write in Sabaot, Nairobi, BTL, (lire en ligne)
- (de) Franz Rottland, De südnilotischen Sprachen : Beschreibung, Vergleichung und Rekonstruktion, Berlin, Dietrich Reimer Verlag, coll. « Kölner Beiträge zur Afrikanistik » (no 7), (ISBN 3-496-00162-3)
Liens externes
modifier- (en) Fiche langue du sabaot
[spy]dans la base de données linguistique Ethnologue. - (en) Fiche langue du sabaot
[saba1262]dans la base de données linguistique Glottolog. - (en) Sources d'information traitant du sabaot sur le site de l'OLAC.
- Sources d'information traitant du sabaot sur le site de WEB Bibliography for African Languages and Linguistics.
