Salle Cortot
La salle Cortot est une salle de concert située au no 78 de la rue Cardinet dans le 17e arrondissement de Paris, attenante à l'École normale de musique de Paris - Alfred Cortot.
| Type | Salle de concert |
|---|---|
| Lieu |
Paris, |
| Coordonnées | 48° 53′ 02″ nord, 2° 18′ 34″ est |
| Architecte | Auguste Perret |
| Inauguration | |
| Nb. de salles | 1 |
| Capacité | 400 places |
| Protection |
|
| Site web | sallecortot.com |
Conçue par l'architecte Auguste Perret et inaugurée en , elle compte environ 400 places et accueille principalement des concerts de musique classique, de musique de chambre et des activités pédagogiques. Elle est classée au titre des monuments historiques depuis .
Histoire
modifierOrigine et commande
modifierL'École normale de musique de Paris est fondée en par le pianiste Alfred Cortot et Auguste Mangeot[1]. Installée en dans l'hôtel particulier du 114 bis boulevard Malesherbes, l'école manque d'une salle de concert adaptée[2].
Alfred Cortot confie le projet à Auguste Perret, architecte du Théâtre des Champs-Élysées[3]. La commande est passée en et la construction s'effectue sur l'emplacement des anciennes écuries de l'hôtel Rozars, entre octobre 1928 et juin 1929[3],[4].
Inauguration et premières années
modifierLa salle est inaugurée en . Alfred Cortot rapporte la promesse de l'architecte : « Auguste Perret nous avait dit : Je vous ferai une salle qui sonnera comme un violon. Il a dit vrai. Mais il se trouve — ce qui dépasse nos espérances — que ce violon est un Stradivarius »[3].
Entre et , la salle accueille les concerts privés de l'École, consacrés à la création contemporaine. Des œuvres de Georges Enesco, Germaine Tailleferre, Manuel de Falla et Lili Boulanger y sont données, avec la participation d'interprètes tels que Pablo Casals, Jacques Thibaud et Wanda Landowska[3].
Le , la salle accueille la création en concert de la Symphonie pour un homme seul de Pierre Schaeffer et Pierre Henry, considérée comme la première œuvre de musique concrète présentée en public[5].
Architecture
modifierImplantation
modifierLe terrain, situé au 76-78 rue Cardinet, présente des contraintes fortes : 9 mètres de largeur en façade pour 29 mètres de profondeur[2],[6]. Perret choisit d'implanter la scène perpendiculairement à la rue, sur l'un des grands côtés, et organise la salle selon le principe de l'amphithéâtre antique[2],[7].
La hauteur totale du bâtiment est estimée à 18 mètres[6].
Façade
modifierLa façade sur la rue Cardinet est aveugle, conçue comme un « coffre clos sculpturalement aménagé »[2]. Elle est inspirée de l'architecture antique : une frise située sous la corniche évoque des métopes et dissimule les bouches de ventilation[2].
L'ossature est en béton armé, avec un remplissage en brique. Le parement est constitué de panneaux de pierre de Semons poncée, qui confèrent une finition lisse[2].
Volume intérieur
modifierÀ l'intérieur, le béton est laissé apparent, recouvert de feuilles de bronze doré, selon une technique déjà employée au Théâtre des Champs-Élysées[2],[3]. La salle adopte un plan semi-circulaire divisé en trois travées, supportant un plafond à trois caissons[2].
Les parois sont revêtues de fines plaques de contreplaqué d'okoumé de 4 mm d'épaisseur, fixées sur des tasseaux de bois[2]. Le parterre entoure la scène, rapprochant le public des musiciens[3].
La capacité est de 400 places environ, avec une scène pouvant accueillir jusqu'à 25 musiciens[8].
Acoustique
modifier
L'acoustique repose sur l'emploi du bois d'okoumé monté en diaphragmes vibrants. Les panneaux, simplement cloués et percés de fentes, fonctionnent comme des caisses de résonance[2]. Le mur de scène, incurvé en partie haute, diffuse le son vers les gradins[2].
Cette conception, caractéristique de la démarche d'Auguste Perret au XXe siècle, associe la structure en béton armé à des matériaux chaleureux, dans une esthétique relevant de l'Art déco[3].
Protection patrimoniale
modifierL'ensemble formé par l'École normale de musique et la salle Cortot fait l'objet de plusieurs protections. Les façades et toitures du 114 bis boulevard Malesherbes sont inscrites en [4].
La salle Cortot, située aux 76 et 78 rue Cardinet, est classée au titre des monuments historiques par arrêté du [4],[6]. Le classement concerne le volume intérieur, y compris son dispositif acoustique.
Programmation et usages
modifierLa salle conserve sa fonction première : lieu d'enseignement et de diffusion pour l'École normale de musique de Paris[3]. Elle accueille :
- les concerts des étudiants, notamment les « Concerts de midi et demi » ;
- le Festival Élite ;
- les classes de maître et les concours ;
- une saison publique avec des récitals et de la musique de chambre[8].
Sa configuration intimiste en fait un lieu utilisé pour des enregistrements et des manifestations privées[3].
Notes et références
modifier- ↑ Gavoty 2012, p. 159-165.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 « La salle Cortot », sur Paris Promeneurs, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 « La salle », sur Salle Cortot (consulté le )
- 1 2 3 « École normale de musique Alfred Cortot », sur POP : la plateforme ouverte du patrimoine, Ministère de la Culture (consulté le )
- ↑ « Symphonie pour un homme seul, 1ère version », sur pierre-henry.org (consulté le )
- 1 2 3 « Salle Cortot », sur PSS-Archi (consulté le )
- ↑ Lapierre 2008, p. 311.
- 1 2 « Salle Cortot Présentation », sur JDS (consulté le )
Voir aussi
modifierArticle connexe
modifierBibliographie
modifier- Bernard Gavoty, Alfred Cortot, Buchet-Chastel, (ISBN 978-2-283-02604-5)
- Éric Lapierre, Guide d'architecture Paris 1900-2008, Paris, Pavillon de l'Arsenal,
- Gilles de Fayet, Musique : École normale de musique de Paris Alfred Cortot, Paris, Plume, (ISBN 2-84110-164-9)
Liens externes
modifier- Ressources relatives à l'architecture :
- Ressource relative à la musique :
- Salle Cortot • Philippe Maillard Productions

