Sardanapale (souverain mythique)

roi mythique d'Assyrie

Sardanapale, en grec Σαρδανάπαλλος Sardanapallos, en latin Sardanapālus ou -pallus[a], est, dans la littérature grecque et romaine, un souverain légendaire assyrien, fils d'Anakindaraxés et dernier souverain de la dynastie de Ninos.

Sardanapale
Fonction
Roi d'Assyrie
Biographie
Activité
Père
Anacyndaraxes (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Connu par d'assez nombreuses mentions dans les textes grecs et romains, qui font notamment référence aux textes de Ctésias dans ses Persica et ses Babyloniaca sans que ceux-ci n'aient pu être directement conservés, le personnage de Sardanapale semble inspiré d'Assurbanipal, roi d'Assyrie, et à un moindre degré de son frère Shamash-shum-ukin, en ce qui concerne sa mort.

La vie de Sardanapale constitue dans l'Antiquité grecque et romaine, un exemple didactique et moral destiné à dénoncer la mollesse, le luxe effréné et la démesure d'une vie dissolue.

Étymologie

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Processus graphiques et linguistiques à l'origine de l'altération du nom du souverain.

Concernant Sardanapale, une possible confusion homonymique, avec un satrape cilicien, pourrait être à l'origine de son nom[réf. nécessaire]. Une dérivation à partir du nom sémitique du souverain est toutefois plus probable, les principales règles de passages d'une langue à l'autre se retrouvant dans les Græco-Babyloniaca[1], et plus particulièrement, pour notre cas présent, dans l'Inscription de Çineköy. Cette dernière atteste en effet de l'aphérèse touchant le mot aššurû (Assyrie), donnant ainsi le mot à l'origine de Syrie, et expliquant la disparition du premier segment vocalique d'Aššur-bāni-apli, donnant Sur-. Une réorganisation phonétique expliquerait ensuite l'altération des timbres vocaliques du nom akkadien, les /i/ ne se prononçant plus. L'apparition d'une nécessaire voyelle épenthètique achève la vocalisation obtenue pour Sardanapale. Enfin, le passage du b- au d-, s'explique du côté de l'épigraphie grecque, dans la confusion des deux lettres par le lapicide[b].passage[Interprétation personnelle ?]

Occurrences et similitudes des bêta et delta en pays séleucide.

Concernant Anakindaraxès, père de Sardanapale, une dérivation à partir du nom akkadien d'Assarhaddon semble improbable. La forte connotation achéménide du nom pourrait renvoyer à un satrape ou souverain perse. Le nom, enfin, peut être porteur d'une charge didactique, dérivant du grec Ἀνάγκη (Fatalité), ou ἀνάγκη (nécessité).[réf. nécessaire]

Histoire

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Légende

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Dans l'état actuel des connaissances, la légende de Sardanapale aurait été racontée et écrite par des groupes non mésopotamiens, qui ne disposaient pas des sources primaires à l'époque leur permettant de correctement lier leur récit avec la réalité historique du roi Assurbanipal, aujourd'hui mieux connue. Ce roi et son entourage demeurent pour autant très probablement la source d'inspiration historique principale pour la conception de la légende. De nombreux liens intermédiaires apparaissent toutefois manquants pour reconstruire intégralement sa formation et son partage [2].

Une première source connue faisant référence à l'histoire de Sardanapale est d'origine araméenne, transmise via un papyrus d'Éléphantine intitulé L'Histoire des deux frères, écrit en égyptien démotique. Ce papyrus aurait été écrit au IIe siècle et reprendrait une histoire racontée dans un objectif de propagande à l'époque d'Assurbanipal, suite à la guerre civile ayant eu lieu avec son frère Shamash-shum-ukin, afin de conserver son pouvoir sur le royaume de Babylone. La légende aurait ensuite été modifiée et réutilisée au temps de Cyrus pour finalement être inscrite dans sa version du papyrus. Le papyrus raconte l'histoire de deux frères, Sardanapale et Sarmuge, qui sont rois de deux cités qui pourraient être identifiées comme Ninive et Babylone. Les deux frères entrent en conflit et, malgré les tentatives de réconciliation de leur soeur Saritrah, le siège de la ville dirigé par Sarmuge est mené. Sarmurge trouve la mort dans des conditions incertaines, peut-être en s'immolant par le feu [3],[4],[5].

En Grèce antique, la mention de Sardanapale apparait elle à partir du Ve siècle. Dans sa narration des troubles politiques affectant l'Orient, Hérodote[6] mentionne l'Assyrie et son souverain Sardanapale en rappel de sa richesse et des convoitises qu'elle générait[7],[c]. Après Hérodote, la pièce d'Aristophane Les Oiseaux mentionne également Sardanapale, par une référence directe dans le texte [8] mais aussi par un commentaire antique (scolie) suggérant que les Persica d'Hellanicos contiennent des informations sur le roi légendaire. La simplificité des références et l'absence d'explications plus détaillées suggèreraient que le personnage de Sardanapale était déjà identifié du public grec à cette époque[9].

La légende telle qu'elle a été transmise jusqu'à l'époque moderne apparait finalement au début du IVe siècle siècle par des écrits de Ctésias, dont les textes directs ont aujourd'hui ont été perdus mais qui ont été repris et cités par au moins cinq auteurs grecs et byzantins postérieurs, Diodore de Sicile, Athénée de Naucratis, Pollux, Agathias et Eusèbe. A cette occasion, les destins des deux frères présents dans la source araméenne sont notamment fusionnés et l'histoire de Sardanapale ne présente plus qu'un individu. Le personnage prend par ailleurs une connotation négative, où apparait le mythe de la décadence[10],[5],[9].

Reprenant Ctésias, l'auteur grec Diodore de Sicile, dans sa Bibliothèque historique, narre ainsi le souvenir de Sardanapale chez les Grecs[11] :

« Sardanapale, le treizième en succession de Ninus, qui fonda l'empire, et le dernier roi des Assyriens, surpassa tous ses prédécesseurs en luxe et en mollesse. Jamais vu par un homme extérieur au palais, il vécut la vie d'une femme et dépensait ses jours en compagnie de ses concubines, filant le tissu pourpre et travaillant la plus douce des laines. Il revêtit l'habit féminin et se couvrit la face et son corps entier avec des crèmes blanchissantes et des onguents utilisés par des courtisans, le rendant plus délicat que n'importe quelle courtisane. Il prit soin de rendre sa voix féminine au cours de beuveries, pour se livrer aux délices de l'amour avec les hommes comme les femmes. Dans un tel excès de luxe, de plaisir sensuel et de tempérance sans scrupule, il composa un hymne funèbre et ordonna à ses successeurs sur le trône de l'inscrire sur son tombeau après sa mort, hymne composé dans une langue étrangère et traduite depuis par un Grec. [...] Sa nature d'homme ambivalent ne le fit pas seulement mourir d'une manière déshonorante, mais causa la destruction totale de l'empire assyrien, qui exista plus longtemps qu'aucun autre état dans l'Histoire. »

La légende de Sardanapale, en tant qu'ultime roi d'Assyrie, se retrouve ensuite chez d'autres auteurs d'une antiquité plus tardive. Athénée de Naucratis, compilateur du IIe siècle, en reprenant sans doute Ctésias, livre un récit illustrant l'empreinte négative du souverain légendaire dans l'esprit grec[12] :

« Or, Messieurs, en nous rappelant si souvent le nom d'Archestrate (poète grec du IVe siècle av. J.-C. connu pour ses œuvres licencieuses), vous avez donné liberté à tous les désordres dans ce repas. En effet, ce poète épique a t-il omis une seule des choses corrompant l'esprit et le goût ? Lui qui seul s'est fait l'honneur de devenir l'imitateur de Sardanapale, fils d'Anakindaraxès1, moins connu “lorsqu'on y joint le nom de son père que quand on le nomme seul” disait Aristote[13]. »

Au siècle suivant, le romain Justin (historien) procéda à un Épitomé exhaustif, abordant avec une profusion de détails non retrouvée chez ses prédécesseurs, la figure de Sardanapale et ses travers[14] :

« Le dernier à régner chez les Assyriens fut Sardanapale, un homme plus efféminé qu'une femme. Un de ses préfets, nommé Arbacte, qui gouvernait les Mèdes, avait, après beaucoup de démarches, obtenu de le voir, privilège guère obtenu avant lui. Il découvrit Sardanapale entouré d'une foule de concubines, et dans l'habillement d'une femme, enroulant de la laine pourpre avec une quenouille, et distribuant des tâches aux filles mais les surpassant toutes en féminité et en dévergondage. Après avoir vu cela, et indigné que tant d'hommes fussent soumis à une telle femme, et que des gens qui avaient des armes de fer obéissent à une fileuse de laine, il partit rejoindre ses compagnons, leur racontant ce qu'il a vu, et leur disant qu'il ne pouvait obéir à un cinède préférant être une femme plutôt qu'un homme. Une conspiration fût formée, et la guerre éclata contre Sardanapale, qui écoutant ce qui avait eu lieu réagissait non comme un homme qui défendrait son royaume, mais comme une femme effrayée par la mort se cherchant un lieu de fuite. Étant défait dans la bataille, il se retira dans son palais et ayant dressé une pile de combustible à laquelle il mit le feu, s'y jeta avec ses richesses, agissant pour la première fois comme un homme. »

La confusion des personnes d'Assurbanipal et Shamash-shum-ukin dans la personne de Sardanapale est ici visible, la mort du frère mutin étant assimilée à celle du souverain assyrien[d],[15],[16].

Historicité

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Il n'y a aucun roi nommé Sardanapale attesté dans la liste des rois assyriens. Certaines parties de l'histoire de Sardanapale semblent pour autant être liées à des événements historiques survenus dans l'Empire néo-assyrien. Ceux-ci impliquaient un conflit entre le roi assyrien Assurbanipal et son frère Shamash-shum-ukin auquel il avait concédé en son nom le contrôle de Babylone en tant que territoire vassal. Shamash-shum-ukin s'est imprégné du nationalisme babylonien et a formé une alliance de Babyloniens, de Chaldéens, d'Élamites, Arabes et Sutéens contre le roi assyrien pour tenter de transférer le siège du vaste empire de Ninive à Babylone.

Bien que Sardanapale ait été identifié avec Assurbanipal[17][source détournée], sa mort présumée dans les flammes de son palais est plus proche de celle de son frère Shamash-shum-ukin, assiégé et vaincu à Babylone. Après sa défaite en 648 av. J.-C., les archives d'Assurbanipal relatent les événements : « ils jetèrent Shamash-shum-ukkin, frère ennemi qui m'a attaqué, dans l'incendie qui fait rage »[18].

Il n'y a aucune preuve en Mésopotamie que, comme le suggère la légende, Assurbanipal ou Shamash-shum-ukin auraient mené un mode de vie hédoniste, étés homosexuels ou travestis. Tous deux semblent avoir été des dirigeants forts, disciplinés, sérieux et ambitieux, et Ashurbanipal était connu pour être un roi lettré et érudit qui s'intéressait aux mathématiques, à l'astronomie, à l'astrologie, à l'histoire, à la zoologie et à la botanique[19].

La véritable chute de l'empire assyrien est généralement considérée comme se déroulant après la mort d'Assurbanipal, dans une Assyrie affaiblie par les querelles liées à la succession, entre 626 av. J.-C. et 609 av. J.-C.. En 612 av. J.-C., Ninive est assiégée par une coalition réunissant les forces des Mèdes et des Babyloniens. L'un des fils d'Assurbanipal Sîn-shar-ishkun et roi au moment du siège est probablement été tué en défendant la ville. Assur-uballit II lui succéda en tant que dernier héritier d'une Assyrie indépendante, régnant depuis Harran jusqu'en 609 av. J.-C.

Épitaphe

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L'épitaphe de Sardanapale est attestée pour la première fois chez Diodore de Sicile[20], reprenant Ctésias, qui la qualifie d'oraison funèbre (᾿Eπικήδειον en grec ancien) :

« [...] il fit lui‐même en langue barbare cette épitaphe, qui depuis a été mise en deux vers grecs : J'emporte des trésors que je laisse aux vivants, Tout ce que j'en ai mis à contenter mes sens. »

Cette épitaphe, logiquement rédigée soit en caractères alphabétiques araméens, soit en cunéiforme assyrien, dut être traduite depuis le "chaldéen" vers le grec[e]. Elle ne peut, en tout cas, aucunement l'avoir été en vieux perse[f]. Le bâtiment qui doit l'avoir abritée reste inconnu, comme la connaissance de l'épitaphe par les Grecs. L'ont-ils connue dès Ctésias ? Ou la conquête d'Alexandre est-elle à l'origine de sa découverte ? L'auteur romain Cicéron, dans ses Tusculanes[21], en fait remonter la connaissance à l'époque d'Aristote :

« On voit par là quel était l'aveuglement de Sardanapale, cet opulent roi d'Assyrie, qui fit graver sur son tombeau l'inscription suivante : “Déchu de mes grandeurs par un trépas funeste, Ce qu'Amour et Bacchus m'ont procuré de biens, Sont les seuls désormais que j'ose appeler miens, Un héritier a tout le reste”. Inscription, disait Aristote, plus digne d'être mise sur la fosse d'un bœuf, que sur le monument d'un roi. »

Il est possible de plus ou moins statuer sur le siècle de la découverte de l'inscription par les Grecs, grâce à ce passage. Athénée de Naucratis, se référant à Amyntas le bématiste, corrobore le siècle de découverte[22] :

« Dans le livre III de ses Étapes, Amyntas nous apprend qu'à Ninive, se trouvait un tertre colossal, que Cyrus fit raser, afin d'y élever à la place une vaste terrasse pour mieux surveiller les remparts, lors du siège de la ville. Ce tertre était, dit-on, le mausolée de Sardanapale, roi de Ninive, au sommet duquel on avait dressé une colonne de pierre, où l'on pouvait lire des inscriptions en chaldéen, que Chœrilos, plus tard, a traduites en vers grecs [...] À Anchiale, cité bâtie par Sardanapale, Alexandre installa son campement, au temps où il luttait contre les Perses. Non loin de cet endroit, il aperçut le tombeau de Sardanapale où était gravée une image du roi, représenté visiblement en train de faire claquer ses doigts. Dessous, étaient inscrits ces mots en caractères assyriens : " Sardanapale, fils d'Anakyndaraxès, a construit Anchiale et Tarse en un jour. Mangez, buvez, et jouissez ! Le reste importe peu ! ". Telle est la signification, semble-t-il, du claquement de doigts. »

Le texte révèle l'identité de la ville abritant l'épitaphe, située à Anchiale, ville à la situation géographique indéterminée, mais de toute évidence proche de Tarse (ville). La cohésion du récit reste néanmoins affaiblie par la présence de l'épitaphe, précédemment à Ninive, et par l'utilisation que Cyrus le Grand en fit lors du siège de la ville. Un tel siège n'eut en revanche jamais lieu, le souverain perse se dirigeant, après la bataille d'Opis, immédiatement vers Babylone. Du reste, Ninive, lors de la conquête perse, était une ville désolée et inhabitée[23],[g] sans muraille, où aucun siège n'aurait été envisageable.

La mention chez Athénée de Naucratis d'une représentation du roi en train de faire claquer ses doigts, est un élément en faveur de l'historicité de Sardanapale. Le terme grec utilisé par l'auteur : τύπος, c'est-à-dire "image", renvoie à un bas-relief, aisément rattachable à l'art palatial néo-assyrien. Le claquement des doigts, évoqué par Athénée, est un second élément en faveur de sa réalité. L'interprétation de l'auteur grec est bien en adéquation avec le caractère de Sardanapale, mais contraire à sa réalité historique. François Thureau-Dangin explique le geste comme « une façon naïve et familière d'attirer l'attention des dieux »[24].

La connaissance de visu de l'inscription par les Grecs peut donc être estimée en 334/333 av. J.-C., après qu'Alexandre eût envahi la Cilicie, et sa capitale Tarse, et donc après la bataille victorieuse du Granique, et les sièges réussis de Milet et Halicarnasse. La ville même d'où l'inscription est tirée, rend impossible la présence d'un quelconque tombeau royal assyrien, les souverains assyriens se faisant enterrer à Assur, ville sacrée de la divinité éponyme. Le tumulus, évoqué par Amyntas le bématiste, est probablement donc d'époque achéménide, et construit sur l'initiative d'un satrape local.

Dans la morale antique

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La figure de Sardanapale, archétype du tyran au grand pouvoir et de tous les excès, dénonce, dans l'esprit grec, la dégénérescence des nations par la féminisation des élites. Le schéma mental grec conçoit le luxe ostentatoire et exhibé comme une forme de mollesse, prélude à l'effondrement[réf. nécessaire][5].

Dion Cassius, qui écrit son Histoire romaine vers 230, utilise Sardanapale pour mieux condamner Héliogabale, empereur de 218 à 222 et probablement né à Émèse dans la Syrie actuelle, victime d'une damnatio memoriae après son lynchage par des émeutiers[9].

Cette explication de la décadence par la féminisation chemine jusqu'à notre époque, et s'étiqueta à de nombreux empires mourants :

  • les généraux d'Alexandre le Grand le suspectent de mollesse après l'adoption des atours de la monarchie perse ;
  • les Romains accusent les Grecs de « lascivité orientale » et exaltent la virilité romanité (par exemple Caton l'Ancien).

Dans la culture

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Littérature antique

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Littérature française

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Molière, Dom Juan, acte I, scène I (Sganarelle parle de dom Juan à Gusman, serviteur de dona Elvire) :

« Tu vois en Dom Juan, mon maître, le plus grand scélérat que la terre ait jamais porté, un enragé, un chien, un diable, un Turc, un hérétique, qui ne croit ni Ciel, ni Enfer, ni loup-garou, qui passe cette vie en véritable bête brute, un pourceau d'Épicure, un vrai Sardanapale, qui ferme l'oreille à toutes les remontrances chrétiennes qu'on lui peut faire, et traite de billevesées tout ce que nous croyons. »

Henri Gougaud, Le Rire de l'ange, Paris, Seuil, 2000, page 250 (Suzanne à Martin L'Arquet, qui vient de lui parler de ses fantasmes) :

« Dix ans perdus à rechigner! Une vie à souffrir le supplice des sens, toute seule, sur l'oreiller, alors que j'avais là, dans la chambre à côté, un sardanapale chrétien qui rêvait à ma peau de lait ! »

Littérature anglaise

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Peinture

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Musique

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La légende a donné son nom à plusieurs oeuvres:

Notes et références

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  1. ↑ Le Gaffiot, page 1392, indique la forme grecque Σαρδανάπαλλος avec deux lambda.
  2. ↑ La confusion de deux graphèmes est chose courante, le phénicien par exemple, finit par confondre le dāleth et le pē. C'est pour lutter contre ce risque que le syriaque établit un système de points diacritiques, permettant de distinguer le dāleth du rēš.
  3. ↑ Les galeries souterraines des pillards, évoquées par Hérodote, se retrouvent d'une certaine manière près de 2000 ans plus tard, lors des fouilles franco-britanniques de 1853. Alors que les deux états conclurent à la dévotion de zones respectives, l'indigène Hormuzd Rassam, travaillant pour le compte des Britanniques, creusa dans la nuit du 22 décembre 1853, une galerie vers le palais nord, attribué aux Français. L'aspect intemporel des terrassiers arabes, et l'objectif de leur creusement, semblent une illustration du récit d'Hérodote.
  4. ↑ Concernant le fossoyeur de la dynastie de Ninus, nommé par Justin (historien), Arbacte, il s'agit d'une autre appellation du souverain mède Cyaxare. La littérature grecque nous l'a fait connaître grâce à Xénophon et son ouvrage Cyropédie, ainsi que dans les sources cunéiformes en tant qu’Umakištar comme nous l'a rapporté Donald Wiseman dans son livre Chronicles of Chaldean Kings.
  5. ↑ Si le bilinguisme n'est pas de rigueur à l'époque, les nombreuses influences du monde mésopotamien sur le monde grec, amèneront à une partielle compréhension des coutumes du premier par le second. Le poète Hésiode devait avoir sous les yeux l'Enuma Elish, quand il rédigea sa Théogonie. Bérose, connu essentiellement pour ses Babyloniaca, fut assurément polyglotte, maîtrisant tout à la fois l'akkadien, le sumérien et le grec ancien.
  6. ↑ Le cunéiforme vieux-perse, syllabique et alphabétique, est un système inventé et pensé globalement, au tout début de la dynastie achéménide, réservé aux palais (Pasargadés, Persépolis, Béhistoun), et à l'usage royal ou funéraire exclusivement.
  7. ↑ En dehors de réparations aux temples de Nabû et d'Ištar, et au palais sud-ouest, ainsi que quelques signes d'occupation dans la ville basse, il existe peu de preuves de l'occupation de la ville, dans les années qui ont suivi sa destruction.

Références

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  1. ↑ Stefan Maul, « « La fin de la tradition cunéiforme et les Græco-Babyloniaca » », Cahiers du Centre Gustav-Glotz,‎ , p. 3--17
  2. ↑ 2026 Elayi, p. 210-11
  3. ↑ (en) Richard Steiner, « The Aramaic Text in Demotic Script », The Context of Scripture, vol. 1: Canonical Compositions from the Biblical World (Leiden: Brill, 1997),‎ , p. 309-327 (lire en ligne, consulté le )
  4. ↑ (en) Richard Steiner et Charles Nims, « Ashurbanipal and Shamash-shum-ukin: A Tale of Two Brothers from the Aramaic Text in Demotic Script », Revue Biblique, vol. 92,‎ , p. 60-81 (lire en ligne, consulté le ).
  5. 1 2 3 Julien Monerie, « De Šamaš-šum-ukin à Sardanapale : Histoire d’un mythe de la décadence », Topoi, volume 20/1,‎ , p. 167-185 (lire en ligne, consulté le )
  6. ↑ Hérodote d'Halicarnasse, Histoires, Paris, Les Belles Lettres, , livre II, chapitre 150.
  7. ↑ Hérodote d'Halicarnasse, Histoires, Paris, Les Belles Lettres, , livre II, chapitre 150 | Citation | « Comme je ne voyais nulle part la terre qu'il a fallu tirer pour creuser ce lac, et que j'étais curieux de savoir où elle pouvait être, je m'en informai aux habitants du pays les plus voisins du lac. Ils me dirent où on l'avait portée, et j'eus d'autant moins de peine à les croire, que j'avais ouï dire qu'il s'était fait quelque chose de semblable à Ninive, ville des Assyriens. En effet, des voleurs, cherchant à enlever les trésors immenses de Sardanapale, roi de Ninive, qui étaient gardés dans des lieux souterrains, commencèrent, dès la maison qu'ils habitaient, à creuser la terre. Ayant pris les dimensions et les mesures les plus justes, ils poussèrent la mine jusqu'au palais du roi. »
  8. ↑ Quel est ce Sardanapale ?
  9. 1 2 3 Dominique Lenfant, « De Sardanapale à Élagabal: les avatars d’une figure du pouvoir », Images et représentations du pouvoir et de l'ordre social dans l'antiquité. Actes du colloque, Angers 28 - 29 mai 1999,‎ , p. 46-47 (lire en ligne, consulté le )
  10. ↑ 2026 Elayi, p. 214
  11. ↑ Diodore de Sicile, La bibliothèque historique, Paris, Les Belles lettres, , livre II, chapitres 23-28.
  12. ↑ Athénée de Naucratis, Deipnosophistes, Paris, Les Belles Lettres, , Livre VIII, p. 530-532.
  13. ↑ Athénée de Naucratis, Deipnosophistes, Paris, Les Belles Lettres, 2002, Livre VIII, p. 530-532. | Citation (suite) | « Voilà même son épitaphe telle que la rapporte Chrysippe : “Persuadé que tu es né mortel, livre-toi à la joie te divertissant à des repas, car après la mort il n'y a plus de bien pour toi. Vois ! Je suis cendre, moi qui régnai sur la grande Ninive. Je n'emporte que ce que j'ai mangé, que le plaisir de ma vie licencieuse, et celui que m'a procuré l'amour. Mais tout le reste de mon bonheur s'est évanoui. C'est le sage conseil que je te donne pour vivre, possède qui voudra des monceaux d'or”. »
  14. ↑ Justin, Abrégé des Histoires Philippiques de Trogue Pompée, Paris, Belles Lettres, , Livre I, chapitre III.
  15. ↑ (en) Donald Wiseman, Chronicles of Chaldean Kings, Londres, The Trustees of the British Museum, , p. 15.
  16. ↑ Xénophon, Cyropédie, Paris, Les Belles Lettres, , livre I, chapitre II.
  17. ↑ Marcus Junianus Justinus, « Epitome of the Philippic History of Pompeius Trogus » : « Ses successeurs aussi, suivant son exemple, ont donné des réponses à leur peuple par l'intermédiaire de leurs ministres. Les Assyriens, qu'on appela plus tard Syriens, durent treize cents ans leur empire. Le dernier roi qui régna sur eux fut Sardanapale, un homme plus efféminé qu'une femme. »
  18. ↑ Sarah Melville, tr., in Mark William Chavalas, ed. The Ancient Near East: historical sources in translation 2006:366:
  19. ↑ Georges Roux - Ancient Iraq
  20. ↑ Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, Paris, Les Belles Lettres, , livre II, chapitre XVIII
  21. ↑ Cicéron, Tusculanes, Paris, Les Belles Lettres, , livre V, chapitre XXXV
  22. ↑ Athénée de Naucratis, Les 15 livres des deipnosophistes d'Athénée de la ville de Naucratis en Égypte., Paris, , livre XII, chapitre XXXVIII
  23. ↑ (en) Daniele Bonacossi, Nineveh The Great City : Symbol of Beauty and Power, Leiden, Sidestone Press, , p. 217
  24. ↑ François Thureau-Dangin, « Les sculptures rupestres de Maltaï », Revue d'Assyriologie et d'archéologie orientale,‎ , p. 185--197

Voir aussi

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Bibliographie

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Sources antiques
Publications récentes
  • Arnaud, Daniel (2007), Assurbanipal, roi d’Assyrie, Paris, Fayard.
  • Athénée, Deipnosophistes, Paris, Les Belles Lettres, traduction de A. Desrousseaux, édition de 1956.
  • Bonacossi, Daniele (2017), Nineveh The Great City : Symbol of Beauty and Power, Leiden, Sidestone Press.
  • Chamoux, François (2006), « Le tombeau de Sardanapale », Φιλολογία, Lyon, Maison de l’Orient, p. 205–210.
  • Fox, Nili (1995), Clapping Hands as a Gesture of Anguish and Anger in Mesopotamia and in Israel, Journal of the Ancient Near Eastern Society, vol. 23, Columbia University Press, p. 49–60.
  • Geller, Markham (1997), The Last Wedge, Zeitschrift für Assyriologie 87, Berlin, De Gruyter, p. 43–95.
  • Maul, Stefan (1995), « La fin de la tradition cunéiforme et les Græco-Babyloniaca », Cahiers du Centre Gustav-Glotz, Berlin, Freie Universitât Berlin, p. 3–17.
  • Nadali, David (2008), « Assyrian High-Relief Bricks from Nineveh and the Fragments of a Royal Name », IRAQ 70, Londres, Cambridge University Press, p. 87–104. Olyan, Saul (2015), Ritual Violence in the Hebrew Bible, Londres, Oxford University Press.
  • Thureau-Dangin, François (1924), Les sculptures rupestres de Maltaï, Revue d'assyriologie et d'archéologie orientale, vol. 21, Presses universitaires de France, p. 185-197.
  • Tournadre, Nicolas (2014), Le prisme des langues, Paris, Asiathèque.
  • Josette Elayi, Assurbanipal : Le roi assyrien derrière la légende de Sardanapale, Paris, Perrin, , 320 p. (ISBN 978-2-262-10880-9)

Articles connexes

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