Scandale du Collège de Paris

affaire de blanchiment d'argent et d'abus de biens sociaux

Le scandale du Collège de Paris se réfère à des soupçons d'irrégularités – dont de blanchiment d'argent ainsi que d'abus de biens sociaux, du groupe privé d'enseignement supérieur français éponyme, en redressement judiciaire depuis le [réf. nécessaire].

Selon L'Express, le rapport d'une enquête judiciaire menée à l'encontre du Digital College, l'un des 32 établissements du Collège de Paris, révèle des investissements illicites de son fondateur Ridouan Abagri qui s'élèveraient à près de 3 millions d'euros, dont 2,2 millions en cartes à collectionner[1],[2].

Le scandale s'inscrit directement dans les dérives récurrentes de l'enseignement supérieur privé à but lucratif en France. Il est considéré comme un cas emblématique, voire comme « ce que le scandale Orpea a été pour les EHPAD », pour le secteur de l'enseignement supérieur[3],[4].

Contexte

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Ridouan Abagri, lors d'un « kick-off » du Digital College à la Station F à Paris en 2019.

Fondé en 2011 par Olivier et Nicolas de Lagarde[5], le Collège de Paris est, en 2025, l'un des plus importants groupes d'enseignement supérieur privé à but lucratif en France. Il compte alors près d'une trentaine d'établissements de formation et près de 18 000 élèves, dont 4 000 étudiants étrangers[4].

Or, en 2018, la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel du premier quinquennat d'Emmanuel Macron libéralise le secteur de l'apprentissage. L'une des conséquences est une augmentation massive des versements d'argent public, un véritable « âge d'or » pour l'apprentissage[6].

L'affaire éclate progressivement à partir d'avril 2025[7], avec de premières révélations par le journaliste Baptiste Lépinay de Mediapart sur l'un des établissements du Collège de Paris, le Digital College, une école post-baccalauréat spécialisée dans le marketing et la communication : dépenses excessives – 500 000 euros de cartes à collectionner Pokémon, cadences infernales pour les employés, management brutal, retards de paiement et menaces de la part de la direction. L'établissement fermera ses portes en mai de l'année suivante après son placement en liquidation judiciaire[8],[9],[10],[11]. En juin 2025, une autre école du groupe, l'ECEMA, est elle aussi visée pour le recrutement d'étudiants étrangers « au prix fort » dans une enquête du Monde[12], puis de Mediapart en décembre[13].

Répercussions

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Le 15 décembre 2025, le Collège de Paris est placé en procédure de sauvegarde par le tribunal des activités économiques de Paris, constatant un endettement de 90 millions d'euros. Les enquêtes de l'Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche (Igesr), de l'Inspection générale des finances ainsi que de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) ont conduit à la saisine du procureur de la République, notamment pour plusieurs infractions présumées, telles que des anomalies comptables, de l'abus de biens sociaux, de la fraude à la formation ou encore du blanchiment d'argent. Le Collège de Paris, faisant également face à des soupçons de mise en place d'une filière d'immigration illégale en France, aurait commercialisé des formations à des étudiants internationaux afin d'obtenir un visa étudiant et « s'évaporer » sur le territoire français sans effectuer la formation sollicitée initialement selon le quotidien Le Figaro[8].

En mars 2026, le Digital College, l'une des écoles post-baccalauréat du groupe, est placé en redressement judiciaire par le tribunal des activités économiques de Paris pour cessation de paiement, puis en liquidation judiciaire le 27 avril suivant[14]. Les 3 000 étudiants de l'établissement devant être replacés dans l'une des 32 écoles du Collège de Paris, tandis que les employés dénoncent des impayés[3],[1],[15].

Le 10 avril 2026, le groupe d'enseignement supérieur à but lucratif Collège de Paris – dont ses 32 écoles et organismes de formation professionnelle – est placé en procédure de cession[3],[16]. Le 4 juin, le groupe très controversé Reworld Media, renommé Unify Group, reprend sept établissements du Collège de Paris, dont Ascencia Business School, l'E2SE Business School, basée à Caen, ou encore Eucléa Business School, basée à Strasbourg[17],[18].

Le 4 septembre 2026, le Tribunal de commerce de Montpellier arrête la cession de la branche métropolitaine Santé de Keyce Academy à la société NOVETUDES Santé et des autres branches à la société PEM Education[19].

Voir aussi

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Articles connexes

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Notes et références

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  1. 1 2 Alice Le Jan, « "La liquidation de l'école a été organisée" : au Digital College, une fin de parcours au goût amer », sur www.marianne.net, (consulté le )
  2. ↑ « Collège de Paris, ce rapport qui étrille le Digital College et son fondateur : cartes Pokémon, palaces et billets d'avion », sur L'Express, (consulté le )
  3. 1 2 3 « Achats démesurés, fraude aux visas étudiants et concerts de rap : quand l’argent public finance les dérives de l’apprentissage », sur Le Figaro, (consulté le )
  4. 1 2 « Collège de Paris, les dessous d’un scandale : soupçons de blanchiment, trafic de visas… », sur L'Express, (consulté le )
  5. ↑ Kira Mitrofanoff, « Olivier de Lagarde, l’ex-professeur d’histoire devenu président du Collège de Paris », sur Challenges, (consulté le )
  6. ↑ « Aides en berne, inscriptions en baisse : la fin de l'âge d'or pour l'apprentissage ? », sur France 3 Centre-Val de Loire, (consulté le )
  7. ↑ Baptiste Lépinay, « Cartes Pokémon, fête de mariage : les dépenses troublantes de l’école de commerce Digital College », sur Mediapart, (consulté le )
  8. 1 2 Laurent Calixte, « Management brutal, filière d’immigration, blanchiment… une école de communication placée en liquidation judiciaire », sur Le Figaro Etudiant, (consulté le )
  9. ↑ « Cartes Pokémon et gestion opaque : les dérives du Digital College », sur France Culture, (consulté le )
  10. ↑ Baptiste Lépinay, « Secouée par les scandales, l’école de marketing Digital College est contrainte de fermer », sur Mediapart, (consulté le )
  11. ↑ Baptiste Lépinay, « Pour redorer son image, l’école Digital College se choisit une directrice condamnée pour abus de confiance », sur Mediapart, (consulté le )
  12. ↑ « D’ex-salariés d’une formation supérieure privée dénoncent le « business » des étudiants étrangers », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  13. ↑ Baptiste Lépinay, « L’Ecema, école de commerce privée accusée de profiter des largesses de l’alternance », sur Mediapart, (consulté le )
  14. ↑ Inès Chaïeb, « Le controversé Digital College annonce sa fermeture pour liquidation judiciaire », sur leparisien.fr, (consulté le )
  15. ↑ Inès Chaïeb, « « J’ai l’impression d’avoir été volé » : avant la fermeture de Digital College, les derniers mois cataclysmiques de l’école », sur leparisien.fr,
  16. ↑ « RECHERCHE DE REPRENEURS EN PLAN DE CESSION : COLLEGE DE PARIS / Holding d'un groupe de 32 établissements d'enseignement supérieur et organismes de formation professionnelle en France et à l'étranger - DLDO le 10/04/2026 à 10h00 », sur BCM, (consulté le )
  17. ↑ Marina Alcaraz, « Bientôt une formation Marmiton ? L'ex-Reworld Media, éditeur de « Science et Vie » et Doctissimo, se lance dans l'enseignement supérieur », sur lesechos.fr, (consulté le )
  18. ↑ « Unify Group (ex-Reworld Media) rachète sept composantes du Collège de Paris représentant une activité formation de 90 M€ », sur www.aefinfo.fr (consulté le )
  19. ↑ « Délibéré du 4 septembre 2026 concernant KEYCE ACADEMY - COLLEGE DE PARIS), relatif au jugement prononçant la résolution du plan de redressement et la liquidation judiciaire du Tribunal de Commerce de Montpellier »