Seconde guerre barbaresque

guerre entre les États-Unis, et les États barbaresques de Tripoli, de Tunis et d'Alger

La seconde guerre barbaresque (-), également appelée guerre américano-algérienne [5],[6], ou guerre algérienne [7],[8] fut un bref conflit militaire opposant les États-Unis à la Régence d'Alger en 1815, et la seconde de deux guerres entre les États-Unis, et les États barbaresques de Tripoli, de Tunis et d'Alger.

Seconde guerre barbaresque
Description de cette image, également commentée ci-après
Dessin de 1905 représentant l'escadre de Decatur à Alger
Informations générales
Date 17-19 juin 1815
Lieu Mer Méditerranée, côte des Barbaresques
Casus belli saisie de navires américains par des corsaires algériens, et violation du traité de 1795[1],[2].
Issue

Victoire américaine[2]

  • Fin du paiement du tribut américain à la Régence d'Alger[3]
  • Libération des captifs américains[3]
  • Restitution par les États-Unis de prisonniers et de navires algériens capturés[4]
Belligérants
Drapeau des États-Unis États-Unis Régence d'Alger
Commandants
James Madison
Stephen Decatur, Jr.
James C. George
Mohamed Khaznadji
Omar Agha
Hamidou ben Ali
Forces en présence
10 navires de guerre brick
frégate
Pertes
40 morts et blessés
10 prisonniers
53 morts
486 prisonniers

Guerres barbaresques

Batailles

Seconde guerre barbaresque :

La guerre entre les États barbaresques et les États-Unis a pris fin lorsque « le Sénat des États-Unis a ratifié le traité algérien de Decatur le  »[9]. Cependant, le dey d'Alger, Omar Agha, a dénoncé le traité américain, a refusé d'accepter les conditions de paix ratifiées par le congrès de Vienne, et menacé la vie de tous les habitants chrétiens d'Alger. William Shaler, le commissaire américain qui avait négocié avec Stephen Decatur, a dû fuir à bord des navires britanniques, et plus tard a observé « les obus et les fusées voler sur [sa] maison comme la grêle »[10] à la suite du bombardement d'Alger. Shaler a ensuite négocié un nouveau traité après le bombardement d'Alger en 1816, qui n'a pas été ratifié par le Sénat avant le , en raison d'un oubli accidentel[9].

Après la fin de la guerre, les États-Unis et les pays européens ont cessé de payer tribut aux États barbaresques pour déjouer les attaques contre leurs navires. Cela a contribué à marquer le début de la fin de la piraterie dans cette région. En quelques décennies, les puissances européennes ont construit des navires de plus en plus sophistiqués et coûteux que les pirates barbaresques ne pouvaient égaler en nombre ou en technologie[11].

Contexte

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Après la première guerre barbaresque (1801-1805), la relation des États-Unis avec la Grande-Bretagne s'est dégradée, notamment à cause de la propension américaine à commercer avec la France, et pour d'autres raisons qui conduisirent à la guerre anglo-américaine de 1812. Les États barbaresques ont profité de cette occasion pour attaquer des navires marchands américains et européens dans la mer Méditerranée, capturant les équipages et exigeant des rançons.

Dans le même temps, les grandes puissances européennes étaient encore impliquées dans les guerres napoléoniennes, qui ne se sont terminées qu'en 1815.

La réponse américaine

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Gravure montrant l'escadre de Bainbridge.

À la fin de la guerre de 1812, cependant, les États-Unis sont revenus au problème de la piraterie barbaresque. Le , le congrès des États-Unis autorise le déploiement de la puissance navale contre Alger, et deux escadres sont assemblées et prêtes à la guerre.

L'escadre sous le commandement du commodore William Bainbridge part de Boston, au Massachusetts, tandis que l’escadre du commodore Stephen Decatur était à New York. L’escadre de Decatur part le . Elle comprend les frégates USS Guerrière, un vaisseau amiral de 44 canons, commandé par le capitaine William Lewis ; le Constellation, de 36 canons, commandé par le capitaine Charles Gordon ; et la Macédoine, de 38 canons, sous le commandement du capitaine Jacob Jones ; les sloops de guerre Epervier, commandé par le capitaine John Downes, et l'Ontario avec 16 canons, commandé par le capitaine Jesse D. Elliott; les bricks Firefly, Spark et Flambeau, chacun avec 14 canons commandés par les lieutenants George W. Kodgers, Thomas Gamble et John B. Nicholson ; et les goélettes Torch et Spitfire, tous les deux avec 12 canons, commandés par les lieutenants Wolcott Chauncey et Alexander J. Dallas. M. William Shaler[12]. Le commandement de Bainbridge s'assemblait encore, et ne partit que le , manquant les batailles[12].

Lors de la bataille du cap Gata, le , l'escadre américaine s'empare du Brick algérien Estedio et de Mashouda, navire amiral algérien. Son commandant, le corsaire Raïs Hamidou ben Ali, perd la vie lors du combat.

Négociations et engagement

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Gravure représentant Decatur, en négociations, avec le dey d'Alger, Mustapha Khaznadji.
Bombardment of Algiers 1816, par George Chambers

La dernière semaine de , l'escadre arrive à Alger et les Américains entament les négociations avec le Dey. Les demandes d'indemnisation américaines sont assorties de menaces militaires, et le Dey s'incline. Selon les termes du traité signé à bord de la Guerrière dans la baie d'Alger le , Decatur rétrocède les navires de guerre Meshuda et Estedio. Les Algériens libèrent leurs prisonniers américains, une dizaine, et un nombre important de captifs européens en échange d'environ 500 sujets du Dey[13]. La régence d'Alger paie 10 000 dollars pour les navires saisis. Le traité exclut tout tribut à venir de la part des États-Unis d'Amérique[14], et reconnait aux États-Unis le droit de transport maritime plein et entier en mer Méditerranée.

Alger tenta de revenir sur le traité de 1815, mais ne réussit pas à reprendre la capture de navires américains. Plus tard, le dey Omar répudia l'accord. En réponse, le président Madison envoya l'escadre américaine de Méditerranée, commandée par Isaac Chauncey, afin de protéger la navigation américaine[15].

Conséquences

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Au début de 1816, le Royaume-Uni entreprend une mission diplomatique, appuyée par une petite escadre de navires de ligne, vers Tunis, Tripoli et Alger afin de convaincre les deys de mettre un terme à la piraterie et libérer les chrétiens européens maintenus en esclavage. Les beys de Tunis et de Tripoli en conviennent, sans opposer de résistance, mais Omar Agha, dey d'Alger, se fait plus récalcitrant et les négociations sont houleuses. Le chef de la mission diplomatique, Edward Pellew, avait négocié un traité pour arrêter l'esclavage des chrétiens, et était retourné en Angleterre. Cependant, juste après la signature du traité, les troupes algériennes massacrent 200 pêcheurs corses, siciliens et sardes, qui étaient sous protection britannique. Cela provoque une vague d'indignation en Grande-Bretagne et Europe continentale, et les négociations d'Exmouth sont alors considérées comme un échec[16].

En conséquence, Exmouth reçut l'ordre de reprendre la mer à nouveau pour mener le travail à terme, et punir les Algériens. Il rassembla une escadre de cinq navires de ligne, renforcée par un certain nombre de frégates, plus tard renforcée par une flottille de six navires hollandais. Le , à la suite d'une série de négociations infructueuses, la flotte néerlando-britannique effectua pendant neuf heures un bombardement d'Alger. L'attaque immobilisa beaucoup de corsaires et batteries de rivage du dey, le réduisant à accepter une offre de paix selon les termes mêmes qu'il avait rejetés la veille. Exmouth avait averti que si ces termes n'étaient pas acceptés, il poursuivrait le bombardement. Le dey accepta les termes, mais Exmouth bluffait ; sa flotte avait alors dépensé toutes ses munitions[17].

Un traité fut signé le . Le consul britannique et 1 083 esclaves chrétiens furent libérés, et l'argent des tributs américains fut remboursé[18].

Notes et références

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  1. James Madison, « Special Message », sur The American Presidency Project, University of California, Santa Barbara, (consulté le )
  2. 1 2 « Barbary Wars, 1801–1805 and 1815–1816 », sur Office of the Historian, United States Department of State (consulté le )
  3. 1 2 « Treaty of Peace, Signed Algiers June 30 and July 3, 1815 », sur The Avalon Project, Yale Law School (consulté le )
  4. « The Second Barbary War: The Algerine War », sur William L. Clements Library, University of Michigan (consulté le )
  5. (en) « First Barbary War (1803–1805): U.S. Naval & Mediterranean Conflict. », sur USS Constitution Museum (consulté le )
  6. (en) Micheal Clodfelter, Warfare and Armed Conflicts: A Statistical Encyclopedia of Casualty and Other Figures, 1492-2015, 4th ed., McFarland, (ISBN 978-0-7864-7470-7, lire en ligne)
  7. « Milestones in the History of U.S. Foreign Relations - Office of the Historian », sur history.state.gov (consulté le )
  8. « Avalon Project - The Barbary Treaties 1786-1816 - Treaty of Peace, Signed Algiers June 30 and July 3, 1815 », sur avalon.law.yale.edu (consulté le )
  9. 1 2 (en) « Barbary Wars, 1801–1805 and 1815–1816 », MILESTONES: 1801–1829, ? (lire en ligne)
  10. Stephen Taylor, Commander : The Life and Exploits of Britain's Greatest Frigate Captain, Londres, faber and faber, , 289 p. (ISBN 978-0-571-27711-7)
  11. Frederic C. Leiner, The End of Barbary Terror, America's 1815 War against the Pirates of North Africa, Oxford University Press, 2007, , 39–50 p. (ISBN 978-0-19-532540-9, lire en ligne)
  12. 1 2 Gardner Weld Allen, Our Navy and the Barbary Corsairs, Boston, New York and Chicago, Houghton Mifflin & Co., , p. 281
  13. (en) William Shaler, Stephen Decatur, « PEACE », Treaty of peace concluded between the United States of America and his higness Omar Bashaw Dey of algiers, , Article 3, p. 45-46 (lire en ligne) :
    « les États-Unis selon les usages des nations civilisées n'exigent aucune rançon pour l'excès de prisonniers en leur faveur. »
  14. « Il est distinctement compris entre les Parties contractantes qu'aucun tribut, que ce soit sous forme de présents biennaux ou sous quelque autre forme ou nom que ce soit, ne sera jamais exigé des États-Unis sous quelque prétexte que ce soit par le Dey et la Régence d'Alger. » Article 2, p. 45.
  15. (en-US) « Aftermath: America's Presence in the Mediterranean », sur UM Clements Library (consulté le )
  16. Stephen Taylor, Commander : The Life and Exploits of Britain's Greatest Frigate Captain, Londres, faber and faber, , 10 p. (ISBN 978-0-571-27711-7)
  17. Stephen Taylor, Commander : The Life and Exploits of Britain's Greatest Frigate Captain, Londres, faber and faber, , 292 p. (ISBN 978-0-571-27711-7)
  18. (en) Standley Goodwin, Marblehead’s Maritime History : The Ship's Pass, Marblehead Museum & Historical Society, , 29 p. (lire en ligne), p. 21

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Henry Adams. History of the United States of America During the Administrations of Thomas Jefferson. Originally published 1891; Library of America édition 1986. (ISBN 0-940450-34-8)
  • Frank Lambert, The Barbary Wars: American Independence in the Atlantic World New York: Hill and Wang, 2005
  • Joshua E. London, Victory in Tripoli: How America's War with the Barbary Pirates Established the U.S. Navy and Shaped a Nation New Jersey: John Wiley & Sons, Inc., 2005
  • Michael B. Oren, Power, Faith, and Fantasy: The United States in the Middle East, 1776 to 2006. New York: W.W. Norton & Co, 2007. (ISBN 978-0-393-33030-4)

Articles connexes

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