Corses

groupe ethnique

Les Corses (en corse, italien et ligure : Corsi) sont un peuple d'origine italique d'Europe du Sud originaire de Corse, la quatrième plus grande île de la mer Méditerranée, et parlant une langue italo-romane, le corse.

Corses







1re rangée : Pascal PaoliNapoléon IerChristophe SalicetiCharles André Pozzo di Borgo
2e rangée : Xavier PaoliAntoine BonelliXavier CoppolaniJacques OrtoliAngelo Mariani
3e rangée : Antoine LeandriJérôme PeriTino RossiSantu CasanovaPetru Giovacchini
4e rangée : Ferdinando BusoniDanielle CasanovaJean-Baptiste FerracciFred ScamaroniSantos Manfredi
5e rangée : • Paul François GrossettiPascal CeccaldiPaul PoggionovoFrançois ColiMichel Zévaco
6e rangée • Laetitia CastaAlizée JacoteyPascal OlmetaMarion BartoliBaptiste Giabiconi
Populations importantes par région
Drapeau de la Corse Corse 290 000
Drapeau de la France France
(Continentale seulement)
1 000 000 à 1 500 000 (incluant l'ascendance)
Drapeau de Porto Rico Porto Rico 300 000 à 400 000 (incluant l'ascendance)
Drapeau des États-Unis États-Unis 1840[1](incluant l'ascendance)
Drapeau de l'Italie Italie 6200
Population totale 2 500 000 à 3 500 000
Autres
Régions d’origine Drapeau de la Corse Corse
Drapeau de la Sardaigne Nord de la Sardaigne
Langues

Corse (Langue d'origine)
Bonifacien
Calvais
Français (également parlé dans une variante régionale)
Italien (Langue officielle à l'époque génoise)
Espagnol (Parlé par la diaspora corse en Amérique du Sud)

Historiquement:
Grec de Cargèse
Toscan
Latin
Étrusque
Langue punique
Paléosarde
Religions Catholicisme romain (majorité)
Catholicisme grec byzantin (minorité)
Christianisme orthodoxe (minorité)[2],[3]
Islam sunnite (minorité)[4]
Autrefois:
Mazzérisme
Chamanisme
Paganisme romain
Animisme
Ghjuvannali
Ethnies liées

Ils doivent leur nom aux Corsi, un peuple antique tribal originaire du nord de la Sardaigne qui s'est installé sur l'île qui porte désormais leur nom. Les Corsi étaient d'anciens Sardes, avec les Bàlari et les Ilienses.

Leur histoire est mouvementée, les hommes étaient connus pour être des militaires depuis le Moyen Âge, où, à travers le temps, ils ont participé à des guerres en tant que condottieri et de nombreuses unités militaires de plusieurs pays avaient des divisions corses (la Garde corse pontificale, les Bandes corses du royaume de France et les Royal Corsican Rangers britanniques). Ils ont participé à la Révolution française, à l'Empire où ils ont une place forte, notamment l'Empereur mais aussi plusieurs généraux. La culture corse est très spécifique et la religion a un fort rôle dans celle-ci.

Ethnonymie

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En corse : Corsu. En italien : Còrso. En sarde : Cossu ou même Corsicanu (latin : Corsicanus).

Anthropologie, ethnologie et histoire

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Antiquité

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Les Corses modernes doivent leur nom à un ancien peuple connu par les Romains sous le nom de Corsi. Les Corsi, qui ont donné leur nom à l'île, étaient en fait originaires de la partie nord-est de la Sardaigne nuragique (Gallura). Selon Ptolémée, les Corsi étaient constitués d'un grand nombre de tribus qui vivaient en Corse (à savoir les Belatones ou Belatoni, les Cervini, les Cilebenses ou Cilibensi, les Cumanenses ou Cumanesi, les Licinini, les Macrini, les Opini, les Subasani, les Sumbri, les Tarabeni, les Titiani et les Venacini) ainsi que dans l'extrême nord-est de la Sardaigne (les Lestricones, Lestrigones ou Lestriconi / Lestrigoni, les Longonenses ou Longonensi). Ces Corsi partageaient l'île avec les Tibulati, qui habitaient à l'extrême nord de la Sardaigne, près de l'ancienne ville de Tibula[11].

Louis Dussieux considère les Corses comme étant un peuple descendant des Ligures, il indique également qu'ils sont mêlés d'éléments pélasgiques (premiers habitants de la Grèce) et qu'ils ont été italianisés[12]. D'après Giovanni Ugas, il est probable que les Corses de l'Antiquité appartiennent à la famille des peuples Ligures[13].

Strabon dit que quand les capitaines romains faisaient quelques courses en Corse et qu'ils emmenaient un grand nombre d'esclaves à Rome, on regardait avec admiration le fait que les Corses étaient tous sauvages et tenaient plus de la bête que de l'homme : car ou ils se pourchassaient à mort en toutes les façons qui leur étaient possibles, ou bien ils ennuyaient si fort leurs maîtres avec leur impatience et leur peu d'esprit, que lesdits maîtres se fâchaient d'y avoir mis leur argent, encore qu'ils ne leur eussent coûté que fort peu[14].

Les Corses, après la conquête romaine, sont intégrés à l'administration et à l'armée de la République romaine puis de l'Empire. La population corse bénéficie de la Pax Romana et des unions entre insulaires et latins mènent alors à l'intégration complète des Corses (désormais d'origine mixte Latin-Corsi). Tacite décrit les légionnaires corses comme de « Bons cavaliers et bons fantassins, les Corses étaient aussi d'excellents marins. La flotte de Misène avait deux stations dans l'île, l'une à Aléria et l'autre à Mariana. Le commandement de la flottille était exercé par un "triérarque des galères. »[15],[16]

Comme dans le reste de l'Empire au IVe siècle, ils sont progressivement christianisés. La Corse est plutôt calme pendant 500 ans de règne romain et la population devient progressivement ethniquement italique à la fin de l'Empire.

À la suite de l'effondrement de l'Empire romain, la Corse subit l'invasion des Vandales et est intégrée dans le Royaume vandale. Les Vandales détruisent des monastères par opposition religieuse (les Vandales étant des Chrétiens ariens, ils sont hostiles aux Chrétiens nicéen), mais les germains ne s'attaquent pas à la population. S'ensuit alors une domination lombarde qui chassent les Vandales de la Corse.

Moyen Âge

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En 1310, la Corse inquiète l'Église catholique du fait que les Ghjuvannali, une secte déviante issue des franciscains considérée comme hérétique se propage dans la population. Les autorités catholiques, appuyées par des opposants locaux parviennent à anéantir la secte en 1364[17].

Toutefois, durant le XVIe siècle, les insurgés Corses menés par Sampiero Corso sont alliés avec l’alliance franco-ottomane contre la république de Gênes qui opprimait les Corses et les ottomans participent à la guerre corso-génoise de 1553[18] aux côtés des insurgés Corses, ce qui épargne de l’esclavage la population indigène de l’île pendant quelques décennies, les insurgés Corses étant les alliés du royaume de France et de l’Empire ottoman contre la guerre plus large contre les Hasbourg.

Au cours des siècles suivants, la Corse fut gouvernée et colonisée par les Pisans (de 1050 à 1295) et les Génois (de 1295 à 1755, lorsque l'île se libéra de La Superba) : cela se reflète dans le fait qu'une grande partie des patronymes d'origine corses ont une consonance italo-romane (Andreani, Andreoni, Agostini, Albertini, Bartoli, Battesti, Benedetti, Buresi, Casanova, Cesari, Colonna, Coppolani, Filippi, Luciani, Padovani, Paoletti, Paoli, Pietri, Rossi, Santoni, Simeoni, etc.). En effet, ils sont pour la plupart issus d’une « traduction » ou « italianisation » datant de l’époque de l’administration pisane ou génoise (qui utilisaient déjà le toscan comme langue officielle)[19]. À l'inverse, d'autres patronymes sont directement issus de la colonisation (notamment Benigni, patronyme qui trouve son origine en Toscane ou Fieschi, qui trouve son origine dans la région génoise). Cela explique aussi le fait que les variétés corses modernes, en particulier celles du Nord, sont considérées linguistiquement comme faisant partie du dialecte toscan. Parce que l'île a été historiquement et culturellement liée au continent italien jusque-là[20],[21], les populations italiennes du nord et du centre de l'Italie ont pu contribuer en partie à l'ascendance corse moderne.

Renaissance

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Lors de la fin du Moyen Âge et au début de la Renaissance, les Corses s'illustrent au combat dans de nombreux conflits, beaucoup d'entre eux sont alors mercenaires (ou condottieri) et se battent pour des royaumes parfois rivaux. Des Corses s'illustrent notamment lors de la bataille de Lépante aux côtés de la Sainte Ligue contre l'Empire ottoman, d'autres sont des mercenaires au service du royaume de France (dont Sampiero Corso qui servit également le royaume de Naples et rentrera sur sa terre natale avec l'appui de la France, de Naples et de l'Empire ottoman pour affronter les occupants génois)[22].

Au début du XVIIe siècle, d'après Pierre Davity, les Corses ne sont guère civilisés pour la plupart et il n'y a pas en eux cette politesse que l'on voit chez les Italiens. Ils sont « extrêmement cruels » et retiennent encore ce que César a dit d'eux pour ce regard, néanmoins il y a chez eux de bien bons soldats et des hommes forts courageux. Au reste, ils sont tellement vindicatifs que les Italiens ont un proverbe commun qui dit qu'il ne faut se fier en un Corse ni vif ni mort, car aussitôt que quelqu'un a été tué, soudain tous ses parents s'assemblent pour faire mourir le meurtrier s'il leur est possible[14].

Les bandes corses au service de la France

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Sampiero Corso (1498-1567), fondateur des bandes corses, proto-nationaliste corse et opposant à la République de Gênes.
Alphonse d'Ornano (1548-1610), Maréchal de France, fils du précédent.
Jean-Baptiste d'Ornano (1581-1626), maréchal de France, fils du précédent et petit-fils de Sampiero Corso.

Les bandes corses étaient des unités militaires du royaume de France deux siècles avant l'annexion de la Corse par la France, fondées par Sampiero Corso et dirigés par la suite par ses descendants.

Les bandes corses, dirigées par Sampieru, avec le soutien des forces françaises de François 1er et les forces ottomanes de Dragut, participent à la Conquête franco-ottomane de la Corse de 1553 contre la République de Gênes et parviennent à repousser les Génois au maximum, avec le soutien de la population, mais la France finit par faire la paix avec Gênes, permettant aux Génois de reprendre la Corse.

Durant le XVIe siècle, les bandes corses dirigées par Alphonse d'Ornano participent aux guerres de religion du côté du roi Henri III, prenant part à la guerre contre la Ligue qui s'était soulevée contre le pouvoir royal.

Elles étaient au service du Roi de France de 1547 avant d'être remplacées par le Régiment Royal-Corse. Des milliers de Corses en ont fait partie durant deux siècles.

Les Corses musulmans d'Afrique du nord

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Représentation d'un corsaire barbaresque, par Giovanni Guida (1837-1895).

Les Corses, comme de nombreux peuples méditerranéens d'Europe sont alors victimes des raids des Barbaresques. La plupart des kidnappés sont des enfants qui seront convertis à l'Islam sunnite par la suite. Ils participeront à la Taïfa des raïs par la suite et auront un rôle important.

Ainsi, la plupart se convertirent à l'Islam, ce qui les affranchi et rejoignent alors les rangs des corsaires Barbaresques, voire l'administration de la Régence d'Alger. Des milliers de musulmans d'Afrique du Nord étaient alors des Corses, dont deux se sont distingués, Hassan Corso et Mami Corso, par leurs participations aux raids et à la gouvernance. Ils se distinguent par leur leadership et sont souvent promus à des postes élevés[23].

Comme ce fût souvent le cas, les Corses musulmans sont communautaires, ainsi, les hommes d'Hassan Corso se sont rebellés contre Mehmed Tekkelerli, le gouverneur de la régence d'Alger nommé par Soliman le Magnifique. Durant le conflit, Hassan est capturé et torturé à mort, les Corses musulmans ont jurés de le venger, ce qui souligne le communautarisme dont ils font preuve.

En 1613, Murād Qūrçū (né Ghjucumu Santi) prend le pouvoir dans la Régence de Tunis en succédant à Youssef Dey, fondant la dynastie des Mouradites régnant pendant quatre-vingt dix ans avant d'être renversée par un pacha arabe, Ibrahim Cherif en 1702[24].

Le dernier Corse musulman d'Afrique du nord connu est Abdallah Montera, proche de l'émir Abdelkader[25].

Guerre d'indépendance corse (1729-1769)

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Statue de Jean-Pierre Gaffory (en corse : Ghjuvan Petru Gaffory), chef de l'insurrection corse contre la République de Gênes jusqu'à son assassinat en 1753.

En 1729, alors que la République de Gênes impose des taxes exorbitantes à la population, les corses se soulèvent contre la domination génoise, provoquant la guerre d'indépendance corse. C'est à cette période qu'une identité spécifiquement corse se forge et que naquit le nationalisme corse.

Les Corses, soulevés par les multiples discriminations qu'ils subissent par les Génois (n'ayant aucun droit de servir dans l'armée génoise, rackettés fiscalement) décident de soutenir une indépendance de l'île, la première indépendance est déclarée en 1735, et ils nomment l'allemand Théodore de Neuhoff roi de Corse.

Le drapeau à la tête de Maure (A testa mora) aux yeux bandés devient le drapeau officiel des insurgés jusqu'en 1755.

La République de Gênes commet également des massacres sur la population civile, comme à Aléria en 1737.

Jean-Pierre Gaffory guide alors la plupart des insurgés du Sud, Domenico Rivarola dirige les insurgés du Nord. Les rebelles obtiennent le soutien du Beylicat de Tunis, du royaume de Grande-Bretagne et du royaume de Sardaigne qui était alors entré en guerre contre Gênes.

En 1755, Pasquale Paoli arrive en Corse et y fonde la République corse, le second État indépendant de Corse. La République corse contrôle la majeure partie de l'île, mais les côtes sont toujours aux mains des Génois. Paoli doit également faire face à un autre adversaire, Mariu Emmanuele Matra qui a établi un gouvernement rival. Paoli sort vainqueur et est massivement soutenu par la population.

Durant les années 1760, les Corses rebelles lancent des raids contre des villes corses sous la direction de Gênes, parvenant à chasser les occupants, mais ne peuvent reprendre toutes les côtes, la puissante armée française étant présente pour soutenir les Génois à Ajaccio et Bastia.

Trois mois après le traité de Versailles, le , Louis XV proclame officiellement la réunion de la Corse à la France[26]. Cependant, la conquête française de l'ile n'est réellement effective qu'à partir du , date à laquelle la France remporte la bataille de Ponte-Novo. À la suite de celle-ci, les Français tâchèrent de réconcilier les Corses à la domination française, en leur montrant de la bienveillance et de l'équité[note 1]. Mais malgré cela, des meurtres, des brigandages et des révoltes partielles, souvent renaissantes, ne cessèrent de protester contre la conquête française[27].

En opposition à l'attaque française, Pasquale Paoli affirme alors l'italianité du peuple corse en 1768 :

« Nous sommes Corses de naissance et de sentiment, mais nous nous sentons avant tout Italiens par la langue, les origines, les coutumes, les traditions ; et les Italiens sont tous frères et unis devant l'histoire et devant Dieu... En tant que Corses nous ne voulons être ni esclaves ni "rebelles" et en tant qu'Italiens nous avons le droit de traiter en égaux les autres frères italiens... Ou nous serons libres ou nous ne serons rien... Ou nous vaincrons ou nous mourrons (contre les Français), les armes à la main... La guerre contre la France est juste et sainte comme le nom de Dieu est saint et juste, et ici sur nos montagnes apparaîtra pour l'Italie le soleil de la liberté[28]... »

Après la conquête française de la Corse, une partie des Corses collaborent avec les nouvelles autorités françaises, mais une autre partie mène une résistance acharnée dans les montagnes qui ne s'arrêtera qu'au moment de la réussite de la Révolution française, à laquelle les Corses, viscéralement opposés à l'absolutisme, se rallient massivement, en plus d'une amnistie générale dont bénéficient les rebelles Corses, incitant ceux-ci à baisser les armes.

La Corse durant la Révolution française

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Antoine Christophe Saliceti (en corse : Antoniu Cristufaru Saliceti), personnalité éminente de la Révolution française qui a proposé le décret de réunion de la Corse à la France et a voté pour la mort de Louis XVI.

Les Corses soutiennent massivement la Révolution française, et les insurgés de Corse déposent les armes. Paoli revient d'exil.

Après que le Roi Louis XVI ait été arrêté pour avoir tenté de se sauver, provoquant le Votes sur la mort de Louis XVI, les six députés de Corse votent unanimement pour punir le roi, deux pour la déportation, trois pour la détention le temps de la fin de la guerre, le dernier vote de Christophe Saliceti est en faveur de la peine de mort. Certains Corses sont alors des proches de Robespierre, dont Saliceti et Napoléon Bonaparte.

Durant l'Expédition de Sardaigne, la plupart des militaires français y prenant part sont Corses. L'expédition est sabotée, Pascal Paoli et Charles André Pozzo di Borgo sont accusés du sabotage par Lucien Bonaparte et Christophe Saliceti, discréditant Paoli, y compris parmi certains acteurs et anciens compagnons de la guerre d'indépendance corse, menant à un conflit entre les Corses pro-révolutionnaires et les paolistes, qui font alors sécession. Ce qui mène à la proclamation du Royaume anglo-corse et finalement à la guerre de Corse qui dura deux ans où les français et leurs alliés corses se battront contre les Britanniques et leurs alliés corses.

D'après Henri Martin, l'acquisition de la Corse ne se légitima qu'en 1789, lorsque les Corses devinrent citoyens libres d'une nation libre et ratifièrent solennellement leur réunion à la France, ratification confirmée d'une façon plus explicite encore en 1796, lorsque les Corses, après avoir été séparés du territoire français par les événements de la guerre révolutionnaire et par l'influence de leur héros Paoli, rejetèrent le joug anglais et revinrent spontanément à la France, sous l'influence d'un autre héros corse, devenu le vainqueur de l'Autriche, en attendant qu'il fût le dominateur de l'Europe[27]. Néanmoins, le nationalisme corse fera plus tard une nouvelle apparition.

Pascal Paoli décide de faire sécession d'avec la France révolutionnaire et avec l'aide britannique, forme le Royaume anglo-corse, marqué par le fait que les généraux français aillant pour objectif de reconquérir la Corse sont eux-mêmes corses et à l'intérieur de l'île, de nombreux Corses se révoltent contre le régime pro-britannique, ce qui mènera au final à la retraite des britanniques et la Corse sera rattachée par la Corse à la suite du retour du général corse Antoine Gentili en Corse.

Les clans corses républicains, dirigés par Saliceti, dominent alors l'espace public en Corse, toutefois, l'île est en proie à la Révolte de la croix théocratique en 1797. Appuyé par la France, les troupes corses républicaines ripostent et abattent la révolte en 1798, scellant définitivement la domination du Directoire et des régimes qui lui succèderont sur l'île[29].

Sous l'Empire

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L'Empire napoléonien proclamé en 1804 fait drastiquement augmenter la puissance des corses pro-français qui fournissent généraux, militaires et espions à Napoléon Bonaparte. Toutefois une autre partie de la population est furieuse face à l'enrôlement forcé, l'Empire étant en guerre quasi-permanente. Enfin, des volontaires corses anti-français se battent dans les rangs britanniques.

La première grande diaspora corse hors de France commence également à naître. La France impériale forment des Tirailleurs corses et des espions insulaires, les Britanniques utilisent d'anciens paolistes pour lutter contre la France, les Royal Corsican Rangers qui combattent pour le roi d'Angleterre.

Tandis que des corses se battent sur des fronts, c'est en 1806, après la proclamation du Royaume de Naples de Joseph Bonaparte qu'un réseau corse particulièrement puissant se fait ressentir. Christophe Saliceti, l'ancien ennemi juré de Paoli, devenu ministre de la police, s'appuie sur les corses installés dans le royaume pour récolter des renseignements, et en fait également sa garde rapprochée. Jean Baptiste Cipriani, directement aux ordres de Saliceti, dirige ce réseau corse qui s'illustre par l'espionnage et la contrebande pour aider Saliceti dans sa lutte contre les britanniques et les insurgés légitimiste calabrais. Ce réseau sera directement impliqués dans ce qui allait être la Prise de Capri, mettant en déroute Hudson Lowe et les troupes corses pro-britanniques des Royal Corsican Rangers que dirige Lowe[30].

À la chute de l'Empire en 1814, des nationalistes corses rédigent le traité de Bastia pour rétablir le Royaume anglo-corse, le Royaume-Uni refuse catégoriquement le traité et reconnaît la Corse faisant partie de la France qui est sous la Restauration monarchique bourbonnienne[31].

La restauration

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Après la Restauration, l'île fut encore plus négligée par l'État français. Malgré la présence d'une classe moyenne à Bastia et Ajaccio, la Corse resta un lieu par ailleurs primitif, dont l'économie reposait principalement sur l'agriculture de subsistance et dont la population constituait une société pastorale, dominée par les clans et les règles de la vendetta[32]. Le code de la vendetta imposait aux Corses de se venger mortellement des atteintes à l'honneur de leur famille. Entre 1821 et 1852, pas moins de 4 300 meurtres furent perpétrés en Corse. Durant la première moitié du siècle, le peuple corse était encore immergé dans le monde culturel italien : la bourgeoisie envoyait ses enfants étudier à Pise, les actes officiels étaient rédigés en italien et la plupart des livres étaient imprimés en italien (la langue corse n'étant pas écrite à l'époque, l'italien standard servait de langue d'écriture, le corse étant la langue orale). De plus, de nombreux insulaires sympathisaient avec le Risorgimento qui se déroulait dans l'Italie voisine à cette époque : plusieurs réfugiés politiques de la péninsule, comme Niccolò Tommaseo, passèrent des années sur l'île, tandis que certains Corses, comme le comte Leonetto Cipriani prirent une part active aux combats pour l'indépendance italienne. Un certain soutien au nationalisme italien est alors présent dans la population.

Durant tout le XIXe siècle, de nombreux Corses sympathisent avec la doctrine bonapartiste et le nationalisme français tandis que d'autres Corses participent à la vie politique et militaire française. Beaucoup de Corses ont des convictions anti-royalistes, en lien avec leur histoire mouvementée avec la royauté. L'un d'eux, Joseph Fieschi tentera même de tuer le Roi de France Louis-Philippe Ier avec sa machine infernale. En Corse, le Comité central bonapartiste tient la mairie d'Ajaccio du XIXe siècle jusqu'en 2001.

Second Empire

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Jacques-Pierre Abbatucci, originaire de Zicavo, fut le ministre de la justice du Second Empire entre 1852 et 1857.

La période du Second Empire (1852-1870) constitue un tournant historique majeur pour la Corse, marqué par une ère inédite de paix, de modernisation et d'intégration définitive à l'ensemble français. Napoléon III a une véritable affection pour la population corse et sous son empire, de nombreux corses intègrent des places à haute responsabilité. La population est en croissance, l'empereur mène une politique de désenclavement de l'île et son règne est marqué par un réseau de routes intérieures fortement étendu pour relier les villages et faciliter le commerce. Les grandes villes et surtout Ajaccio bénéficient de l'urbanisme et profitent de projet d'embellissement public.

Le Second Empire donne également aux corses l'occasion de l'intégration politique et sociale, c'est à cette époque que les élites et la société corse scellent leur lien avec l'État français. L'Empire ouvre massivement les carrières militaires, administratives et coloniales à la population corse. L'île bénéficie d'un recul de l'insécurité, l'ordre lutte activement contre la Vendetta et le banditisme traditionnel recule drastiquement. La population corse soutient alors massivement Napoléon III et sa politique[33].

L'opposition corse au régime est très faible et confinée à une petite partie de la bourgeoisie libérale urbaine, notamment à Bastia.

Après la Défaite de Sedan, l'anticorsisme républicain prend forme une vague de ressentiment national assimile la Corse tout entière aux dérives du Second Empire. L'île se retrouve stigmatisée par une partie de la presse et de la nouvelle élite républicaine parisienne.

Troisième République française

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Dès la proclamation de la Troisième République le 4 septembre 1870, de nombreux cadres d'origine corse sont révoqués ou mis au ban des institutions. La fin du Second Empire entraîne en Corse des démissions de maires et de préfets. Les Corses sont alors initialement hostiles à la Troisième République par fidélité à Napoléon III, ce qui suscite l'hostilité des républicains, Georges Clémenceau appelant même de ses vœux à ce que la Corse « cesse immédiatement et irrévocablement de faire partie de la République française »[34].

Les pamphlétaires de la gauche républicaines, y compris des proches de Léon Gambetta et Georges Clémenceau utilisent des propos discriminatoires envers les Corses, les accusants d'être des agents du régime déchu, attaquent les particularismes insulaires, certains allant qualifier les Corses comme des sujets hostiles, assassins et répressif. L'amalgame entre les Corses et la Maison Bonaparte est catalyseur, les Corses réagissent par un bonapartisme exacerbé en réponse. Cette crise marque une rupture profonde. L'intégration de la population insulaire au modèle de la Troisième République prendra plusieurs décennies, nécessitant de nouvelles alliances politiques locales pour surmonter les fractures nées de l'effondrement impérial[34].

Du XIXe siècle au milieu du XXe siècle, les Corses se rapprochèrent également de la nation française en participant à l'Empire colonial français, notamment en agent du colonialisme français. Nombre de Corses deviennent des soldats coloniaux dans un contexte où les Corses saisissent une occasion de travailler alors que leur île est très pauvre[35]. Dans tout l'Empire français, de nombreux Corses conservèrent un sentiment d'appartenance communautaire, leurs phénotypes et leurs noms à consonance italiques les rendant identifiables, le tout en créant des organisations où ils se réunissaient régulièrement, s'informaient mutuellement de l'évolution de la situation en Corse et s'entraidaient en cas de besoin, conservant une certaine endogamie[36].

À la moitié du XIXe siècle, une légère immigration en provenance de Toscane arrive en Corse, les immigrés toscans s'assimilent facilement à la population corse qui leur est apparentée et leur dialecte, le toscan, est très proche du corse. Les immigrants toscans mêlent ainsi leurs lignées à celles des Corses, de sorte que leurs descendants s'identifient avant tout comme corses. Toutefois, cela favorisera, à long terme, un mouvement nationaliste corse pro-italien quelques décennies plus tard parmi des Corses.

Durant la crise du Boulangisme, de nombreux Corses, fortement hostiles à la Troisième République et fortement bonapartistes, ils soutiennent le général Georges Boulanger sous fond de nationalisme français césariste. L'île compte deux représentants du Boulangisme, le militant d'extrême droite Antoine Leandri et le député d'extrême gauche Paul Susini, celui-ci aillant personnellement conseillé Boulanger de s'engager en politique. Toutefois, des partisans républicain mené par Emmanuel Arène surnommé « Le Roi de la Corse » et des comités fidèles à la République réagissent. L'île est en proie à la division politico-clanique. Comme dans le reste de la France, la gauche modérée et la droite modérée s'opposent à l'extrême droite et à l'extrême gauche, alors alliées via le Boulangisme.

En 1891, Roland Bonaparte écrit dans Une excursion en Corse que les Corses ont particulièrement horreur de l'injustice et comme les Génois qui dominèrent l'île pendant 500 ans avaient érigé les dénis de justice en principe de gouvernement, il s'ensuivit que le Corse en était réduit à se rendre justice lui-même : de là la vendetta[37].

Le même siècle durant, des écrivains de renom ainsi que des politiciens continentaux prônent des mesures contre les Corses, voire les insultes ouvertement à travers des lettres envoyées et des ouvrages[38]. En revanche, d'autres personnes de renom les admirent également, comme Prosper Mérimée, Guy de Maupassant et plus tard le Général de Gaulle qui admiraient les Corses[39].

Au début du XXe siècle, de nombreux Corses émigrent, principalement à Marseille ou dans les colonies de l'Empire colonial français, à la recherche de travail. Cette émigration provoque un fort déclin démographique. En même temps, de nombreux Corses rejoignent l'administration et les armées coloniales.

La Corse participe, avec le reste de la France, à la première guerre mondiale. La violence de la guerre mondiale vide démographiquement la Corse. L'île paye l'un des tributs humains les plus lourds de France, ce qui bouleversera définitivement son économie et sa société dans l'entre-deux-guerres. Le 173e Régiment d'Infanterie, le régiment des Corses, participent à de nombreuses batailles parmi les plus meurtriers du conflit. L'île accueille également 18 000 prisonniers de guerre allemands, austro-hongrois et ottomans, répartis dans des monastères désaffectés ou des camps de travail. Le conflit désertifie la Corse, près de 15 000 Corses sont morts pendant la guerre loin de chez eux, part immense de la jeunesse masculine active désorganise totalement l'agriculture traditionnelle. Des terres sont abandonnées en conséquence, et à la suite, le création d'une immense diaspora corse les survivants et les nouvelles générations émigrent massivement vers le continent (Marseille, Paris) et surtout vers l'administration coloniale française (Indochine, Afrique du Nord, Afrique occidentale).

Le choix italien

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Rino Corso, né à Bastia, est un exemple de ces corses aillant choisi l'Italie, il devenu général de l'Armée de l'air royale italienne, il a commandé les forces aériennes italiennes durant la Bataille d'Angleterre en 1941.

À l'inverse, d'autres corses décident de migrer vers l'Italie de façon définitive avec plusieurs motifs variés. Historiquement, les Corses sont liés à la péninsule italienne de façon ethnique et culturelle.

Sous la Troisième République, la France impose le français comme unique langue de l'enseignement et de l'administration, reléguant le corse au rang de simple « patois » de paysans. les élites corses écrivaient en italien. Pour ces hommes, refuser la France et choisir l'Italie récemment unifiée était un acte de résistance à la francisation forcée. Ils considéraient la culture française comme allogène, tandis que l'Italie représentait l'avenir.

Au XIXe siècle, l'Italie a connu le Risorgimento qui a unifié en une seule nation les anciens états qui divisait la péninsule et son unification politique face aux empires. Ce souffle nationaliste italien fascine une partie des intellectuels corses. L'autre cas de figures s'est fait par les Grandes universités italiennes. La Corse n'avait pas d'université (l'université de Corte étant fermée depuis la conquête française), voyager vers la Toscane est alors plus court, moins cher et culturellement moins dépaysant que de monter à Paris. Une fois diplômés des universités prestigieuses de Pise ou de Bologne, ces jeunes Corses sont immédiatement absorbés par la société italienne. Ils y trouvent des postes prestigieux, s'y marient et s'y installent définitivement. Leur patriotisme glisse naturellement de la Corse vers l'Italie[40].

Les Corses en Italie ont subi une assimilation invisible par cousinage culturel, leurs descendants sont totalement indissociable des autres Italiens. Les Corses qui grimpent au sommet de l'appareil militaire italien durant cette période ne sont plus les mercenaires ou des alliés d'occasion : ce sont des hommes totalement assimilés, nés sur place ou naturalisés, ayant fait le choix exclusif de la nationalité italienne et de servir la Maison de Savoie.

Entre-deux-guerres

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Primavera Corsa, recueil de poèmes en langue corse par Santu Casanova, 1927.

Alors que la Corse subit les conséquences immédiates de la Première guerre mondiale, de nombreux corses émigrent sur le continent, principalement sur Marseille. Portée par l'exode massif qui a suivi le cataclysme démographique de la Première Guerre mondiale, l'immigration insulaire s'installe durablement dans la cité phocéenne. C'est durant cette décennie que se structurent les réseaux d'entraide, le clientélisme politique et les prémices du grand banditisme marseillais. La communauté réside principalement dans le quartier de l'Opéra, de la Porte d'Aix et du Panier[41].

Les Corses de Marseille s'engagent dans la politique, la police et l'administration marseillaise, toutefois, c'est également le moment où le crime organisé corse prend de l'essor sous l'impulsion de Paul Carbone et de la frange marginale qui s'empare de l'économie du monde de la nuit. La forte visibilité des Corses dans les rouages de la ville alimente des fantasmes et tensions. Les journaux marseillais présentent de façon satirique les corses comme gendarmes, gangsters ou comme paresseux. Les corses de Marseille conservent également un lien avec leur île natale.

La Corse en revanche, reste exsangue et l'île fait face, dans les mêmes années, à une contestation identitaire sans précédent. De nombreux corses sont furieux contre la Troisième République, l'île est ruinée et dépeuplée, l'agriculture traditionnelle s'est effondrée et l'autarcie alimentaire fait place à la dépendance aux importations maritimes venues du continent. Le Nationalisme corse se structure sous le mouvement Muvriste face au sentiment d'abandon économique par Paris et au traumatisme de la Première guerre mondiale, une élite intellectuelle développe le premier nationalisme corse moderne avec la fondation d'A Muvra en Mai 1920 et du Parti d'action corse en 1923. Sous cette contestation, des Corses se montrent de plus en plus hostiles envers la République, s'ensuit de la propagande de Rome qui veut à terme annexer la Corse à l'Italie.

Alors que la Corse est en train de se dépeuplée, un véritable trucage, Le recensement officiel de 1931 affiche environ 290 000 habitants (et celui de 1936 grimpera fictivement à 322 000). En réalité, ces dénombrements incluent massivement les « absents » et la diaspora corse. Les maires des villages inscrivent délibérément sur les listes les enfants émigrés sur le continent ou les fonctionnaires coloniaux sur les listes électorales de Corse alors que presque la moitié de la population corse est en diaspora. Le trucage est fait à des fins financiers et politiques orchestré par les clans pour obtenir des subventions de l'état. De plus, l'économie corse de l'entre-deux-guerres ne repose plus sur la production et le pastoralisme, mais sur les mandats d'argent envoyés par la diaspora (marins, douaniers, coloniaux) et sur les pensions des veuves et mutilés de guerre.

En novembre 1931, l'État français, sous le gouvernement de Pierre Laval, envoie des forces armées sur l'île pour endiguer le problème des Bandits corses[42]. Appelée « l'épuration du maquis », cette opération mobilise plus de 500 gendarmes d'élite, des blindés, des automitrailleuses et des chiens policiers pour en finir avec les hors-la-loi. La mesure exaspère la population corse, non dans la traque des bandits, mais par les méthodes, les gendarmes encerclent de nombreux villages pour attraper un seul bandit, des maisons fouillées sans ménagement et des gens jetés en prison de façon arbitraire pour complicité. La démonstration quasi-militaire de l'État français fait augmenter la colère des Corses et est immédiatement exploitée par A Muvra qui dénonce une « invasion » et les fractures identitaires augmentent. En quelques mois, les chefs bandits sont abattus ou capturés puis condamnés à mort par la justice française[43].

Carte des régions ethniquement italiques, incluant la Corse en violet, revendiquées par les nationalistes italiens en 1918. L'objectif à long terme étant de former la Grande Italie, dans un contexte où de nombreux italiens dénoncent une Victoire mutilée. L'Italie à la fin de la Première Guerre mondiale est secouée par une vague irrédentiste, alors que l'entreprise de Fiume est en cours.

Durant les années 1930, la Corse fait face à la montée de l'irrédentisme italien, attisé par des nationalistes corses d'extrême droite, à travers le Parti autonomiste corse et le journal A Muvra (qui fut le premier journal mêlant le culturel et la défense ethno-culturelle en Corse) qui, tout en soutenant la spécificité corse, soutiennent ouvertement le fascisme italien en affirmant l'identité italique des Corses[44]. Une autre partie de la population est en contrepoids pro-française et opposée au régime de Benito Mussolini. Cette division se fera sentir durant la Seconde guerre mondiale, où les pro-italiens deviendront des collaborateurs, et les pro-français résistants.

En 1938, Benito Mussolini revendique explicitement la Corse, Nice et la Tunisie. Le régime finance des journaux corses favorable à l'Italie. La réponse en Corse se traduit par le Serment de Bastia le qui se traduit par le rejet explicite de l'irrédentisme italien[45]. Près de 40 000 personnes se réunissent sur la place Saint-Nicolas à Bastia, pavoisée de drapeaux tricolores. Toutes les forces politiques locales, des conservateurs, des socialistes, des communistes aux nationalistes d'extrême droite, mettent de côté leurs divisions pour former un front commun anti-italien. Jean-Baptiste Ferracci, représentant de l'Association des anciens combattants de la région bastiaise de la Première Guerre mondiale, lu devant cette foule le texte qui se conclut par le message fort[45].

« Di pettu à u mondu, da culte à a nostra anima, nantu à e nostre glorie, nantu à i nostri sepulcri, nantu à i nostri cunnachji, ghjuremu de campà è de mori Francesi ! »

« Face au monde, de toute notre âme, sur nos gloires, sur nos tombes, sur nos berceaux, nous jurons de vivre et de mourir Français ! »

Le Serment de Bastia annonce le prélude de la Résistance corse durant la Seconde guerre mondiale.

Seconde guerre mondiale

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En 1942, après le débarquement allié en Afrique du Nord, l'Italie fasciste envahit la Corse, près de 85 000 soldats italiens envahissent l'île. De nombreux corses s'organisent de façon politiquement transpartisane sous le mouvement du Front national pour barrer la route aux envahisseurs. Au large, le Casabianca rempli de soldats coloniaux français d'origine corse prépare l'opération Pearl Harbour sous le commandement d'Henri Giraud contre les forces d'occupation.

Toutefois, des collaborateurs corses pro-italiens sont également présents dans l'île, appuyant l'OVRA contre la résistance corse loyale à la France. Des radios de propagande en langue corse envoyant des messages antisémites et anti-français se font entendre dans l'île, toutefois de nombreux corses refusent de céder au régime mussolinien. La répression accentue même la résistance[45].

En 1943, les corses se soulèvent sur l'île, tandis que la France libre, soutenue par les Alliés attaquent les forces italiennes. Le Casabianca sous le commandement du général Giraud assiste directement les résistants. Au même moment, l'Armistice de Cassibile est signée en Italie, le régime de Benito Mussolini tombe après l'arrestation du Duce sur ordre du roi d'Italie Victor-Emmanuel III. Les soldats italiens en Corse, pris aux dépourvus arrêtent les combats et, à l'arrivée des forces allemandes en Corse, les Italiens se joignent aux Alliés pour chasser les forces allemandes de l'île. La Libération de la Corse actée, les italiens ralliés au Roi livrent leurs anciens collaborateurs aux français avant de quitter l'île, tandis que d'autres collaborateurs corses sont évacués par les nazis en leurs faisant rejoindre la République sociale italienne nouvellement constituée.

L'île fait face à une épuration et l'agitation est forte, toutefois le commandement français parvient à calmer le jeu rapidement et met en place des institutions pour arrêter les collaborateurs. Les hommes visés sont les nationalistes corses pro-italiens, les miliciens du Parti populaire français et des militaires compromis.

Contrairement au continent à l'été 1944, l'épuration extrajudiciaire (les exécutions sommaires) est restée extrêmement faible en Corse, avec moins d'une quinzaine de victimes. Les réseaux claniques et familiaux évitent la violence destructrice et l'interconnaissance des familles corses ont agi comme un puissant modérateur contre les massacres de vengeance. Pour éviter les lynchages, les comités locaux du Front National et le préfet font arrêter rapidement 281 personnes. 110 d'entre elles sont immédiatement déportées et internées dans des camps en Afrique du Nord pour les mettre hors de portée de la colère populaire[46].

Le sort des collaborateurs corses à la Libération et dans l'après-guerre est marqué par une condamnation ferme des figures de proue de l'irrédentisme italien, mais s'est soldé par une épuration globale modérée. La force des solidarités claniques et familiales insulaires a largement contribué à atténuer les peines et à favoriser une réintégration rapide après-guerre. Les chefs de file en revanche, réfugiés en Italie, condamnés à mort, ne seront jamais exécutés. Sur près de 600 dossiers instruits par la section corse de la Cour de justice, la majorité des peines prononcées se limitent à de la prison ferme ou à l'Indignité nationale[45].

L'épuration légale a rapidement tourné court en Corse en raison de spécificités sociologiques fortes. Dans une société insulaire où tout le monde se connaît, les liens de parenté ont primé sur l'idéologie politique. Les jurés des tribunaux locaux ou les témoins à décharge ont massivement protégé leurs proches, cousins ou alliés de village, évitant des condamnations trop lourdes. De plus, les clans traditionnels refont surface, de façon pragmatique, anciens résistants et ex-collabos sont réintégrés dans le clientélisme electoral[45].

Empire colonial français

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Horace Savelli en 1940, membre de la Résistance française puis de l'OAS, était issu de la diaspora corse.

La participation des Corses à l'Empire colonial français entre le XIXe siècle et le XXe siècle est un phénomène historique majeur de l'histoire des Corses et française[47].

Fuyant une île pauvre, surpeuplée et économiquement délaissée, de nombreux corses s'engagent comme fonctionnaires. Ne faisant que 1% de la population française, les Corses sont pourtant très nombreux dans l'administration coloniale. Entre 20 et 30% des fonctionnaires de l'empire colonial sont corses, au point où le général Henri Gourand dira que « Sans les corses, il n'y aurait pas de colonies »[48]. Fortement implantés en Tunisie, en Algérie et en Indochine, les corses des colonies mettent au point des Amicales des Corses sur ces territoires, à l'instar des corses aillant migrés sur le continent dans les villes de Paris, Marseille, Toulon et Aix-en-Provence[47].

Les réseaux de parenté et d'entraide (le système clanique) se transposent dans les colonies. Un Corse déjà installé à Saïgon ou Alger faisait systématiquement venir ses proches ou ses compatriotes. Comme la diaspora présente sur le continent, les Corses de l'empire coloniaux investissent la Police, la douane, les magistratures et les postes de la fonction publique. L'infanterie coloniale et la gendarmerie outre-mer comptaient une proportion de gradés corses largement supérieure à la moyenne nationale. Jusqu'à la Décolonisation, les corses servent alors à de véritables agents de l'Impérialisme français[47].

En 1958, la Corse elle-même est touchée par la Guerre d'Algérie, l'Opération Corse par des généraux gaullistes venus d'Alger précipitent la chute de la Quatrième République française.

Cinquième République française

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Lors du référendum constitutionnel du 28 septembre 1958, la Corse a voté « OUI » à 85,2 % pour adopter la nouvelle Constitution du général de Gaulle.

Les raisons sont alors multiples, la Corse d'alors est un foyer de nationalisme français, elle a le souvenir d'être le premier département libéré durant la Seconde guerre mondiale en octobre 1943. Le général de Gaulle y bénéficie d'une aura de sauveur de la patrie et d'un prestige immense. Pour une grande partie des insulaires, son retour au pouvoir en 1958 est synonyme de stabilité et de grandeur retrouvées après l'instabilité chronique de la Quatrième République. La population locale voit dans l'arrivée d'un pouvoir fort et centralisé la promesse de grands investissement publics pour désenclaver l'île.

En 1961, De Gaulle fait un voyage officiel en Corse où il accueilli par une foule de 32 000 personnes qui l'acclament. Sur le plan électoral, la Corse reste en 1965 un foyer du gaullisme, les corses votent à 56% pour De Gaulle au premier tour, puis De Gaulle bat François Mitterand à 60%[49].

Après les évènements de Mai 68, la Corse reste fidèle au Général. Alors que le référendum d'avril 1969 pousse De Gaulle à la démission, la Corse vote pour le « OUI » en prouvant sa fidélité au Général, toutefois, au niveau national, le NON l'emporte, poussant De Gaulle à la démission.

Les années 1970 voient le début du Riacquistu, la jeunesse corse se réapproprie l'histoire et culture corse, des groupes musicaux et des revendications linguistiques et culturelles voient le jour dans toute l'île. Puis en 1975, les Événements d'Aléria créer un point de bascule et provoque le retour du nationalisme corse. En 1976, le Front de libération nationale corse (FLNC) est fondé.

Militants du Front de libération nationale corse.

L'île est alors en proie aux Nuits Bleues, les attentats frappent les infrastructures de l'État (préfectures, banques), les résidences secondaires de continentaux et les installations de la SOMIVAC, débutant un cycle de violence politique qui durera plusieurs décennies. Le FLNC bénéficie pendant vingt ans d'un soutien populaire, les militants sont protégés par la population qui refusent de coopérer avec les forces de police, une grande partie des Corses perçoit le FLNC comme un bouclier nécessaire face à un État français jugé sourd aux revendications pacifiques.

Des années 1980 à nos jours, une immigration non corse arrivant en Corse, principalement du continent, mais aussi d'Afrique du Nord, attise l'hostilité d'une partie de la population corse, se sentant menacée d'une « colonisation de peuplement » par les « Gaulois » (un terme désignant les Français continentaux), les « Pinzuti » voire les « colons ». En effet, l'immigration intra-régionale et non corse pouvant être considérée comme une menace[50] sur le plan ethnique (les Corses étant d'origine italique, alors que les continentaux sont majoritairement d'origines celtique et autres), culturel, politique et de logement, mais aussi l'anticorsisme historique d'une partie de la classe politique française attisant ainsi le nationalisme corse, voire un sentiment sécessionniste vis-à-vis de la France, voire une francophobie exacerbée face à l'« immigration massive » de non-Corses[50]. L'interdiction de la langue corse dans l'Assemblée de Corse fin 2024 attisant encore plus les tensions.

C'est aussi dans les années 2020 que les autonomistes de Gilles Simeoni, à la base fortement soutenus, sont de plus en plus contesté par la population, alors que les autonomistes avaient promis de lutter contre le clientélisme et aider à la modernisation de l'île, les critiques accusent au contraire la majorité de l'Assemblée de Corse en lui reprochant d'avoir laissé la situation économique et identitaire s'empirer d'avantage[51]. La population leur reproche leur impuissance face à la flambée des prix du carburant, de l'alimentation, des transports et de l'énergie, des sujets quotidiens jugés délaissés au profit de grands débats institutionnels.

En 2026, l'Assemblée nationale vote pour la Loi sur l'autonomie de la Corse. Toutefois la loi se heurte à des revendications historiques, par exemple le statut de résident violerait constitutionnellement le principe d'Égalité. En retour, une partie de la population corse est mécontente et voit en cette loi la négation de l'identité corse. Les sympathisants corses de la droite et de l'extrême droite prônent un statut de Préférence régionale dans le statut d'autonomie, tandis que les indépendantistes qui veulent directement se séparer de la France considèrent directement le processus comme une mascarade. En conséquence, le FLNC UC menace ouvertement les non-corses, rejettent la communauté de destin et qualifient l'arrivée de 5 000 continentaux par année (incluant saisonniers et familles qui s'installent en Corse), selon leurs chiffres de « colonisation de peuplement »[52]. Le fait que la co-officialité de la langue corse ait été écartée du texte renforce l'idée d'un compromis jugé trop mou par la frange radicale.

Diaspora corse

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Une importante et documentée migration corse vers l'île voisine, la Sardaigne a eu lieu lors du Moyen Âge[53],[54],[55]. Ce phénomène est accentué en continu du XIVe au XVIIIe siècle, avec l'émigration de nombreuses familles corses en Gallura, à Sassari et en Anglona[56]. Il y avait aussi une grande communauté corse à Rome (Garde corse)[57].

Au XIXe et jusqu'au début du XXe siècle, l'émigration corse était très importante. Les destinations principales des migrants étaient principalement les colonies françaises et l'Amérique latine (Porto Rico[58], Venezuela)[réf. souhaitée].

À partir de l'entre-deux-guerres (années 1920-1930), la France continentale est devenue la destination majeure de l'émigration, surtout Marseille qui devient alors la « première ville corse du Monde » (environ 200 000 Corses).

Les causes de cette émigration sont variées, allant de la pauvreté due à des restrictions des exportations, de la seconde révolution industrielle et des crises agricoles qui en suivent. Les dommages de la Première Guerre mondiale ont accentué ces départs[réf. souhaitée].

La diaspora corse compte selon les estimations entre 1 000 000 et 2 000 000 de personnes issues de l'émigration des Corses dans le monde, dont environ 1 000 000 en France continentale, 300 000 en Sardaigne[citation nécessaire], avec environ 200 000 corsophones en Gallura. Le reste de la diaspora corse en Italie se regroupe en Toscane et dans le Mezzogiorno. Il existe aussi une population corse de quelques centaines de milliers de personnes en Amérique latine, notamment à Porto Rico et au Venezuela[59].

Culture

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Société militarisée

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Un bandit corse au 19e ou 20e siècle.

La société corse est une société militarisée. Au Moyen Âge, de nombreux Corses faisaient partie des troupes de Condottiere au service de divers royaumes et empires d'Europe[60]. Cela était probablement dû au fait que la Corse, privée de ressources, ne pouvait s'enrichir à l'époque que grâce à la guerre de ses habitants. Dans l'histoire de France, depuis la conquête de la Corse, les Corses étaient le groupe ethnique national le plus impliqué dans les forces armées en proportion de leur population. Après la conquête française de la Corse, de nombreux Corses refusant le joug français prirent les armes, harcelant les nouvelles autorités. Un grand nombre de généraux de l'armée française sous le Premier Empire étaient également Corses.

Au début du XXIe siècle, la Corse détient le record du nombre d'armes à feu par habitant. Avec 341 armes déclarées pour 1 000 habitants, l'île se classe en tête des régions françaises avec un niveau d'armement comparable à celui du Texas[61].

Vendetta

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Un couteau pliant utilisé pour la Vendetta.

La vendetta était l'un des points clés de la société corse. Les Corses ont longtemps privilégié la vendetta, en raison de l'absence d'État et de culte de l'honneur, en cas de déshonneur envers soi-même ou un membre de sa famille, ou pour venger un meurtre commis par un imprudent. Il est important de souligner que cette culture du faide existait également en Sicile, en Sardaigne et au nord de l'Albanie pour les mêmes raisons : absence d'état et culture de l'honneur[62].

Chez les Corses, l'invocation permanente de l'honneur pour les choses les plus graves comme les plus triviales fût une attitude qui permet de régler ses comptes[62].

Dans certains cas, la vendetta peut être réglée par un médiateur, permettant ainsi à la vengeance de prendre fin, ou de se terminer par la mort du coupable[62].

Cette culture de la vendetta est peu pratiquée à l'époque contemporaine mais existe toujours.

Costume traditionnel

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Costumes corses du XIXe siècle.

Vers 1802, l'habillement du corse consiste en un casaquin noirâtre, une brayette et des beillards de même ; le tout en poil de chèvre ou en laine de mouton, d'une étoffe filée et tissue par la famille mais sans avoir été cardée car ce n'est pas la coutume ; un petit bonnet noir et pointu, en velours de Gênes avec des agréments, un manteau à capuchon très épais, tissu de même, ou plutôt cordé dans la famille et souvent sans couture ; enfin une chaussure de peau écrue de cochon ou de sanglier faite par lui-même ou bien une paire de souliers de pacotille génoise, qu'il ressemelle au besoin. Par ailleurs, plusieurs de ceux qui habitent proche des villes, substituent une veste, une culotte et des guêtres, de même étoffe, au casaquin, à la brayette et aux beillards[63]. Aux environs de Bastia, vers 1802, la plupart ont un chapeau mais sans déroger au bonnet de velours noir, qu'ils réservent pour le dimanche et auquel le plebéien porte beaucoup de vénération, parce que les deux premières castes s'en décoraient anciennement par un privilège exclusif[63].

Le costume du paysan corse est simple et original vers 1835 : un bonnet pointu, ayant la forme d'un casque phrygien, en peau ou en laine, dont les côtés peuvent retomber sur les oreilles ; une veste d'étoffe brune, des culottes courtes, que soutient une ceinture où par-devant pend une large giberne et enfin des bottines de cuir écru composent son habillement à cette époque. Il porte par ailleurs à sa ceinture un long couteau et est ordinairement armé d'un fusil à baïonnette[64]. Le costume des femmes de la même époque est plus varié : les Grecques de Cargèse ont un habillement qui rappelle celui des femmes maïnotes. Les paysannes des autres cantons, avec leur voile, ou mantille de drap à l'espagnole, portent dans les jours de fête des corsets, des jupons et des tabliers à couleurs vives et variées, comme ceux des paysannes italiennes[64].

U Voceru

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Illustrations du livre du prêtre Galletti sur le Voceru.

Le Voceru fait partie des chants funéraires corses. C'est un chant profane. C'est une complainte particulière chantée par une femme, en présence du défunt allongé sur la table ou le lit. La femme qui chante est la voceratrice. Le voceru caractérise la manière corse de pleurer les morts. Il est basé sur la colère, la tristesse et le chagrin.

Dans certains cas, lorsque le défunt a perdu la vie de manière violente, après avoir été assassiné, l'oraison se termine par un appel à la vendetta. Par exemple, dans le Voceru de Maria Felice di Calacuccia :

« D'una razza cusì grande Lasci solu una surella Senza cugini carnali Povera, orfana, è zitella. Ma per fà la to vindetta Stà sicuru, basta anch'ella[65]. »

« D'une si grande race Ne laisse qu'une seule sœur. Sans cousins charnels Pauvre, orpheline et petite fille. Mais pour te venger Rassurez-vous, cela suffit aussi. »

Langue corse

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La langue corse est une langue romane appartenant au groupe italo-roman. Étroitement apparentée au toscan, elle est très proche des dialectes d'Italie centrale. On distingue deux groupes dialectaux principaux, le cismuntincu (appellation traditionnelle en italien : cismontano) voisin du toscan (qui a donné naissance à l'italien moderne), et le pumuntincu (appellation traditionnelle en italien : oltramontano) qui présente de nombreuses caractéristiques communes avec le sicilien et les parlers continentaux de l'Italie méridionale. Des parlers très proches du pumuntincu (en particulier de sa variété sartenaise) sont également présents dans le Nord de la Sardaigne (gallurese et sassarese).

L'ensemble des dialectes corses présente une unité réelle, en ce sens que des règles au niveau de l'écriture permettent, par exemple, de passer de l'un à l'autre (langue-toit). Cette coexistence de l'unité et de la diversité a donné naissance au concept sociolinguistique de langue polynomique. Il y aurait environ 165 000 locuteurs[réf. souhaitée].

Gastronomie

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La Corse peut se targuer de bénéficier de nombreuses spécialités culinaires telles que la charcuterie (figatellu, lonzu, coppa) le fromage (brocciu) la farine (farine de chataigne) de l'huile, des clémentines et enfin du vin.

Musique

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La Corse demeure très marquée par la crise politique et économique des années 1970 et 1980 qui a vu l'éclosion de nombreux artistes de langue corse aux sensibilités autonomistes ou indépendantistes (Canta u Populu Corsu, Chjami Aghjalesi, i Muvrini, L'Arcusgi, Diana di l'Alba) dans le cadre du Riacquistu (mouvement de réappropriation et de remise au goût du jour de la culture corse), constituant le principal substrat du paysage musical corse actuel.

Les chants sacrés et liturgiques ainsi que les paghjelle conservent une place importante dans la musique corse, généralement sous forme de polyphonies. Subsistent également diverses danses médiévales (gigue, moresca, scuttiscia) accompagnées par des instruments de musiques locaux.

La Corse a également vu naître Tino Rossi, l'artiste français ayant vendu le plus de disques à l'étranger.

Drapeau

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Le drapeau de la Corse a été adopté par Pascal Paoli en 1755 et est basé sur un drapeau traditionnel utilisé précédemment. Il représente une tête de Maure en noir portant des cheveux crépus et un bandana blanc sur son front, le tout sur un fond blanc.

Il a été utilisé par la République corse (1755–1769) et a pratiquement été interdit après 1769, lorsqu'en 1768 Gênes donna l'île de Corse à la France pour payer une dette.

Tombé en désuétude après le Royaume anglo-corse, il a été ré-adopté en 1980 en tant que drapeau régional. Ce drapeau est proche de celui de la Sardaigne.

Génétique

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En 2006, une étude sur la structure génétique de la population corse révèle une forte proximité génétique entre Corses et Sardes[66]. En 2019, l'analyse du génome de la population corse révèle également une affinité génétique étroite avec les populations du nord et du centre de l'Italie, tout en partageant avec les Sardes une proportion notable d'ascendance, des processus démographiques et d'isolement similaires. Il est également vérifié que les corses auraient d'anciennes origines ibériques (lointaine ascendance basque), des origines grecques, germaniques et celtiques datant de la fin de l'Antiquité ainsi que des éléments arabes et berbères, datant de 55 à 70 générations (approximativement de l'époque de la chute de l'Empire romain aux invasions sarrasines du VIe siècle), tandis que les origines communes avec les sardes et les populations d'Italie centrale sont majoritaires. Dans les analyses, les échantillons corses étaient caractérisés par une ascendance élevée du Néolithique ancien européen (56 %), à l'instar des populations italiennes, espagnoles et balkaniques (Fig. 5B). De plus, la Corse abritait une proportion relativement élevée liée au néolithique iranien (22 %), tandis que la contribution des chasseurs-cueilleurs occidentaux et orientaux (WHG, EHG) était plus faible, environ 11 %[7]. L'analyse a révélé que la population corse partage plusieurs caractéristiques génomiques avec la Sardaigne, l'Espagne[9] et le centre-nord de l'Italie, créant un mélange unique d'ascendance génomique. Il existe également une minorité de corses ayant des origines slaves récentes, apparues à la suite de l'exode des Russes blancs en Corse[67] et à l'assimilation de plusieurs émigrés Russes.

Personnalités

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Noblesses, familles et dynasties d'origine corse

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Discrimination et stéréotypes

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À travers les époques, les Corses ont été victimes de discrimination et de sentiments négatifs, notamment sous la Troisième République française, parmi les exemples, des injures à l’instar des Bretons, des Alsaciens ou encore des méridionaux d’Occitanie :

L'écrivain Victor Hugo a notamment écrit : « Chaque État a son esclave, chaque royaume traîne son boulet. La Turquie a la Grèce, la Russie la Pologne, l'Angleterre l'Irlande et la France a la Corse. A côté de chaque peuple maître, un peuple d'esclaves. Édifice mal bâti : moitié marbre, moitié plâtras[39]. »

En 1890, le voyage du président Sadi Carnot en Corse est relaté dans Le Petit Journal tiré à plus d'un million d'exemplaire, par un article intitulé : « Le Président chez les sauvages[39]. »

L'écrivain anarchiste Georges Darien n'hésitait pas à désigner les Corses comme « une race immonde »[38].

Les stéréotypes visant les Corses seraient qu'ils n'aiment pas les touristes, seraient paresseux ou qu'ils seraient tous racistes[68]. Une autre description stéréotypée est celle des Corses aillant, selon certains individus, une violence congénitale[69], une opinion qui persiste depuis le XIXe siècle[38].

Galerie

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Corses dans la culture

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Littérature de non-fiction

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Littérature de fiction

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Dessins animés

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  • Dans l'anime japonais Noir, Mireille Bouquet, l'une des deux personnages principales, est corse.

Notes et références

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  1. Une amnistie, des chemins construits par les troupes, des établissements utiles, des encouragements à l'agriculture et au commerce, le maintien du régime municipal des podestats et la concession d'États-Provinciaux sous le titre de « consulte générale », signalèrent cette politique conciliante.

Références

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  1. « Table 1. First, Second, and Total Responses to the Ancestry Question by Detailed Ancestry Code: 2000 », U.S. Census Bureau (consulté le )
  2. Pierre-Philippe Lecoeur, « Les orthodoxes de Corse célèbrent Pâques autrement », Corse-Matin, (lire en ligne, consulté le ).
  3. « La Corse, catholique mais aussi "mazzériste" ! », sur Evaneos (consulté le ).
  4. « La Corse musulmane ou l'histoire de la Corse occultée », sur Centerblog, (consulté le ).
  5. G. Vona, P. Moral, M. Memmì, M.E. Ghiani and L. Varesi, Genetic structure and affinities of the Corsican population (France): Classical genetic markers analysis, American Journal of Human Biology; Volume 15, Issue 2, pages 151–163, March/April 2003
  6. Grimaldi MC, Crouau-Roy B, Amoros JP, Cambon-Thomsen A, Carcassi C, Orru S, Viader C, Contu L. - West Mediterranean islands (Corsica, Balearic islands, Sardinia) and the Basque population: contribution of HLA class I molecular markers to their evolutionary history.
  7. 1 2 3 (en) Erika Tamm et al., « Genome-wide analysis of Corsican population reveals a close affinity with Northern and Central Italy », in Scientific Reports, volume 9, Article no 13581, 2019 (lire en ligne).
  8. 1 2 Stefanu Leandri, La Corse, creuset génétique : Les origines révélées par l'ADN, Éditions Albiana, (ISBN 978-2824111698)
  9. 1 2 Frequency distribution of mitochondrial DNA haplogroups in Corsica and Sardinia
  10. « Significant Genetic Differentiation Within the Population of the Island of Corsica (France) Revealed by Y-Chromosome Analysis », (consulté le )
  11. « La Corse dans l'Antiquité et dans le haut Moyen Âge », sur Internet Archive,
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  13. (it) Giovanni Ugas, L'alba dei Nuraghi, Fabula, 2006.
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  59. Marie-Françoise Poizat-Costa, Le problème Corse : Essai d'anthropologie Philosophique, Paris, L'Harmattan, , 184 p., p. 13-14 :
    « " [Les Corses] sont pourtant 1 million de par le monde, chiffre qui englobe: [...] - enfin, une bonne partie, là encore les chiffres sont difficiles à obtenir, vivant à l'étranger: avec la répartition suivante : une grande partie en Amérique latine, en particulier à Caracas au Venezuela (où ils se sont exilés à partir de 1850 : le dernier président vénézuélien était un Corse, M. Léoni, et il faut signaler qu'à Caracas un journal est publié quotidiennement en langue corse), en Colombie (Bogota) et à Porto Rico (300 000 environ). Selon les renseignements fournis par le professeur J.-L. de Passalacqua, professeur de droit international à l'université de Porto Rico, 300 000 personnes à Porto Rico se reconnaissent des attaches avec la Corse, de par les noms qu'ils portent et l'attachement que leurs familles ont encore pour l'île [...] " »
  60. Thierry Giappiconi, De l'épopée vénitienne aux révolutions corses – Engagements militaires et combats politiques insulaires (XVe-XVIIIe siècle), (ISBN 9782824108667)
  61. « En Corse, la toute-puissance des armes à feu »,
  62. 1 2 3 « A Vendetta – La Vengeance Corse », sur macchia.fr,
  63. 1 2 Gabriel Feydel, Mœurs et coutumes des corses, nouvelle édition, Paris, Garnery, 1802.
  64. 1 2 Abel Hugo, France pittoresque, ou description pittoresque, topographique et statistique des départements et colonies de la France, Paris, Delloye, 1835
  65. Salvatore Viale, Canti popolari corsi, 1855, Fabiani:Bastia
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  68. Solène Ducloux, « Corse: 12 idées reçues passées au crible », sur lexpress.fr, .
  69. Frédéric Scarbonchi, « Pourquoi déteste-t-on les Corses?* », sur Slate.fr, .

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Arrighi et Jehasse, Histoire de la Corse et des Corses, Paris, 2008 (ISBN 9782262020293 et 2262020299)
  • Monsieur B., La vérité sur les Corses, Paris, A. Michel, 2007 (ISBN 9782226177377)
  • Charles Castellani, Les oubliés de l'histoire : 1840-1870, des Corses au service de Napoléon III, 2005 (ISBN 2915371016)
  • Jean-Raphaël Cervoni et André Cesari, Des Corses dans la tourmente : 1914-1918, Bastia, Anima corsa, 2014 (ISBN 9782919381203)
  • Philippe Franchini, Les Corses, Paris, Le Cavalier bleu, 2001 (ISBN 284670001X et 9782846700016)
  • Jean-Baptiste Marcaggi, Bandits corses : d'hier et d'aujourd'hui, Ajaccio, Albiana, 2012 (ISBN 9782824103099 et 2824103094)
  • Georges Ravis-Giordani, Bergers corses : les communautés villageoises du Niolu, Ajaccio, Albiana, 2001
  • Pierre Rocca, Les Corses devant l'anthropologie, Paris, J. Gamber, 1913 (BNF 31229478)
  • Stefani, L'Émigration corse dans la colonisation française : contribution démosociologique à la colonistique, Montpellier, 1951
  • Liza Terrazzoni, Les autres en Corse : pour une sociologie des relations interethniques, Albiana, 2019 (ISBN 2824109386 et 9782824109381)
  • Michel Vergé-Franceschi, Femmes corses. Figures, mythes et destins, Ajaccio, Piazzola, 2014 (ISBN 9782364790315 et 236479031X)

Articles connexes

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Liens externes

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