Nationalisme corse

mouvement politique, culturel et social

Le nationalisme corse est un mouvement politique, culturel et social qui proclame que la Corse constitue une nation et revendique son autonomie voire son indépendance.

Nationalisme corse
Image illustrative de l’article Nationalisme corse
Plaque commémorative en hommage aux pendus de Niolo.

Définition Mouvement nationaliste ethno-culturel soutenant la protection de la culture corse, de la spécificité du peuple corse et partisan de l'autonomie et/ou l'indépendance politique de la Corse.
Date d'apparition 1729 (de facto)
1755 (de jure)
Pays Drapeau de la Corse Corse

Ce mouvement apparaît durant la guerre d'indépendance corse et connaît un regain d'intérêt au XXe siècle.

Histoire

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Premier nationalisme corse

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En 1729, la guerre d'indépendance corse éclate. Le , la constitution d'Orezza organise un gouvernement corse faisant sécession avec Gênes, six ans après la révolte fiscale de Bustanicu. L'année suivante, la Corse récusant la tutelle de la République devient le royaume de Corse[1]. Les chefs de la révolte Luiggi Giafferi, Jean-Pierre Gaffory et Sebastiano Costa mènent les troupes, harcèlent les hommes de la République de Gênes, mais doivent faire face à des


La République corse

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Le , Pascal Paoli est proclamé général en chef de la Nation Corse au couvent Saint-Antoine de Casabianca[2].

La Constitution corse est adoptée par des représentants corses le à la Consulta generale di Corti, et est considérée par certains auteurs comme étant la première constitution démocratique de l'histoire moderne[3],[4]. La Corse adopte un hymne national : le Dio vi salvi Regina[5]. Le régime de la République corse est un mélange de valeurs des Lumières et d'Ancien régime, où s'entremêlent le droit de propriété, le capitalisme libéral, le droit de vote pour les chefs de famille et avec le catholicisme traditionaliste et un clergé combattant abritant dans ses couvents des tribunaux, casernes militaires, prisons et assemblées locales[6]. Le régime est donc hybride, mêlant le progrès des Lumières à des idées extrêmement réactionnaires même pour l'époque[6].

Pour lutter contre les « traîtres », les collaborateurs corses pro-génois, les Matristes (partisans féodaux du Clan Matra), les espions et les individus s'adonnant à des blasphèmes ou des sacrilèges, la Ghjustizia Paolina, fidèle à son nationalisme d'État et son mysticisme catholicité fondamentaliste, est impitoyable[6]. Le régime parvient à tenir malgré les assauts génois et des opposants anti-paolistes grâce à son armée experte en guérilla.

Les soldats de la République corse sont encouragés par un vocabulaire extrêmement nationaliste et religieux, on les encourage au « martyr » et à la promesse d'aller au paradis[6]. En même temps, la République corse les déclare héros du peuple corse et de la nation[6]. Le service militaire est obligatoire, car la Corse reste assiégée sur ses côtes, Paoli ne contrôlant pas toute l'île[6].

La République corse doit toutefois faire face à son second problème : le parti français, favorable au Royaume de France, de façon pragmatique, Paoli utilise ce parti à son avantage contre la République de Gênes, son lieutenant, Matteo Buttafoco et Gregorio Salvini, qui a écrit la Justification de la révolution en Corse sont tout deux pro-français[6].

Toutefois, le régime de Paoli vacille à plusieurs reprises : manquant d'être renversé par les Matristes en 1755, ne pouvant vaincre Gênes frontalement tandis que le Parti français monte en puissance dans le Sud de l'île, le régime augmente sa justice punitive. De plus, Paoli tente tant bien que mal d'appliquer une autosuffisance alimentaire et tente d'importer des capitaux étrangers, qui ne viennent pas à cause du statut précaire de l'île. La République corse n'est pas reconnue à l'international, même si elle bénéficie d'une propagande favorable en Angleterre après la publication du livre de James Boswell, qui fait toutefois exprès de gommer les aspects très religieux et la pauvreté du régime[6].

Des réformes sont toutefois mise en place : création de l'Université de Corse, droit de vote pour les chefs de famille, égalité civique entre citoyens, méritocratie, abolition des privilèges féodaux, instauration du libéralisme économique et de la propriété privée qui bouscule le féodalisme. Toutefois, des politiques très conservatrices sont également mis en place : l'état est fortement religieux et les lois laïques et religieuses sont étroitement liées. Le catholicisme y est religion d'État et les soldats prêtent serments sur la Bible et le patriarcat reste absolu[6].

En 1767, le Parti français agit en sous-main, face à la Ghjustizia Paolina impitoyable, une partie des corses considèrent le général Paoli comme leur chef incontesté, d'autres le considèrent comme un tyran, tandis que le Duc de Choiseul signale à la cours de France que des Corses sont prêts à retourner leur allégeance dès que la France lancera un assaut[6].

La conquête française de 1768 et la bataille de Ponte-Novo en 1769 met fin à la République corse et l'île est incorporée au royaume de France[7],[8].

Toutefois, la République corse a opéré un tournant : la notion de peuple corse, la protection des coutumes, l'affirmation de la catholicité de la Corse et les notions de liberté et d'égalité civique ont été actée.

Enfin, son héritage le plus flagrant est le fait d'avoir fait passer le régime paoliste comme entièrement basé sur la Philosophie des Lumières, une idée qui persiste encore aujourd'hui alors que le régime était idéologiquement hybride, tantôt réactionnaire et tantôt révolutionnaire pour son époque[6]. Cette propagande a été appuyée par James Boswell et les britanniques durant la Crise corse qui a mené au renversement du gouvernement britannique, enfin, elle justifiera l'intervention britannique des années plus tard qui mènera au Royaume anglo-corse.

Révolution française (1789-1797)

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Le , l'Assemblée constituante décide de voter la réunion de la Corse à la France à la demande des députés corses, malgré les protestations de la république de Gênes[9],[10],[11],[12]. Les citoyens de l'île bénéficient enfin des mêmes droits que les citoyens de métropole[13].

Pascal Paoli revient en Corse débarquant le [10]. Il adhère aux idéaux révolutionnaires, jure obéissance et fidélité au peuple et est nommé par Louis XVI commandant de l'île avec le grade de lieutenant-général[10],[14] de la 23e Région militaire française[15]. Il souhaite la reconnaissance d'un statut spécifique à la Corse[12]. Cependant, la situation se tend dans l'île lorsque la Constitution civile du clergé entre en application[16]. Les partisans du clergé se battent contre les laïcs, ce qui entraîne l'île dans une quasi guerre civile[17],[16].

Paoli s'éloigne progressivement des Jacobins, dont il critique la radicalité, et craint pour l'avenir de l'île[10],[18]. Il parvient à écarter ses principaux opposants, en l’occurrence la famille Bonaparte et Christophe Saliceti, pour prendre le contrôle de l'île[19],[20]. L'exécution de Louis XVI et l'échec de l'expédition de Sardaigne provoque la rupture avec les Jacobins[21],[22]. Le , il est déclaré « ennemi du peuple » par la Convention nationale sur dénonciation de Lucien Bonaparte[9]. Il réunit ses partisans à Corte et entre en contact avec la Grande-Bretagne, qui a rejoint la Première coalition après l'exécution de Louis XVI[23]. Les envoyés de la Convention sont chassés de l'île, qui perd les subventions du gouvernement[9]. Les Clans Bonaparte, Saliceti, Arena et Bonelli sont pourchassés par les partisans de Paoli, qui brûlent leurs propriétés et les banissent. Napoléon Bonaparte parvient à s'enfuir avec l'aide de Christophe Saliceti et des fils d'Ange Matthieu Bonelli et à rejoindre la métropole[21]. Le , Pascal Paoli est déclaré hors-la-loi et « traître à la République »[18],[24]. Il met sur pied une armée et envoie des délégués auprès des représentants britanniques présents en Italie[25],[26]. Pascal Paoli et Charles André Pozzo di Borgo proclament lors d'une Consulta Bonaparte et Saliceti « Traîtres à la patrie corse » et condamné au bannissement éternel.

En 1794, le Royaume anglo-corse est proclamé. La Constitution du Royaume de Corse est légèrement différente que celle de 1755 : le régime est ouvertement contre-révolutionnaire, les élites corses détiennent les pouvoirs et l'incroyance y est criminalisée, assimilée aux Jacobins, tandis que le Roi n'est autre que Georges III d'Angleterre. Les corses qui ont refusés de prêter allégeance au régime sont pourchassés et banis, tandis que les relations entre britanniques et corses commencent déjà à vasciller : Les Corses refusent l'impôt de la Couronne, les lois d'Anciens régime détruit l'Egalité donnée par la révolution française, enfin, les britanniques resserrent l'emprise sur l'île[27].

L'expérience tourne rapidement cours : le parti français infiltré incite à la rébellion, tandis que les dignitaires britanniques, habitués à la rigidité et aux codes de leur pays sont choqués par le port d'armes sont bénéficient de simples fermiers, tandis que Paoli est évincé au profit de Gilbert Elliot, nommé vice-roi de Corse. La colère gronde dans l'île[27]. Les nationalistes corses se divisent eux-mêmes, le Clan Paoli (autonomistes) et le Clan Pozzo di Borgo (pro-anglais) deviennent deux forces distinctes au sein du régime.

La rivalité entre Paoli et Pozzo di Borgo prend un point de non retour quand le buste de plâtre de Paoli est déplacé en juillet 1795 lors d'un bal à Ajaccio. Les Britanniques forcent Paoli à s'exiler, tandis que la population corse est sur le point de se révolter avec le soutien discret de l'Armée d'Italie du Général Bonaparte et des agents du Commissaire Saliceti[27].

À la chute du Royaume anglo-corse, le Commissaire Saliceti fait amnistier les paolistes du peuple, tout en faisant persécuter, spolier et bannir sous peine de mort les élites corses qui ont collaboré avec les britanniques. La figure de Pascal Paoli est vilipendée par la population corse tandis que tout symbole le glorifiant est vigoureusement interdit. Paoli subit une Damnation mémorielle qui durera près d'un siècle. Le Décret de réunion de la Corse à la France de 1789 est officiellement rétabli[27].

La plupart des nationalistes corses migrent alors en Italie ou en Angleterre dont certains rejoindrons le Royal Corsican Rangers par la suite. Ceux restés en Corse et refusant de se rendre sont bannis à vie et risquent la peine capitale.

Révolte nationale-religieuse de 1797-1798

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Un an plus tard, fin 1797, la Révolte de A Crucetta (en référence a une petite croix blanche, symbole des rebelles) nationaliste, ultraconservatrice et théocratique, menée par des prêtres traditionalistes et des Paolistes restants se soulèvent face à la politique particulièrement anticléricale, autoritaire et militariste de Christophe Saliceti et des alliés corses du Directoire. Les chefs religieux appellent à la Guerre Sainte contre le Directoire et ses alliés locaux[28].

La révolte est directement un choc entre deux nationalismes. Les corses pro-Directoire sont des nationalistes français et jacobins convaincus, les Crucettins sont des nationalistes corses non-paolistes et des extrémistes religieux fanatisés assistés par les derniers réseaux de Paoli sur l'île et les royalistes[28].

Les corses alliés à la République française utilisent des méthodes particulièrement violentes pour réprimer les ennemis du régime de Paris et confisquent massivement les terres d'anciens paolistes, plusieurs corses pro-Paoli sont exécutés par les troupes du commissaire Saliceti et des généraux Gentili et Casalta. Enfin, ils appliquent la Constitution civile du clergé, s'alliénant les populations rurales de la Castagniccia et du Niolo, particulièrement favorable aux prêtres réfractaires.

La révolte est violemment reprimées. La répression détruit les restes du nationalisme primitif corse dans l'île et en mène à la mort d'Agostino Giafferi, le fils de Luiggi Giafferi, l'un des anciens généraux de la nation[28].

La persécution (1798-1814)

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La persécution est le dernier chapitre, à la fois tragique et erratique, du mouvement nationaliste primitif. Après la défection des Britanniques et la reprise en main de l'île par Saliceti, des centaines de Corses du camp paoliste choisissent ou subissent l'exil pour échapper aux pelotons d'exécution de Saliceti et à la mise hors-la-loi. Tous les corses, pro-français comme pro-anglais sont pris dans les Guerres napoléoniennes en se livrant une guerre dans les guerres. Le nationalisme paolien est à l'agonie tandis que les corses pro-français bénéficient de la puissance militaire française et deviennent extrêmement puissants[29].

De nombreux paolistes corses, refugiés dans la Péninsule italienne sont directement traqués par les troupes de Christophe Saliceti. La traque s'est transformée en une gigantesque vendetta, les unités corses de l'armée française décident d'en venir à bout des Paolistes exilés dans la péninsule italienne ainsi que de la Maison de Bourbon au passage.

Après la prise de Livourne et de Gênes, les exilés paolistes sont activement traqués, Saliceti utilise ses réseaux corses pour identifier les paolistes et partisans de l'Angleterre. Les exilés paolistes corses n'ont nulle part où se cacher alors que la pression tombe sur les gouvernements italiens « neutralisés » pour obtenir l'expulsion immédiate ou l'arrestation des Corses anglophiles. Leurs canaux de financement sont saisis, coupant tout soutien au maquis insulaire[29].

Les réseaux paolistes soutiennent activement les Coalisés, mènent des actions d'espionnage contre le Premier Empire. Dans ses rapports quotidiens envoyés à Joseph Bonaparte et à Napoléon Ier, Saliceti devenu ministre de la police et de la guerre à Naples en 1807, signale directement la présence des paolistes au sein des forces coalisées[29] Il écrit concernant les exilés :

« Ils infiltrent le royaume pour poser des bombes, assassiner nos fonctionnaires et fomenter le désordre. Ma police les traitera avec la rigueur des lois militaires : le conseil de guerre et le peloton d'exécution. »

Les réseaux corses pro-français mènent des actions d'espionnage contre les pro-anglais dans la péninsule, Saliceti profite de l'occasion pour y embaucher une gardes d'élites ainsi qu'un réseau d'espionnage de contrebandiers et de marins corses. Jean Baptiste Cipriani et Antoine Suzarelli, pour le compte de Saliceti, espionnent l'île de Capri avec le réseau, où se trouvent les Royal Corsican Rangers. L'année suivante, la Prise de Capri est actée et les corses pro-anglais executés.

Saliceti meurt en 1809 à Naples, les paolistes jubilent, regrettant toutefois que Pascal Paoli soit mort quelques années auparavant. Charles André Pozzo di Borgo écrit dans sa correspondance en 1810 :

« Le ciel a enfin fait justice. Saliceti n'est plus. Ce ministre de la terreur, qui a souillé notre patrie et persécuté nos frères avec la rage d'un renégat, a fini par trouver à Naples le poison qu'il destinait aux autres. La Providence divine frappe toujours les régicides et les traîtres au moment où ils s'y attendent le moins. »

Avec la mort de Saliceti, les Paolistes restants sont débarrassés de leur plus grande menace, toutefois l'idéal nationaliste s'estompe, la Realpolitik prenant rapidement le dessus, et Pascal Paoli étant décédé, le mouvement paoliste se dissout de facto pour faire place à une mouvance purement contre-révolutionnaire. Ils sont conscients que la Corse est devenu un bastion bonapartiste et que le nationalisme corse est quasi-mort dans l'île. Ils ne luttent désormais que pour la chute globale de Napoléon et le retour des Bourbons sur le trône de France. Leur espoir n'est plus la souveraineté, mais d'obtenir de la future monarchie française restaurée des postes de gouverneurs ou des passe-droits locaux pour leurs clans.

Après la chute de l'Empire (1814)

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Après la chute de Napoléon Ier en 1814, des nationalistes corses signent avec William Cavendish-Bentick le Traité de Bastia qui soutien le projet de reformer le Royaume anglo-corse. Le Traité est immédiatement rejeté par le gouvernement britannique et la cour d'Ajaccio considère le traité de Bastia comme illégitime.

Par le traité de Paris, les puissances étrangères reconnaissent officiellement la réunion de la Corse à la France[30]. Les anciens nationalistes corses deviennent des partisans zélé de la Restauration monarchique française en Corse et soutiendront la répression de la révolte bonapartiste du Fiumorbo de Bernardin Poli en 1816.

En , la Corse voit un événement statuaire d’importance avec le retour en Corse des cendres de Paoli. L’un de ses enjeux idéologiques sera la reconstruction historiographique du personnage, Paoli devenant de façon téléologique et raccourcie le précurseur de la Révolution française[31].

Fin de siècle et entre-deux-guerres (1890-1940)

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Après la Première Guerre mondiale se développe l'idée que la Corse aurait enduré des sacrifices supérieurs aux autres régions, certitude qui s’est traduite en chiffres gravés dans le marbre et plus durablement encore dans les consciences. Plusieurs travaux historiques remettent en cause cette idéologie : il est admis que 10000 à 12000 insulaires ont trouvé la mort du fait du conflit[32].

Ces différentes idées étaient centrées sur le journal nationaliste corse A Muvra (Le Moufflon). L'hostilité envers l'État français s'est accrue à la suite des opérations militaires menées sur l'île en 1930 pour éradiquer le bandit populaire, Spada[33].

Pour le XXe siècle, des initiatives corsistes et autonomistes apparaissent dès , par exemple avec la création par de la revue A Cispra[34]  dont un seul numéro paraît  par Xavier Paoli et Jacques Toussaint Versini[a]. Toutefois, l'initiative la plus notoire et notable est le journal A Muvra, fondé par Petru Rocca en . Il considère comme un organe de défense des revendications insulaires[35]. Ce journal donne naissance à un véritable mouvement politique et culturel  les muvristes  et devient dès l'organe de presse officiel du Partitu Corsu d'Azione (PCA)[b], lui aussi fondé par Petru Rocca sur le modèle du Partito Sardo d'Azione[36].

Le mouvement muvriste est principalement issu de la petite bourgeoisie avec une forte proportion d'italophiles et de réactionnaires. Une partie du mouvement se tourne rapidement vers l'irrédentisme et reçoit des subsides de l'Italie fasciste ce qui conduit à une marginalisation progressive du journal en Corse et à son interdiction dès le lorsque la Seconde Guerre mondiale débute[37]. Son impact s'avère assez limité sur le plan politique, notamment en raison de son tournant irrédentiste rejeté par la société corse qui adhère alors massivement au patriotisme français de la Première Guerre mondiale[36],[36]. Néanmoins, sur le plan culturel, Petru Rocca et le mouvement muvriste posent aussi les bases du Riacquistu des années [38].

Les premiers mouvements régionalistes

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En 1959 est fondé le Mouvement du 29 novembre, qui organise des mobilisations très suivies pour un aménagement de fiscalité, contre la vie chère et contre l'abandon des réseaux de transports[39].

Les années 1960 sont marqués par l'effondrement de l'Empire colonial français. La Corse a fourni de nombreux agents à la colonisation française outre-mer[40]. L'arrivée des Français rapatriés des anciennes colonies[41], provoque des tensions avec la population insulaire[42].

Au début des années 1960, plusieurs étudiants corses à Paris faisant partie de l'équipe dite du Panthéon, café de la rue Soufflot, décident de créer un mouvement appelé le FRC dont une des revendications sera la réouverture de l'université de Corte[43].

En mai 1962, la France négocie la paix (accords d'Évian) avec le FLN algérien, mettant fin à la guerre d'Algérie. Plus d'un million de Français implantés en Algérie coloniale sont contraints à l'exil[42], dont 17 000 viennent s'installer en Corse[44]. Parmi eux se trouvaient des vignerons ayant perdu leurs terres et qui ont reçu des subventions de l'État pour acquérir une superficie nécessaire à la culture de la vigne[45].

L'Action régionaliste corse (ARC), créé en 1970, s'oppose à l'État français car considérant l'arrivée des Pieds-noirs comme des colons[46].

L'affaire d'Aléria et la naissance du FLNC

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Le , une vingtaine de ses membres, emmenés par Edmond Simeoni, occupent la cave Depeille, du nom d'un exploitant d'origine pied-noir installé près d'Aléria[47],[48]. Ils l'accusent d'avoir étendu démesurément ses propriétés au détriment des petits viticulteurs corses. Le lendemain, les gendarmes mobiles donnent l'assaut contre la cave. Au cours de la fusillade, deux membres des forces de l'ordre sont tués, et un blessé est fait dans le camp des autonomistes. Edmond Siméoni est immédiatement arrêté et déféré dès le 27 août 1975 devant la Cour de Sûreté de l'Etat. Le même jour, le Conseil des ministres décide la dissolution de l'A. R. C. et Siméoni est incarcéré à la prison de la Santé, à Paris. Des émeutes éclatent les 27 et 28 août 1975 à Bastia, fomentées par de jeunes manifestants qui s'opposent à ce qu'ils appellent la "répression", et au cours desquelles un autre CRS trouve la mort[49].

Quelques mois plus tard, dans la nuit du 4 au , des militants nationalistes créent le Front de libération nationale de la Corse, marquant le début d'une série d'attentats en Corse et sur le continent[50]. Ils tiennent une conférence de presse au couvent Saint-Antoine de Casabianca, lieu hautement symbolique puisque c'est là qu'avait été votée la Constitution corse et que Pascal Paoli avait proclamé l'indépendance en 1755.

Des années 1970 à 2000, une histoire marquée par la violence

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On dénombre notamment la première « nuit bleue » le - puis celle du à Paris (22 attentats) et du , la plus violente de l'histoire du conflit (99 attentats)[51]. Début , une nouvelle flambée de violence revendiquée le FLNC rappelle les « nuits bleues » des décennies passées[52]. Plus récemment, dans la nuit du au , 21 attentats, visant principalement des résidences secondaires sur l'île, sont qualifiés par le même vocable[53].

Depuis les années 2000, un poids politique grandissant

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La coalition Unione Naziunale a remporté 17,34 % des suffrages aux élections territoriales de 2004[54].

Aux élections territoriales de 2010, les deux listes nationalistes corses totalisent 35,74 % des voix[55] : les autonomistes de Femu a Corsica conduits par Gilles Simeoni et Jean-Christophe Angelini récoltant 25,89 % des suffrages et les indépendantistes de Corsica Libera menés par Jean-Guy Talamoni recevant 9,85 % des voix[56].

Le , Gilles Simeoni remporte la mairie de Bastia[57]. Les nationalistes conservent la mairie aux élections municipales de 2020[58], et conquièrent Porto-Vecchio[59].

Aux élections territoriales de 2015, la coalition « Pè a Corsica » (fusion des autonomistes de Femu a Corsica et des indépendantistes de Corsica Libera) remporte le second tour en totalisant 35,34 % des voix[60].

Lors des élections législatives françaises de 2017, trois députés issus des rangs de Pè a Corsica sont élus à l'Assemblée nationale sur les quatre que compte la Corse : Paul-André Colombani en Corse-du-Sud[61], Michel Castellani[62] et Jean-Félix Acquaviva en Haute-Corse[63].

Le , le conseil des ministres adopte, le projet de loi constitutionnelle portant sur le statut d’autonomie de la Corse au sein de la République française. Pour être adoptée, cette réforme constitutionnelle doit être votée, par l’Assemblée nationale, et puis le Sénat, puis, lors de leur réunion en Congrès[64].

Tendances du nationalisme corse

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Le nationalisme corse se divise en plusieurs tendances :

  • Un nationalisme autonomiste, défendant une plus grande autonomie de la Corse vis-à-vis du pouvoir central, tout en restant membre de la République française[65].
  • Un nationalisme indépendantiste, prônant une indépendance totale de la Corse vis-à-vis des autres nations[65].

Factions

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XXe et XXIe siècles

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Les thématiques du nationalisme corse

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Un panneau directionnel criblé de balles.
  • la souveraineté politique de la Corse : l'autonomie ou l'indépendance par rapport à l'État français. La levée d'un impôt révolutionnaire parallèle a été pratiquée par le mouvement dès les années 1980, et continue d'être pratiquée par le FLNC Union des combattants. Les attentats contre les structures de l'État ont été constants : attaques contre les préfectures, les prisons, les perceptions, la présence des camps militaires, assassinat du préfet Érignac, etc. Mais plus nombreux sont les plasticages de demeures particulières appartenant essentiellement à des continentaux ;
  • la promotion de la langue corse et son apprentissage obligatoire en Corse ; ce concept est largement étendu au-delà des simples nationalistes ;
  • la limitation des infrastructures touristiques, et des politiques promouvant le tourisme, et leur substitution par un développement économique durable ;
  • le respect des permis de construire ;
  • le respect du littoral (loi littoral) ;
  • la reconnaissance du statut de prisonnier politique pour les personnes du mouvement nationaliste corse incarcérées y compris pour celles ayant commis des actes pouvant être assimilés à des délits de droit commun.
  • Opposition à l'anticorsisme supposé de la classe politique française.

Positionnement idéologique

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Bien que de nombreux courants idéologiques soient présents au sein des différents mouvements, groupes et partis se réclamant du nationalisme corse à travers les périodes (communisme, socialisme à nationalisme de droite), les mouvements peuvent être positionnés au centre, à l'extrême droite, à l'extrême gauche ou à gauche[67],[68],[69],[70],[71],[72],[73]

Le nationalisme corse et l'investissement international

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La côte corse est moins urbanisée que le littoral méditerranéen de la France continentale, notamment du fait d'attentats attribués au mouvement nationaliste contre de nombreuses habitations des non-autochtones[74],[75].

U Rinnovu, un mouvement nationaliste corse généralement désigné comme proche du FLNC du 22 octobre, qualifie d'« hérésie » et de « contresens économique » la construction de villas au profit de non-résidents[76]. Le slogan Vergogna à tè chì vendi a terra Honte à toi qui vends la terre ») est également le titre d'une chanson, et un hymne de ralliement aux nationalistes.

Lors du processus de Matignon sous l'égide du gouvernement Jospin, l'article 12 des accords de Matignon prévoyait une adaptation de la loi littoral pour rendre plus facile la délivrance de permis de construire sur le littoral corse. Le jour de l'examen de cet article à l'Assemblée Nationale, les militants de l'organisation A Manca Naziunale ont encerclé la villa d'André Tarallo, le monsieur Afrique d'Elf, située à Piantaredda, en protestation contre l'octroi de permis de construire contestés[77]. L'article a cependant été rejeté par la suite.

Un exemple de tract

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Tract du FLNC contre la vente de villas à la clientèle internationale, laissé sur les lieux de la régie publicitaire du journal Nice-Matin[78] :

ACHETEURS Allemands, Anglais, Français, Néerlandais… recherchent entre particuliers, maisons, appartements, terrains. […] Villas, maisons de village (achat) Recherche entre particuliers : villa, propriété, appartement, terrain, commerce, (…) pour clientèle internationale. Vendeurs : […]. Acheteurs internet […]
Par ces annonces vous participez à la spoliation de notre terre. Nous ne l'accepterons plus[79].
A terra corsa ùn he à vendre[79]

Visions différentes de la corsité

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Slogans

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  • Terra corsa a i corsi – (La terre corse aux Corses/La Corse aux Corses)
  • Libertà Ghjè Ora - (la liberté c'est maintenant !)
  • Basta A Ripressione – (A bas la répression !)
  • Evviva U populu corsu - (Vive le peuple corse !)
  • Evviva U Fronte - (Vive le Front !)
  • À populu fattu, bisogna à marchja - (Pour faire le peuple, il faut marcher.)
  • Simu in casa nostra – (Nous sommes chez nous.)
  • Demucrazia è rispettu pè u populu Corsu – (Démocratie et respect pour le peuple corse.)
  • Vergogna à tè chì vendi a terra - (Honte à toi qui vend la terre.)

Séparatistes

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  • A Francia Fora ! – (La France dehors !)
  • I Francesi Fora ! – (Les français dehors !)
  • A Droga Fora – (La drogue dehors !)
  • Gloria à tè [prénom] – (Gloire à toi [...] !)

Partis politiques nationalistes

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Actuelles

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Anciennement

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Autres organisations nationalistes actuelles

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Syndicats

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Associations culturelles

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  • Associazione italo-corsa Pasquale Paoli (Groupe italo-corse établi en Italie)

Les personnalités du mouvement

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1729-1804

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Début du XXe siècle

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Depuis 1975

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Chronologie

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Controverses

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Les « Corso-italiens » de 1930-1940

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Propagande irrédentiste italienne de 1940.

Le mouvement muvriste, principal mouvement activiste et culturel nationaliste dans les années 1930 a été utilisée et a finalement adhéré aux thèses de la « Grande Italie » promise par la propagande du fascisme italien. À l'instar d'une partie du nationalisme breton et du nationalisme alsacien qui ont activement collaboré avec l'Allemagne nazie.

Du fait des liens étroits entre les nationalistes corses muvristes et l'Italie mussolinienne, tels que les Groupes culturels corses de Petru Giovacchini, le nationalisme corse de l'époque s'est fondu dans le nationalisme italien. Par francophobie, ces dérives ont menés à la la collaboration active avec les occupants italiens, l'OVRA et l'implantation de propagande fasciste en Corse. Massivement rejeté par une population pro-françaises, les muvristes et les corso-italiens ont été marginalisés et pourchassés par les autorités françaises après la libération de la Corse en 1943 et les collaborateurs ont terminé comme propagandistes pour la République sociale italienne (RSI). Des cas de corses engagés dans l'armée nationale républicaine de la RSI sont également documentés.

Ces dérives ont fortement discrédité le mouvement corse et il a fallu attendre vingt ans plus tard pour que le nationalisme corse se reconstruise. En réaction, les nationalistes corses d'après 1975 se référent aux patriotes corses qui ont participé à la résistance intérieure française.

Pseudo-histoire dans les factions de gauche

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Une partie du mouvement nationaliste, notamment marqué à gauche qualifie le rapport de l'État français comme un « État colonial » responsable de « génocide » et d'« oppression » envers la population corse. Toutefois, d'autres nationalistes, marqués au centre et à droite voient ce type de propos comme un contre-sens total et un « récit victimaire » indigne de leur peuple. Pour eux, le problème est avant tout le jacobinisme, la perte de l'identité corse et l'assimilation forcée par la République[96].

Depuis l'intégration de la Corse à la France, les Corses, ne faisant pourtant que 1% de la population française, ont eu un impact gigantesque dans l'histoire et l'administration coloniale française, loin d'être opprimés de façon systématique, le peuple corse a donné la Dynastie Bonaparte, de nombreux généraux durant la révolution française et les deux Empires, à la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, les Corses ont en réalité été des agents de premier plan du colonialisme français et ont formé 20 à 30% de l'administration coloniale et le général Gouraud avait carrément dit « Sans les Corses, il n'y aurait pas de colonies »[97]. Le fait donc d'assimiler les corses à des populations du Tiers-monde est un non-sens historique absolu. La Corse n'est plus considérée comme une colonie française depuis 1790 (21 ans après la Conquête française de la Corse, avec le décret de réunion de la Corse à la France de Christophe Saliceti, qui a mené à l'intégration officielle de la Corse dans la Première République française) et les Corses étaient reputés pour être de féroces soldats. Loin d'être opprimés, les Corses furent l'un des moteurs de l'Impérialisme français.

Néanmoins, historiquement, le passif colonial et la négligence de l'État français a également eu un impact négatif sur la démographie en Corse, le peuple corse est actuellement en majorité en diaspora, ce qui complique les liens entre les insulaires et leurs compatriotes vivant sur le continent. Les infrastructures ont été longtemps négligées par l'État français et la politique d'assimilation linguistique dans les années 1960 ont mené à des maltraitances sur des écoliers, enfin le fait que l'État ait donné des terres à des Pieds-noirs non-corses sont le véritable moteur de la naissance de la seconde vague de nationalisme corse moderne. Il est également vrai qu'une partie de la classe politique de la Troisième République a tenu des propos violents et discriminatoire envers les Corses[98].

Relations en dent-de-scie avec la diaspora corse

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La diaspora corse a historiquement été l'un des moteurs de soutien du nationalisme corse, qu'elle a soutenu dans les années 1980, toutefois, au fil du temps, les liens ont été fortement rompus.

Des nationalistes corses considèrent les corses de la diaspora (dont une partie est née en France continentale) comme des Corses Impizuntiti, un terme péjoratif sur des corses francisés, cette relation a fortement tendus les liens entre la Corse et sa diaspora, et donc fracturant la population corse. En conséquence, celà a fini par privé le nationalisme corse de potentiels soutiens à l'extérieur.

L'autre partie des nationalistes corses considèrent toutefois que les Corsi Impizutitti restent des corses à part entière du fait de leur lien ancestraux et que le rejet de ceux-ci est, en plus d'être contre-productif, risquerait à terme de menacer le peuple corse qui pourrait se fracturer.

Pour les nationalistes ethniques corses :

  • La diaspora est indispensable, pour elle, un corse l'est par le sang et l'ancestralité, peu importe où il est né et où il paie ses impôts, le corse de la diaspora est un corse à part entière. Cette vision se fonde sur le nationalisme ethnique, pour la droite, le corse de la diaspora pourrait ensuite revenir à la culture corse et la langue[99].
  • La diaspora corse est également un contrepoids à la « menace démographique » de continentaux ou d'immigrés extra-européens sur l'île. Ramener des personnes de racines corses qui vivent voire sont nées sur le continent est indispensable pour la survie du peuple corse.
  • Pour la droite, les corses de la diaspora, du fait qu'ils soient plus riches, peuvent avoir les capacités de racheter la terre corse actuellement possédée par des continentaux, ce qui revient à ramener la terre corse aux corses, favoriser le retour de la diaspora (les "Corses de sang") est le seul moyen de préserver la démographie, la culture chrétienne et l'identité de l'île.
  • Les corses de la diaspora, largement plus nombreux que les corses de l'île, descendent en grande partie d'émigrants corses aillant fait carrière dans l'Armée, la Gendarmerie, la Police, la Douane et la haute administration coloniale, ce qui rend également plus sensibles les enfants et petits-enfants de cette diaspora aux idées de droite.

En revanche, les nationalistes culturels, l'option est méfiante :

  • Pour eux, les membres de la diaspora ne vivent pas à part entière sur l'île et sont fortement assimilés à la culture française, le sang n'est donc pas un privilège.
  • Adhésion à la communauté de destin : De nombreux courants adhèrent au concept de la « communauté de destin », pour eux, l'assimilation à la culture corse, le respect de la foi catholique et l'apprentissage de la langue corse est la base de la « corsité », elle est donc sur un logiciel d'assimilationisme et non sur un logiciel ethnique.
  • Combat contre la spéculation immobilière : Les nationalistes modérés se battent pour instaurer un statut de résident, qui interdirait d'acheter un logement en Corse si on ne vit pas sur l'île depuis au moins 5 ans. Or, cette loi bloquerait aussi les Corses de la diaspora qui veulent s'acheter une maison en Corse et s'y établir. Pour la gauche, la diaspora fait monter les prix de l'immobilier et empêche les jeunes locaux de se loger, exactement comme les touristes ordinaires.

Conflits et scissions internes

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Les mouvements nationalistes corses étaient unifiés dans les années 1970 et 1980 mais des scissions ont fini par apparaître, brisant la cohésion du mouvement et faisant apparaître de multitudes de partis et courants.

Les mouvements nationalistes sont fortement fragmentés à cause des divergences, entre gauche et Droite, autonomistes et indépendantistes, pragmatisme ou purisme, ce qui rend la cohésion difficile entre ces mouvements et leur lutte pourtant commune.

Les lignes entre nationalistes ethniques et nationalistes culturels qui débattent sur la validité du concept de la communauté de destin rend également la coopération difficile.

« Mafionalisme »

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Le « mafionalisme » est un terme dénonçant des liens supposés entre des nationalistes et le crime organisé corse[100].

Durant les années 1990, les « années de plomb », périodes d'affrontements armés et de meurtres entre les deux branches du FLNC, le Canal habituel et le Canal historique s'entretuaient, les deux branches avaient également des dérives mafieuses dans leur rang avec des liens établis avec le Gang de la brise de mer. Le crime organisé corse qui était largement unifié et la relation entre certains membres historiques du nationalisme corse et les groupes mafieux ont largement fragilisé la crédibilité du mouvement. Ces liens étaient motivés par les compromis, l'affairisme et des convergences tactiques[101].

La dérive « mafionaliste » est largement condamné par la famille nationaliste, et est fortement réprimandée par la population corse. De plus, le crime organisé, n'agissant que dans ses intérêts a également abattu des militants nationalistes anti-mafieux à l'instar de Maxime Susini, assassiné par le crime organisé corse en 2019. Actuellement, tous les partis et organisations nationalistes corses condamnent unanimement les dérives mafieuses au sein de la société corse[102].

Oppositions au nationalisme corse

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Loyalistes corses

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Une frange du loyalisme corse, liée au SAC gaulliste avait fondé le Front d'action nouvelle contre l'indépendance et l'autonomie (FRANCIA) pour lutter contre le nationalisme corse[103].

Gauche radicale et extrême gauche française

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Le parti marxiste-léniniste Lutte ouvrière condamne fermement le « nationalisme bourgeois » perçu des nationalistes corses, tandis que La France Insoumise a imposé dans le texte de Loi Autonomie de la Corse la notion de « communauté » plutôt que d'ethnie, ce qui a été perçu par une partie des nationalistes corses comme une « mascarade » et largement critiqué pour cette opposition frontale aux revendications de « corsisation des emplois » et d'atteinte même à la nature des revendications nationalistes. En Août 2026, le FLNC - UC a ouvertement attaqué le projet de Loi ratifié par les centristes de Renaissance et la gauche du Nouveau Front Populaire sur l'autonomie adopté à l'Assemblée nationale. Le FLNC - UC a violemment qualifié le texte de mascarade et a rétorqué aux non-corses de « restez chez eux » puis annonçant que « vous ne serez pas en sécurité sur notre territoire national »[104].

Clans traditionnels corses

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Du fait que les nationalistes corses prônent la fin du clanisme et du clientélisme, les Clans traditionnels corses influents sont particulièrement visés, accusé de profiter de leur pouvoir pour exploiter la population. De plus, les Clans traditionnels sont accusés de fraude électorale car des membres d'une même famille, issus généralement des divers droite et divers gauche détiennent les mêmes mairies à plusieurs reprises.

Faction jacobine de l'extrême droite française

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Le Front national sous Jean-Marie Le Pen est hostile au nationalisme corse, Jean-Marie Le Pen aillant lui-même prôné la peine de mort pour les « séparatistes » aillant commis des attentats en Corse[105].

Toutefois, sous Marine Le Pen et depuis l'association du Rassemblement national avec les nationalistes corses autonomistes de droite du parti Mossa Palatina depuis 2025, l'ancien Front National a flanché sur son jacobinisme a soutenu les revendications identitaires corses ainsi qu'une autonomie politique et la préférence régionale ainsi que la notion de peuple corse dans la Loi Autonomie de la Corse de 2026[106].

Notes et références

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Références

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Voir aussi

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Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

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Filmographie

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Cinéma

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Télévision

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Documentaire
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Articles connexes

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Événements historiques

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Organisations clandestines

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  • Armata di U Populu Corsu, groupe armé nationaliste corse
  • Clandestini Corsi organisation clandestine à caractère xénophobe responsable d'attentats ayant pour but de semer la terreur parmi la population maghrébine et plus largement les populations étiquetées comme « non corses » et racailles (trafiquants, agresseurs, voleurs…).
  • Front de libération nationale de la Corse
  • FLNC UC, organisation armée née de la fusion du FLNC du et du FLNC Canal historique dont se réclame Indipendenza
  • FLNC du 5 mai, descendante du FLNC Canal habituel
  • FLNC du 22 octobre, organisation armée née d'une scission du FLNC Union des combattants
  • FLNC-Canal Habituel, organisation armée dont la vitrine légale était le MPA
  • FLNC Canal Historique, organisation armée dont la vitrine légale était la Cuncolta
  • Resistenza, organisation armée de l'ANC
  • Resistenza Corsa, organisation armée qui entendait « combattre contre le trafic de drogue en Corse et l'immigration clandestine »

Formations politiques

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Formations syndicales

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Analyses thématiques

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Liens externes

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