Shahrak-e Gharb

quartier de Téhéran

Shahrak-e Gharb (en persan : شهرک غرب), officiellement Shahrak-e Qods, est un quartier résidentiel planifié situé dans le nord-ouest de Téhéran, en Iran.

Shahrak-e Gharb شهرک غرب
Shahrak-e Gharb
Vue du quartier Shahrak-e Gharb de la Borj-e Milad.
Administration
Pays Drapeau de l'Iran Iran
Ville Téhéran
Arrondissement 2e
Démographie
Population 29 774 hab.
Densité 7 481 hab./km2
Géographie
Coordonnées 35° 45′ 06″ nord, 51° 21′ 59″ est
Altitude 1 460 à 1 465 m
Superficie 398 ha = 3,98 km2
Localisation
Localisation de Shahrak-e Gharb شهرک غرب
Localisation de Shahrak-e Gharb en noir
Géolocalisation sur la carte : Iran
Voir sur la carte administrative d'Iran
Shahrak-e Gharb شهرک غرب
Liens
Site web region2.tehran.ir
L'un des centres commerciaux de Shahrak-e Gharb (immeuble en vert) se nommant Milad-e Noor

Développé à partir de 1961[1] comme une ville nouvelle composée de villas et d'immeubles modernes, il a été conçu sur le modèle des banlieues résidentielles américaines[1]. Après la révolution islamique de 1979, le quartier a été officiellement renommé[2] Shahrak-e Qods (« quartier de Jérusalem »), bien que son nom historique demeure largement employé. Aujourd'hui intégré au tissu urbain de Téhéran, il est généralement considéré comme l'un des quartiers les plus aisés[2] et les plus modernes de la capitale iranienne.

Localisation

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Shahrak-e Gharb est situé dans le 7e nahiyeh du 2e arrondissement de Téhéran, dans le nord-ouest de la capitale iranienne. Il est délimité par le boulevard Dadman au nord, l'autoroute Hemmat au sud, le boulevard Shahid Farahzadi à l'ouest et l'autoroute Chamran à l'est[3]. Il se trouve au nord de la Milad Tower, l’un des principaux monuments de Téhéran.

Histoire

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Le projet de Shahrak-e Gharb s’inscrit dans la phase d’expansion rapide et planifiée de Téhéran au cours des années 1960, sous la dynastie Pahlavi. À cette période, la capitale connaît une croissance démographique importante liée à l’industrialisation, à la centralisation administrative et à l’exode rural. Afin de répondre à cette pression urbaine, les autorités mettent en œuvre plusieurs projets de nouveaux quartiers planifiés à l’ouest et au nord-ouest de la ville, dont Shahrak-e Gharb fait partie[4].

Le quartier est conçu à partir du début des années 1960 comme une « ville nouvelle » intégrée au tissu urbain de Téhéran, selon des principes d’urbanisme moderniste. Son développement repose sur une organisation en unités résidentielles successives, souvent décrites comme des phases de construction, chacune comprenant des logements, des équipements de proximité et des espaces publics. Ce modèle s’inscrit dans une logique de planification urbaine inspirée des standards internationaux de l’époque, notamment ceux des banlieues résidentielles nord-américaines[5].

Contrairement aux quartiers traditionnels de Téhéran organisés autour de bazars et de structures organiques, Shahrak-e Gharb repose sur une trame plus régulière, avec des axes larges et une séparation plus nette entre zones résidentielles et commerciales. Cette approche reflète les politiques de modernisation urbaine menées en Iran durant les années 1960 et 1970, visant à transformer Téhéran en une capitale moderne et planifiée[6].

Après la révolution iranienne de 1979, le quartier est officiellement renommé Shahrak-e Qods dans le cadre d’un processus plus large de changement toponymique visant à remplacer les noms associés à la période monarchique et à l’influence occidentale. Toutefois, dans l’usage courant, la population continue majoritairement à utiliser le nom historique de Shahrak-e Gharb, notamment dans les médias, l’immobilier et les usages quotidiens[5].

Dans les décennies suivantes, le quartier continue de se densifier progressivement. Il devient l’un des secteurs résidentiels les plus structurés de l’ouest de Téhéran, avec une concentration importante d’immeubles modernes, de centres commerciaux et de services urbains. Cette évolution renforce son statut de quartier résidentiel recherché, associé à une population urbaine relativement aisée dans le contexte de la capitale iranienne[7].

Urbanisme et équipements

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Court de tennis situé a Shahrak-e Gharb

Le quartier de Shahrak-e Gharb est un secteur résidentiel planifié de Téhéran disposant d’un accès direct à plusieurs grands axes routiers majeurs de la capitale, dans un contexte de forte dépendance à la voiture individuelle dans l’aire métropolitaine de Téhéran[8].

Il est connecté à plusieurs autoroutes importantes de Téhéran, dont les axes Chamran, Hemmat et Yadegar-e-Emam, qui structurent la circulation ouest de la ville et jouent un rôle central dans la mobilité urbaine de la métropole[9].

Le quartier est également intégré dans un réseau dense d’équipements urbains comprenant des hôpitaux, des centres commerciaux et des services publics, caractéristiques des zones résidentielles planifiées de l’ouest de Téhéran.

Environnement

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En raison de la topographie de Téhéran et des vents dominants, les niveaux de pollution atmosphérique varient selon les zones urbaines, avec des différences mesurables entre le nord et le sud de la ville[10].

Les études montrent que la configuration géographique et les flux de circulation jouent un rôle important dans la distribution des polluants atmosphériques dans la région métropolitaine de Téhéran[8].

Grâce aux vents de l'ouest, Shahrak-e Gharb est moins pollué que d'autres quartiers de la capitale[5]. Mais l'urbanisation des secteurs occidentaux et la construction de nombreuses tours, comme dans le 22e arrondissement, pourrait avoir un impact environnemental[11].

Identité

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Shahrak-e Gharb se distingue par une réputation de quartier « dissident », plus ouvert à la culture occidentale, et souvent en conflit avec la police des mœurs. La jeunesse y construit son identité par une attitude de défi à l'égard du régime. Les habitants se perçoivent comme différents de ceux des quartiers plus populaires et plus traditionalistes du sud de Téhéran. Beaucoup d'intellectuels y résident, et le niveau moyen d'instruction y est supérieur à la moyenne. Beaucoup d'entre eux ont étudié en Occident et entretiennent des relations avec la diaspora. C'est pourquoi les Shahrakis se perçoivent eux-mêmes comme plus modernes. L'existence d'une association locale et d'un journal de quartier renforcent ce sentiment d'une identité à part[5].

Évènements notables

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Dans les années 1990, un fait divers fait la Une des médias internationaux en persan, tandis que les chaînes d'État de l'IRIB le passent sous silence. Un jeune homme se tue en tombant du balcon de l'appartement où il participait à une fête d'anniversaire, à la suite de l'intervention des Basidjis stationnés dans le quartier. Selon la version officielle, il aurait fui à l'arrivée des miliciens et serait tombé accidentellement en essayant d'atteindre un balcon voisin[12],[5].

En , le quartier subit des dégâts pendant la guerre israélo-américaine contre l'Iran[13] à plusieurs reprises[14]. La militante Nasrin Sotoudeh souligne que les Iraniens ne disposent ni d'abris ni de sirènes d'alerte[15].

Notes et références

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  1. 1 2 (en-US) « Shahrak-e Gharb Archives - Page 4 of 8 - Tehran Offers » (consulté le )
  2. 1 2 (fa) Pars Diplomatic, « Shahrak-e Gharb Neighborhood », sur Pars Diplomatic, (consulté le )
  3. ↑ (fa) Municipalité du 2e arrondissement, « منطقه 2 شهرداری تهران > شهرداری منطقه دو > نواحی > ناحیه هفت > محله شهرک قدس » [« Municipalité du Deuxième District / Districts / Septième District / Quartier de Shahrak Qods »] [archive du ], sur region2.tehran.ir (consulté le )
  4. ↑ (en-US) « Urban planning and development in Tehran », Cities, vol. 23, no 6,‎ , p. 433–438 (ISSN 0264-2751, DOI 10.1016/j.cities.2006.08.002, lire en ligne, consulté le )
  5. 1 2 3 4 5 (en) Shahram Khosravi, Young and Defiant in Tehran, University of Pennsylvania Press, (ISBN 978-0-8122-0681-4, lire en ligne)
  6. ↑ E. Jafari, « The Making of the Modern Iranian Capital: On the Role of Iranian Planners in Tehran Master Planning at a Time of Urban Growth and Transnational Exchange (1930-2010) », TU Delft Research Portal, A+BE | Architecture and the Built Environment,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. ↑ (en) Vahid Vahdat Zad, « Spatial Discrimination in Tehran’s Modern Urban Planning 1906–1979 », Journal of Planning History, vol. 12, no 1,‎ , p. 49–62 (ISSN 1538-5132, DOI 10.1177/1538513212459717, lire en ligne, consulté le )
  8. 1 2 (en) Hamidreza Talkhabi, Kamran Jafarpour Ghalehteimouri et Meysam Toulabi Nejad, « Integrating Tehran metropolitan air pollution into the current transport system and sprawl growth: an emphasis on urban performance and accessibility », Discover Cities, vol. 1, no 1,‎ , p. 6 (ISSN 3004-8311, DOI 10.1007/s44327-024-00008-4, lire en ligne, consulté le )
  9. ↑ (en) J. Nouri et K. D. Naghipour, « "Qualitative and Quantitative Study of Heavy Metals in Runoff of Highways of Tehran" », Iranian Journal of Public Health, vol. 31, nos 1-2,‎ (ISSN 2251-6085 et 2251-6093, lire en ligne, consulté le )
  10. ↑ O. Alizadeh-Choobari, A. A. Bidokhti, P. Ghafarian et M. S. Najafi, « Temporal and spatial variations of particulate matter and gaseous pollutants in the urban area of Tehran », Atmospheric Environment, vol. 141,‎ , p. 443–453 (ISSN 1352-2310, DOI 10.1016/j.atmosenv.2016.07.003, lire en ligne, consulté le )
  11. ↑ (en) H. Vafai et et al., « Environmental impact analysis of high-rise buildings for resilient urban development », Scientia Iranica,‎ (lire en ligne [PDF])
  12. ↑ (en) Immigration and Refugee Board of Canada, « Information on a 14 April 1996 incident in Teheran ... », sur www.ecoi.net, (consulté le )
  13. ↑ « Vidéo. Iran : des images montrent les destructions à Téhéran après des frappes israéliennes », sur euronews, (consulté le )
  14. ↑ (en) « Israeli military says it launched wide-scale wave of strikes in Tehran », sur www.iranintl.com, (consulté le )
  15. ↑ (fa) « « La ville est une ville abandonnée. Une ville où, en cas d'attaque, il n'y a ni sirènes, ni abris, ni instructions pour l'attaque. » », IranWire,‎ (lire en ligne)

Voir aussi

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Liens externes

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