Émilie Sirieyx de Villers

poétesse française
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Émilie de Villers, publiant également sous le nom de Gondy de Seinprez, puis de Sirieyx de Villers, née le à Clermont et morte le à Paris, 17e arrondissement, est une artiste peintre, une femme de lettres et une poétesse française. Son œuvre incorpore étude des œuvres antiques, symbolisme et ésotérisme spiritualiste.

Émilie Sirieyx de Villers
Autoportrait, vers 1927.
Biographie
Naissance
Décès
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Nom de naissance
Marie Émilie Devillers
Autres noms
Gondy de Seinprez,
Sirieyx de Villers
Nationalité
Activités
Autres informations
Genres artistiques
Distinction

Biographie

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Famille

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Marie Émilie Devillers naît en 1867 à Clermont[1] de Marie Émile Stéphane Adolphe Devillers, alors lieutenant de gendarmerie à Clermont, né à Strasbourg en 1831, chevalier de la Légion d'honneur en 1878[2], et de Joséphine Siriex née à Moulins en 1844[3] d'une famille originaire de Corrèze et de Saône-et-Loire. Sa mère meurt en à Moulins[4] alors qu'Émilie a 3 ans. Son père ne se remariera pas. Elle épouse en 1932 Fernand Lot[1] (1902-1986), journaliste, écrivain et chroniqueur scientifique. Elle réside 103 avenue de Villiers, puis 175 boulevard Pereire, à Paris.

Carrière

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Élève de Jacques Alfred Brielman, d'Eugénie Gruyer-Brielman[5] et d'Eugénie Faux-Froidure[6], elle expose à Toulouse et au Havre[7] en 1899, au Salon des artistes français en 1899 et 1901[5], et à l'Union des femmes peintres et sculpteurs (UFPS) en 1901, 1902 et 1903[6], principalement des aquarelles florales. Elle expose ensuite, au Salon de 1912[5] et à l'UFPS en 1912, 1913 et 1914, des vitrines d'objets d'art décoratif d'inspiration perse, assyrienne, égyptienne, phénicienne[6]. Le critique d'art Émile Langlade rapporte ainsi du salon de l'UFPS de 1913 : « L'art assyrien a inspiré Mlle Émilie de Villers ; un collier d'après des formules de prières assyriennes, un beau coffret et des pendentifs, ornés de taureaux ailés, l'ensemble des envois de Mlle de Villers s'inspirent des richesses exhumées de l'Asie occidentale et ont un caractère d'unité qui fait le charme de sa vitrine. »[8] À la fête de la Rose des Rosati, en 1901, elle propose des poèmes illustrés de sa main[9], et reçoit de cette société un rappel de 3e prix de poésie en 1902[10]. À la fête de la Rose de 1906, elle fait, avec Jeanne Lauvernay-Petitjean, l'éloge de Camille Enlart[11].

Émilie de Villers photographiée vers 1909.

Elle donne en 1909 à L'Haÿ-les-Roses sa pièce de théâtre Adonis ou la naissance des Roses qui en 1907 a obtenu un 1er prix des Rosati[12], et où elle revisite la légende selon laquelle la rose est née du sang d'Adonis[13].

Elle utilise à cette période, outre le nom à particule dérivé de son patronyme d'état civil, le nom de plume de Gondy de Seinprez[14], Gondy étant le patronyme de sa grand-mère maternelle, dès 1903 pour Les Âmes de la mer. La mort du barde. En 1905, dans La Revue Septentrionale, organe des Rosati auquel elle collabore depuis son premier numéro, elle donne sous ce pseudonyme une critique acerbe du 3e Salon d'Automne, se demandant « quels musées s'appauvriront de ces exaltations de couleur et de ces ignorances de dessin », considérant que « le culte de la beauté (s'en va) mourant à ces nouveaux appels et à ces nouvelles fêtes de la décadence et de l'audace », décrivant par exemple l'« enfantillage de facture » des envois d'Henri Matisse, mais louant par contre L'Abandon de Camille Claudel. En 1905, Gondy de Seinprez réalise un article élogieux sur Élisabeth Sonrel[15], ainsi qu'en 1910 sur Blanche Odin, décrivant la « religiosité » du travail d'aquarelliste de cette dernière[16].

Elle est nommée Officier de l'Instruction publique en 1912[17].

Elle publie Les Âmes de la mer, Ploumanach, en 1909 puis 1911, sous le nom d'Émilie de Villers. Il s'agit d'un ouvrage poétique et ésotérique dans lequel elle « chante aux rochers de Ploumanach' la splendeur et la ruine des Atlantes »[18]. Le site de Ploumanach l'a en effet subitement transportée[19] ; elle republie un « Hymne au Granit » en 1912[20] et participe la même année, avec son poème barbare « L'Exode », à la Fête celtique du Soleil, organisée à Paris par la Ligue celtique[21].

En 1919, elle donne des conférences-promenades au Louvre sur des sujets d'art antique, ainsi que sur la peinture européenne[22].

Elle utilise ensuite, dans les années 1920, le nom de plume d'Émilie Sirieyx de Villers, intégrant le patronyme de sa mère, modifié[23]. Elle publie plusieurs œuvres qualifiées de « psycho-philosophiques » par la critique de l'époque, à partir de 1920 avec La Faillite du surhomme, dont Georges Blondel dit : « Nous ne pouvons suivre Mme de Villers dans l'analyse très intéressante qu'elle a faite des œuvres (de Nietzsche). Elle estime qu'au fond Nietzsche fut un cerveau puissant où le passé, le présent, l'avenir se reflétèrent en un seul instant. Elle pense qu'il a senti l'évolution qui se préparait, la grande évolution que la guerre aura peut-être avancée de plusieurs siècles. Mais ce cerveau est resté confus, « son centre était partout et nulle part » mêlant la science à la prescience. »[24] Elle écrit en 1923 une biographie de l'écrivaine Lucie Delarue-Mardrus[25], qui décrit elle-même sa consœur comme « une torche qui brûle en hauteur »[26]. Elle publie son premier roman, La Solitaire ardente, en 1925[27].

Convaincue de l'importance de la civilisation orientale, prônant pour l'avenir de l'humanité une interpénétration des cultures sans injustice, elle dénonce à demi-mots en 1927 la colonisation française en Indochine[28].

Elle meurt à Paris à l'âge de 80 ans[29].

L'œuvre

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Émilie Sirieyx de Villers se situe dans son œuvre littéraire à la croisée du symbolisme, de la poésie et d’un ésotérisme spiritualiste. Elle puise dans l’Antiquité, l’Orient et les traditions celtiques une matière destinée à révéler, derrière le monde visible, une réalité plus mystérieuse. Dans Les Âmes de la mer, elle imagine notamment les rochers de Ploumanac’h comme les vestiges d’une Atlantide disparue[22] ; ailleurs, elle reprend les figures d’Adonis[13] ou les légendes celtiques[21]. Les civilisations anciennes, les mythes et les mystiques lui font évoquer une sagesse oubliée que la poésie et l’art peuvent faire ressurgir. Son analyse de Nietzsche prolonge cette sensibilité spiritualiste qui procède de son époque : dans La Faillite du surhomme, elle critique l’idéal du surhomme au profit d’une conception plus intérieure et spirituelle du dépassement humain[24].

Œuvres

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En peinture

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  • Union artistique de Toulouse
  • Société des amis des arts du Havre
  • Salon des artistes français
  • Salon de l'Union des femmes peintres et sculpteurs[6] :
    • 1901 : Roses et lilas, Roses jaune et bronze japonais, Œillets, Pensées, Panier de roses (acquis par la Société populaire des beaux-arts[30]) et Pointe du Toulinguet, aquarelles ;
    • 1902 : Étude de pivoines arborescentes, Éventail œillets, Roses, Hortensias, Panneau décoratif, chrysanthèmes et Panneau décoratif, pavots, aquarelles ;
    • 1903 : Roses, Japonerie (sic) et Boules de neige, aquarelles ;
    • 1912 : vitrine de seize pièces d'art oriental, art décoratif ;
    • 1913 : vitrine de six pièces d'art oriental, art décoratif ;
    • 1914 : vitrine de quatre pièces d'art oriental, art décoratif.

En littérature

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  • Adonis, 1909
  • Les Âmes de la mer, 1911 — Prix Jules-Favre de l’Académie française
  • La Faillite du surhomme et la psychologie de Nietzsche, 1920, préface d'Édouard Schuré
  • L'Art Antique en douze Promenades, 1920 — Prix Charles-Blanc de l’Académie française en 1923
  • Le Devoir de grâce en amour (avec Aurélie de Faucamberge Mortier), 1923
  • Lucie Delarue-Mardrus : Biographie critique, 1923
  • Les Grands mystiques de la peinture : Giotto, L'Angelico, Rembrandt, Burne Jones et Puvis de Chavannes, 1924
  • La Solitaire ardente, 1925
  • L'Encerclée, 1931
  • Le Peintre Landais Jean Roger Sourgen, 1931
  • Détour en Pays basque (avec Fernand Lot) 1931
  • Les Templiers de Penmarc'h, 1936 — Prix Montyon de l’Académie française en 1938
  • L'Art musical depuis la plus haute antiquité jusqu'à l'ère chrétienne, 12 conférences

Notes et références

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  1. 1 2 Archives de l'Oise, acte de naissance avec mentions marginales du mariage et du décès, cote 1Mi/ECA 157R20, acte 450, vue 604/619.
  2. ↑ Base Léonore.
  3. ↑ Archives de l'Allier, acte de naissance, cote 2Mi EC 196 48, acte 560, vue 364/697.
  4. ↑ Archives de l'Allier, acte de décès, cote 2Mi EC 196 91, acte 20, vue 13/959.
  5. 1 2 3 « Base salons », sur salons.musee-orsay.fr (consulté le ).
  6. 1 2 3 4 Pierre Sanchez, préface de Ch. Beauvalot, Dictionnaire de l'Union des femmes peintres et sculpteurs : répertoire des artistes et liste de leurs œuvres : 1882-1965, Échelle de Jacob, Dijon, 2010.
  7. ↑ Exposition de 1899 du 5 août au 8 octobre sous le patronage de M. le Maire de la ville du Havre : explications des ouvrages de peinture, sculpture, dessins, gravures et faïences des artistes vivants exposés dans la galerie du musée / Société des amis des arts du Havre, (lire en ligne).
  8. ↑ « Le Courrier du Pas-de-Calais », sur Gallica, (consulté le ).
  9. ↑ La Fête des Roses, dans L'Orient du 8 juin 1901, en ligne.
  10. ↑ « La Revue septentrionale », sur Gallica, (consulté le ).
  11. ↑ « La Revue septentrionale », sur Gallica, (consulté le ).
  12. ↑ « La Revue septentrionale », sur Gallica, (consulté le ).
  13. 1 2 « Les Annales politiques et littéraires », sur Gallica, (consulté le ).
  14. ↑ « Sirieyx de Villers », sur Catalogue de la Bibliothèque nationale de France (consulté le ).
  15. ↑ « Le Conseil des femmes », sur Gallica, (consulté le ).
  16. ↑ « Revue illustrée », sur Gallica, (consulté le ).
  17. ↑ « Journal officiel de la République française. », sur Gallica, (consulté le ).
  18. ↑ « Les Hommes du jour / dessins de A. Delannoy ; texte de Flax », sur Gallica, (consulté le ).
  19. ↑ « La Dépêche de Brest », sur Gallica, (consulté le ).
  20. ↑ « La Française », sur Gallica, (consulté le ).
  21. 1 2 « La Presse », sur Gallica, (consulté le ).
  22. 1 2 « L'Heure de la femme », sur Gallica, (consulté le ).
  23. ↑ BNF et Catalogue Collectif de France, lettre d'Émilie Sirieyx de Villers, en ligne.
  24. 1 2 « La faillite du surhomme, par Sérieyx de Villers, préface d’Édouard Schuré. Paris (Ed. Nilsson), 1920 », Revue internationale de l'enseignement, vol. 75, no 1,‎ , p. 286–287 (lire en ligne, consulté le ).
  25. ↑ Emilie de Villers, Lucie Delarue-Mardrus, Éditions Sansot, (lire en ligne).
  26. ↑ « La Griffe », sur Gallica, (consulté le ).
  27. ↑ « L'Antivivisection : mensuelle / publiée par Lucien-André Lichy, docteur G.-R. Laurent », sur Gallica, (consulté le ).
  28. ↑ « La Nation annamite », sur Gallica, (consulté le ).
  29. ↑ Archives de Paris, acte de décès, cote 17D 283, acte 2042, vue 7/31.
  30. ↑ « Bulletin officiel de l'Union des femmes peintres, sculpteurs, graveurs... », sur Gallica, (consulté le ).

Voir aussi

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Sources

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  • Catalogue Opale - BNF

Liens externes

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