Siège de Mazagan (1769)
Le Siège de Mazagan de 1769 est le dernier engagement entre les Marocains et les Portugais à Mazagan (El Jadida). L'armée marocaine, du sultan Mohammed ben Abdallah, est victorieuse et les Portugais évacuent leur dernière garnison au Maroc, mettant fin à leurs conflits ayant débuté avec la prise de Ceuta 354 ans auparavant.
| Date | Début 1769 - 11 mars 1769[1] |
|---|---|
| Lieu | El Jadida, Maroc |
| Issue |
Victoire marocaine
|
| 592 hommes[2] | 70 000 hommes 35 canons |
| Inconnues | Inconnues |
| Coordonnées | 33° 14′ nord, 8° 30′ ouest | |
|---|---|---|
Contexte
modifierLa présence portugaise à Mazagan commence en 1514, lorsqu'ils y construisent une citadelle en Été [3]. En 1562, les Marocains dirigés par les sultans Saadiens tentent sans succès, sous le commandement de Mohammed al-Mutawakkil, d'assiéger les Portugais présents dans cette ville [4]. En 1769, la garnison portugaise de Mazagan est de 592 hommes, dont 472 fantassins, 99 cavaliers et 21 artilleurs [5].
Siège
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Au début de 1769, le sultan Alaouite Mohammed ben Abdallah, refusant de reconnaître la possession portugaise de Mazagan [6], prépare une grande armée de 70 000 hommes. Arrivant à Mazagan au cours du mois de Ramadan, 35 canons sont acheminés et bombardent la ville de 2 000 boulets, infligeant des pertes aux Portugais et endommageant la ville. Alors que le siège se prolonge, la garnison envoie une lettre au Roi Joseph Ier de Portugal pour demander de l'aide. Le roi portugais leur ordonne d'évacuer la colonie en emmenant tout le monde avec leurs familles. Lorsque les habitants sont informés, ils refusent d'abandonner leur ville arguant que leurs ancêtres se sont sacrifiés pour la garder [7]. Plus tard, les habitants se sont conformés à l'ordre et ont envoyé au sultan marocain une demande de cessez-le-feu leur donnant 3 jours pour évacuer la ville. Le sultan Mohammed III accepte à condition qu'ils laissent tout derrière eux [8].
Le , un escadron, sous le commandement du capitaine Bernardo Ramires Esquível, appareille de Lisbonne pour évacuer la population de Mazagan [5]. L'escadron est composé du navire de ligne de 54 canons Nossa Senhora de Belém commandé par Esquível, il s'agit du vaisseau amiral de l'expédition; les frégates Nossa Senhora da Nazaré et Nossa Senhora da Guia; les navires Nossa Senhora das Mercês et Santa Ana e São Joaquim, ainsi que cinq yachts [5].
Pendant les trois jours, les Portugais brûlent les meubles et la literie, tuent le bétail, et cassent les ustensiles ainsi que les outils [8]. Les Portugais ne respectent donc pas l'accord [9], ils enterrent la poudre à canon et minent les bastions, avec environ 40 barils de poudre à canon dans chaque bastion [8]. L'embarquement de la population se termine le et le dernier évacué est le gouverneur de Mazagan, Dinis Gregório [5]. Ils laissent un homme appelé Pedro; qui aurait allumé la poudre à canon lorsque les Marocains sont entrés, tuant 5 000 d'entre eux dans l'explosion [8],[9]. Par conséquent, la ville reste inhabitée pendant près d'un demi-siècle et est nommée El-Mahdouma («La Ruinée») [10].
Conséquences
modifierL'escadron arrive à Lisbonne entre le 21 et le , les évacués sont pris en charge aux frais de la famille royale portugaise, avec dîner et souper. Cependant, ils sont logés dans des conditions misérables [5] et plus de trois cents d'entre eux meurent dans les hôpitaux [5]. Les survivants partent ensuite au Brésil, où ils fondent une nouvelle colonie en 1773, appelée Vila Nova de Mazagão, à l'intérieur de l'État actuel de l'Amapá, anciennement région de Grão-Pará e Rio Negro [5].
Proclamé sultan en 1822, Abderrahmane ben Hicham ordonne la construction d'une mosquée, les parties détruites de l'ancienne ville portugaise sont reconstruites [11] et le nom de Mazagan est banni, la ville s'appelant désormais El-Jadida («La Nouvelle»)[12],[13].
Notes et références
modifier(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de la page de Wikipédia en anglais intitulée « Siege of Mazagan (1769) » (voir la liste des auteurs).
- ↑ Carlos Nunes Silva, Urbanisme en Afrique du Nord
- ↑ (pt) Pedro Miguel Nazaré Pereira, Bernardo Ramires Esquível, Lisbone, Université de Lisbonne, , 97–99 p. (lire en ligne)
- ↑ Colin, G.S. ; Cenival, P. de (1960–2007). "al-Ḏj̲adīda". Dans Bearman, P.; Bianquis, Th.; Bosworth, C.E. ; van Donzel, E.; Heinrichs, W.P. (éd.). Encyclopédie de l'islam, deuxième édition. Brill.
- ↑ Comer Plummer : Siege of Mazagan, 1562 at militaryhistoryonline.com
- 1 2 3 4 5 6 7 (pt) Pedro Miguel Nazaré Pereira, Bernardo Ramires Esquível, Lisbone, Université de Lisbonne, , 97–99 p. (lire en ligne)
- ↑ Ahmad ibn Khalid an-Nasiri, al-Istiqsa li-Akhbar duwal al-Maghrib al-Aqsa Vol VIII, p. 35
- ↑ an-Nasiri, p. 36
- 1 2 3 4 an-Nasiri, p. 37
- 1 2 Carlos Nunes Silva
- ↑ Proposition d'inscription de biens sur la Liste du patrimoine mondial : Cité portugaise Mazagan (El Jadida) (Texte de candidature pour la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO), (lire en ligne)
- ↑ Proposition d'inscription de biens sur la Liste du patrimoine mondial : Cité portugaise Mazagan (El Jadida) (Nomination text for UNESCO World Heritage List), (lire en ligne)
- ↑ Forteresse de Mazagan Al-Jadida, Maroc
- ↑ (en) João Sarmento, Fortifications, Post-colonialism and Power: Ruins and Imperial Legacies, Routledge, , 128–133 p. (ISBN 978-1-317-13387-2, lire en ligne)