Society of Women Artists

organisme d'art britannique dédié à la célébration et à la promotion d’œuvres créées par des femmes
(Redirigé depuis Society of Lady Artists)

La Society of Women Artists (SWA) est une société artistique britannique fondée en 1855 à Londres sous le nom initial de Society of Female Artists (SFA) par Harriet Grote (1792-1878), biographe anglaise, et Jenny Lind, cantatrice. La société, dont la première exposition se tient à Londres en 1857, toujours active aujourd'hui, est dédiée à la célébration et à la promotion d’œuvres créées par des femmes dans le domaine des beaux-arts, en réaction à son origine à la difficulté pour elles d'être admises dans les rangs de la Royal Academy. Il s'agit de la première société d'artistes femmes en Europe.

Society of Women Artists
Histoire
Fondation
Cadre
Type
Société professionnelle, société artistiqueVoir et modifier les données sur Wikidata
Pays
Organisation
Site web

La SWA a publié un dictionnaire en quatre volumes des exposants de la société jusqu'en 1996. Les archives de la société sont disponibles aux Archives d’art et de design du Victoria & Albert Museum.

Histoire

modifier

Au XIXe siècle, le monde de l'art britannique est dominé par la Royal Academy, fondée en 1768[1]. Sur les 34 fondateurs, deux seulement sont des femmes peintres : Angelica Kauffmann et Mary Moser[2]. Il faut attendre plus d'un siècle pour que d'autres femmes artistes soient admises à l'Académie. En 1922, Annie Swynnerton, membre de la Society of Women Artists depuis 1889, est élue première femme membre associée de la Royal Academy[3], elle y est introduite par le peintre Edward Burne-Jones[4],[5]. En 1936, Laura Knight devient la première femme élue membre à part entière de la Royal Academy.

Les femmes sont alors perçues comme passives et dominées par les émotions. Dans les années 1850, l'idée que les femmes puissent être des artistes est vivement débattue par John Ruskin et d'autres critiques dans diverses revues. Les femmes ne sont pas prises au sérieux dans le domaine de l'art et ont de grandes difficultés à obtenir d'exposer leurs œuvres en public[3]. Leur éducation artistique est limitée et elles sont exclues de la pratique du dessin nu depuis la fondation de la Royal Academy[3]. Cependant, Ruskin révise plus tard son opinion sur les femmes artistes après avoir vu The Roll Call (en) d'Elizabeth Thompson à la Royal Academy en 1874. Après de nombreux débats et pétitions, en , les écoles de la Royal Academy acceptent de dispenser des cours de modèle vivant « pour l'étude de la silhouette partiellement drapée » aux étudiantes, mais il faut encore 10 ans avant que les femmes ne soient admises à ces cours et que les cours de modèle vivant pour les femmes deviennent accessibles dans tout le pays[6].

Néanmoins, les femmes artistes britanniques se sont montrées capables de travailler à la fois individuellement et en collaboration et ont fini par gagner en crédibilité. Afin de progresser et de trouver des opportunités pour exposer, elles créent leurs propres organisations[3]. Parmi les plus notables de ces organismes, la Society of Female Artists, fondée vers 1855. Initialement, l'adhésion est accordée aux femmes qui ont exposé avec la Société et qui gagnent leur vie grâce à l'art.

Society of Female Artists (vers 1855 - vers 1869)

modifier

En 1855, la biographe anglaise Harriet Grote (1792-1878) et la cantatrice Jenny Lind (1820-1887) sont créditées de la fondation de la SFA, dont le premier siège se trouve à l'Architectural Association à Conduit Street, Londres[7]. La société est initialement gérée par un comité et, bien que ses membres soient parfois répertoriées dans les premiers catalogues, aucune présidente n'est jamais expressément nommée. Les premiers membres comprennent Rosa Bonheur et Elizabeth Thompson[8].

La Société est généralement considérée comme la plus ancienne société européenne consacrée à la promotion et à l'exposition des œuvres de femmes artistes[9]. Elle sera suivie en 1881 en France par l'Union des femmes peintres et sculpteurs créée par Hélène Bertaux[10].

La première exposition de la société se tient au 315 Oxford Street, à Londres, du au , et attire l'attention sur le rôle des femmes dans l'art. L'exposition comprend 358 œuvres de 149 femmes artistes, le genre prédominant étant les paysages. En , avant l'ouverture, les revues The Art Journal et The Spectator soutiennent l'exposition. Le secrétaire de l'époque déclare dans The Art Journal () : « Le Comité est heureux d'annoncer que le succès de la première exposition a largement dépassé les attentes »[11]. La Société poursuit les expositions annuelles de travaux de femmes artistes à Londres (sauf pour les années 1912–1914, 1919 et 1940–1946).

Jusqu'en 1863, l'exposition annuelle est l'objet de controverses, probablement parce que les œuvres sont choisies à l'amiable et « entre-soi ». En 1865, sous la conduite de la duchesse de Cambridge, la Société est réorganisée et renommée Society of Lady Artists[12].

En 1867, Madeline Marrable (en), aquarelliste et peintre à l'huile prolifique, se joint au comité[13].

Society of Lady Artists (vers 1869-1899)

modifier

Les premiers documents de la Société ont été perdus ou détruits pendant la Seconde Guerre mondiale au siège de la Société situé au 195, Piccadilly, Londres (les catalogues de la Société et les documents restants datant de 1929 sont maintenant conservés à la bibliothèque du Victoria and Albert Museum). En conséquence, un doute subsiste sur la date exacte où la société a été renommée de SFA à SLA. Les sources secondaires de référence suggèrent 1869[6], alors que d'autres sources suggèrent l'année 1873[8],[12],[14].

En 1886, Madeline Marrable devient la première présidente de la société[13]. En 1899, la Société tourne la page de l'ère victorienne et aborde le XXe siècle en adoptant un nouveau nom, la Society of Women Artists (SWA).

Society of Women Artists (1899 à aujourd'hui)

modifier

La société compte de nombreux artistes notables parmi ses membres. Laura Knight, la première académicienne de rang royal, est élue présidente en 1932 et conserve ce poste jusqu'à sa retraite en 1968, elle reste marraine de la Société[15]. L'illustratrice Mabel Lucie Attwell et Suzanne Lucas[16], est l'ancienne présidente de la Society of Botanical Artists et première femme présidente de la Royal Miniature Society (maintenant connue sous le nom de Royal Society of Miniature Painters, Sculptors and Gravers).

La société organise diverses expositions tout au long de l'année, aboutissant à une exposition annuelle à la Mall Galleries de Londres. L'exposition se compose d'œuvres de membres et de non-membres, qui sont sélectionnées par un jury à partir d'un appel à candidatures. Des prix sont offerts aux artistes sélectionnées, dont beaucoup sont fournis par les sponsors de la Société[17]. Cela vise à mettre en évidence l'éventail et la diversité des œuvres créées par les femmes.

La SWA a publié un dictionnaire en quatre volumes des exposants de la société jusqu'en 1996. Les archives de la société sont disponibles aux Archives d’art et de design du Victoria & Albert Museum[18].

En 2014, lors de l'exposition annuelle de la Société, une œuvre est victime de censure. Cette peinture représente une femme, debout, fumant la pipe, partiellement déshabillée, et laissant apparaitre des poils pubiens[19].

Présidentes et membres notables

modifier

Présidentes

modifier
Soraya French PSWA 2018.

Présidentes par intérim

modifier

Membres notables

modifier

Notes et références

modifier
  1. ↑ Isabelle Baudino, « Vie des femmes artistes à Londres au XVIIIe siècle : de l'ombre à la lumière? », XVII-XVIII. Revue de la Société d'études anglo-américaines des XVIIe et XVIIIe siècles, vol. 1, no 1,‎ , p. 245–259 (DOI 10.3406/xvii.1999.1446, lire en ligne, consulté le ).
  2. ↑ « "Striving after excellence": Victorian women and the fight for arts training – Blog – Royal Academy of Arts », www.royalacademy.org.uk (consulté le ).
  3. 1 2 3 4 (en-GB) « Annie Swynnerton: The woman who forced open the male art world », www.bbc.com,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. ↑ (en) Sarah Gray, The Dictionary of British Women Artists, Cambridge, Casemate publishers, 295 p. (ISBN 978-0-7188-3084-7, BNF 42057826), p. 255-256.
  5. ↑ Pamela Gerrish Nunn, Swynnerton [née Robinson], Annie Louisa (1844–1933), artist, Oxford University Press, coll. « Oxford Dictionary of National Biography », (DOI 10.1093/ref:odnb/60287, lire en ligne).
  6. 1 2 « History », www.society-women-artists.org.uk (consulté le ).
  7. ↑ Crawford, Elizabeth, The Women's Suffrage Movement: A Reference Guide 1866–1928, Routledge, 1999, p. 253.
  8. 1 2 « Society of Women Artists - Archives Hub », archiveshub.jisc.ac.uk.
  9. ↑ Katy Deepwell, A History of the Society of Women Artists, dans Charles Baile de Laperrière (éd.), The Society of Women Artists Exhibitors 1855–1996, vol. I, Hilmarton Press, 1996, p. 17-31.
  10. ↑ (en) Tamar Garb, Sisters of the Brush : Women's Artistic Culture in Late Nineteenth Century Paris, New Haven and London, Yale University Press, (ISBN 978-0-300-05903-8, lire en ligne).
  11. ↑ Nunn, Pamela Geraldine, The Mid Victorian Woman Artist 1850–1879, PhD Thesis, University College London, 1982, p. 167-173.
  12. 1 2 « V&A Archives », www.vam.ac.uk (consulté le ).
  13. 1 2 Charles Baile de Laperriere, « Marrable [née Cockburn], Madeline Frances Jane (1833–1916) », dans Oxford Dictionary of National Biography, (lire en ligne).
  14. ↑ « Society of Women Artists – Artist Biographies », www.artbiogs.co.uk (consulté le ).
  15. ↑ Campbell Orr, Clarissa, Women in the Victorian Art World, Manchester University Press, Manchester & New York, 1995, p. 55.
  16. ↑ the-saleroom.com, « Biography Suzanne Lucas (1915 – 2008) M.B.E Medaille de la France FLS PRMS FPSBA SWA HSF », www.the-saleroom.com (consulté le ).
  17. ↑ « Sponsors », www.society-women-artists.org.uk (consulté le ).
  18. ↑ Baile De Laperriere, Charles, The Society of Women Artists exhibitors 1855–1996 : a dictionary of artists and their works in the annual exhibitions of The Society of Women Artists, 4 volumes, Hilmarton Press, Wiltshire, c1996, p. 5, (ISBN 0-904722-30-9) (ISBN 978-0-904722-30-7) http://www.lutterworth.com/pub/dictionary%20women%20artists%20intro.pdf retrieved 02-01-2017.
  19. ↑ « A Londres, une peinture censurée pour quelques poils pubiens », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  20. ↑ « AMOORE Beth 1863–1944 – Artist Biographies », sur www.artbiogs.co.uk (consulté le ).
  21. ↑ « Charlotte Blakeney WARD – Cornwall Artists Index », sur cornwallartists.org (consulté le ).
  22. ↑ Alicia Foster, Tate Women Artists, Tate Publishing, (ISBN 1-85437-311-0).
  23. ↑ « Muriel (née Bourne), Lady Wheeler - Person - National Portrait Gallery », sur www.npg.org.uk (consulté le ).
  24. ↑ « Alice Kendall – Dunbar, Scotland – Mike Art Collection », (consulté le ).
  25. ↑ « Invaluable », sur www.invaluable.co.uk (consulté le ).
  26. ↑ « Elizabeth R Meek Artist – Miniature Portraits », sur www.elizabethmeek.com (consulté le ).
  27. ↑ « Barbara Penketh Simpson RMS FRSA » (consulté le ).
  28. ↑ « Sue Jelley Artist », sur www.suejelley.co.uk (consulté le ).
  29. ↑ « Homepage Soraya French », sur www.sorayafrench.com (consulté le ).
  30. ↑ « Helen Stuart WEIR – Cornwall Artists Index », sur cornwallartists.org (consulté le ).
  31. ↑ « Constance H BRADSHAW – Cornwall Artists Index », sur cornwallartists.org (consulté le ).
  32. ↑ « Dorothea Selous » (consulté le ).
  33. ↑ « Irene Ryland – Johnston Fine Arts », sur www.johnstonfinearts.com (consulté le ).
  34. ↑ Alastair Revell, « Bearnes Hampton & Littlewood (20th Century Fine Art Auctioneers): Jose Christopherson (b 1914) », sur www.bhandl.co.uk (consulté le ).
  35. ↑ « Sylvia Gosse (1881–1968) RBA RE SWA – Panter & Hall », sur www.panterandhall.com (consulté le ).
  36. ↑ Jean H Cook, Famous Women of Hampshire, Happy Walking International, , 34–35 p. (ISBN 1874754675) .

Voir aussi

modifier

Bibliographie

modifier
  • Charles Baile De Laperriere, The Society of Women Artists exhibitors 1855–1996 : A Dictionary of artists and their works in the annual exhibitions of The Society of Women Artists, 4 volumes, Hilmarton Press, Wiltshire, 1996.
  • Sara Gray, The Dictionary of British Women Artists , The Lutterworth Press, 2009, (Introduction) consulté le .
  • Just Opened London, Society of Women Artists consulté le .
  • Pamela Geraldine Nunn, The Mid-Victorian Woman Artist 1850–1879 , Thèse de doctorat, University College de Londres, 1982.
  • The Society of Women Artists 155th Annual Exhibition 2016 catalogue.

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier