Syndrome de sevrage aux opioïdes

Le syndrome de sevrage aux opioïdes est un ensemble de symptômes survenant suite à la réduction soudaine d’opioïdes ou d’antagonistes aux opioïdes après une période d’utilisation de ces derniers[2]. Les symptômes peuvent inclure un nez qui coule, des pupilles dilatées, la chair de poule, des douleurs musculaires, des nausées, de la diarrhée, des sueurs, un rythme cardiaque élevé, des bâillements et une envie irrépressible de consommer davantage d'opioïdes[5]. Les symptômes peuvent durer quelques jours[4]. Bien que rarement mortelles, les complications peuvent inclure de la déshydratation et des anomalies électrolytiques[4],[6].

Syndrome de sevrage aux opioïdes
Description de cette image, également commentée ci-après
Évolution du sevrage aux opioïdes[1]
Causes Réduction soudaine des opioïdes ou d’antagonistes aux opioïdes[2]
Durée 1 à 2 semaines[2][3]
Complications Déshydratation, anomalies électrolytiques[4]
Traitement
Différentiel Sevrage d’autres drogues, intoxication aux stimulants, troubles liés à l'usage d'opioïdes[5][2]
Traitement Traitement de substitution aux opiacés (TSO), clonidine, métoclopramide, lopéramide[3]
Spécialité Addictologie médicale (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Classification et ressources externes

Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

Le sevrage aux opioïdes a peut-être été décrit dès le 5e siècle avant J.-C. par Hippocrate[7]. Les descriptions dans la littérature médicale remontent au moins à 1701[8]. Tous les opioïdes peuvent entraîner un syndrome de sevrage, qu’ils aient été utilisés à des fins récréatives ou sur ordonnance[2],[9]. Les symptômes peuvent apparaître dès 6 heures après l’utilisation d’opioïdes à action rapide comme l’héroïne ou jusqu’à 4 jours après l’utilisation d’agents à action prolongée comme la méthadone[2]. La gravité du sevrage est souvent évaluée à l’aide de l’échelle des symptômes de sevrage aux opioïdes (Clinical Opioid Withdrawal Scale ou COWS)[5].

Le sevrage aux opioïdes peut être traité par un traitement de substitution aux opioïdes (buprénorphine ou méthadone)[6],[3]. Les symptômes peuvent être améliorés par la clonidine ou la loféxidine[7]. Sans traitement, les symptômes les plus graves durent environ une semaine, bien que des symptômes mineurs puissent persister plus longtemps[2].

En 2021, on estime qu'environ 16 millions de personnes consomment des opioïdes illégalement dans le monde[5]. Chez ceux qui avaient consommé de l’héroïne au cours de l’année précédente, un syndrome de sevrage s’était produit chez environ 60 % d’entre eux[2]. De nombreuses personnes qui continuent à consommer des opioïdes le font dans le but d’éviter les symptômes de sevrage[3]. C'est le cas dans le cadre de la crise des opioïdes qui frappe l'Amérique du Nord et le reste du monde au XXIe siècle, au cours de laquelle des patients ayant développé une dépendance à leur traitement se tournent vers l'héroïne, moins coûteuse et avec les mêmes effets, lorsqu'ils ne peuvent plus obtenir d'ordonnance ou se procurer leurs médicaments antidouleurs sur le marché noir[10].

En 2026, l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC) estime que 63 millions de personnes dans le monde consomment des opioïdes de manière illicite[11]. S'ajoute à cela plusieurs dizaines de millions de patients qui ont une prescription pour des médicaments antidouleurs à base d'opioïdes — entre 11 et 12 millions rien qu'en France[12].

Articles connexes

modifier

Références

modifier
  1. ↑ A Lerner et M Klein, « Dependence, withdrawal and rebound of CNS drugs: an update and regulatory considerations for new drugs development. », Brain communications, vol. 1, no 1,‎ , fcz025 (PMID 32954266, DOI 10.1093/braincomms/fcz025)
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 Diagnostic and statistical manual of mental disorders : DSM-5., 5th, , 547–549 p. (ISBN 9780890425541)
  3. 1 2 3 4 Kosten et Baxter, « Review article: Effective management of opioid withdrawal symptoms: A gateway to opioid dependence treatment. », The American journal on addictions, vol. 28, no 2,‎ , p. 55-62 (PMID 30701615, DOI 10.1111/ajad.12862)
  4. 1 2 3 (en) Volkow et Blanco, « Medications for opioid use disorders: clinical and pharmacological considerations », The Journal of Clinical Investigation, vol. 130, no 1,‎ , p. 10–13 (ISSN 0021-9738, PMID 31763992, PMCID 6934219, DOI 10.1172/JCI134708)
  5. 1 2 3 4 Shah et Huecker, « Opioid Withdrawal », StatPearls,‎ (PMID 30252268)
  6. 1 2 Srivastava, Mariani et Levin, « New directions in the treatment of opioid withdrawal. », Lancet (London, England), vol. 395, no 10241,‎ , p. 1938-1948 (PMID 32563380, DOI 10.1016/S0140-6736(20)30852-7)
  7. 1 2 (en) Lisa B. Zaoutis et Vincent W. Chiang, Comprehensive Pediatric Hospital Medicine, Elsevier Health Sciences, (ISBN 978-0-323-03004-5, lire en ligne [archive du ]), p. 286
  8. ↑ (en) United States Commission on Marihuana and Drug Abuse, Drug Use in America: Problem in Perspective: Second Report, U.S. Government Printing Office, (lire en ligne [archive du ]), p. 305
  9. ↑ (en) Center for Substance Abuse Treatment, 4 Physical Detoxification Services for Withdrawal From Specific Substances, Substance Abuse and Mental Health Services Administration (US), (lire en ligne [archive du ])
  10. ↑ Adrienne Rey, « OxyContin: l’incroyable saga de l’antidouleur qui décime les Américains », sur Slate.fr, (consulté le )
  11. ↑ (en) « UNODC World Drug Report 2026: Global drug markets transforming rapidly as technology, novel drug types and instability present traffickers with new opportunities », sur United Nations : Office on Drugs and Crime (consulté le )
  12. ↑ « Opioïdes en France : état des lieux, risques émergents et stratégies de prévention », sur Sénat (consulté le )