Theo Verschaeren
Theo Verschaeren, né à Malines le et mort à Muizen vers le , est un artiste peintre et un auteur dramatique belge.
Informations essentielles
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Biographie
modifierFamille
modifierNé à Malines le , Théodore Joseph, dit « Theo », Verschaeren est le second des huit enfants de Guillaume Verschaeren (1844-1898), ouvrier peintre, et de Constantine Dirickx (1846-1927). Deux de ses frères sont également artistes peintres : Karel Verschaeren (1881-1928) et Barth Verschaeren (1888-1946). Le , Theo Verschaeren épouse à Malines Jeanne Antoinette Louise Lauwers (1879-1937). Le couple a deux enfants : Charles Théodore (1902) et Jeanne Constance (1905)[1],[2].
Formation
modifierPeintre en bâtiments, à l'instar de son père, Theo Verschaeren manifeste des dispositions pour l'art. Il est étudiant à l'Académie royale des beaux-arts de Malines, où il bénéficie de l'enseignement du peintre Willem Geets.
Carrière
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En 1906, il devient membre du collectif artistique malinois De Distel. Lors de la quatrième et dernière exposition du cercle, en 1907, il expose Couturière et des portraits aux côtés de Rik Wouters, Theo Blickx, Jules Lagae, Joseph Middeleer, Victor Gilsoul, Isidore Opsomer et maints autres[3].
En 1910, Il ouvre un magasin de peinture au Leuvensesteenweg, géré par sa femme. Lors d'un bombardement mené par l'armée allemande au début de la Première Guerre mondiale, la maison de Verschaeren est presque entièrement détruite par les flammes, entraînant la perte de la quasi-totalité de son œuvre picturale. Fuyant la violence de la guerre, Verschaeren et sa famille ne peuvent finalement aller plus loin que Gand, contrairement à ses frères Barth et Karel, qui s'enfuient en Angleterre. Il retourne à Malines, Begijnstraat no 26 et doit recréer son entreprise. En 1921, il ouvre un atelier de peinture à sa dernière adresse, rue du Vieux Bruxelles no 11.
Du au , Theo Verschaeren organise sa première exposition personnelle à la galerie « Éole » de Bruxelles, où son frère Barth avait déjà exposé en de la même année. Les thèmes de la femme et de la splendeur maternelle y sont particulièrement présents. Une autre exposition personnelle a lieu au « Kunstverbond » d'Anvers en 1921. À Malines, des expositions personnelles de son œuvre se tiennent à la Salle des fêtes en 1922, 1925, 1930, 1932, 1933 et 1936.
De 1921 à 1937, Theo Verschaeren est professeur à l'Académie royale des beaux-arts de Malines.
La mort de sa femme, le , le rend neurasthénique. Il finit par se donner la mort en se noyant dans le canal de Louvain à Muizen, où son corps est repêché le [4].
Œuvre
modifierPeinture
modifierCaractéristiques
modifierTheo Verschaeren peint principalement des portraits, des figures, des clowns, des intérieurs et des scènes de la vie quotidienne. On retrouve fréquemment des représentations traditionnelles et délicates de mères et d'enfants, mais aussi des sujets modernes comme des motocyclistes suggérant la vitesse de leur engin. Après la Première Guerre mondiale, les thèmes de guerre sont également récurrents, comme en témoigne « Les hommes des tranchées » exposé au Salon de Gand de 1933.
Il ne s'est pas entièrement converti à l'expressionnisme dominant de son époque : il a intégré des éléments traditionnels du réalisme à certaines caractéristiques expressionnistes, et des influences Art déco sont également présentes durant une certaine période. Theo Verschaeren est un artiste typique de l'Entre-deux-guerres, qui n'a pas rompu brutalement avec la tradition, mais a connu une évolution logique vers un style pictural moderne. Ses deux frères ont suivi une évolution similaire dans leur pratique artistique.
Après sa mort, des expositions rétrospectives lui sont consacrées à Malines en 1963 et 1974. Son huile sur toile Le Nouveau venu est vendue aux enchères en mai 2006 pour 1000 € chez Bernaerts, à Anvers.
Réception critique
modifierLorsque Theo Verschaeren expose, en , à Malines, le quotidien De Schelde publie :
« Verschaeren fait partie de ces artistes qui dépassent les modes passagères. Il a regardé les choses avec acuité et sait leur donner une expression personnelle, sans rien leur ôter de leur caractère propre. Le mat et le velouté ont cédé la place à davantage de fermeté et à une audace juvénile. De chaque toile émane désormais une lumière étrange, empreinte d’un charme singulier. Une figure se détache, dominant les profondeurs d’un paysage ouvert, une auréole de lumière ou des encadrements de couleurs d’une fraîcheur incisive, le tout dans une simplicité d’une grande ampleur… Peinture, décoration, panneau ou portrait : chaque toile possède une valeur remarquable. Le jeu des teintes et l’agencement des couleurs, la recherche du contraste entre le clair et le sombre, le blanc lumineux sur un bleu profond, suffisent déjà à déterminer la valeur de son œuvre renouvelée. À quelques exceptions près, Verschaeren évite les motifs littéraires et entend mettre la peinture au service d’elle-même. Il s’oriente ainsi, inconsciemment, vers l’aboutissement des tendances modernes : l’expression plastique. Il ne veut nullement nier les formes, mais celles-ci sont ramenées à une simplicité expressive et intégrées dans un arrière-plan harmonieux qui les complète. Il est des vies d’artistes qui brûlent comme une offrande constante à l’autel de la beauté et de la vérité. La vie de Verschaeren est de celles-là. Son art est profondément ancré dans une humanité vécue. C’est pourquoi il est authentique, précieux et durable[5]. »
Collections muséales
modifierDes œuvres de Theo Verschaeren sont conservées dans les lieux suivants :
- Malines : Musée municipal Hof van Busleyden
- Collection du CMW de Malines.
Dramaturge
modifierTheo Verschaeren est également dramaturge d'avant-garde : en 1917, il participe à un concours en présentant sa pièce Acta Bureaucratica, une satire de la bureaucratie, et remporta le premier prix. Encouragé par ce succès, il écrit plusieurs autres pièces, qu'il publie généralement à compte d'auteur : Gokwaja (1923), une pièce symbolique sur la lutte entre le Bien et le Mal ; De Geest van Zijne Excellentie Dansa (1924), une comédie où se mêlent flatterie et mensonges dans une cour royale fictive ; HAS (1925), qui met en scène l'homme comme une marionnette ; Janus Dubbel (1927), une satire de la politique et de la diplomatie ; Gijwij ; Schalker ; Dul ; Wind en C° (1928) ; Koning Wil ; Amoroza en Alfred (1932). À l'époque, ses pièces sont jouées, mais ne rencontrent qu'un succès mitigé en Belgique car jugées trop intellectuelles, trop symboliques, pour devenir véritablement populaires[6].
Références
modifier- (nl) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en néerlandais intitulé « Theodoor Verschaeren » (voir la liste des auteurs).
- ↑ « État-civil de Malines », sur agatha.arch.be, (consulté le ).
- ↑ « État-civil de Malines », sur agatha.arch.be, (consulté le ).
- ↑ (nl) Rédaction, « Eene kunsttentoonstelling te Mechelen », Het Laatste Nieuws, no 42, , p. 2 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Rédaction, « Las de vivre », La Dernière heure, , p. 3 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (nl) A.B., « Tentoonstelling Theod. J. Verschaeren in de Stedelijke feestzaal Frederik de Merodestraat Mechelen », De Schelde, , p. 3 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (nl) Rutten J. Weisgerber, « De opbloei van de Vlaamse literatuur van Teirlinck-Stijns tot L.P. Boon (1888-1946) », Van Arm Vlaanderen tot De voorstad groeit, , p. 379 (lire en ligne, consulté le ).