Tochuken Kumoemon (桃中軒雲右衛門, Kumoemon Tōchūken?) est un film japonais de Mikio Naruse sorti en 1936.

Tochuken Kumoemon
Titre original 桃中軒雲右衛門
Kumoemon Tōchūken
Réalisation Mikio Naruse
Scénario Mikio Naruse
Seika Mayama (ja) (théâtre)
Acteurs principaux Ryūnosuke Tsukigata
Sachiko Chiba
Chikako Hosokawa
Sociétés de production P.C.L.
Pays de production Drapeau de l'Empire du Japon Empire du Japon
Genre drame
Durée 70 minutes
Sortie 1936

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Synopsis

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Kumoemon Tōchūken (1873-1916)

Kumoemon Tōchūken, le célèbre conteur naniwa-bushi, descend du train qui l'emmène à Tokyo de manière inexplicable à Shizuoka, provoquant la panique dans la troupe qui l'accompagne. Il est en effet attendu dans la capitale, après plusieurs années de tournée dans tout le pays. Son ami Kurata vient à sa rencontre, il pense qu'il craint de retourner dans la ville qu'il a fuie huit ans auparavant, en abandonnant sa première femme et son fils Sentarō. Kumoemon Tōchūken passe la nuit à boire puis revoit son fils venu avec Kurata. Il décide au soulagement de tous de repartir le lendemain pour Tokyo.

Les représentations que donne Kumoemon Tōchūken à Tokyo sont un succès. Il fait la connaissance de Chidori, une geisha avec laquelle il s'affiche faisant les grands titres dans les journaux. Peu à peu, il s'éloigne de sa femme Otsuma, refusant même d'aller la voir à l'hôpital lorsque la santé de celle-ci se dégrade sérieusement, rien ne doit contrarier son art.

Ce n'est que lorsqu'Otsuma est mourante qu'il se décide à lui rendre une dernière visite, interprétant pour elle un ultime chant d'adieu.

Fiche technique

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Distribution

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Autour du film

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Mikio Naruse raconte qu'il n'a pu rencontrer Ryūnosuke Tsukigata qu'au début du tournage, deux mois après la distribution des rôles. Il est consterné de découvrir que l'acteur devant incarner Kumoemon Tōchūken, pourtant réputé pour ses talents de conteur naniwa-bushi, est en fait médiocre dans ce domaine[8].

La vie de Kumoemon Tōchūken a été portée quatre fois à l'écran. La première adaptation, Tōchūken Kumoemon (1931), est un film muet réalisé par Kōji Oka pour la Kawai Eiga. Celle de Naruse suit en 1936. La Daitō Eiga (ja), société issue de Kawai, en donne une nouvelle version en 1940, réalisée par Minoru Ishiyama avec Shōsaku Sugiyama. Enfin, en 1962, la Daiei produit Kumoemon to sono tsuma (雲右衛門とその妻?, littéralement « Kumoemon et sa femme »), réalisé par Kimiyoshi Yasuda d'après un récit de Mitsuru Taniya, avec Haruo Minami, chanteur d'enka et ancien récitant de rōkyoku[9].

Analyse

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Dans The Cinema of Naruse Mikio (en), l'universitaire Catherine Russell rapporte qu'un critique contemporain estimait que le film aurait dû s'intituler « L'Épouse de Kumoemon Tōchūken  ». Elle décrit le personnage principal comme un artiste égocentrique entouré d'une cour de comparses, et son épouse comme une femme éprouvée qui continue de l'accompagner au shamisen après qu'il s'est affiché avec une geisha. Son refus d'aller la voir à l'hôpital tient, selon Russell, à ce qu'il ne supporte pas de la penser comme « juste une femme » : il veut la voir en artiste, en idéal, et justifie par le même argument son indifférence de père, son art devant primer sur tout[10].

Russell relève le rôle du téléphone et du télégramme, commodités narratives introduites dans un cadre par ailleurs traditionnel qu'elles rendent à la fois moderne et bourgeois — la mort de l'épouse étant annoncée par téléphone au moment où l'arrogance du personnage culmine. Elle voit dans le film la première incursion de Naruse dans un décor de l'ère Taishō, l'éloignement du gendai-geki lui paraissant symptomatique de la période et annonciateur des films « d'art » en costumes qu'il tournera ensuite[10].

Elle juge réussies les scènes de récitation au théâtre, faites de multiples travellings et panoramiques reliés entre eux par des fondus enchaînés, notamment d'amples mouvements d'appareil balayant le public qui s'installe, et voit dans le film un prélude à Tsuruhachi et Tsurujirō, où le rôle féminin est plus développé. La place centrale donnée à un protagoniste aussi buté et antipathique a pu, selon elle, compromettre le succès du film, mais les contradictions du personnage montrent que l'attention de Naruse aux rapports entre les sexes incluait ce portrait singulier de l'arrogance masculine[10].

Notes et références

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  1. ↑ (ja) « Bibliothèque nationale de la Diète : 鼠小僧次郎吉・桃中軒雲右衛門 », sur dl.ndl.go.jp (consulté le )
  2. 1 2 3 (ja) Tochuken Kumoemon sur la Japanese Movie Database
  3. ↑ Les sources divergent : 70 minutes (JMDb, Eiren, allcinema, KINENOTE), 73 minutes (NFAJ, IMDb). Chaque chiffre est cohérent avec le métrage indiqué par sa source : les 1 918 mètres de la JMDb donnent 70 minutes et les 6 537 pieds (1 992 mètres) de la copie conservée par les Archives en donnent 73.
  4. ↑ (ja) « 桃中軒雲右衛門|Kumoemon Tōchūken (1936) », sur db.eiren.org (consulté le )
  5. ↑ Les sources donnent deux dates : le 29 avril 1936 (JMDb, KINENOTE, allcinema, IMDb) et le 1er juin 1936 (Eiren, NFAJ, eiga.com). Aucune source n'explique l'écart.
  6. ↑ (ja) « 桃中軒雲右衛門 Kumoemon Tōchūken (1936) », sur 映画.com (consulté le )
  7. ↑ (ja) « [NFAJ] 桃中軒雲右衛門|Kumoemon Tōchūken (1936) », sur nfad.nfaj.go.jp (consulté le )
  8. ↑ Audie E. Bock, Mikio Naruse, un maître du cinéma japonais : introduction à l’œuvre et filmographie commentée, Édition du Festival international du film de Locarno, , 270 p., p. 90
  9. ↑ (ja) « Kumoemon to sono tsuma 雲右衛門とその妻 (1962) », sur 映画.com (consulté le )
  10. 1 2 3 (en) Catherine Russell, The Cinema of Naruse Mikio (en) : Women and Japanese Modernity, Duke University Press, (ISBN 978-0-8223-4312-7), « 2. Naruse at P.C.L.: Toward a Japanese Classical Cinema, 1935-1937 », p. 111-112

Voir aussi

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