Le Trésor de Lorette (ou trésors de Lorette) a autrefois consisté en un ensemble d'objets précieux accumulés durant près de cinq siècles dans le sanctuaire de la Sainte Maison de Lorette en Italie.

Trésor de Lorette
Salle du Trésor de Lorette
Collections
Collections
Ex-voto, objets liturgiques, reliquaires, peintures, tapisseries...
Provenance
Europe et monde entier
Époque
du XVe siècle à aujourd'hui
Localisation
Pays
Italie
Commune
Lorette (Sainte Maison)

Fruit de la dévotion des chrétiens d'Occident pour la Madone de Lorette et ses saintes reliques, il était composé de nombreux présents, offrandes, ex-voto prestigieux conservés dans les grandes armoires de la salle du trésor, ainsi que des objets d'art de grande valeur constituant la décoration ou les éléments cérémoniels à l'intérieur-même de la basilique de Lorette.

Cette accumulation fit l'objet d'admiration et de convoitises dans toute l'Europe depuis le XVe siècle jusqu'aux pillages de la Campagne d'Italie par les généraux Colli-Marchi et Bonaparte qui mirent un terme définitif à son prestige international.

Les convoitises du XVIIIe siècle

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« Le trésor est effectivement une chose étonnante. Lorsqu'on aura vu celui-là, on pourra s'exempter de visiter tous ceux que l'on rencontrera sans cesse en Italie où ils sont très-communs »

 Jean-Dominique Cassini, Paris, 1778., Manuel de l'étranger qui voyage en Italie…

« Le trésor de la basilique de Saint Marc de Venise, après celui de Lorette, est le plus riche de l'Italie. »[1]

Voltaire et le Frédéric le Grand

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Après les seize galères venues d'Alger pour piller le trésor à la fin de l'année 1638[2], Voltaire écrivait le 8 juin 1770 à Frédéric II :

« Plût à Dieu que Ganganelli (le pape Clément XIV) eût quelques bons domaines dans votre voisinage, et que vous ne fussiez pas si loin de Lorette ! Il est beau de savoir railler ces arlequins faiseurs de bulles ; j'aime à les rendre ridicules, j'aimerais mieux les dépouiller. »

Et Frédéric le Grand de répondre le 7 juillet 1770 :

« Lorette serait à côté de ma vigne, je n'y toucherais pas (...) il faut épargner ce que le public vénère. Il ne faut point donner de scandale et supposé que l'on se croit plus sage que les autres, il faut par compassion, par commisération pour leurs faiblesses, ne point choquer leurs préjugés. Il serait à souhaiter que les prétendus philosophes de nos jours pensassent de même. »[3]

Quinze ans plus tôt, Voltaire écrivait déjà dans la Pucelle :

Enfin portés sur les bords du Musône / Près Ricanate en la Marche d'Ancône / Les pèlerins virent briller de loin / Cette maison de la sainte Madone / Ces murs divins de qui le ciel prend soin / Murs convoités des avides corsaires / et qu'autrefois des anges tutélaires / Firent voler dans les plaines des airs / Comme un vaisseau qui fend le sein des mers / À Loreto, les anges s'arrêtèrent / Les murs d'eux-mêmes se fondèrent / Et ce que l'art a de plus précieux / De plus brillant, de plus industrieux / Fut employé depuis par les Saints-Pères / Maîtres du monde, et du ciel grands-vicaires / À l'ornement de ces augustes lieux[4].

Ceracchi et le Directoire

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Giuseppe Ceracchi.

Vingt-cinq ans plus tard, Giuseppe Ceracchi, le sculpteur romain auteur du premier buste consacré au futur empereur Napoléon Bonaparte et mort guillotiné pour avoir tenté d'assassiner son illustre modèle, rappelle dans ses mémoires avoir soumis à Carnot, alors membre du Directoire avec Barras, Letourneur, Reubell et la Revellière-Lépaux, l'idée de faire main basse sur le trésor de Lorette, trésor qu'il estime à 250 millions de livres[5].

Ce qui fera écrire audit Directoire au tout début de la Campagne d'Italie, le 12 avril 1796 :

« Gênes ne doit pas être éloignée de Lorette de plus de quarante-cinq lieues. Ne pourrait-on pas enlever la Casa Santa et les Trésors que la superstition y amasse depuis quinze siècles[N 1] ? On les évalue à dix millions Sterling. Dix mille hommes secrètement envoyés, adroitement conduits, viendraient à bout d'une telle entreprise avec la plus grande facilité. Il reste une difficulté : la route n'est pas directe et il faut passer par l'Apennin. Cependant, avec de l'audace, non dans l'exécution, qui en exige peu ou point, mais dans le projet, vous ferez une opération financière la plus admirable, et qui ne fera tort qu'à quelques moines (…) »

 Jacques Marquet de Montbreton de Norvins, 1838, ed. Meline, Histoire de Napoléon[6].

Bonaparte et Azara

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Lorsque Bonaparte vint, en 1796, prendre le commandement de l'armée d'Italie, le Directoire attira son attention sur le trésor de lorette auquel on attribuait une valeur de 10.000.000 Sterlings. Ce trésor occupait beaucoup d'esprit en France.[7]

La question du Trésor de Lorette est désormais présente lors des négociations des conditions de l'armistice avec le Saint-Siège, en juin 1796. Bonaparte écrit au Directoire le 8 Messidor de l'an IV (26 juin 1796) : « j'avais toujours mis pour clause que les trésors de Notre Dame de Lorette seraient donnés… » (725 CGNB).

« Bonaparte n'attendit pas de nouvelles instructions du Directoire, et profita du désarroi où ses rapides manœuvres avaient jeté la cour pontificale, pour signer le 23 juin, assisté de Garrau et de Saliceti, l'armistice de Bologne. Les conditions en étaient dures. Elles l'auraient été bien davantage sans l'adresse d'Azara[N 2] qui, ne pouvant rien obtenir de Bonaparte, s'était retourné du côté de Garrau et de Saliceti, et avait fini par leur arracher l'aveu que l'armée française ne pouvait marcher sur Rome. Il en avait aussitôt profité pour élever ses prétentions. Il avait notamment refusé que les trésors de Lorette fussent remis à la France. Bonaparte fut obligé d'ordonner une marche de nuit sur Ravenne. Ce fut seulement quand il eut appris cette nouvelle manœuvre qu'Azara consentit à la contribution de vingt et un millions, dont un million figurant la rançon de Lorette. »

 Paul Gaffarel, Bonaparte et les républiques italiennes (1796-1799)[8]

Salle du Trésor de Lorette, gravure du XIXe

Vol du Trésor par le Général Colli et le général Bonaparte

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Le passage des troupes du Général Colli à Lorette

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Alors que l'on s'approchait de la fin de la Campagne d'Italie, le , les troupes françaises arrivaient à Ancône. Selon nombre de récits français, des 5 000 hommes du général Colli, général des troupes papales[N 3], 2 000 furent faits prisonniers et 3 000 se retirèrent de la capitale de la Marche fuyant à la simple vue de l'armée française en prenant la direction de Lorette. La revue napoléonienne d'Albert Lumbroso mentionne la présence du général Bartolini, alors à la tête de deux ou trois mille hommes. Ce dernier, dans une histoire touchant au burlesque, n'envisagea pas l'ombre d'un semblant de résistance.

Général Michelangelo-Alessandro Colli-Marchi

Dans le récit italien, le burlesque des deux officiers de Bartolini se décline parallèlement en farce tragique avec le général Colli : Colli arrive le 8 février au soir à Lorette et désire mettre la main sur deux traîtres qui voulaient le livrer aux troupes françaises :

« Le jour du 8 février aux alentours de 23 heures, à l'improviste, arriva à Lorette le général Colli avec une cinquantaine de dragons pontificaux à cheval. Toute la population se réunit autour de lui le saluant de retentissants Evviva !!! On lui raconte les vantardises de l'archidiacre Sensi et du prêtre Taroni qui prétendaient livrer ledit Colli aux français, lequel, furieux, fit appeler Luigi Bruni chancelier de l'évêché afin qu'il lui livrât les deux misérables. Mais Bruni, plutôt que d'obéir, cacha les deux criminels dans sa chancellerie. Le général protesta à plusieurs reprises, désirant leur mettre la main dessus. Mais malgré tous les efforts déployés par ses soldats, ils ne parvinrent pas à déloger les deux scélérats de leurs cachettes. Parce que ces braves gens se croyaient assistés et défendus par Colli, la nuit venue, ce dernier partit en secret. Toute la nuit, on veilla, et l'on envoya des éclaireurs afin de savoir si les troupes françaises avançaient vers Lorette. Et de bon matin, l'on su qu'effectivement, elles s'y dirigeaient (...) »[9].

Monaldo Leopardi, père de Giacomo

Cette même journée du 8 février, aucun témoignage français ne fait état de la prise de Lorette. Seul Monaldo Leopardi raconte dans ses mémoires la scène dont il fut témoin cette même nuit du 8 au 9 février, dans la ville voisine de Recanati :

« Dans la matinée du 8, passèrent ici deux à trois cents fantassins en provenance de Rome, et passa également, courant vers Ancône, le général Colli. Nous avions alors tellement peu idée de ce qu'était la guerre, et tellement de confiance en l'armée autrichienne que ce passage nous rassura ; nous étions sûrs que l'avancée ennemie serait freinée. Il semblait impossible que les troupes françaises ne dussent reculer face à un général allemand[N 4]. Nous vécûmes cette journée avec suffisamment de tranquillité. Mais vers minuit trente, commencèrent à arriver fantassins, chevaux, bagages et gens de toutes sortes qui reculaient en criant : « Ancône est prise ! Tout est perdu ! Sauvons-nous, fuyons ! » L'effroi, le vacarme et le désordre de cette soirée furent incroyables. Vers deux heures du matin, arriva le général Colli fuyant lui aussi, et descendu de son fiacre sur la place Carradori commença à réprimander les fugitifs qui s'étaient regroupés autour de lui en grand nombre. Je l'entendis dire ses paroles précises : «  Lâches ! Vos compagnons se battent à Lorette contre l'avant-garde française et vous fuyez ?! Arrêtez-vous, Défendez-vous et demain je serai là avec de grands renforts ! ». »

Ce que le général Colli put emporter du trésor de Lorette fut dirigé par le Pape vers Terracina puis Benevento, pour finalement être consigné au Castel Sant'Angelo le 25 février 1797[10].

Bonaparte et la Madone de San Ciriaco

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Le port d'Ancône avec la Cathédrale de San Ciriaco en arrière plan. Gravure de G.B.Piranèse

Le 9 février, Bonaparte est à Ancône, il loge près du port, au Palazzo dei Trionfi, palais de style rococo[11] de la via della loggia qui donne sur la place de l'actuel Théâtre des Muses. Les troupes sont installées à cent mètres au-dessus de la mer dans la Citadelle d'Ancône à un quart d'heure à pied de leur général en chef.

Un bruit se répand alors dans la ville : la Vierge d'Ancône pleure la venue des français. Les fidèles sont formels qui commencent à affluer vers la vierge au diadème de la Cathédrale Saint-Cyriaque. Bonaparte y envoie Gaspard Monge qui revient lui confirmer l'information, la vierge représentée dans le tableau de l'autel semble bien pleurer de vraies larmes.

Tableau de la Vierge au diadème dans la cathédrale de San Ciriaco

Bonaparte demande à se faire apporter le tableau au Palais Trionfi. La Madonna del Duomo comme l'appellent les ancônitains date d'avant 1615. Ce tableau fut offert par un marin vénitien à la cathédrale pour remercier la Madone d'avoir sauvé son fils d'une terrible tempête. Le tableau d'une facture assez modeste devint avec le temps un objet de profonde dévotion dans la ville portuaire.

Trois chanoines de la cathédrale apportent le tableau à Bonaparte. Ce dernier semble particulièrement l'apprécier avant de lui en retirer le diadème qu'il place dans sa poche tout en demandant si l'argent que ce dernier rapporterait ne pourrait pas servir à marier une veille fille. Un temps s'écoule avant qu'il ne se ravise et fait repositionner le diadème sur la peinture dont il semble comprendre le subterfuge... ou pas[12]. Invoquant la malhonnêteté et la superstition, et déclarant ne connaître que les miracles de Moïse et des évangiles, il finit par menacer l'un des trois chanoines qui le lui a consigné de la brûler en place publique si elle n'est pas recouverte d'un voile pour être cachée aux fidèles. Le chanoine inquiet des débordements possibles de la population privée de son objet de dévotion finit tout de même par s'exécuter.

Contrairement au respect du culte auquel s'engageait Bonaparte en Romagne, l'attitude du général en chef commence à se montrer moins conciliante envers l'Église.

L'arrivée des troupes françaises à Lorette

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La date du 9 février à 21 h 00 a été retenue par plusieurs sources italiennes pour narrer la rencontre de Napoléon vers les Crocette (lieudit de Castelfidardo) accueilli par quatre députés, dont deux de la commune de Loreto : Tommaso Grondona et Luigi Staffolani et deux du clergé de Loreto : le fameux archidiacre Sensi hostile au pape et le chanoine Fracassetti. Ce que la correspondance de Bonaparte ne mentionne pas. Les députés lorétains auraient-ils confondu Bonaparte et Marmont ? A moins que Bonaparte ait fait un trajet aller-retour de 36 km au total ?

« À 21 heures, arriva le fameux Attila nouveau, les députés lui furent présentés, et tout en tremblant lui faisaient un laconique compliment. Bonaparte prit la cocarde tricolore du chapeau du chanoine Fracassetti et la pointa vers sa poitrine. Après quelques paroles de réponse, il demanda aussitôt si, à Lorette, existait toujours le trésor et il lui fut répondu que le trésor avait été réquisitionné par le Pape et expédié à Rome. Bonaparte fronça les sourcils et renvoyant les autres députés, retenant un temps auprès de lui l'archidiacre Sensi, lequel ayant parlé avec lui à voix basse monta un cheval des dragons de Bonaparte et accompagné de huit d'entre eux se dirigea vers Lorette, après avoir été renvoyé par son très digne maître. Autour de 22 heures, Sensi, comme exalté, entra en ville, dirigeant ses soldats français, et annonçant aux citoyens la délivrance. »[13].

Général Marmont.
  • Dans la nuit du 9 au (21 au 22 pluviôse de l'an V), le général en chef Bonaparte a semble-t-il envoyé depuis Ancône son chef de Brigade et aide de camp Marmont[N 5], à la tête d'un corps de cavalerie (le 15e de dragons), à l'encontre de Colli, dans le but de s'emparer avant ce dernier du trésor du sanctuaire de Lorette[14],[15]. Figurait parmi les officiers supérieurs de ces troupes le fier, jeune et sculptural général Cervoni[16].
  • Dans ses mémoires, le général Marmont écrit sans qu'il ne soit possible d'en comprendre la date exacte :

« Le lendemain on marcha sur Loreto, aucun ennemi n'était plus en présence, mais devant nous un trésor de haute réputation. Le général en chef me demanda de partir pendant la nuit, à la tête du quinzième régiment de dragons, et d'aller en prendre possession. Depuis il m'a dit que son intention était de m'enrichir. Je me contentais de faire mettre les scellés[N 6] avec beaucoup de soin, et de livrer le tout bien intact à l'administration ; au surplus, les choses précisées et portatives, comme les diamants, l'or, etc., avaient été enlevés et il ne restait que de grosses pièces d'argenterie évaluées à un million environ. »

 Mémoires du Duc de Raguse[17].

Général en Chef Bonaparte
  • Le à six heures du soir : en sus de la lettre n°1475 au Directoire exécutif[18], Bonaparte écrit :

« Nous sommes maîtres de Notre-Dame-de-Lorette. Il y avait dans le trésor une valeur de sept ou huit millions de francs en or ou argent, et du blé, que nous avons pris. Avant l'arrivée de Colli, il y avait pour huit à neuf millions. Nos troupes y sont[N 7]. »

  • Depuis son quartier général d'Ancône, ce même 10 février, à 7 heures du soir, Bonaparte écrit au général Victor :

« Le général en chef ordonne au général Victor de faire partir demain matin, au point du jour, le général de brigade Lannes[N 8] avec l'avant-garde, pour se rendre à Recanati. Le reste de sa division et lui se rendront à Lorette. »

  • Bonaparte au Général Victor, le à 11 heures du soir :

« Le Général en chef ordonne au Général Victor de porter demain son avant-garde à Macerata. Il partira de Lorette avec le reste de sa division pour se rendre à Recanati ; il laissera à Lorette une vingtaine d'hommes à cheval. »

Général Victor
  • Le Général Victor écrit au général Lasne, le 11 février 1797 :

« Vous partirez demain au jour avec la troupe que vous commandez pour vous rendre à Recanati. Faites réunir vos brigades à 4 heures du matin sur la route que vous devez prendre. Je vais donner l'ordre de faire relever les gardes (?)[N 9] par les troupes destinées à rester ici[N 10]. Je vous préviens que les mesures sont prises à Loreto pour faire distribuer les subsistances qu'elles doivent avoir demain. Le général ...?[N 11] a l'ordre de marcher avec vous. Comme une grande partie de vos soldats se trouve mal armée il conviendrait que vous envoyassiez quelqu'un chez le général Dammartin pour l'engager à vous faire fournir à l'instant les armes qui leur sont nécessaires. Je vous préviens que vous allez seul à Recanati et que le reste de la division, excepté la brigade du général Lasalcette, reste à Loreto où vous pourrez m'adresser vos dépêches. »

La Commission des sciences et des arts

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Gaspard Monge
  • Le 11 février 1797, sur ordre du général Victor donné la veille, le général Fiorella, avec ses troupes, part d'Ancône vers Lorette sur les traces du général Lasne. Il est suivi par la réserve d'artillerie à pied et à cheval du général Lasalcette que le général Dammartin prend désormais sous son commandement.
  • Le , Gaspard Monge, alors membre de la commission chargée de récupérer en Italie les monuments d'art et de science que les traités de paix accordent aux armées françaises victorieuses, écrit à sa femme depuis Lorette :

« Nous sommes partis ce matin d’Ancône, ma très chère amie, et nous sommes (?) avant l'avant-garde ici, où la division qui marche sur Rome est campée, je veux dire bivouaquée, car l'armée, qui ne sait pas ce que c'est qu'une tente, ne traîne avec elle d'autres charrois que ses canons et ses caissons. Notre premier soin en arrivant a été d'aller faire nos dévotions à l'image miraculeuse de la madone et à la Santa Casa, transportée par les airs par les anges depuis Nazareth jusqu'ici ; et quand nous fûmes dans l'église, hélas mon Dieu ! Colli, le général du pape, beaucoup plus dévot que nous, y était venu trois jours avant nous[N 12], et en avait emporté tout ce qu'il avait pu charger à la hâte sur sept ou huit chariots, entre autres le petit Louis XIV d'or massif pesant 27 livres, le fameux tableau de Raphaël. Enfin, il n'a laissé comme un voleur, que ce qu'il aurait été trop long de décrocher; et tout ce qui reste fera bien encore, tant en or qu'en argent, du moins à ce qu'on dit un million. Au reste, nous le saurons au juste car le général veut que nous assistions à la pesée de toute cette chaudronnerie. La Santa Casa, bâtie partie en briques et partie en pierres de la montagne, où nous sommes, va donc être réduite à sa simplicité respectable et entièrement nettoyée de tout le luxe mondain qui la masquait aux yeux des croyants. Quant au tableau de Raphaël qui nous a été volé indignement et contre toutes les lois de la guerre, il faudra bien que le pape nous le rende. Ce qui m'a étonné, c'est que dans un pays dont toute l'industrie et l'existence sont fondées sur l'importance grossière de cette sacrée case, l'archidiacre[N 13] qui, l'évêque étant mort, est le principal personnage du pays et surtout de l'église, ainsi que cinq ou six autres chanoines, gens d'esprit à la vérité et patriotes, se sont empressés de nous faire observer tout ce que Colli avait laissé, nous ont montré toutes leurs reliques dans le plus grand détail et à peu près dans les mêmes termes que je te les montrerais actuellement si tu étais ici ; s'indignant contre la fourberie incroyable et presque miraculeuse avec laquelle on a imposé pendant tant de temps au pauvre genre humain, et gémissant du joug qu'ils ont été obligés de porter tout en l'appuyant sur le pauvre peuple. Nous avons trouvé ici quatre tableaux que nous encaisserons demain, et que nous dirigerons sur Gênes. »

 Correspondance du géomètre Gaspard Monge[19].

Marie Dupond[19] affirme que, des membres de la commission, seuls Gaspard Monge et le peintre Jacques-Pierre Tinet étaient présent à Lorette. Si l'on s'en tient à une requête exprimée à l'adresse de Bonaparte le 18 février à Tolentino par le commissaire des sciences et Arts, Gaspard Monge, il est permis de supposer que ce dernier pouvait être tout aussi bien entourés de Cacault, Bertholet, du peintre Wicar[N 14] sûrement, et probablement des peintres Gros[20] et Gerli, du sculpteur Morin, du musicien Kreutzer et d'un secrétaire répondant au nom de Couturier[21].

« Deux grenadiers de la légion lombarde dont un sergent major ont été trouvés (la veille) dans la maison d’un prêtre de Lorette les mains pleines de l'argent qu’ils ont volé. Les grenadiers sont évadés. Il n'y a que le sergent major détenu. Je vous le fait conduire sous escorte pour être fusillé devant son bataillon conformément aux ordres du général en chef. Je sais que les grenadiers ont fait quelques démarches en sa faveur, c'est une ( ... ?) qui ne convient point à des hommes qui font profession de républicanisme. Les preuves du vol sont trop authentiques et ce serait donner l'essor au brigandage en le laissant impuni. Vous le ferez donc fusiller et prendre chaque renseignement sur son complice pour lui faire subir la même peine s'il est reconnu. L'authenticité de leurs fautes est tellement connue que l'officier de la garde qui ont saisi le sergent-major m'ont fait voir l'argent qu'il a pris et qu'il avait dans les mains le ... »

« Voilà deux jours que nous sommes ici, ma chère amie. Nous y avons terminé nos opérations et, en attendant le général en chef, nous sommes sortis de la ville pour voir un peu le pays. Nous sommes descendus jusqu'au bord de la mer qui est à une lieue, et nous sommes arrivés dans un village[N 15] où tous les habitants nous ont environnés pour se plaindre à nous de la cherté du pain et de la rareté de l'huile. Enfin les bonnes gens, malgré les prédications qui depuis six ans se font contre les Français, sont persuadées que ces français vont tout rétablir dans ce pays-ci et faire disparaître la misère. Ah, si la France avait continué à faire son dieu de la patrie et si elle n'eut pas prodiguer l'encens sur les autels du dieu de l'argent, elle aurait changé la face entière de l'Europe. Mais etc. Il n'y avait que trois jours que j'avais quitté les neiges de Saint-Marin, et il m'a été fort agréable aujourd'hui dans la campagne de voir le printemps. Le sureau a déjà des pousses de huit pouces. Je me suis amusé à te cueillir un petit bouquet de fleurs ; mais il ne serait pas raisonnable de t'envoyer d'ici une botte de foin, et je mets ici les plus petites pour échantillons. Tu y en trouveras deux d'aubépine. Le général arrive. Adieu »[23].

L'entrée de Bonaparte dans Lorette

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Porta Romana à Lorette

Monge termine sa lettre à l'arrivée de Bonaparte. La correspondance de Napoléon confirme bien que ce dernier fait le trajet d'Ancône à Lorette ce même 25 pluviôse de l'an IV, c'est-à-dire le , vers 19h00. Deux lettres de cette même date sont envoyées le même jour des deux villes.

Selon Vincenzo Murri dans ses chroniques de Lorette restées inédites et dont l'épisode ne semble pas précisément daté[24], Bonaparte aurait alors échappé à un attentat à l'entrée des murs du sanctuaire. Selon une tradition orale locale, le résistant aurait été ensuite fusillé par les français.

« Finalement, à 19h00, arrive à Lorette le général Bonaparte ; contre lui, depuis le rempart qui protège la porte romaine et sous laquelle il passait, l'on vit un fusil dont on arma le chien, mais la poudra ne prit pas feu, sinon le pont de la porte romaine de Lorette aurait été le lit destiné à accueillir son cadavre. Mais personne, sur le moment, ne fit cas de cette attaque. (...)

(...) Sur le seuil de la porte, lui furent présentées les clés de la Ville qu'il toucha de ses mains ainsi, avec son État-major, il fut conduit au Palais apostolique où il reçut les autorités constituées. Derrière lui vint toute la troupe de cavaliers et fantassins qui suscita l'appréhension de toute la ville, mais personne ne fut inquiété…[25]. »

  • Ce même , Bonaparte écrit depuis Lorette à Lasalcette resté à Ancône, probablement au regard du bataillon détaché de sa demi-brigade :

« Il faut que le Général Lasalcette rétablisse l'ordre dans toutes ses troupes, qui en ont très peu jusqu'à présent. »

 Correspondances de Napoléon, Tome II, p. 425.

« L'infanterie[N 16] ira à Lorette (...)

Il est bien intéressant que l'on ne laisse passer aucun dragon, chasseur ou hussard à pied, plusieurs se permettant d'aller sans ordre pour piller. »

 Correspondances de Napoléon, Tome II, p. 426.

Palais apostolique de Lorette sur la place de la Madone.

La Madone sous un lit

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Concernant la suite des évènements, les sources se réduisent pour l'essentiel aux mêmes chroniques de Lorette de 1794 à 1821 de Murri transmises par Rinieri :

« Bonaparte, avec la plus grande solennité, entra dans la basilique et se dirigea immédiatement dans la salle du trésor, dans laquelle, lorsqu'il la vit dépouillée, il dit : Oh ! ils ont volé le trésor, craignant que nous le touchions. Bien au contraire... La nation française l'aurait même fait accroître... Mais dès que tous les précieux objets et tous les précieux retables qui s'y trouvaient furent apportés devant lui, Bonaparte, qui, une minute auparavant, venait de signifier qu'il ne l'aurait pas touché, ordonna que tout soit encaissé et envoyé illico à Paris. Parmi les choses les plus remarquables, un antependium d'après dessin de Raphaël représentant la Cène, un autre entièrement de velours texturé d'or qui semblait surgir de nulle part ; une pièce textile donnée en offrande par le chanteur Farinelli avec une broderie si merveilleuse qu'elle évoquait une main de maître. Puis de la salle du trésor, l'on passa dans la sainte Maison. Bonaparte, avant d'entrer, resta suspendu et pensif. Mais secoué, et invité par le Marquis Vivaldi[N 17], il entra lui aussi, et avec lui, Giuseppe Taroni[N 18], lequel commença à vomir d'horribles injures envers le sanctuaire jusqu'à prier Bonaparte de donner l'ordre de jeter à terre cette idole mariane pour grosse boutique de prêtres. Bonaparte le regarda en fronçant les sourcils puis lui répondit : Non ! L'on passa alors au saint chemin. Bonaparte ordonna aux gardiens de descendre la statue. Aucun des trois gardiens ne voulaient se résoudre à pareil acte. Mais renouvelant l'ordre avec force menaces, le troisième gardien, Antonio Cecconi, clerc bénéficiaire, monta sur l'échelle et fit tomber la statue. Cette dernière fut emballée dans un carré de toile blanc et transportée au palais apostolique où elle fut déposée sous le lit de l'exécrable Saliceti »

 Rinieri, La Santa Casa di Loreto[N 19],[26].

Intérieur de la Santa Casa sur une gravure datée de 1898.

Le récit de Murri indique alors que tous s'en retournèrent dans la salle du trésor où les dons qui se trouvaient dans la basilique furent transportés ; notamment le buste d'argent de sainte Barbe, buste de très belle facture incrusté de pierres précieuses, la statue toute en or de saint Ladislas, le buste en argent de saint Géréon, la tasse liée en or dans laquelle prenait ses purification sainte-Edvige, un ostensoir doré contenant les reliques de la sainte Croix, l'urne de la sainte veste, et d'autres reliques lesquelles furent pillées et jetées dans un panier, l'or et l'argent placés en un autre endroit[26].

La Madone s'envole pour Paris

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  • Depuis Macerata, le , Bonaparte écrit au Directoire[27] :

« Lorette contenait un trésor à peu près de trois millions de livres tournois. Ils nous ont laissé à peu près un million sur les sept. Je vous envoie de plus la Madone avec toutes les reliques. Cette caisse vous sera directement adressée, et vous en ferez l'usage que vous jugerez convenable. La Madone est de bois. »

Document de l'enlèvement de la statue de la Madone de Lorette conservé à la Bibliothèque nationale de France.

et de poursuivre :

  • Au directoire depuis Tolentino, le , le jour même de la signature du traité, Bonaparte écrit :

« La commission des savants a fait une bonne récolte à Ravenne, Rimini, Pesaro, Ancône, Lorette et Perugia. Cela sera incessamment expédié à Paris. Cela joint à ce qui sera envoyé de Rome, nous aurons tout ce qu'il y a de beau en Italie (…) »

  • Le , François Cacault, un des signataires du traité de Tolentino, écrit depuis Rome qu'ont été envoyés au Directoire sept millions en lingots et en caisse d'argenterie, trois tiares appelées Tiregni, pour former avec les bijoux de Loreto une caisse de diamants et de perles contenant les millions nécessaires pour compléter le premier versement.[28]
  • pour satisfaire les conditions du traité, le 28 février 1797, Felice Alessandro Depongo est chargé par le secrétaire de la congrégation Lauretane, Monseigneur Luzj, de consigner au citoyen Carlo Sartori, joaillier, les joyaux et perles qui furent précédemment entreposés dans la salle dite des Triregni du Castel Sant'Angelo[29].

Inconséquemment, la statue de la Madone de Lorette et ses reliques resteront en Italie dans leur caisse, avant de n'être expédiés à Paris qu'à la fin de juillet 1798...

Vols et violences collatérales

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Certains témoignages laissent entendre que le passage des français à Lorette fut digne des barbares des vieux siècles[30], et que les soldats de la division Victor se signalèrent par des actes de violence contre la population et des larcins sans nombre, qui motivèrent un ordre du jour rigoureux de Bonaparte[31] :

« Ils avaient frappé des personnes, s'étaient livrés à un pillage effréné sans que Victor, qui pourtant savait se montrer sévère à l'occasion eut rien fait pour les contenir. »

En contradiction avec ces faits, l'historien du Sanctuaire, Vincenzo Murri constate que la population de Lorette n'eut à subir aucune humiliation.

Bonaparte ordonna que tout soldat qui se rendrait coupable de nouveau d'un fait de même nature serait fusillé à la tête de son bataillon. Ce que semble avoir fait le général Victor qui, dans ses mémoires, dit avoir ordonné qu'un brigadier pris la main dans les deniers d'un prêtre fut fusillé devant son bataillon à titre d'exemple[32].

Quant aux chevaux qui, en très grand nombre, avaient été pris aux bourgeois et aux cultivateurs, ils furent au lieu de leur être rendus, destinés à monter le 18e dragons[33].

Il semble probable que le fanatisme anticléricale que l'on retrouve dans certains écrits d'époque et la probable tentative d'attentat sur la personne du général en chef, légitima davantage d'exactions à Lorette que dans les autres villages des états pontificaux. Les reliques n'étaient semble--t-il qu'ossements sans valeur, les étoles brodées d'or et d'argent comme les saintes statues qu'une réserve de métal que l'on s'empressa de fondre pour transformer en lingot ou battre monnaie afin de payer l'armée.

Ainsi, "une grande partie du public ne trouva point le général Buonaparte en accord avec lui-même dans ses principes de tolérance et de respect pour le culte des peuples d'Italie (...) cette conduite, dira-t-on, est contradictoire à l'esprit de la proclamation qu'il a faite aux habitants de la Romagne, et dans laquelle il promettait de protéger l'exercice de leur culte[34].

Le défaut de noblesse des révolutionnaires français eut-il raison du trop plein de sacré de l'Église italienne ?

La ville de Lorette étant tout entière structurée autour de sa Sainte Maison, la violence symbolique exercée par les révolutionnaires sur le sanctuaire était manifeste. Ce dernier est profané puis fermé sous scellé. Les principaux objets de vénération qui font l'identité et la fierté de la population, c'est-à-dire la statue et les reliques de la Madone sont confisqués le 27 pluviôse an V.

Dans la Marche d'Ancône, ils sont désespérés d'être rendus. (...) Nous avons, je l'espère, porté un terrible coup à la puissance papale. Trois provinces, trente-et-un millions. (...) Je gage que le successeur de Pie VI, s'il en a un, ne mourra pas pape. Il n'y a plus de niche que pour lui dans le Panthéon papal. Nous avons appris combien il est facile de passer le Rubicon. Nous avons enlevé le Palladium (de Lorette).[35]

Un coup fatal a ainsi été porté au principal pèlerinage marial d'Occident par un jeune général. Coup dont les effets violents dureront quatre ans pendant lesquels l'objet principal du culte de Lorette, la statue de la Madone, est exposée au-dessus d'une momie égyptienne à la vue du public dans le cabinet des médailles de la bibliothèque nationale de France à partir de novembre 1798[36],[37]. Quelques-uns des éléments du Trésor qui sont parvenus à Paris seront consignés derrière une boutique d’orfèvre du Faubourg Saint-Marcel.

Entrée triomphale des monuments des sciences et arts en France, le 27 juillet 1798 parmi lesquels la statue de la Madone de Lorette.

La Madone à Paris

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Ce long passage à Paris restera d'ailleurs dans les mémoires. M.Valéry raconte notamment qu'au sein-même de ce nouveau sanctuaire savant et profane que constituait ledit cabinet, on remarqua plus d'une fois que de pauvres femmes passant devant la sainte image, lui faisait toucher à la dérobée, du linge et des vêtements[38].

En effet, la statue y fut visible plus de quatre années[39] avant d'être restituée au pape Pie VII qui la conserva un temps au Quirinal avant de la restituer en grande pompe à sa Santa Casa.

cabinet des Médailles de la Bibliothèque Nationale Richelieu


L'on ne sait pas combien des éventuelles restitutions françaises du trésor (voir spoliations napoléoniennes) furent effectivement redonnées au Saint-Siège.

Après avoir été réclamée par le pape venu pour le sacre de Napoléon 1er à Paris, la statue en bois, nue, retourna à Lorette en novembre 1804 selon l'archive du cabinet des Médailles :[40]. Les anticléricaux ironisèrent sur le fait qu'elle rentrait à Lorette par les airs quant les fidèles se réjouirent de retrouver leur statue après sept ans et neuf mois d'absence.

Quant au trésor dans son ensemble, l'on ne peut tracer que quatre tableaux recensés officiellement, (en réalité, probablement plus, à l'exemple du saint Louis de Mignard qui est aujourd'hui perdu):

Épilogue

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« On connait l'histoire du trésor de Lorette. Formé des dons de l'univers entier, il renfermait au siècle dernier des richesses vraiment incalculables. Les impôts, les guerres, les pillages, dans lesquels malheureusement, nous trouvons la main de la France, ont tout fait disparaître ; on enleva jusqu'aux cristaux qui protégeaient contre la poussière les pierres précieuses et les vases d'or. Il ne resta plus que les armoires vides et les fresques de la voûte. (…) »

Quelque riche que paraisse au premier coup d'œil le trésor actuel, il est bien pauvre en comparaison de l'ancien[41].

De l'ancien trésor, il ne reste à peu près plus rien. Le seul objet digne d'attention qu'on ait pu dérober au pillage est un étendard turc envoyé par Sobieski après la délivrance de Vienne[42].

Dix mois après l'affaire du général français Duphot tué à Rome au cours d'une rixe entre français et soldats du pape, le exactement, il fut décidé par le Directoire que l'assassinat dudit général devait être vengé. Vengeance que mit à exécution le général Berthier en se rendant à Lorette dont il fit enfoncer les portes Osimana, Marina et Romana. Le trésor ayant déjà été dérobé, c'est le reste de la ville qui fut mis à sac et les maisons les plus importantes de la petite cité mariale furent pillées[43].

Déposé le lors de la proclamation de la République romaine, le Pape fut fait prisonnier. Octogénaire et très malade, il demanda la grâce de pouvoir mourir à Rome. Le général français eut la délicatesse de lui répondre : « Mourir, cela peut se faire partout ». et fut envoyé en France, après avoir traversé les Alpes sur une civière. Il y mourra d'épuisement, à Valence, à la fin du mois d'.

Éléments pour une reconstitution du trésor

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S'il est impossible d'estimer ce que ce trésor contenait alors dans son entièreté, certains éléments partiels et remarquables nous ont été donnés dans différents ouvrages, à l'exemple de l'Histoire de la Révolution française de François Poujoulat en 1848 :

« Ce trésor présentait un amas de richesses à l'époque où nos soldats républicains passèrent à Lorette.

  • La Vierge et le divin Enfant avaient des robes et des couronnes du plus grand prix. Vingt lampes d'or brûlaient jour et nuit dans l'église[N 20] ;
  • Rien n'égalait la magnificence des vases sacrés et des ornements destinés aux saintes cérémonies ; les objets d'orfèvrerie les plus riches et les plus variés éblouissaient les regards ;
  • les deux[N 21],[44] couronnes de la Madone et de l'Enfant Jésus, celles où l'or se mêlait aux plus beaux diamants, étaient un ex-voto de Louis XIII demandant le fils qui devait prendre rang parmi les plus grands Rois de l'Histoire ;
  • un ange en argent présentait à la Vierge Louis XIV venant au monde ; le royal enfant était d'or et du même poids qu'il eut à sa naissance.
  • au nombre des magnificences du trésor de la Vierge, on remarquait encore une grande étoile d'or avec trente-cinq grosses perles, huit diamants, huit rubis, seize opales, et, au milieu, une grosse émeraude taillée en coeur, entourée de six rubis et de neuf diamants, offerte par la pieuse Louise de Lorraine, femme de Henri III, roi de France en 1588 ;
  • le collier de la toison d'or de Philippe IV, roi d'Espagne ;
  • la citadelle du Havre, en argent, donné par le grand Condé ;
  • un cordon de chapeau du Duc de Bavière formé de deux cent vingt-cinq gros diamants. »[30]

Peuvent s'ajouter à la précédente liste :

  • Une lampe et un navire d'argent de la Ville de Paris[45],[46].
  • une grande coupe offerte par Henri III faite d'un riche lapis couverte d'un très beau cristal surmonté de sept gros rubis et quatre diamants dont le pied est fait d'un diapre oriental enrichi de trois satyres d'or, de dix grosses perles, quatorze rubis et huit très beaux diamants, etc... (pour la description complète, lire ici[47].
  • Les reliques de la Vierge composées d'une petite armoire ayant appartenu à Marie qui contenait des éléments de sa vaisselle.
  • une écuelle de terre toute collée enchâssée dans de l'argent supposée avoir appartenu à l'Enfant Jésus.
  • Une tunique en laine moirée de la Sainte Vierge ainsi que trois écuelles de vulgaire faïence appartenant à sa vaisselle.
  • le sceptre et la couronne d'or de Christine Reine de Suède,
  • un joyau représentant le portrait de Marie de Médicis épouse d'Henri IV enrichi d'un grand nombre de diamants[48].
  • un tableau de Saint Louis peint par Mignard probablement contemporain de l'ange du dauphin de Sarrazin en 1639[49]
  • le complexe sculptural en argent des douze apôtres d’Antonio Calcagni et Tiburzio Vergelli.
  • Le château de Vincennes en argent offert par le prince de Conti, frère du grand Condé[48].
  • Un tableau d'argent représentant la Citadelle de Tournon offert par Madame Claude de Tournon[48].
  • Un tableau d'argent représentant la Ville de Nancy offert par la Ville-même[48]
  • Galices d'argent de différentes villes dont Lyon et Le Puy-en-Velay[48]
  • deux lampes d'argent du duc de joyeuse, et une lampe et un navire d'argent de la Ville de Paris, l'ensemble datant de 1584[48]
  • une lampe d'argent de Catherine de Médicis, une autre de 60 marcs du Duc de Crequi Charles Sciarra, une autre encore de René de Marillac[48]
  • un vase extrêmement précieux formé d'une pierre de saphir, surmonté d'un ange qui tient un lys formé de pierres précieuses d'Henri III[48].
  • une statue d'argent de la Sainte Vierge offerte par un monastère de religieuses parisiennes en 1643[48]
  • une autre statue d'argent de la Sainte Vierge offerte par Louis perrochel, conseiller au parlement de Paris[48]
  • un cœur accompagné de deux cadres sur lesquels était écrite leur consécration à Notre Dame de Lorette des peuples du Canada en 1684[48]
  • un cœur d'or et une partie des ornements d'argent du grillage du San Camino[50] offert par l'abbé Cheré conseiller à la chambre des comptes de Paris[48].
  • un tableau d'argent représentant Louis III de Montpensier à genou devant la Sainte Vierge datant de 1571[48]
  • Une plaque d'argent sur laquelle se lisent les litanies de Lorette du Cardinal Savelli
  • un diamant fin de M.Monchy[48]
  • un grand coeur d'or de Paul-François de Beauvilliers, duc de Saint-Aignan, datant 1741[48]
  • une robe pour la statue miraculeuse de la Sainte Vierge de Marie Leszczynska princesse de Pologne et reine de France[48]
  • un livre de prière incrusté de pierres précieuses d'Henriette Reine d'Angleterre
  • quatre portraits en ouvrage de plume des quatre docteurs de l'église[51]
  • de nombreux ex-voto de valeur, notamment de Michel de Montaigne, d'Orlando di Lasso, des marins de Christophe Colomb, de Torquato Tasso et des images d'or et d'argent pour une somme considérable[52].
  • chapes et aubes de toiles de draps d'or en broderie, chapelets et rosaires de toutes sortes, (...) médailles et autres pièces de dévotion[53].
  • Un ange au coeur plein de pierreries avec une lampe qui brûle toujours.[54].

D'autres sources évoquent un trésor constitué de quatorze grandes « armoires regorgeant d'offrandes sans que les bijoux d'argent méritent d'y trouver place »[55].

Il est à noter aussi quelques curiosités comme celle relevée par Jean-Denis Cochin qui évoque une armoire remplie de poignards, curieux par leur variété, et remis à un capucin par des pèlerins s'accusant de s'en être servis[56].

Les éléments recensés ci-dessus ne l'ont été que par des voyageurs français intéressés par les dons représentant la France et les villes françaises. Mais les dons provenaient de toute l'Europe[57] :

  • Le Duc de Bavière cité plus haut a offert également un chandelier d'argent pouvant tenir 24 cierges, une croix d'émeraude enchâssée en or, une résurrection du Christ en or, diamants, rubis et autres pierres précieuses, et un livre d'or d'un demi-pied de grandeur dont la couverture est chargée de rubis, perles et diamants en pointe, la ligature chargée de neuf turquoises et deux rubis et d'une chaîne chargée de trois diamants et un très gros saphir, etc... qui est montré très librement à celui qui désire le voir.[58].
  • La relique de saint Ladislas, roi de Pologne enchâssé dans une posture d'or d'une hauteur d'une demi-aune.
  • Les cités de Milan, de Bologne, de Recanati, de Fermo, d'Ascoli toutes faites de grandes lames d'argent[59].
  • quatre grandes caisses de bois, des parements et ornements de toiles d'or et d'argent, les uns brochés d'orfèvrerie d'or, les autres tous couverts de perles et de broderies, (...), toiles, nappes, corporaux et mitres[59].
  • Deux grandes croix de pierres précieuses dont l'une offerte par un Cardinal autrichien, et autres calices, bocaux, vases en or massif[59]...
  • Une statue d'argent offerte par Laurent de Médicis (dit le Magnifique) avec, à sa base, la modeste inscription : L.Med.P.F.C.Nep[60].
  • Les ouvrages de Juste Lipse.
  • Un rocher de quartz blanc hérissé de grandes émeraudes brutes de plus d'un pouce de diamètre cristallisés en prisme hexagonal donné par les maîtres du Pérou[61].

Dans la Sainte Maison brûlaient continuellement devant l'autel douze grandes lampes d'or et vingt-six d'argent ainsi que neuf autres en argent à l'arrière de la chapelle.

Au trésor à proprement parler s'ajoutent également des tableaux de maîtres dont les quatre, enlevés par la commission des sciences et des arts de la Révolution, que sont La Vierge de Lorette de Raphaël, L'Annonciation de Barocci, La Naissance de la Vierge d'Annibale Carrache et l'Enfant Jésus au berceau attribuée à Claudio Ridolfi mais aussi la Cène de Simon Vouet ou le saint Christophe avec saint Roch et saint Sébastien de Lorenzo Lotto.

Articles connexes

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Notes et références

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  1. « Depuis cinq siècles » aurait été plus exact… Le sanctuaire ayant été fondé à la toute fin du XIIIe siècle
  2. Médiateur espagnol dans les négociations
  3. Michelangelo Allessandro Colli-Marchi est un général italien de l'armée impériale du Saint-Empire ; à ne pas confondre avec Louis Léonard Antoine de Colli-Ricci, général italien qui a servi pour l'armée française révolutionnaire durant cette même Campagne d'Italie.
  4. Raccourci pour signifier que Colli, général italien, a servi pour l'armée impériale du Saint-Empire.
  5. selon les mémoires de Marmont, Bonaparte lui ayant reproché ses excès de probité, l'envoya à Lorette pour que son général de Brigade s'enrichisse. Enrichissement que Marmont refusa.
  6. mesure prise en contradiction de l'article 4 de l'arrêté pris par Bonaparte au sujet de la légation d'Urbino, et datant du 7 février 1797, précisant que l'exercice de la Religion continuera comme à l'ordinaire, sans qu'il y soit apporté aucun changement. Ce qui fut valable pour Urbino ne le fut donc plus pour Lorette. voir correspondance de Napoléon 1er, Tome 2, p.403
  7. Cinq jours plus tard, passé Lorette et arrivé à Macerata, Bonaparte écrira à nouveau au Directoire au sujet dudit trésor de Lorette : « Lorette contenait un trésor de près de trois millions de livres tournois, ils nous ont laissés pour un million. Je vous envoie de plus la Madone avec toutes les reliques… La Madone est en bois. »
  8. Le général "Lannes" est selon toute vraisemblance le général "Lasne", c'est-à-dire tel qu'orthographié par le général Victor.
  9. illisible sur le microfilm des mémoires du général Victor, archives nationales
  10. c'est-à-dire à Ancône
  11. Hernanos ?
  12. ce qui coïncide en partie avec l'épisode relaté par Monaldo Leopardi
  13. Sensi.
  14. lequel, selon Fernand Beaucamp, était présent aux côtés de Tinet. Un dessin à la plume de la façade de la Basilique de Lorette (n°458) est présent dans le catalogue et objets d'art de J-B Wicar du Musée Wicar de Lille, et le "trésor de Lorette" mentionné dans l'élément n°695 se rapportant à une esquisse pour la Madone de Lorette de Raphaël. Fernand Beaucamp, Le peintre lillois Jean-Baptiste Wicar (1762-1834), son œuvre et son temps, vol. 1, Lille, ed.Raoust, .
  15. probablement Porto Recanati
  16. encore présente à Ancône
  17. franc-maçon romain et ami du comte Cagliostro
  18. Murri précise en partisan des états pontificaux qu'il s'agit d'un vilain prêtre, bénéficiaire de la Basilique de Lorette, qui donna les marguerites aux dévastateurs de sa patrie.
  19. alors commissaire du pouvoir exécutif auprès de l'armée d'Italie.
  20. Parmi lesquelles sans doute la lampe en or de 10 kilos envoyée par la république de Venise
  21. Double ou triple… Louis XIII a donné la triple couronne de l'image. Elle est garnie de pierres très précieuses, on dit qu'au dedans du cercle de cette couronne on lit (en latin) le distique qui suit : Sainte Vierge, voici la couronne que je vais mettre sur ta tête en récompense de celle que tu as mise sur la mienne

Références

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  1. Voyage d'Italie et de Hollande par l'abbé Coyer des académies de Nancy, de Rome et de Londres, Paris, 1775, p. 48
  2. Recueil historique et chronologique de faits mémorables, pour servir à l'histoire générale de la marine, & à celle des découvertes. Tome 2, Domairon, Louis, 1777, Ed.Monory, Paris, p.129
  3. abbé Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, vol. 1-2, Ausbourg, libraires associés, (lire en ligne).
  4. Chant huitième de La Pucelle d'Orléans, Poème en vingt et un chants. Voltaire, La Bourdonnaye, coll. Classique érotique, 2016
  5. Eugène Trolard et Ariste Boulineau, De Montenotte au Pont d'Arcole, ed. A.Savine, (lire en ligne), p. 237.
  6. M. de Norvins, Histoire de Napoléon, ed. Meline, Dans et Cie, (lire en ligne), p. 70.
  7. Général de Lacroix, Paris, 1913 (préface à l'ouvrage de Pierre Bodereau, Bonaparte à Ancône. https://pretraziva.rs/show/bonaparte-a-ancone.pdf
  8. Paul Gaffarel (doyen de la Faculté des Lettres de Dijon), Bonaparte et les républiques italiennes (1796-1799), Paris, Ancienne librairire Germer Baillère et Cie, Félix Alcan, éditeur, 108, Boulevard Saint-Germain, (lire en ligne).
  9. (it) Bollettino di numismatica e sfragistica per la storia d'Italia, ed. Mercuri, vol. 2-3, , p. 397 (lire en ligne).
  10. L'écho des feuilles politiques littéraires, no 37, .
  11. qui fut détruit lors des bombardements de la seconde guerre mondiale
  12. présence d'un cristal ou reflet du verre de protection selon les versions : revue napoléonienne, Antonio Emiliani, 1909 ou Histoire générale de l'Église, depuis la prédication des apôtres jusqu'au pontificat de Grégoire XVI - Volume 12, Antoine-Henri de Bérault-Bercastel, Mathieu-Richard-Auguste Henrion · 1841
  13. Bollettino di numismatica e sfragistica per la storia d'Italia, Camerino, ed.Mercuri, vol. 2-3, (lire en ligne).
  14. Dictionnaire encyclopédique de la théologie catholique, rédigé par les plus savants professeurs et docteurs en théologie de l'Allemagne catholique moderne, vol. 8, , p. 258.
  15. France militaire. Histoire des armées françaises de terre et de mer de 1792 à 1837 : Ouvrage rédigé par une société de militaires et de gens de lettres, d'après les bulletins des armées, le Moniteur, les documents officiels, les notes, mémoires, rapports et ouvrages militaires de l'empereur Napoléon, des maréchaux, amiraux et généraux en chef, Eugène Beauharnais, Bernadotte, etc., vol. 2, ed. Abel Hugo, , p. 142.
  16. Revue napoléonienne, vol. 3, (lire en ligne).
  17. Mémoires du Duc de Raguse, Livre II, 1797-1798, p. 261.
  18. « Notice Gallica », sur Gallica, 1858-1869 (consulté le ).
  19. 1 2 Marie Dupond, La Correspondance du géomètre Gaspard Monge (1795-1799) (thèse de Doctorat), Université capodistrienne d'Athènes, école des sciences positives, département de philosophie et histoire des sciences, .
  20. J. Tripier le Franc, Histoire de la vie et de la mort du Baron Gros, le grand peintre : Rédigée sur de nouveaux documents et d'après des souvenirs inédits, vol. 1, , p. 147.
  21. Lettre 1506 au général Berthier de la correspondance de Napoléon Tome 2, p.440 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6314809x/f450.item
  22. Tome II des correspondances de Napoléon p.420 / lettre 1489
  23. Extrait de la Correspondance de Monge qui a fait l'objet d'une thèse universitaire conduite par Marie Dupond sous la direction de Jean Dhombres (EHESS) et Jean Christianidis (Univ. d’Athènes)
  24. (it) Ilario Rinieri, La Santa Casa di Loreto, confutazione del libro : Notre-Dame de Lorette, ed. Tip.Pontif, (lire en ligne), p. 439..
  25. Rinieri 1911, p. 439.
  26. 1 2 Rinieri 1911, p. 441.
  27. Correspondance de Napoléon, Tome II, p. 429, lettre 1497
  28. “Le directoire" - Les Thermidoriens constitution de l'an III. - 18 fructidor. Tome 2. 1re partie, Ludovic Sciout · 1895, p 429
  29. (la) Consilio Rotali illustrissimo domino Castrica consiliario romana prætensæ immissionis pro illmo d. Carolo Sartori. Summarium, (lire en ligne).
  30. 1 2 Jean-Joseph-François Poujoulat, Histoire de la Révolution française, vol. 2, ed. A.Mame, , p. 238.
  31. Eugène Trolard, De Rivoli à Marengo et a Solferino, pélerinage aux champs de bataille française d'Italie, Paris, ed.Albert Savine, , p. 113.
  32. archives nationales, mémoires du général Victor
  33. De Rivoli à Marengo et a Solferino, pélerinage aux champs de bataille française d'Italie, Eugène Trolard, Ed.Albert Savine, Paris 1893, p.114
  34. rapport du bureau central du 11 Ventôse, signé Bréon in "Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire: Du 1er ventôse an IV au 20 ventôse an V (20 février 1796-10 mars 1797)", Tome III, François-Alphonse Aulard · Maison Quantin, 1899
  35. Journal des Hommes libres de tous les pays ou le Républicain. Extrait d'une lettre signé d'un républicain attaché à l'armée d'Italie. 5 avril 1797, p.759
  36. Italie, itinéraire descriptif, Augustin Joseph Du Pays · Hachette, Paris, 1877
  37. archives du cabinet des médailles : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10466004g/f2.item.r=lorette%20madone.zoom
  38. Antoine Grillot, La Sainte Maison de Lorette, Ed. R.Ruffet, , p. 246
  39. Les lieux saints d'Orient et d'Occident - Lieux saints de Palestine et autres principaux, visités par les pèlerins congressistes, en 1893, t. 1, ed. Jacques Godenne, , p. 54.
  40. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10466004g/f2.item.r=lorette%20madone
  41. (pour l'inventaire fait en 1870 des 64 armoires de noyer, nous renverrons aux pages 202 à 210 de l'ouvrage de l'abbé Grillot).
  42. Souvenirs de voyages de D.Meynis, 1880, Lyon, p.65
  43. Ulysse Chevalier, Notre-Dame de Lorette, étude historique sur l'authenticité de la santa casa, .
  44. La Galerie agréable du monde, vol 12, Pierre Vander, Leide, 1728
  45. La chapelle française dédiée a saint Louis dans la Basilique de Lorette. notice historique et descriptive. A. Delaage, éd. Dumoulin, 1899. p. 6
  46. Chronologie novenaire, contenant l'histoire de la guerre, sous le règne du très-chrestien Roy de France et de Navarre, Henry IIII ...Cayet, Pierre Victor Palma (1525-1610). p. 369
  47. Les voyages de Jacques de Villamont, p. 151, Éd. Daré, 1610
  48. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 Discours sur la translation de la S. Maison de Nazareth à Lorette 1294, René G. Forest, Domenico Pini · Frédéric Sartori Imprimeur, 1765
  49. Correspondance des directeurs de L'Académie de France à Rome avec les surintendants des bâtiments publiée d’après les manuscrits des Archives nationales par M. Anatole de Montaiglon sous le patronage de la direction des Beaux-Arts, 1666-1804, Volume 3 manuscrits des Archives nationales.
  50. chemin à l'intérieur de la Santa Casa qui consiste à passer sous la statue de la Madone de Lorette
  51. "c'est au trésor mais d'habitude on ne le montre pas, c'est à mon avis l'une des plus belles choses que l'on puisse voir" Voyage d'Italie, Tome IV de Maximilien Misson, Amsterdam, 1743, p.50
  52. Eugène Trolard, De Rivoli à Marengo et à Solferino : pélerinage aux champs de bataille française d'Italie, , p. 111
  53. Le voyage et la description d'Italie (...) avec la relation du voyage fait à Rome par monsieur le duc de Bouillon en l'année 1644. Par P. Du Val geographe ordinaire du Roy. Divise en deux parties. Duval, Pierre (1619-1683). p. 296
  54. 1684-1732: les voyages à Rome des Ursulines de Flandre, Jules Loridan · 1893, éditions Gattier, p. 98
  55. Encyclopédie méthodique, Géographie, vol. 96, t. II, rue des Poitevins à Paris, , p. 238.
  56. Jean-Denis Cochin, Voyage d'Italie ou recueil de notes sur les ouvrages de peinture et de sculpture, qu'on voit dans les principales villes d'Italie, vol. 1-2, Paris, .
  57. concernant le rayonnement international du sanctuaire, voir l'article sur le pèlerinage de Lorette
  58. Les voyages de Jacques de Villamont Par Jacques de Villamont · 1610 p. 152
  59. 1 2 3 Les Voyages du seigneur de Villamont, divisez en trois livres, le contenu d'iceux est en la page suivante. Derniere edition reveuë & augmentee en la fin de chacun livre, d'une guide des divers chemins par lesquels l'on va en Hierusalem, Rome, Venise, Naples, Lorette & Egypte..., Villamont, Jacques de (1558-1628?) p. 150
  60. Le Brillant de la Royne, ou les Vies des hommes illustres du nom de Médicis... par Pierre de Boissat, seigneur de Licieu,...Boissat, Pierre de (1556-1613). p. 168
  61. Cristallographie, ou Description des formes propres à tous les corps du règne minéral dans l'état de combinaison saline, pierreuse ou métallique... par M. de Romé de L'Isle,... 2e édition. Tome 2, Jean-Baptiste Louis de Romé de L'Isle, NBP p. 251.