Tuerie de Chevaline
La tuerie de Chevaline est un quadruple homicide qui s'est déroulé dans des circonstances mystérieuses le mercredi au bord d'un chemin forestier situé dans la commune de Doussard, à la limite de la commune de Chevaline, dont le bourg est plus proche[a], dans le parc naturel régional du Massif des Bauges en Haute-Savoie.
| Tuerie de Chevaline | |||
Le parking du Martinet en 2026, lieu de la tuerie de Chevaline. | |||
| Fait reproché | Homicide | ||
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| Chefs d'accusation | Assassinat Tentative d'assassinat Meurtre |
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| Pays | |||
| Ville | Chevaline - Doussard (Haute-Savoie) | ||
| Lieu | Combe d'Ire | ||
| Pays associé | [1] |
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| Nature de l'arme | Arme à feu | ||
| Type d'arme | Pistolet semi-automatique Luger P06 Parabellum calibre 7.65 | ||
| Date | à 15 h 48 (UTC+01:00) | ||
| Nombre de victimes | 4 morts 1 blessé grave 1 blessé léger |
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| Jugement | |||
| Statut | Affaire en cours | ||
| Tribunal | Annecy
depuis mars 2022 Pôle des affaires non élucidées de Nanterre |
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| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Haute-Savoie
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En 2022, le dossier est repris par le pôle judiciaire dédié aux affaires criminelles non élucidées.
Découverte de la scène de crime
modifierLes jours qui ont précédé la tuerie
modifierLe mercredi , une famille résidant au Royaume-Uni, la famille Al-Hilli, quitte la Grande-Bretagne par le ferry de 22 heures, en direction de Calais, pour un séjour en Haute-Savoie en France. Le retour est prévu le . La famille en déplacement est composée de cinq membres : Saad le père, qui conduit le véhicule, Iqbal, sa femme, Suhaila al-Allaf, la mère d'Iqbal, et les deux filles, Zainab, sept ans, et Zeena, quatre ans[2].
La famille s'installe dans le camping « Village Camping Europa », situé dans la commune de Saint-Jorioz, sur la rive ouest du lac d'Annecy[3]. C’est la troisième année que les Al-Hilli viennent dans ce camping en vacances[4]. Mais, bien qu’ils aient réservé pour une semaine entière, ils quittent le camping après seulement deux jours, pour installer la caravane le lundi dans un autre camping situé à 2,6 kilomètres de là (selon la carte IGN[5]) et dénommé « Le Solitaire du lac »[6].
Selon un témoignage de campeur, Saad Al-Hilli aurait été aperçu en conversation « très animée » avec un visiteur habillé en costume. Mais il circule des versions très différentes de cet épisode qui serait survenu le au Solitaire du lac, ou bien le à l'Europa[3],[7],[4],[b].
Découverte du crime
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Le mercredi , un cycliste, William Brett Martin, 53 ans, ancien membre de la Royal Air Force, originaire du Sussex[8], propriétaire d'une maison de vacances dans la région, effectue une randonnée à VTT sur le chemin de la Combe d'Ire, dans une zone forestière de la commune de Chevaline, sur les hauteurs du lac d'Annecy. En chemin, il est doublé à 15 h 15 par un autre cycliste (qui s'avérera être Sylvain Mollier), croise ensuite un 4 × 4 « vert ou de couleur sombre » puis, quelques minutes plus tard, une moto[4]. Un peu avant 15 h 44, il découvre la scène de crime, qu'il décrira précisément lors d'une conférence de presse aux médias britanniques le [9],[8]. Arrivant aux abords du parking situé au bout de la route forestière, il voit une petite fille tituber sur le chemin, puis tomber[10].
Il croit percevoir un accident de la route, avec la présence d'une voiture, un break BMW Série 5 immatriculé au Royaume-Uni, et d'un cycliste gisant à terre. Mais il se rend rapidement compte qu'il s'agit de tout autre chose. Le cycliste est mort. Le moteur de la voiture est en marche et les roues tournent sur elles-mêmes. Il remarque « quelques trous » en s'approchant du côté conducteur, et perçoit une odeur de brûlé. Il brise alors la vitre côté conducteur et coupe le contact au tableau de bord. Il déclare qu'il voit « beaucoup de sang et des têtes trouées de balles », comme « dans une scène d’un film d’Hollywood ». Il met la fillette en position latérale de sécurité, déplace le corps du cycliste de peur qu'il ne soit écrasé et va chercher du secours[9]. L'enquête déterminera peu de temps après, grâce à la plaque d'immatriculation, qu'il s'agit de la famille Al-Hilli.
En redescendant de la Combe d'Ire, le Britannique croise une voiture de randonneurs qui alertent les secours à 15 h 44, lesquels arriveront sur place à 16 h 3.
Vers 18 heures, de nombreux gendarmes, médecins légistes et experts balistiques de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale investissent la scène de crime. Un hélicoptère survole les environs immédiats de la scène de crime[4].
À 23 heures, un vacancier logeant dans le même camping que la famille anglaise propriétaire du break, avertit les enquêteurs de l'existence d'une seconde fillette. Vers minuit, soit près de huit heures après les faits, elle est retrouvée par les gendarmes, saine et sauve. La petite était cachée sur le plancher arrière de la voiture sous les jambes de sa mère. Prostrée, la fillette n'avait pas attiré l'attention des gendarmes, qui attendaient l’arrivée de la police scientifique[8].
Victimes
modifierTrois membres de la famille Al-Hilli, d'origine irakienne, sont décédés : Saad, le père (50 ans), Iqbal, sa femme (47 ans), dentiste suédoise d’origine irakienne, et Suhaila al-Hallaf (74 ans), la mère d'Iqbal, venue de Suède pour les vacances[8]. Chaque victime a reçu deux balles dans la tête. Saad Al-Hilli a été touché cinq fois[7].
Le cycliste, Sylvain Mollier, un habitant de la région de 45 ans, employé dans un atelier de production de l'usine d'Ugine (Savoie) de la Compagnie européenne du zirconium (Cezus), une entreprise du groupe nucléaire Areva[11], en balade pendant son congé de paternité, est décédé après avoir reçu sept balles[7]. Ses obsèques se déroulent dans l'intimité le suivant[12].
Les deux fillettes de la famille sont rescapées du massacre. Zainab, l’aînée, sept ans, qui a violemment été frappée par l'agresseur qui a utilisé la crosse de son arme[13], est transportée au centre hospitalier universitaire Grenoble-Alpes. Elle présente une fracture du crâne et a également été touchée par balle à une épaule. L'enfant est opérée plusieurs fois et plongée dans un coma artificiel[2] dont elle sortira le dimanche [14]. Elle quitte finalement l'hôpital le , entourée de médecins et d'assistants sociaux, pour certains venus spécialement d'Angleterre, avant de s'envoler dans un avion médicalisé vers l'Angleterre pour un lieu tenu secret, où elle continuera à recevoir des soins adaptés[15]. Zeena, quatre ans, sa sœur, est choquée, mais indemne de toute blessure physique.
Lieu du crime
modifierLa combe d'Ire est une zone montagneuse entièrement boisée, partagée entre les territoires des communes de Doussard et Chevaline. Elle doit son nom à la rivière l'Ire qui prend sa source au-dessous du col de Chérel dans le massif des Bauges. La route forestière unique sur laquelle ont été retrouvées les victimes se termine en impasse, celle-ci s'achevant au bout de 12,7 km en un simple sentier forestier inaccessible aux voitures qui doivent stationner dans un petit parking d'une dizaine de places non délimitées, site dit du Martinet. Un panneau d'interdiction marque à cet endroit la fin de l'usage routier. Cependant un revêtement de type asphalté de qualité moyenne continue sur environ encore deux kilomètres, permettant l'accès de cette partie de la combe aux véhicules de l'Office national des forêts (site dit de Brédiaire).
Le sentier forestier, très facile d'accès aux randonneurs, qui succède à cette route goudronnée, permet de se rendre à pied au col de Chérel et jusqu'au territoire de la commune de Jarsy[16]. C'est un sentier connu des touristes et des locaux pratiquant la randonnée et voulant découvrir cette partie du massif des Bauges[17]. Cette voie, dans sa partie goudronnée, mais non déneigée en hiver, fut tracée entre 1931 et 1952 et a été longtemps exploitée pour le transport du charbon de bois. La combe d'Ire se situe à l'intérieur d'une réserve biologique[18] du même nom, autrefois réserve de chasse.
Famille Al-Hilli
modifierLa famille Al-Hilli est, dans les années 1970, une famille bourgeoise faisant partie de l'élite de Bagdad, en Irak. Kadhim, le père, est patron de plusieurs usines. L'avènement du régime de Saddam Hussein bouleverse son avenir. Son frère est torturé et mutilé. Kadhim et sa femme émigrent au Royaume-Uni en 1971, et s'installent avec leurs deux fils, Zaid et Saad, dans le quartier aisé de Pimlico, dans le centre de Londres[19]. En 1984, ils achètent pour 60 000 livres sterling une maison à Claygate, dans le Surrey, habitation estimée en 2012 à plus d'un million de livres[4]. Kadhim décède en , dans des conditions qui restent relativement troubles, alors qu’il séjournait dans sa propriété de Malaga[20].
L'aîné des enfants, Zaid, est un garçon sérieux et réservé qui étudie la comptabilité. Il est responsable financier du sélect Burhill Group[4], un groupe qui possède notamment des golfs et des biens immobiliers[21].
Saad, le cadet, né en 1962, plus dynamique et charismatique, décroche deux diplômes universitaires, en ingénierie mécanique et en informatique à l'Université Kingston. Il est passionné de vélo, de mécanique[4]. Il est naturalisé sujet britannique en 2002. Designer en ingénierie, Saad fonde en 2001 sa propre société, Shtech, dont il est le seul actionnaire et son frère le secrétaire, détenteur de la signature administrative, jusqu'au , date à laquelle sa femme Iqbal prend cette fonction. Il travaille pour des contrats ponctuels comme une participation à la conception de l'intérieur de l'A380[19]. Depuis 2010, il travaillait comme ingénieur pour Surrey Satellite Technology (SSTL), une entreprise basée dans le Surrey spécialisée dans la réalisation de microsatellites, « une société œuvrant dans le civil, qui n’a rien à voir avec quoi que ce soit de militaire », explique Julian Stedman, le comptable de la société Shtech depuis 2004[19]. Avec sa famille, il résidait dans une maison cossue au sud de Londres[8].
Iqbal, dentiste de 47 ans[22], aurait rencontré Saad lors de vacances à Dubaï en 2003. Également originaire d'Irak, elle vivait en Suède avec sa famille avant de gagner la Grande-Bretagne pour vivre avec son mari. Deux enfants naissent de cette union, Zainab, qui a sept ans au moment des faits, et Zeena, qui en a quatre[8]. Entre et , elle avait séjourné sous le prénom de Kelly aux États-Unis, où elle avait rencontré, par des amis originaires d'Irak, James Dudley Thompson, un entrepreneur en bâtiment né en 1952, qu'elle avait épousé, et dont elle avait divorcé deux jours après son mariage avec Saad Al-Hilli. James Thompson est mort d'une crise cardiaque à Natchez, Mississippi, le vers 15 h (heure locale), soit seulement sept heures après la tuerie de Chevaline. Malgré les doutes de sa sœur, aucune autopsie n'a été effectuée sur son corps, enterré dans sa ville natale, Holly Springs, Mississippi[23].
Enquête en France
modifierL'enquête a été confiée à la section de recherche de la gendarmerie de Chambéry avec l'aide de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale. Deux informations judiciaires ont été ouvertes le par le procureur de Haute-Savoie, Éric Maillaud, pour assassinats et tentative d'assassinats. Il en a confié l'instruction à deux juges d'instruction d'Annecy, Michel Mollin et Christine de Curraize[24]. Ceux-ci ont immédiatement envoyé à la justice britannique une commission rogatoire pour prolonger les investigations sur le territoire britannique et en particulier perquisitionner la maison familiale et interroger les proches[24]. Le procureur assure, quant à lui, la communication sur l'affaire, appliquant à la lettre l'article 11 du code de procédure pénale qui dit qu'« afin d'éviter la propagation d'informations parcellaires ou inexactes ou pour mettre fin à un trouble à l’ordre public, le procureur de la République peut révéler des éléments objectifs tirés de la procédure ne comportant aucune appréciation sur le bien-fondé des charges retenues contre les personnes mises en cause »[25].
Un an après les faits, les passeports du couple Al-Hilli n'ont toujours pas été retrouvés[26].
Un portrait robot du motard portant une petite barbe et un casque du fabricant GPA, et type ISR a été diffusé le [27]. C'était le casque de fonction, attribué aux gendarmes motoristes, dans les années 90-2000. Il peut être trouvé sur le marché de l'occasion.
Audition des fillettes
modifierZeena, la benjamine, a brièvement été entendue avant de quitter la France, mais elle a uniquement perçu des sons, du fait de son jeune âge et de l'endroit où elle s'est cachée dans le véhicule. Concernant Zainab, l’aînée, grièvement blessée et seul témoin direct de la tuerie, les gendarmes ont dû attendre que son état de santé s'améliore pour l'auditionner. Mais l'audition apporte peu d'éléments, hormis la mention de la présence d'un seul homme à la peau blanche, qui valide l’hypothèse d’un seul tireur déjà étayée par les expertises balistiques[15].
Les deux fillettes ont finalement été confiées à un couple d'oncle et tante du côté maternel, elles bénéficient d'un programme de protection et sont tenues éloignées de leur oncle paternel Zaid. Si à ce stade rien n'a jamais permis d'inculper le frère de Saad Al-Hilli, il n'en demeure pas moins que selon la police britannique il y a bien eu une dispute violente entre les deux frères au sujet d'un héritage, et à ce jour, si rien n'implique de façon probante Zaid, pour autant rien ne l'exclut totalement non plus, ce litige relatif à l'héritage pouvant constituer un mobile plausible, d'où cette mesure d'éloignement. Toutefois, les dernières évolutions de l'enquête depuis 2022 semblent plus s'intéresser à une piste locale[28].
L'arme du crime
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Les analyses balistiques, menées par les enquêteurs, ont révélé que les trois membres de la famille Al-Hilli et le cycliste, Sylvain Mollier, ont été tués par des balles de calibre 7,65 × 21 (étuis éjectés de 21,5 mm) provenant de la même arme, un pistolet semi-automatique Luger P06 Parabellum utilisé par l'armée suisse jusque dans les années 1960. Il s'agit plus d'une arme de collectionneur que de tueur à gages. Ayant vidé ses trois chargeurs, il s'est ensuite trouvé à court de munitions et a tenté d'achever la fille aînée à coups de crosse. Cette arme est assez répandue dans la région frontalière (on parle d'une arme « de famille », qui se transmet de génération en génération). Ce point renforcera l'hypothèse d'un crime aux racines locales[29].
Selon les déclarations des enquêteurs, la piste du Luger P06 est probablement le dernier espoir des gendarmes de la section de recherches de Savoie de pouvoir remonter jusqu'au dernier propriétaire du pistolet en collaboration avec les services concernés en Suisse[30].
Piste du motard
modifierAu début du mois de , les gendarmes de la section de recherches de Chambéry ont publié le portrait-robot d'un motard contrôlé par deux gardes de l'Office national des forêts (ONF) le jour du meurtre sur un sentier interdit aux véhicules, à proximité du parking où le meurtre a eu lieu[31].
Le , un ancien policier municipal collectionneur d'armes, Éric Devouassoux[32], vivant en Haute-Savoie et âgé de 48 ans, a été interpellé et placé en garde à vue[33],[34]. Il est remis en liberté quelques jours plus tard, son ADN ne correspondant pas à ceux de la scène de crime (deux profils ADN différents de ceux des victimes ayant été prélevés dans la BMW de la famille)[35] mais l’information a fuité dans les médias et le policier a perdu son travail[32].
Le motard est finalement retrouvé grâce au bornage de 4 000 téléphones portables analysés et entendu par les gendarmes de la section de recherches de Chambéry au mois de , mais les juges d'instruction Michel Mollin et Christine de Curraize d'Annecy, chargés de l’affaire, estiment qu'il n'est pas impliqué[36]. « C'est un chef d'entreprise de Rhône-Alpes, honorablement connu et au-dessus de tout soupçon, qui était venu faire du parapente et qui rentrait chez lui. » Selon des sources citées par France Info, « des vérifications doivent encore être menées, mais son profil personnel et professionnel l'exclut de la liste des suspects à 95 % »[37].
Il est de nouveau mis en garde à vue le 12 janvier 2022 pour vérifications complémentaires. L'homme est libéré le sans qu'aucune charge soit retenue contre lui[38].
Piste du 4 × 4
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Dès le début de l’enquête, un témoin a donné un signalement très précis d'un véhicule 4 × 4 de marque BMW qu’il aurait croisé sur la route forestière de la combe d'Ire où a été perpétré le quadruple assassinat. Une information importante fournie par ce passionné de voitures a retenu l’attention des gendarmes : le volant se trouvait à droite, ce qui permet de penser que le véhicule et son conducteur seraient d'origine britannique, comme trois des victimes de la fusillade[39].
Piste du tueur isolé agissant sans mobile
modifierLes enquêteurs étudient l'hypothèse du tueur de masse ou d’un déséquilibré collectionneur d’armes en raison de l'absence de mobile identifié, de l'extrême violence du crime et du grand nombre de munitions retrouvées sur les lieux de la tuerie écartant la piste du tueur « professionnel »[40].
L'utilisation d'un ancien fusil de l'armée suisse (Mousqueton 1931) dans le meurtre de l'A31, l'affaire Xavier Baligant, le a en effet poussé la presse anglaise à faire un lien entre les deux affaires.
Passé d'Iqbal Ali-Hilli aux États-Unis
modifierDurant l'été 2014, soit deux ans après la tuerie, les gendarmes français chargés de l'enquête ont appris que le précédent mari d'Iqbal Al-Hilli — un ancien policier dénommé Dudley Thomson qu'elle avait épousé en 1999 aux États-Unis avant de divorcer deux jours après son mariage avec Saad Al-Hilli — était mort subitement sur la voie publique, d'une crise cardiaque. Ce décès est survenu exactement le même jour que la tuerie, c'est-à-dire le , sans qu'on sache si cet homme avait été prévenu du meurtre de son ancienne épouse. Selon des sources journalistiques, Iqbal Al Hilli semblait avoir caché ce premier mariage à son second époux[41].
Un juge d'instruction d'Annecy a demandé l'exhumation du corps de ce premier mari enterré dans ce même pays, avec l'accord du FBI, mais la famille du défunt s'y est opposée. Pour l'instant ce fait ne semblerait relever que d'une coïncidence, aussi troublante soit-elle[42].
Les enquêteurs ont pu à un certain moment se demander si la cible principale n'aurait pas pu être Iqbal Al-Hilli, en lien avec son passé aux États-Unis où elle aurait pu avoir noué des relations interlopes. Elle y a vécu de février 1999 à janvier 2001, elle divorcera sans problème particulier, ce qui a pu soulever des interrogations sur un possible mariage arrangé. Le procureur notera toutefois que le fait qu'elle ait pu cacher ce passé à son mari Saad (bien qu'on ne soit pas totalement certain qu'il n'était pas au courant) puisse s'expliquer par le fait qu'elle était de confession musulmane et qu'elle ait pu éprouver une certaine gêne à évoquer un mariage avec un américain. L'enquête est au point mort, le FBI ne peut démarrer la coopération avec la justice française que si on lui apporte la preuve d'une suspicion raisonnable qui aurait pu être apportée si une nouvelle autopsie indiquait une cause de mort non naturelle de l'ancien époux américain d'Iqbal[43].
Entourage du cycliste Sylvain Mollier
modifierSylvain Mollier était soudeur pour une filiale d'Areva agissant dans le secteur du nucléaire civil, mais en tant que simple ouvrier, il ne détenait aucun secret industriel. Il s'était remarié et était en congés paternité pour son troisième enfant. Il était resté en bon terme avec son ex-épouse qui l'appellera le jour du drame pour régler une question administrative liée à la scolarité de ses deux premiers enfants. Aucune aspérité autre que banale n'est jamais apparue après analyse de son cercle familial. Sylvain était simplement connu pour être un séducteur. La seule possible raison pour laquelle un assassinat ait pu être commandité à son encontre, serait la vengeance d'un mari trompé, mais, selon le Procureur, elle est improbable compte tenu du nombre de victimes collatérales. Néanmoins un ancien collègue de Sylvain qui aurait pu faire partie des maris trompés sera bien entendu[44].
À la suite du suicide, survenu en et a priori assez troublant, d'un légionnaire demeurant à Ugine, connaissant Sylvain Mollier et sa compagne, la presse relance l'hypothèse d'un éventuel coupable qui, rongé par le remords, aurait mis fin à ses jours. Le légionnaire avait été effectivement auditionné par la gendarmerie de Haute-Savoie en tant que connaissance du cycliste Sylvain Mollier, mais sans être inquiété. L'intéressé aurait indiqué, dans une lettre posthume, s'être senti accusé et ne plus supporter les soupçons dont il faisait l'objet[45].
Le procureur indiquera qu'à aucun moment cet ancien militaire n'a été considéré comme suspect[46].
C'est avant tout sous la pression du frère de Saad Al-Hilli, Zaïd, auditionné au Royaume-Uni dans le cadre de litiges au sein de la famille sur fond d'héritage, que les enquêteurs français sont mis sous pression pour explorer les pistes locales, notamment l'hypothèse dans laquelle Sylvain Mollier aurait pu être la cible principale du tueur. D'autres scénarios ont pu ressortir où Sylvain aurait pu avoir joué un rôle indirect dans la protection de la fille aînée. En arrivant de façon impromptue il aurait détourné l'attention du tueur, l'arme se serait ensuite enrayée, ce qui ne permet pas au tueur d'achever le dernier témoin visible, la fille cadette étant elle cachée[47],[48].
Ce jour-là Sylvain Mollier utilisait un vélo de route, le cycliste britannique était sur un VTT, les enquêteurs noteront que Sylvain empruntait une route cabossée peu adaptée à son vélo, une marque particulièrement haut de gamme et coûteuse, un cycle destiné à des professionnels que son épouse cherchera à récupérer en vain, sans doute en raison de sa valeur patrimoniale. Sylvain était donc un cycliste amateur éclairé, rouler sur une piste inadaptée pouvait d'autant plus apparaître incongru, il en émergera plus tard l'idée qu'il se serait alors peut-être perdu, et qu'il se trouvait donc là de façon fortuite, rendant la tâche d'un tueur professionnel assez compliquée, ce qui peut faire ensuite émerger une autre piste locale, celle du tueur isolé agissant sans mobile[49].
Arrestation d'un collectionneur d'armes
modifierDans le cadre d'une enquête différente, des gendarmes ont interpellé le , dans les environs de Chevaline, un homme, de nationalité sud-africaine, impliqué dans un trafic d'armes anciennes. Cependant la nouvelle procureure d'Annecy a précisé que hormis « la proximité géographique, rien ne permettait de lier les deux affaires et que son interpellation entrerait dans le cadre d’une enquête d’ampleur nationale menée par les douanes françaises », même si celle-ci a reconnu que des vérifications approfondies doivent être menées[50].
Piste Nordahl Lelandais
modifierLorsque le suspect de l'affaire Maëlys, Nordahl Lelandais, a été également mis en examen pour la disparition et le meurtre du militaire Arthur Noyer dont le corps a été retrouvé en Savoie, certains enquêteurs ont décidé d'étudier en détail son passé en rapport avec les disparitions non résolues de la région, dont la tuerie de Chevaline.
En effet, les pistes de l'époque pourraient correspondre à Nordahl Lelandais, car l'arme du crime — un Luger P06 de calibre 7,65 — était en dotation dans l’armée suisse[51]. Cependant, les armes de ce type sont surtout utilisées par des tireurs aguerris au tir, et les enquêteurs affirment que « […] l'ancien maître-chien de l'armée n'est pas considéré comme un tireur d'élite... »[52]. Cette piste sera rapidement abandonnée par les enquêteurs[53].
Piste des barbouzes de la DGSE
modifierEn 2020, une enquête criminelle menée sur une affaire de meurtre et de tentatives de meurtres (appelée dans les médias « affaire des barbouzes de la DGSE »), apparemment sans lien avec Chevaline, met au centre des investigations un groupe d'individus membres d'une loge franc-maçonne du nom d'Athanor. Lors de perquisitions au domicile d'un de ses membres, la police retrouve des munitions de calibre 7,65 mm, soit du type de celles utilisées dans la tuerie de Chevaline. Cet élément matériel fait émerger l'hypothèse que les mêmes acteurs pourraient être à l'origine de la tuerie de Chevaline et de ces autres affaires[54],[55]. Les vérifications effectuées en 2023 sur les agendas et les bornages téléphoniques de plusieurs personnes impliquées dans l'affaire des barbouzes de la DGSE n'ont cependant pas permis d'établir de lien entre cette affaire et la tuerie de Chevaline[56].
Pôle des affaires non élucidées de Nanterre
modifierLe dossier a été transféré au pôle des affaires non élucidées. Le pôle de Nanterre explore désormais la piste d'un lien avec l'affaire Xavier Baligant, un touriste belge tué en juillet 2011, sans motif apparent. Cette affaire interroge dans la mesure où d'une part on retrouverait le même type d'exécution froide, rapide et efficace pouvant faire penser à du tir fichant, et l'individu utilise une arme extrêmement singulière, une arme suisse de collection de type Mousqueton 1931 (Luger P06 pour l'affaire Chevaline[57]).
L'usage de Mousqueton 1931 et Luger P06, armes de collection, éloignent sérieusement dans les deux cas l'hypothèse d'un tueur à gage qui préférera des armes nettement plus fiables. Dans les deux affaires, les investigations basées sur des mobiles prêtés à l'entourage n'ont jamais pu aboutir[57].
Enquête en Grande-Bretagne
modifierParallèlement à l'enquête en France, une enquête est ouverte en Grande-Bretagne, où le procureur se rend dès le jeudi , accompagné de Michel Mollin, l'un des deux juges chargés de l'enquête[8],[58].
Perquisition du domicile
modifierLes quatre enquêteurs français envoyés à Londres, conduits par le colonel Marc de Tarlé, chef du bureau des affaires criminelles de la gendarmerie, ont commencé le , avec leurs homologues britanniques, la perquisition du domicile des victimes, de style Tudor, à Claygate[59]. Une tente avait été érigée devant la porte d'entrée[21].
Le , une fausse alerte à l'explosif a eu lieu. Les enquêteurs ont en effet trouvé des substances, considérées dans un premier temps comme « potentiellement explosives », mais qui se sont révélées « non-dangereuses »[60] (sic).
Les investigations, qui ont permis la saisie d'une quantité importante de documents, étaient considérées le comme « terminées ou en voie de l’être ». La perquisition aura donc duré une dizaine de jours. Une phase importante d'analyse de ces documents est ensuite engagée[25].
Piste du différend familial
modifierZaid Al-Hilli, le frère de Saad, s'est rendu spontanément au commissariat dès le lendemain de la tuerie pour être entendu[61]. Le procureur, Éric Maillaud, avait évoqué dès le samedi la piste d'un « litige entre les deux frères sur fond d'argent » sans en tirer de conclusions[21]. D’après M. Alabdi, 48 ans, dentiste et proche de la famille, la fortune de Khadim Al-Hilli, le père de Zaid et Saad, décédé en , s'élèverait en effet à plusieurs millions de livres sterling, composée d'un patrimoine comprenant de multiples propriétés, en Angleterre, mais aussi en France, en Suisse ou en Espagne[20]. M. Alabdi et plusieurs autres témoins ont souligné que Saad était préoccupé ces derniers mois par un problème précis, sans en dévoiler la nature[20].
Piste de l'espionnage industriel
modifierLes enquêteurs étudient la piste de l'espionnage industriel. Ingénieur en aéronautique et consultant pour plusieurs sociétés, Saad al-Hilli travaillait sur des applications civiles (météo, surveillance des cultures), non soumises au secret défense mais qui auraient pu attiser des convoitises commerciales[40],[62].
Piste suédoise écartée
modifierHaydar Thaher, le fils de Suhaila al-Hallaf, la mère d'Iqbal Al-Hilli retrouvée morte à l'arrière de la voiture familiale, a été présenté au début de l'enquête comme un homme ayant déjà commis des violences sur ses parents et, ayant disparu du domicile familial de Stockholm, constituant une personne à auditionner. Recherché par les différentes polices, il est finalement retrouvé le dans un hôpital anglais où il était hospitalisé depuis plusieurs semaines. Il ne pouvait de fait pas être présent en France au moment du crime[15],[63].
Selon RTL, un homme aurait été présent dans la région de Chevaline, le jour de la tuerie, et également dans un camping situé à moins de dix kilomètres de l'aire d'autoroute où a été froidement abattu le Belge Xavier Baligant, à l'été 2011. Ces circonstances inédites relances les interrogations de la presse[64].
Piste crapuleuse
modifierL'hypothèse d'un vol de voiture qui aurait mal tourné a été relayée par la presse britannique. Cette théorie repose sur le fait que lorsque le véhicule a été retrouvé, le moteur était toujours en marche. Quelques mois avant la tuerie, le ministère des Affaires étrangères britannique avait prévenu les touristes britanniques que des « séries d'incidents » dues à des tentatives de vols de voitures avaient lieu dans cette partie de la France. Cette idée a été également reprise dans une déclaration effectuée par Edmund King, président de The Automobile Association en Grande-Bretagne, cité par le site anglais du journal The London Evening Standard[65],[66].
Longue enquête et apparition de théories du complot
modifierEn 2017, soit cinq ans après les faits, Véronique Denizot, la procureure d’Annecy précise que le dossier présente une centaine de volumes, que le nombre d'enquêteurs est passé de cent personnes au début de l’enquête, pour être réduit à quelques-uns. Ceux-ci sont en « veille permanente » et examinent tout élément nouveau, mais l'enquête est au point mort[67].
De nombreuses théories complotistes cherchent à donner une justification politique occulte à ce crime[68],[69].
En 2022, dix ans après la tuerie, la nouvelle Procureure de la République d'Annecy, en poste depuis l'année précédente, provoque une petite polémique[70] en répondant lors d'un entretient auprès de la Tribune de Genève, au sujet de la tuerie de Chevaline, devenant populaire parmi les affaires non élucidées : « L’affaire Chevaline n’est pas du tout un cold case, nous répète Line Bonnet-Mathis, nouvelle procureure de la République d’Annecy. Nous aboutirons grâce aux preuves scientifiques. »[71]. Repérés et relayés par Le Parisien, ses propos suscitent interrogation et indignation, en raison de la stagnation de l'enquête et son intérêt suscité par le grand public.
Son propos original est : « Pour nous, ce n’est pas du tout un cold case! Trois enquêteurs travaillent dessus à temps plein. Ils ont décidé de tout reprendre depuis le début, de vérifier tous les scellés. Contrairement à ce que l’on a pu croire, je n’ai pas relancé l’affaire à mon arrivée. Il y a des gardes à vue régulières dans ce dossier, afin de fermer les portes les unes après les autres. Je pense que nous ne sommes plus très loin. Nous aboutirons grâce aux preuves scientifiques. »[72].
Réactions
modifierDès la révélation de cette affaire qui a connu des rebondissements dès le premier jour (découverte d'une seconde fillette cachée dans la voiture[73], nationalité des occupants), elle a fait la une des journaux en France et au Royaume-Uni[74]. En visite au Royaume-Uni, à l'occasion d'une rencontre avec le premier ministre britannique, le lendemain de la tuerie, François Hollande indique que « tout sera fait pour retrouver les coupables ». Le Premier ministre britannique, David Cameron, a, quant à lui, salué « une coopération très étroite avec les autorités françaises »[75].
Publication des photos de la scène du crime
modifierLes directeurs de publication de deux médias nationaux et un journaliste sont cités à comparaître le au tribunal correctionnel d'Annecy pour « recel de violation du secret de l'instruction et atteinte à l'intégrité d'un cadavre ». Ils sont accusés par les avocats de la famille du cycliste d'avoir diffusé des images de la scène de crime provenant du dossier de l'instruction, dont des photographies du véhicule de la famille al-Hilli et du corps de Sylvain Mollier prises sur les lieux mêmes de la tuerie. Les avocats de la défense ont plaidé la relaxe, car ils estiment que « la publication de ces photos permettait de mieux comprendre la scène de crime et présentait donc un réel intérêt journalistique »[76].
Le , le tribunal correctionnel d'Annecy condamne à une amende de 10 000 € le directeur de la rédaction de la chaîne d'information BFM TV, Hervé Beroud, ainsi que le journaliste Dominique Rizet. Seul le délit de recel de violation du secret de l'instruction a été retenu à leur encontre. Dominique Rizet est relaxé en appel début 2016, décision confirmée par la Cour de cassation. Jean Hornain, directeur de publication du Parisien et poursuivi pour les mêmes faits, est relaxé[77].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ D'où l'erreur de la part de la presse qui a cru que ce parking était situé sur le territoire de la commune de Chevaline, alors qu'il est en fait sur le territoire de la commune de Doussard.
- ↑ L'information est d'abord révélée par le Sun, publiant l'interview de deux touristes néerlandais qui auraient vu un individu suspect, rôdant au camping de l'Europa, décrit comme « originaire d'Europe de l'Est » ou « des Balkans ». Ils ajoutent que Saad Al-Hilli quittait le camping jusqu'à cinq fois par jour, seul à bord de sa voiture, pour des absences de 20 à 30 minutes. Enquêtant sur ce témoignage, Paris-Match interroge la directrice du camping Europa, mais celle-ci réfute ces informations. L'émission de télévision Non élucidé revient sur ce témoignage, le situant non pas à l'Europa, mais au Solitaire du lac, sans livrer les abondants détails fournis par les hypothétiques touristes néerlandais dans le tabloïd britannique.
Références
modifier- ↑ La Suisse au cœur de l'enquête sur la tuerie de Chevaline, un procureur genevois a été désigné, Le Monde, 05/10/2012.
- 1 2 Stéphane Bouchet, « Le procureur décrit "un meurtre d'une sauvagerie inouïe" », sur le site du Dauphiné, (consulté le ).
- 1 2 « Find the mystery Balkan »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), sur le site du Sun, (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 7 « Massacre en Savoie. L'enquête piétine »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), sur le site de Paris-Match, (consulté le ).
- ↑ Site géoportail, page des cartes IGN.
- ↑ M.S., « Tuerie de Chevaline : les fouilles se poursuivent au domicile des Al-Hilli », sur le Parisien, (consulté le ).
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- ↑ « Zainab, la rescapée de la tuerie de Chevaline, rapatriée en Grande-Bretagne », sur lepoint.fr, (consulté le ).
- 1 2 3 Damien Delseny, « Tuerie de Chevaline : la petite Zainab n'a vu qu'un seul «méchant» », sur le site du Parisien, (consulté le ).
- ↑ [Site officieux sur Doussard, page sur la combe d'Ire].
- ↑ site altitude rando sur le sentier du martinet.
- ↑ Site de l'IPN sur la RBI de la Combe d'Ire.
- 1 2 3 Sonia Delesalle-Stolper, «Une famille discrète, totalement occidentalisée et très attachante», sur liberation.fr, (consulté le ).
- 1 2 3 Nicolas Jacquard, « Tuerie de Chevaline : l’héritage houleux des Al-Hilli », sur le site du Parisien, (consulté le ).
- 1 2 3 « Tuerie de Chevaline: la police entend longuement comme témoin le frère d'Al-Hilli », sur tempsreel.nouvelobs.com, (consulté le ).
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- ↑ Paris Match, « Enquête sur la mort de l'ex-mari - Tuerie de Chevaline : Révélations sur la piste américaine », sur parismatch.com (consulté le ).
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- 1 2 Juliette Deborde, « Deux ans et demi après la tuerie de Chevaline, l'enquête au point mort », sur liberation.fr, .
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- ↑ Nordahl Lelandais : l'affaire Chevaline et d'autres enquêtes vont être réexaminées, Le Nouvel Observateur, 20 décembre 2017
- ↑ Site "Le Point", page "Tuerie de Chevaline : la piste Nordahl Lelandais a priori écartée".
- ↑ Aziz Zemouri, « Tuerie de Chevaline : la piste Nordahl Lelandais a priori écartée », sur Le Point, (consulté le ).
- ↑ Tuerie de Chevaline : une nouvelle piste inattendue. Le Dauphiné Libéré, 24 février 2021.
- ↑ Tuerie de Chevaline : Le démantèlement d’une loge criminelle franc-maçonne va-t-il relancer l’affaire ? 20minutes.fr, 25 février 2021.
- ↑ « Tuerie de Chevaline : une garde à vue pour "vérifications" après neuf ans de mystère », sur Marianne , .
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- ↑ Ludivine Olives et Laure Beaulieu, « Tuerie de Chevaline: les différentes théories », sur Slate.fr, (consulté le ).
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- ↑ « Tuerie de Chevaline : la piste suédoise écartée », sur sudouest.fr, (consulté le ).
- ↑ « Lorraine. Tuerie de Chevaline et meurtre sur l’A31 : un mystérieux campeur danois présent sur chaque affaire », sur www.estrepublicain.fr, (consulté le )
- ↑ Site de Slate, page sur la tuerie de Chevaline.
- ↑ Site du London Evening Standard sur le "French Alps shooting".
- ↑ Haute-Savoie : cinq ans après, la tuerie de Chevaline reste une énigme, France Bleue, 4/9/2017
- ↑ « Tuerie de Chevaline: que valent les hypothèses avancées par la BBC? », sur LExpress.fr, (consulté le ).
- ↑ Laure Beaulieu, « Tuerie de Chevaline: les différentes théories », sur Slate.fr, (consulté le ).
- ↑ « Tuerie de Chevaline en Haute-Savoie : "nous ne sommes plus très loin" affirme la procureure de la République d'Annecy », sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, (consulté le )
- ↑ https://www.leparisien.fr/faits-divers/le-chef-dentreprise-francais-le-vetetiste-anglais-et-monsieur-x-les-derniers-secrets-de-la-tuerie-de-chevaline-16-07-2022-JPE2HW5UHJFO7JRQIV6U3ESS3A.php
- ↑ «Nous espérons bientôt résoudre le mystère de Chevaline», sur Tribune de Genève, (consulté le )
- ↑ 8h pour trouver la fillette, début de polémique sur TF1 News.
- ↑ Tuerie en Haute-Savoie : choc en Grande-Bretagne, la presse enquête sur TF1 News.
- ↑ A Londres, Hollande promet que « tout sera fait » pour retrouver les coupables sur 20 minutes.
- ↑ « 10 000€ d'amende requis contre BFMTV et Le Parisien », sur ledauphine.com, .
- ↑ Tuerie de Chevaline: BFM TV condamnée à 10.000 euros d'amende
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Imen Ghouali et Brendan Kemmet, Affaire Chevaline, révélations sur un crime parfait, Plon 2023 (ISBN 978-2-259-31755-9)
- Solène Haddad (chapitre « la Tuerie de Chevaline »), Affaires criminelles inexpliquées, Saint-Victor-d'Épine, City Éditions, , 252 p. (ISBN 978-2-8246-0304-9)
- (en) Tom Parry, The perfect crime, Londres, Mirror Books, 2015 (ISBN 978-1907324598)
- La tuerie de Chevaline est évoquée dans le roman de Maryline Desbiolles Ceux qui reviennent (Paris, Éditions du Seuil, 2014)[1]
Documentaires télévisés
modifier- « Chevaline : les mystères d'une tuerie » en 2012 dans l'émission Présumé Innocent présenté par Adrienne de Malleray sur Direct 8.
- « Les secrets de la tuerie de Chevaline » (premier reportage) dans Suspect n° 1 le 8 et , , , 13 et sur TMC.
- « Affaire de la tuerie de Chevaline » dans Non élucidé diffusé le sur France 2.
- « Affaire Al-Hilli : la tuerie de Chevaline » (premier reportage) dans Chroniques criminelles diffusé le , 1er et , , 5 et sur NT1.
- « Chevaline : les mystères de la tuerie » (premier reportage) dans Devoir d'enquête diffusé le sur la Une (RTBF).
- « la tuerie de Chevaline » dans Les faits Karl Zéro le sur 13e rue, coproduit par 3e Œil Productions et 13e rue.
- « La tuerie de Chevaline » dans Zone d'ombre diffusé le sur RTS Un.
- « Les mystères de Chevaline » (premier reportage) dans « ... au bord des lacs de Savoie » le dans Crimes sur NRJ 12.
- « Le grand document » magazine d'actualité consacré à l'affaire le sur LCI.
- « Les survivantes de la tuerie», documentaire diffusé le sur BFM TV.
- « Sans issue : La tuerie de Chevaline », série documentaire (6 épisodes d'une trentaine de minutes) consacrée à l'affaire, diffusée les 15 et sur Canal +.
Émission radiophonique
modifier- « La tuerie de Chevaline » le et « La tuerie de Chevaline : où en est l'enquête ? » le dans L'Heure du crime de Jacques Pradel sur RTL.
- « Tuerie de Chevaline : une énigme judiciaire sans fin », le dans Affaires sensibles de Fabrice Drouelle sur France Inter.
- Podcast, mars 2025, Le Parisien « crime story », Clawdia Prolongeau, Damien Delseny « Les fantômes de la tuerie de Chevaline » en six épisodes : épisode 1 épisode 2 épisode 3 épisode 4 épisode 5 épisode 6
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressource relative à l'audiovisuel :
- Infographie sur la tuerie de Chevaline : les secrets d'une scène de crime, site tf1.fr
- Pôle des crimes sériels ou non élucidés