Meurtre de Xavier Baligant

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Le meurtre de Xavier Baligant est l'homicide de celui-ci le , par un tireur non identifié, en pleine nuit, sur l'aire des Malvaux de l'autoroute A31, à Colombey-les-Belles, vers Nancy (Meurthe-et-Moselle). Il avait 28 ans[1]. En 2026, le meurtre demeure non élucidé[2].

Meurtre de Xavier Baligant
Fait reproché Homicide
Pays Drapeau de la France France
Lieu Aire des Malvaux à Colombey-les-Belles
Nature de l'arme Arme à feu
Date
Nombre de victimes 1
Xavier baligant
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité

Profil de la victime

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Xavier Baligant est technicien dans un laboratoire pharmaceutique du groupe GSK[3]. De nationalité Belge, et âgé de 28 ans, il vit à Pont-à-Celles, en Belgique. Divorcé depuis deux ans et père de deux garçons de 6 et 7 ans, il envisage de se remettre avec son ex-compagne, qui a mis fin à sa nouvelle relation de son côté. Il est le fils d'un gendarme à la retraite, qui décède en , trois avant celui de sa mère. D'allure sportive, il mesure 1 80 m[4].

Meurtre

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Le soir du , Xavier Baligant conduit sa Kia Ceed noire, en provenance d'un camping d'Aubenas en Ardèche (07), où il passait quelques jours avec ses parents. Il prend la direction de Pont-à-Celles, en Belgique, son lieu de villégiature et de travail. Devant rentrer la veille, il décale son départ au 18 au soir, en raison de l'anniversaire de sa mère. Il prend donc la route, de préférence de nuit pour permettre aux enfants de dormir.

Il commence le trajet vers 20 heures. Plusieurs heures plus tard, vers 2 heures du matin, il effectue une troisième pause, cette fois sur l'aire d'autoroute des Malvaux, de manière spontanée (non prévue). Il reçoit un SMS peu avant d'y faire une halte.

Il laisse ses enfants endormis, seuls à l'arrière de son véhicule, pour effectuer une petite pause. Il se dirige vers la porte des toilettes femmes du bâtiment. À ce moment-là, il reçoit un premier projectile d'une série de cinq tirs, dont quatre le touchent. Sur les quelques instants du meurtre, la victime tente de fuir, mais son tueur poursuit les tirs en avançant vers elle. Les deux derniers projectiles l'atteignent à la tête, à bout portant, pour l'une, bout touchant pour l'autre, sous le menton, explosant une partie du crâne, le défigurant[5]. La munition de l'arme est longue, et très destructive.

L'auteur des tirs n'a semble-t-il pas remarqué la présence des enfants de la victime dans leur véhicule.

C'est un patrouilleur d'autoroute de la société exploitante APRR, qui entend les coups de feu. Situé à l'aire d'autoroute de l'autre côté, en sens inverse, il appelle immédiatement son collègue du centre de vidéosurveillance. Ce dernier vérifie sur les images, et pivote la caméra pour apercevoir ce qui ressemble corps de la victime, au sol. Sur les lieux rapidement, le patrouilleur appelle les secours.

Ses enfants, endormis dans un véhicule à une quinzaine de mètres, ne seront pas inquiétés. Ils avaient passé le début de la soirée devant un lecteur DVD portable, avant de trouver le sommeil[6].

Enquête

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C'est le peloton de gendarmerie de Toul qui interviennent en premier. La section de recherche criminelle de Nancy prendra le relais.

L'aire d'autoroute est relativement vide, seul le bâtiment des sanitaires sont présentes en plus du parking (et de la caméra).

La caméra de surveillance du site n'a permis d'avoir de vue sur le tireur : celle-ci, pivotante, à 30 m de haut, n'était pas orientée vers la scène de crime[7], mais vers les voies d'entrée et de sortie du parking.

Sur la victime, les enquêteurs découvrent sa petite sacoche Lacoste, dans laquelle se trouvent dix euros en espèces, ses documents d'identité, une carte bancaire, un appareil photo numérique Lumix, et son téléphone Sony Ericsson.

L'enquête permettra de déterminer que l'arme du crime est un fusil militaire des années 1930, un Schmidt Rubin K31, prisé des collectionneurs. Il s'agit d'une arme spécifique, de loisirs, ce qui n'en fait pas une arme rare. Fait étonnant, ce fusil permet de tirer à la condition de recharger l'arme entre chaque coup, ce qui exige que le tireur a rechargé au moins cinq fois entre la première et la dernière détonation, pouvant expliquer que Xavier Baligant a pu voir son meurtrier, et sa mort arriver. La scène de crime s'est probablement déroulée sur plusieurs mètres. Ce type de modèle d'arme en fait un modèle plutôt traditionnel, de loisirs ou de décoration, malgré qu'il ne s'agisse pas d'une arme rare, son usage est spécifique.

Malgré la présence d'indices variés sur la scène de crime, peu d'entre eux permettent d'établir une piste pertinente. Ainsi, en dehors du fils ainé et du patrouilleur d'autoroute, presque aucun témoin auditif, ni oculaire, n'est trouvé. Il faut noter que la zone est faiblement éclairée. Les seuls camionneurs du parking, n'ont pour la plupart rien entendu. Sauf un, garé proche du véhicule de la victime, qui à l'autre bout de la scène de crime, n'a rien pu voir de son camion, et s'est recouché. Le crime, du premier au dernier coup de feu, aurait duré moins de trente secondes.

Parmi les camionneurs, tous concernés par des délais de livraison à respecter, et ne cherchant évidemment pas d'ennuis, n'ont aucune indication à fournir. Cependant, les gendarmes ont minutieusement fouillé les camions, remorques, et méticuleusement vérifié les doigts des conducteurs avec des tampons spéciaux pour vérifier l'éventuelle présence de traces de poudres dues à un coup de feu. Ces procédures ne donnent aucune suite[8].

Les seuls deux témoins auditifs sont le patrouilleur d'autoroute, et un des fils de la victime, qui affirmera avoir entendu un cri, et, peu avant d'entrer sur l'aire d'autoroute, la sonnerie du téléphone qui averti d'un SMS. Malheureusement, le téléphone de la victime, vraisemblablement endommagé pendant le crime, n'a plus été en mesure d'être rallumé par les enquêteurs, qui ont tenté vainement de le remettre sous tension. Cette piste rend intéressante celle du rendez-vous nocturne, qui pourrait être un traquenard, et qui est soutenue par l'entourage du défunt aujourd'hui.

D'autres indices étonnent les enquêteurs : neuf mégots de cigarettes sont ramassés à proximité du corps. Sur quatre d'entre eux est retrouvé l'ADN de Xavier Baligant, ce qui pose la question d'une pause cigarette qu'il n'aurait pas faite seul. Il n'avait pas de paquet de cigarettes dans ses affaires, et fumait seulement occasionnellement. L'enquête tendra à croire qu'il s'est sans doute attardé lors d'une pause cigarettes devant l'entrée des toilettes pour femmes, et que le tireur ne fumait pas en sa présence, vu que le tueur s'est déplacé.

Également, son meurtre juste devant de l'entrée des toilettes pour femmes, alors qu'une vingtaine de mètres plus loin, son véhicule est garé à deux pas de celles pour hommes, et qu'il y a suffisamment d'herbe autour du parking pour uriner dans un coin. Ce détour vers les toilettes pour femmes soulève une question dans l'enquête. L'autopsie démontrera qu'il n'avait pas encore uriné au moment de son homicide[9].

Selon l'enquête, le tueur s'est rapproché au fur et à mesure de sa victime, commençant les premiers tirs à approximativement une quinzaine de mètres, avant de s'en rapprocher au maximum, démontrant la détermination de celui-ci, notamment pour deux raisons : d'abord le sang froid de commettre un tel meurtre sans la peur d'être pris, inquiété ou découvert, et ensuite en raison des nombreuses projections de la scène de crime sur les vêtements du tueur comme de sa victime. Selon une journaliste ayant écrit un livre étudiant entre autres ce crime, la violence de l'homicide est telle qu'il y a des traces de sang partout sur la scène de crime, ce qui signifie que le tireur n'a pas eu peur d'être éclaboussé par des indices (ADN, traces de sang, etc), ni d'être surpris[10].

La piste du différend amoureux a été écartée par les enquêteurs, et la partie civile. La victime s'entendait parfaitement avec son ex-compagne, qui elle avait informé son nouveau compagnon qu'elle voulait le quitter pour retrouver Xavier.

Détail intrigant pour les enquêteurs, le nouveau compagnon de son ex-compagne, garagiste, a effacé son journal d'appels dans les jours suivant le crime. Celui-ci est qualifié d'impulsif et relativement violent, notamment envers certains clients qui le poursuivent. Il s'en explique en indiquant régulièrement effectuer cette manipulation d'effacement du journal d'appels, notamment pour éviter d'encombrer la faible mémoire de l'appareil. En complément, les enquêteurs Belge, appelés pour la partie de l'enquête de l'autre côté de la frontière, perquisitionnent le domicile du garagiste moins de deux heures après la mort de Xavier Baligant, et ce premier y était présent. Or, plus de quatre cent kilomètres séparent son domicile (ou le garagiste est donc présent) de la scène de crime, rendant ce trajet impossible à effectuer en si peu de temps[8]. Le garagiste n'a jamais fuit la justice[11].

Certaines personnes de son entourage estiment qu'il était au mauvais endroit, au mauvais moment. Cette hypothèse reste tenable car personne ne pouvait savoir que Xavier Baligant s'arrêterait là, visiblement de manière spontanée, non prévue.

Les parents de Xavier se sont battus pour obtenir la vérité sur le meurtre de leur fils, mais décèdent en 2016 et 2019.

À partir de 2020, les enquêteurs de la Section de Recherche de Nancy seront épaulés par ceux du Service central de renseignement criminel de la gendarmerie nationale (SCRCGN).

Le local abritant les toilettes a été reconstruit quelques années après le meurtre.

Points communs avec Chevaline

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À la fin de l'été 2026, différents médias s'interrogent les éventuels liens et similitudes avec la tuerie de Chevaline, ce qui remet le meurtre sous l'attention médiatique[12]. Certains critères sont communs :

  • La spécificité (de collection) de l'arme utilisée (qui n'est pas rare)
  • le sang-froid du tireur, et sa détermination, à "coller" à ses victimes pendant le crime
  • la nationalité étrangère des victimes
  • des victimes blessées de relativement loin, puis très rapidement abattues à bout portant ou touchant[13]
  • un touriste danois, présent dans un camping à une dizaine de kilomètres lors du meurtre de Xavier Baligant, était également présent dans la région de la tuerie de Chevaline au moment de celle-ci. Cependant, les enquêteurs ne parviennent pas à en tirer une piste sérieuse.

L'absence de tout indice probant rend ces deux enquêtes plutôt inédites, presque estimées comme des cas d'écoles d'enquêtes non élucidées.

Ressources complémentaires

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La zone de la scène de crime (lien miroir). Émission RTL: L'heure du crime (épisode) consacrée.

Références

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  1. « Affaire Xavier Baligant : qui est le mystérieux tueur de l’autoroute de Malvaux ? », sur RTL.fr, (consulté le )
  2. « Qui a tué le nivellois Xavier Baligant ? Dix ans après sa mort, toujours aucune réponse - RTBF Actus », sur RTBF (consulté le )
  3. https://www.leparisien.fr/faits-divers/meurtre-sur-l-a31-xavier-etait-au-mauvais-endroit-au-mauvais-moment-23-07-2011-1542575.php
  4. https://www.leparisien.fr/faits-divers/un-touriste-belge-abattu-sur-une-aire-d-autoroute-21-07-2011-1539894.php
  5. https://www.leparisien.fr/faits-divers/cold-case-de-l-a31-et-si-la-verite-etait-dans-le-portable-de-la-victime-26-07-2020-8358798.php
  6. Jean Arca, « Affaire Xavier Baligant : l'énigme d'une pause cigarette mortelle sur l'aire d'autoroute », sur www.marianne.net, (consulté le )
  7. « Le touriste belge n'a pas été tué au hasard », leparisien.fr, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  8. 1 2 « Jacques Pradel raconte : le meurtre de Xavier Baligant, nuit tragique sur l’autoroute (1/2) », sur Soirmag, (consulté le )
  9. Jean Arca, « "Celui qui l'a tué n’était pas seul" : 14 ans après le meurtre de Xavier Baligant sur une aire d'autoroute, son fils témoigne », sur www.marianne.net, (consulté le )
  10. « Mystérieuse mort de Xavier Baligant, ce Pont-à-Cellois retrouvé criblé de balles en France : « De nouvelles pistes envisagées grâce à l’ADN » », sur sudinfo.be, (consulté le )
  11. Gilbert Dupont, « Exclusif: du neuf dans l'enquête sur le meurtre de Xavier Baligant, de l'ADN suspect enfin identifié », sur DHnet, (consulté le )
  12. « Lorraine. Tuerie de Chevaline et meurtre sur l’A31 : un mystérieux campeur danois présent sur chaque affaire », sur www.estrepublicain.fr, (consulté le )
  13. « Jacques Pradel raconte : le meurtre de Xavier Baligant, nuit tragique sur l’autoroute (2/2) », sur Soirmag, (consulté le )