Ujanko
Ujanko est un personnage dans la mythologie basque qui apparait lors du réveillon de la Saint-Sylvestre, qui compte autant d'yeux et de prunelles que de jours dans l'année[1]. Il est comparable à Olentzero[2] et qui est associé aux traditions du Nouvel An.
| Autres noms | Ujanco, Ujanko |
|---|---|
| Groupe | Figure mythico-festive |
| Sous-groupe | Personnification de l'année ; figure du Nouvel An |
| Caractéristiques | Être gigantesque possédant autant d'yeux que de jours dans l'année ; ses yeux se ferment progressivement au cours de l'année et se rouvrent au Nouvel An |
| Proches |
| Origines | Mythologie basque ; folklore calendaire |
|---|---|
| Région | Navarre, notamment Jaitz |
| Première mention | José Miguel de Barandiarán |

Ujanko et Olentzero
modifierJosé Miguel Barandiaran rapporte l'existence d'Ujanko dans ses travaux dans les environs de Jaitz[2] Ujanko est présenté comme un personnage lié au calendrier. Selon la tradition, il possède autant d'yeux que l'année compte de jours et perd progressivement ses yeux rouges, à raison d'un par jour au cours de l'année[2] Cette abondance d'yeux peut être interprétée comme un signe de surveillance. Elle rapproche Ujanko de la fonction attribuée à certaines figures qui observent les actions des humains et savent s'ils ont été bons ou mauvais.
Cette caractéristique rapproche également Ujanko d'autres personnages mythologiques. Le texte établit notamment un parallèle avec Ojáncanu, personnage de la mythologie cantabrique. Ojáncanu est un être cyclopéen comparable à Tartalo et Alarabi, décrits comme des bergers anthropophages. Il est présenté comme une personnification de la méchanceté, avec un corps couvert de poils rouges et deux rangées de dents. Il possède dix doigts à chaque main et une compagne appelée Ojáncana.
Une autre comparaison est établie avec Argus Panoptès de la mythologie grecque. Argus, appelé « celui qui voit tout », possède de nombreux yeux. Héra lui confie la garde d'une génisse qui est en réalité Io, transformée par Zeus. Zeus envoie alors Hermès libérer Io et tuer Argus. Hermès endort ses yeux en jouant de la flûte sous l'apparence d'un berger, puis lui coupe la tête avec une épée en forme de croissant, selon une version du récit. Héra récupère ensuite les yeux d'Argus et les place sur la queue du paon. La ressemblance avec Ujanko concerne principalement le nombre d'yeux et leur fonction de surveillance.
Ujanko, Olentzero et les traditions de fin d'année
modifierOlentzero est associé, dans la mythologie basque, à la fin des Jentilak. Selon une tradition, il serait le dernier Jentil resté en vie après leur disparition. Les traditions relatives à Olentzero présentent toutefois des différences importantes selon les localités. Ces variations apparaissent notamment dans les chants traditionnels qui lui sont consacrés. Dans la version recueillie à Lesaka, Olentzero est décrit comme « buru handia, entendimentuz jantzia », c’est-à-dire comme un personnage « à grosse tête, doué d’intelligence ». Dans d’autres localités, notamment à Goizueta, le même vers apparaît sous la forme « buru handia, entendimentuz gabia », qui signifie au contraire « à grosse tête, dépourvu d’intelligence[3].
Son activité de charbonnier peut également expliquer certains aspects ambivalents de sa représentation. Une chanson présente notamment le charbonnier comme une figure mauvaise et l'associe à Mikelats[4].
Olentzero pourrait être un surnom provenant d'« Olentzaro », c'est-à-dire une appellation liée à une période plutôt qu'au personnage personnifiant aujourd'hui la fin de l'année[4]. L'Olentzaro serait ainsi associé à la célébration du temps du nouvel an ou de la nouvelle lumière.
À Larraun, une tradition rapporte qu'Olentzero portait une faucille destinée à couper le cou de celui qui rompait le jeûne de la veille de Noël. Olentzero, comme Ujanko, possédait autant d'yeux que de jours dans l'année, avec un œil supplémentaire[5].
Notes et références
modifier- ↑ Le golfe de Gascogne, Bernat Manciet, Arthaud, 1987, 241p., (ISBN 9782700306446)
- 1 2 3 José Miguel Barandiaran et traduit et annoté par Michel Duvert, Dictionnaire illustré de mythologie basque [« Diccionario Ilustrado de Mitología Vasca y algunas de sus fuentes »], Donostia, Baiona, Elkarlanean, , 372 p. [détail des éditions] (ISBN 2903421358 et 9782903421359, OCLC 416178549)
- ↑ (es) Rafael Eneterreaga Irigoyen, « Aportaciones para un estudio sobre Olentzero en Lesaka », Olentzeroren tradizioa Lesakan eta Euskal Herriko Eguberrietan = La tradición de Olentzero en la Navidad de Lesaka y Euskal Herria, , p. 123-139 (lire en ligne, consulté le ) »
- 1 2 (eu) Julio Caro Baroja, Lamiak, sorginak eta Jainkosak, Gaiak, (ISBN 84-87203-77-9), p. 195
- ↑ (es) José Dueso, Nosotros los Vascos, Tomo III: Mitos, leyendas y costumbres, Fiestas Populares, Lur, (ISBN 84-7099-261-9), p. 23
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Claude Labat, Libre parcours dans la mythologie basque : avant qu'elle ne soit enfermée dans un parc d'attractions, Bayonne; Donostia, Lauburu ; Elkar, , 345 p. (ISBN 9788415337485 et 8415337485, OCLC 795445010)
- Wentworth Webster (trad. Nicolas Burguete, postface Un essai sur la langue basque par Julien Vinson.), Légendes basques : recueillies principalement dans la province du Labourd [« Basque legends »], Anglet, Aubéron, (1re éd. 1879), 328 p. [détail de l’édition] (ISBN 2844980805 et 9782844980809, OCLC 469481008)
- Jean-François Cerquand, Légendes et récits populaires du Pays Basque : Recueillis dans les provinces de Soule et de Basse-Navarre, Bordeaux, Aubéron, (1re éd. 1876), 338 p. [détail de l’édition] (ISBN 2844980937 et 9782844980939, OCLC 68706678, lire en ligne)