Université impériale de Moscou

première des douze universités de l'Empire russe, située à Moscou (1755--1917)

L'Université impériale de Moscou (en russe : Императорский Московский университет) fut l'une des plus anciennes universités de l'Empire russe, établie en 1755. Il s'agissait de la première des douze universités impériales de l'Empire russe. Son héritage se perpétue sous le nom d'Université d'État Lomonossov de Moscou, qui occupe certains de ses bâtiments d'origine.

Université impériale de Moscou
Le premier bâtiment de l'université de Moscou
Histoire
Fondation
1755
Dissolution
1917
Statut
Type
Université impériale de l'Empire russe
Nom officiel
Императорский Московский университет
Fondateur
Recteur
Alexei Argamakov (d) (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Devise
La science est la connaissance claire de la vérité, l'illumination de l'esprit.
Localisation
Pays
Ville
Géolocalisation sur la carte : Empire russe
(Voir situation sur carte : Empire russe)
Géolocalisation sur la carte : Moscou
(Voir situation sur carte : Moscou)
L'Université de Moscou au XIXe siècle

Histoire de l'Université

modifier

Ivan Chouvalov et Mikhaïl Lomonossov encouragèrent l'idée d'une université à Moscou, et l'impératrice russe Élisabeth a décrété son établissement le 23 janvier [O.S. 12 janvier] 1755. Les premières conférences sont été données le 7 mai [O.S. 26 avril] 1755. Les russes célèbrent toujours le 25 janvier comme la journée des étudiants (la fondation de l'université est traditionnellement associée à la fête de sainte Tatiana, célébrée par l'Église orthodoxe russe le 12 janvier julien, correspondant au 25 janvier grégorien au XXe siècle ainsi qu'au XXIe siècle).

L'Université d'État de Moscou actuelle occupait à l'origine l'Aptekarski Dom sur la Place Rouge de 1755 à 1787.

Catherine la Grande transféra l'université vers un bâtiment néo-classique de l'autre côté de la rue Mokhovaïa ; ce bâtiment principal a été construit entre 1782 et 1793 dans le style néo-palladien, d'après un dessin de Matveï Kazakov, et rebâti par Domenico Gilardi après l'incendie de Moscou en 1812.

Au XVIIIe siècle, l'université avait trois départements : philosophie, médecine, et droit. La faculté de médecine fut établie conjointement avec l'Université en 1755 et devint la première faculté de médecine universitaire en Russie. L'enseignement médical commença en 1758. Au cours du XIXe siècle, elle devint l'un des principaux centres d'enseignement médical universitaire et de recherche biomédicale dans l'Empire russe. En 1930, la Faculté fut séparée de l'Université d'État de Moscou et réorganisée en Premier Institut Médical de Moscou, prédécesseur de l'actuelle Première université de médecine Ivan Setchenov de Moscou.

Un collège préparatoire était affilié à l'université jusqu'à son abolition en 1812. En 1779, Mikhaïl Kheraskov fonda un pensionnat consacré aux nobles (Благородный пансион), qui en 1830 devint un gymnasium dédié à la noblesse russe. La presse universitaire, dirigée par Nikolaï Novikov dans les années 1780, publia le journal le plus populaire de l'Empire russe : La Gazette de Moscou.

Statut universitaire de 1804

modifier

L'Université de Moscou a été transférée du Sénat au Ministère de l'Éducation de l'Empire russe. En vertu de la nouvelle Charte de l'Université impériale de Moscou en 1804, l'université devait être dirigée par le conseil de l'université, qui comprenait des professeurs ordinaires et distingués dirigé par le recteur.

Le recteur était annuellement élu par une assemblée professoral (vote à huit clos avec l'aide de boules blanches et noires) et était personnellement approuvé par l'Empereur de l'Empire russe. Les doyens des facultés étaient également soumis à l'élection. Le premier recteur élu fut l'historien et géographe Khariton Chebotarev. Lors des réunions du conseil, non seulement la nomination des professeurs, des membres honoraires et des chargés de cours de l'université a été décidée, mais aussi la nomination des professeurs du gymnasium ainsi que de l'école du district, et même le test annuel des étudiants. Les réunions furent tenues au moins une fois par mois. Annuellement, le Conseil élisait les doyens des facultés, qui étaient approuvés par le Ministère de l'Éducation.

L'université était divisée en quatre départements (faculté) : sciences politiques et morales, sciences mathématiques et physiques, sciences verbales, sciences médicales. Chaque département tenait ses propres réunions, sur la base de laquelle un calendrier a été établi, des tests ont été menés pour ceux souhaitant obtenir un diplôme, les questions économiques et financières ont été prises en compte. La Faculté de Médecine était divisée en trois départements : clinique (thérapie), chirurgical, obstétrique. À la Faculté de Droit, l'enseignement du droit naturel, le droit des individus ainsi que le droit romain fut introduit.

Au total, d'après le statut de 1804, 28 chaires étaient disposées.

À l'époque où Napoléon envahit l'université, il y avait 215 étudiants.

L'invasion de Napoléon fut un test sérieux pour l'Université de Moscou, qui perdit bâtiments, collections muséales, équipement scientifique, une bibliothèque, ainsi qu'une archive qu'ont perdu de nombreux professeurs et étudiants durant la guerre dans l'incendie de Moscou ayant détruit Moscou.

En août 1812, l'Université de Moscou est évacuée à Nijni Novgorod. 42 boîtes contenant les pièces les plus précieuses du Musée d'histoire naturelle, des livres ainsi que des instruments furent envoyées. Furent également envoyés dans l'évacuation le trésor de l'université, les livres et les objets les plus précieux (y compris le procès-verbal de la Conférence, faisant référence aux premières années de l'université) aux professeurs et étudiants. La route vers Nijni Novgorod, où l'Université de Moscou reçut un refuge temporaire, prit 19 jours.

En début septembre, le bâtiment principal de l'Université situé dans la rue Mokhovaïa brûla jusqu'à être réduit en cendres, tout comme la quasi-totalité des bâtiments universitaires situés sur le terrain adjacent.

Après la retraite française en décembre 1812, le recteur de l'Université retourna à Moscou et une commission provisoire a été mise en place à Moscou dans le but de gérer l'université, composée du recteur et des quatre professeurs principaux. Les bâtiments consacrés au placement temporaire de l'université ont été trouvés non loin de la rue Mokhovaïa. En mai 1813, les derniers professeurs ainsi que les convois transportant les biens de l'université sont revenus de Nijni Novgorod. En août 1813, les classes des quatre facultés de l'université reprirent. La même année, 129 étudiants sont acceptés. La restauration finale de l'université fut achevée en 1819 avec l'achèvement de la reconstruction du bâtiment principal situé dans la rue Mokhovaïa.

Corps des auditeurs de l'Université de Moscou dans la rue Mokhovaïa (1835)

Les bâtiments de l'université sont à nouveau reconstruits en 1819. En 1826, la bibliothèque (jusqu'à 30 000 volumes) ainsi que le cabinet de la Monnaie (3 731 pièces) avaient été restaurés.

Depuis le début de l'an 1820, le nombre d'étudiants a constamment augmenté :

Année 1822 1823 1824 1825
Nombre d'étudiants 695 768 800 876

La visite de l'Empereur Nicolas Ier à l'Université de Moscou en 1826 entraîna le licenciement du recteur, qui, à son avis, n'a pas mis en œuvre les décisions du gouvernement avec suffisamment de vigueur. L'enseignement de la philosophie à l'université à été frappé d'interdiction, n'ayant repris qu'en 1845. Le mécontentement de l'empereur quant à l'apparence des étudiants moscovites rencontrés près du Kremlin entraîna l'introduction du port obligatoire de l'uniforme scolaire, que les étudiants devaient porter hors de l'université.

D'après les réactions des années 1820, l'Université de Moscou a moins souffert que d'autres universités de l'Empire russe. En 1833, un deuxième bâtiment a été acheté pour l'Université de Moscou, situé à côté du bâtiment principal dans la rue Mokhovaïa, ayant été reconstruit en 1835 et nommé Corps des auditeurs.

Statut universitaire de 1835

modifier

Le statut universitaire de 1835 fut le premier statut général pour toutes les universités qui a introduit des règles uniformes pour leur existence. La nouvelle charte a sévèrement restreint l'autonomie universitaire et a aboli la cour universitaire qui existait depuis l'ouverture de l'université, renforcé la dépendance générale des universités à l'égard des instances administratives. Les pouvoirs du recteur ainsi que la compétence du Conseil universitaire ont été considérablement réduits. Le contrôle exercé par les inspecteurs sur les élèves a été renforcé. En 1841, les frais de scolarité ont été augmentés, ayant conduit à une réduction générale d'étudiants, ainsi qu'un changement dans leur composition. Se méfiant des universités, l'empereur délivre un décret réduisant le nombre d'étudiants. En 1848, le nombre d'étudiants des trois principales facultés fut limité à trois cents individus. Une exception a été faite uniquement pour la faculté de médecine. Le recteur fut nommé Ministre de l'Enseignement public et approuvé par l'empereur.

Au même moment, la charte a également introduit des changements qui concernaient la structure des universités : l'éventail des sujets étudiés a été élargi, le nombre de départements augmenta, permettant d'accroître leur niveau scientifique. La charte de 1835 introduisit un cursus d'études de quatre ans, et le nombre de chaires a été porté à 35. Les institutions auxiliaires à l'université continuèrent de se développer : en 1828, un observatoire astronomique a été fondé, en 1834, un bureau d'anatomie et de physiologie comparées fut ouvert, en 1846, un hôpital clinique ainsi qu'un cabinet d'anatomie pathologique furent ouverts. En 1841, l'Académie de médecine et de chirurgie existant à Moscou fusionna avec la Faculté de médecine de l'université.

Les années quarante et cinquante furent l'âge d'or de l'activité scientifique de l'université. Stepan Chevyriov et Fiodor Bouslaïev lurent l'histoire de la littérature russe, Ossip Bodianski – les langues slaves, Timofeï Granovski et Piotr Koudriavtsev – une histoire universelle, Sergeï Soloviov – l'histoire russe, Konstantine Kaveline – l'histoire de la législation russe, Alexandre Fischer von Waldheim – la botanique. Dans la seconde moitié de ce siècle, Anatoli Bogdanov, Alexandre Stoletov, August Davidov, Alexis Kojevnikov, Nikolaï Storojenko, Léonid Kamarovski, Alexandre Tchouprov, Sergueï Mouromtsev, Ivan Yanzhul, Vassili Klioutchevski, Nikolaï Tikhonranov, Kliment Timiriazev, Maxime Kovalevski, Dmitri Anoutchine, Nikolaï Bougaïev, Ivan Setchenov, Nikolaï Joukovski, Vassili Tsinger, Mikhaïl Menzbier, Nikolaï Zograf, Friedrich Erismann, Pavel Vinogradov, Vsevolod Miller.

Le nombre d'étudiants, augmentant initialement, chute au cours de la période de réaction :

Année 1836 1840 1846 1847 1848 1849 1850 1852 1854
Nombre d'étudiants 438 889 1088 1198 1168 902 821 861 1061

Statut universitaire de 1863

modifier

L'enthousiasme des étudiants des années 1860 se reflétait à l'Université de Moscou, or, ils n'ont pas conduit à sa fermeture, comme ce fut le cas à Saint-Pétersbourg. En avril 1855, le décret de l'Empereur Alexandre II « Concernant l'admission d'un nombre illimité d'étudiants dans les universités » a été respecté.

La Charte de 1863 est le plus libéral des statuts universitaires de l'Empire russe. Le statut restaura l'autonomie aux universités et affaiblit leur placement sous la garde de l'État. Les compétences du Conseil de l'université ont été élargies. Le recteur ainsi que les doyens furent à nouveau élus, bien que les personnes élues afin de les remplacer devaient être approuvées : le recteur fut l'empereur, les doyens furent le ministère de l'enseignement public.

La nouvelle charte universitaire créa des conditions plus favorables pour le développement de la science et de l'éducation en Russie. D'après le nouveau statut, le personnel de l'Université de Moscou ainsi que le nombre de départements dans ses facultés furent élargis. Il y avait 11 chaires à la Faculté d'Histoire et de Philologie, 10 dans le Département de Physique et de mathématiques, 11 dans la faculté de droit, et 23 dans l'école de médecine.

Si dans la structure originale de l'Université impériale de Moscou au XVIIIe siècle, trois facultés furent accordées pour uniquement 10 départements, en 1804, il y en avait 28, en 1835, il y en avait 35, puis, en 1863, leur nombre fut porté à 53, et en 1884, à 56.

Dans les années 1870, le nombre d'étudiants n'a pas changé de manière significative :

Année 1871 1873 1875 1876 1878 1880
Nombre d'étudiants 1541 1256 1259 1568 1643

Statut universitaire de 1884

modifier

La Charte limita l'autonomie de l'université, le rôle de l'administrateur du district scolaire ainsi que du recteur de l'université, qui fut désormais élu Ministre de l'Enseignement public, a été considérablement renforcé. Les droits des Conseils de professeurs furent minimisés. Les choix des doyens des facultés relevait désormais de l'administrateur du district plutôt que de la réunion du corps enseignant.

En début 1896, les établissements d'enseignement suivants ont été rattachés à l'université : la bibliothèque (236 630 volumes et 135 763 titres), les bibliothèques universitaires à la Faculté d'Histoire et de Philologie, aux départements de mathématiques et de sciences naturelles de la Faculté de Physique et de Mathématiques, aux facultés de droit et de médecine, arts et antiquités, un observatoire astronomique, une armoire technique, une armoire physique avec laboratoire, un cabinet de géographie physique, un musée zoologique, un musée anthropologique, un bureau d'anatomie comparée, un cabinet de géologie, une étude minéralogique ainsi qu'un laboratoire, un jardin botanique, un département d'anatomie et de physiologie végétale, un département d'analyse et de biologie organique d'un laboratoire chimique, un laboratoire dédié à la chimie inorganique, un laboratoire technique, une salle d'anatomie ordinaire, un service d'histologie, un cabinet de pharmacologie et de pharmacie ainsi qu'un laboratoire, le musée neurologique, l'institut d'anatomie pathologique, la salle de médecine légale, la salle de chirurgie et l'institut d'anatomie chirurgicale, l'institut pharmacologique avec laboratoire clinique, et l'institut de pathologie générale, d'hygiène et de physiologie (laboratoire), après reconstruction (1892), appartenaient aux installations de première classe de ce type.

De 1884 à 1897, la faculté de médecine, grâce aux dons privés et avec le soutien financier du gouvernement, construisit le complexe hospitalier de Devitchie Pole, entre la Ceinture des Jardins et le couvent de Novodievitchi. Les bâtiments ont été conçus par l'architecte Konstantine Bikovski. Les consultants du projets furent des docteurs d'université tels que Nikolaï Sklifossovski et Fiodor Erisman. À la fin du XIXe siècle, la Faculté de médecine de l'Université de Moscou possédait 13 cliniques ainsi que 12 instituts de recherche.

En dépit du durcissement des règles depuis le début des années 1880, le nombre d'étudiants a connu une croissance constante :

Année 1880 1881 1883 1885 1887 1890
Nombre d'étudiants 1 643 2 413 2 598 2 874 3 182 3 471

En début 1896, l'université avait 4 147 étudiants, 111 étudiants externes, et 153 assistants en pharmacie. Des 4 147 étudiants, il y avait 1 587 individus à la Faculté de Droit, 1 380 individus à la faculté de médecine, 929 individus à la faculté de physique et de mathématiques, 251 individus à la faculté d'histoire et de philologie.

En début 1896, le corps professoral de l'université comptait 233 professeurs, dont : 1 professeur de théologie, 56 professeurs ordinaires, 37 professeurs extraordinaires, 5 critiques, 4 maîtres de conférences, 130 privat-docents.

Les règles provisoires de 1905

modifier

Les racines de l'agitation étudiante à l'université plongent profondément dans le XIXe siècle. En 1905, une organisation socio-démocrate émergea à l'université et appela au renversement du gouvernement tsariste ainsi que l'établissement d'une république en Russie. Le gouvernement impérial menaça à maintes reprises de fermer l'université.

Le développement de la science et de l'enseignement universitaires fut face aux difficultés liées à la mobilisation du mouvement étudiant ainsi que la politisation de la vie universitaire. De 1899 à 1907, l'Université de Moscou a été contrainte de manière répétée d'interrompre ses cours en raison de rassemblements et de manifestations d'étudiants. Les mesures prises par le Ministère de l'Enseignement public afin de freiner le mouvement étudiant, visant à limiter l'autonomie universitaire, ont provoqué une réaction négative de la part de la partie libérale des professeurs.

Les règles provisoires, un acte législatif, complétant la Charte de 1884, libéralisent l'ordre de la structure administrative des universités. Le décret « Sur la promulgation du Règlement provisoire relatif à la gestion des établissements d'enseignement supérieur relevant du ministère de l'Instruction publique » a été approuvé par l'empereur Nicolas II en août 1905. L'apparition du décret était liée aux événements de la première révolution russe. Les règles provisoires ont été édictées en lien avec l'interruption des études universitaires due à l'agitation étudiante. Les normes de la Charte de 1884, ayant provoqué la plus grande protestation publique, furent révisées en elles.

Les règles prévoyaient, « dans l'attente de l'introduction de nouveaux statuts des établissements d'enseignement supérieur dans la législation », un nombre de nouveaux droits : les conseils de faculté (réunions du corps professoral) élisent les doyens et leurs secrétaires parmi les professeurs et les membres du corps enseignant de la faculté, sous réserve de l'approbation ultérieure des personnes élues par le ministère de l'Éducation. Les conseils des universités étaient chargés de « veiller au bon déroulement de la vie étudiante à l'université ». Les procédures relatives aux affaires étudiantes, conformément à la Charte de 1863, ont été confiées à la cour universitaire. Les affaires étudiantes furent entièrement de la responsabilité de l'université, et non les officiers du Ministère de l'Éducation.

La nouvelle charte universitaire élaborée dans le ministère n'a jamais été mise en application en raison des événements révolutionnaires ultérieurs en 1917.

La crise de 1911

modifier
Professeurs ayant démissionné de l'Université de Moscou en 1911 pour protester contre le renvoi illégal de plusieurs de leurs collègues et contre l'atteinte à l'autonomie universitaire. Sur la photographie. Assis : V. P. Serbski, Kliment Timiriazev, Nikolaï Oumov, P. A. Minakov, M. A. Menzbir, A. B. Fokht, V. D. Chervinski, V. K. Tseraski, Evgueni Troubetskoï. Debout : I. P. Aleksinski, V. K. Roth, Nikolaï Zelinski, P. N. Lebedev, A. A. Eichenwald, G. F. Cherschenevitch, V. M. Khvostov, A. S. Alekseïev, F. A. Rein, D. M. Petrouchevski, B. K. Mlodzeïevski, Vladimir Vernadski, Sergueï Tchaplyguine, N. V. Davydov.

En 1911, le conflit entre le Ministère de l'Éducation, dirigé par Léon Casso, et l'Université de Moscou entraîna la démission collective de plus d'un tiers de la faculté, dont de nombreux scientifiques extraordinnaires. La cause immédiate du conflit fut la décision de la réunion étudiante en novembre 1910 à l'occasion de la mort de Léon Tolstoï concernant la suspension des cours pendant trois jours pour cause de deuil. Le recteur de l'Université de Moscou, d'après le circulaire du Ministre de l'Éducation, a interdit la tenue de rassemblements. Toujours est-il que les rassemblements ont continué. Le Ministre de l'Éducation, Léon Casso, a exigé au recteur de l'Université de Moscou, Alexandre Manuilov, de résoudre le conflit par la force. Le Ministère publie en janvier 1911 un circulaire « Sur l'exclusion temporaire des établissements d'enseignement publics et privés », prohibant les réunions à l'université, ce qui oblige les recteurs à empêcher toute personne non autorisée de pénétrer dans l'université et à signaler à la police les rassemblements présumés ; le maire a été chargé de faire fermer l'université avec l'aide de la police en cas de troubles. Le circulaire viola les dispositions des règles provisoires de 1905, selon lesquelles la pétition pour la fermeture de l'université appartenait aux droits du conseil.

Le rassemblement étudiant prend une décision sur la grève. Immédiatement après, les forces de police ont été introduite dans l'université, à l'insu du conseil, afin d'empêcher le début de la grève. Les interventions de la police ont paralysé les séances d'entraînement. Lors d'une réunion d'urgence du conseil, tous les dirigeants de l'Université de Moscou ont démissionné. Cette décision fut approuvée par le conseil. En réponse, le Ministère publie le décret suprême relatif à la révocation des dirigeants universitaires, tout en les interdisant, au même moment, d'exercer des activités scientifiques et d'enseignement. La décision de Cassault causa une tempête de ressentiment parmi les professeurs de l'Université de Moscou. Les premières demandes de démission en mars 1911 ont été soumises par les professeurs de la Faculté de Droit. À la fin du semestre, l'université avait laissé 131 personnes – environ un tiers du corps professoral de l'université, parmi eux – des scientifiques de renommée mondiale.

La fin de l'ère de l'Université impériale

modifier

La révolution russe de 1917 avait un impact direct sur la vie de l'Université de Moscou. En début 1917, les étudiants participèrent aux activités de partis légaux et illégaux, à des manifestations de rue, utilisèrent l'université pour des manifestations politiques. En février 1917, dans les salles de classe, il y a eu des rassemblements incessants. De nombreuses différentes organisations émergèrent : l'organisation de santé des étudiants en médecine, qui a pris sur elle le devoir d'aider les blessés, la milice étudiante, qui distribua des armes et se déclara indépendante de l'administration universitaire. Toujours est-il que les voix d'autres étudiants furent également entendues, en particulier à la faculté de physique et de mathématiques, ayant exigé la reprise des cours.

En mars 1917, le recteur de l'Université de Moscou a télégraphié au Ministre de l'Éducation : « L'université se heurte à des obstacles pour la reprise des cours, car ses locaux sont occupés par des milices étudiantes qui se considèrent autonomes : elles occupent arbitrairement les lieux, les louent pour des rassemblements et réquisitionnent les biens de l'université. Après en avoir référé au Conseil, je demande que des mesures soient prises pour libérer les salles de classe et certains laboratoires de ces organisations et de ces rassemblements. » (Il n'y a eu aucune réaction au télégramme).

Après l'abdication de l'Empereur Nicolas II au nom de l'Université impériale de Moscou, le terme « impérial » a disparu (l'inscription correspondante a été arrachée du fronton du bâtiment principal de l'université dans la rue Mokhovaïa). En 1917, l'université s'appelait tout simplement Université d'État de Moscou.

Les transformations révolutionnaires de 1917-1921 dans le domaine de l'éducation publique russe, qui commencèrent dans les premières années du pouvoir soviétique, conduisirent à un changement complet dans la structure de l'université, son corps étudiant et professoral. La politique adoptée de « démocratisation » et de « prolétarisation » de l'enseignement supérieur entraîna une forte augmentation du nombre d'étudiants et, de la même façon, un déclin dans le niveau d'enseignement. Au cours du concours panrusse en 1919, de nombreux professeurs perdirent leurs sièges à l'université, dont les opinions ont été évaluées comme contre-révolutionnaires. Un nombre d'éminents représentants de la science universitaire ont été expulsés de Russie en 1922.

Chronologie des principaux événements

modifier
  • Janvier 1755 : établissement de l'université.
  • 1787 : Déplacement de l'université du bâtiment Aptekarski à dôme sur la Place Rouge vers le Bâtiment Principal dans la rue Mokhovaïa.
  • 1804 : Introduction du Statut universitaire de 1804.
  • 1812 : Invasion française de la Russie. La perte de l'université dans l'incendie de Moscou, des bâtiments, des collections muséales, de l'équipement scientifique, de la bibliothèque, de l'archive, la mort de nombreux professeurs et étudiants durant la guerre. Évacuation vers Nijni Novgorod.
  • 1813 : Reprise de l'entraînement des étudiants à Moscou. Restauration du Bâtiment Principal de l'université.
  • 1835 : Introduction du Statut universitaire de 1835. Introduction du Corps des Auditeurs de l'Université dans la rue Mokhovaïa.
  • 1863 : Introduction du Statut universitaire de 1863. Le plus libéral des statuts universitaires de l'Empire russe, rendant l'autonomie à l'université.
  • 1884 : Introduction du Statut universitaire de 1884, limitant l'autonomie de l'université. Construction de la Ville clinique sur le pôle Devitchié, comprenant 13 cliniques et 20 instituts de recherche.
  • 1905 : Introduction des Règles provisoires de 1905.
  • 1911 : Conflit entre le Ministères de l'Enseignement public et l'Université de Moscou, entraînant la démission collective de plus d'un tiers de la faculté de l'université.
  • Février 1917 : Renommage de l'Université impériale de Moscou en Université d'État de Moscou.

Les directeurs ainsi que les recteurs de l'université jouèrent un rôle essentiel à son développement.

Liste des directeurs et recteurs

modifier
Ivan Melissino

Directeurs (1755-1803)

modifier
Ivan Petrovitch Tourgueniev

Recteurs (1803-1917)

modifier

Notes et références

modifier

Références

modifier

Liens externes

modifier